{"id":13738,"date":"2019-12-06T11:48:30","date_gmt":"2019-12-06T10:48:30","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=13738"},"modified":"2019-12-06T11:48:30","modified_gmt":"2019-12-06T10:48:30","slug":"__trashed-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=13738","title":{"rendered":"Funny Girl \/ Stephen Mear (mise en sc\u00e8ne), Christina Bianco \/ Th\u00e9\u00e2tre Marigny \/ Novembre 2019-Mars 2020"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Image d&rsquo;ent\u00eate : <\/strong><em>Funny Girl <\/em>(c) Julien Benhamou | <a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\" (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"http:\/\/www.leparisien.fr\/culture-loisirs\/comedie-musicale-cette-funny-girl-est-phenomenale-12-11-2019-8191728.php\" target=\"_blank\">Le Parisien<\/a> <\/p>\n\n\n\n<p>\n<strong>Brilliant\nFunny Girl&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Num\u00e9ros\nde claquettes en costumes \u00e0 paillettes, d\u00e9cors scintillants aux\ncouleurs de l\u2019Am\u00e9rique, m\u00e9lodies rest\u00e9es c\u00e9l\u00e8bres\u2026 <em>Funny\nGirl<\/em> r\u00e9unit tous\nles codes et st\u00e9r\u00e9otypes qui garantissent le succ\u00e8s des com\u00e9dies\nmusicales de Broadway. On ne pouvait donc que se r\u00e9jouir du choix du\ndirecteur du <strong>Th\u00e9\u00e2tre\nMarigny<\/strong>, Jean-Luc\nChoplin, de monter pour la premi\u00e8re fois en France ce monument\ninternational de la culture musicale, en confiant la mise en sc\u00e8ne \u00e0\nl\u2019excellent Stephen Mear, d\u00e9j\u00e0 bien connu des sc\u00e8nes parisiennes\n(<em>Guys and Dolls <\/em>au\nTh\u00e9\u00e2tre Marigny, <em>42<\/em><sup><em>th<\/em><\/sup><em>\nstreet <\/em>et <em>Singin\u2019\nin the rain <\/em>au\nTh\u00e9\u00e2tre du Ch\u00e2telet). Cette com\u00e9die musicale na\u00eet en 1964\nd\u2019apr\u00e8s les partitions de Jule Styne, qui s\u2019est plus d\u2019une\nfois illustr\u00e9 dans ce genre artistique, et conna\u00eet un succ\u00e8s\nretentissant gr\u00e2ce \u00e0 la performance de Barbra Streisand qui sublime\nle r\u00f4le principal, d\u2019abord sur les planches, puis sur grand \u00e9cran\nd\u00e8s 1968.<\/p>\n\n\n\n<p>Le\ntriomphe de <em>Funny\nGirl<\/em> tient de cette\nrencontre n\u00e9cessaire entre deux femmes au parcours similaire et\nqui ont marqu\u00e9 la\nsc\u00e8ne artistique \u00e0 cinquante ans d\u2019\u00e9cart&nbsp;: Barbra\nStreisand, jeune artiste prometteuse, interpr\u00e8te Fanny Brice,\nchanteuse et com\u00e9dienne des <em>Ziegfeld\nFollies<\/em> au d\u00e9but\ndu XX<sup>e<\/sup>\nsi\u00e8cle. La com\u00e9die musicale met en sc\u00e8ne sa vie romanc\u00e9e dans un\nr\u00e9cit ench\u00e2ss\u00e9&nbsp;: Fanny Brice, au sommet de sa carri\u00e8re, se\nrem\u00e9more l\u2019\u00e9volution de cette jeune adolescente peu attirante\nmais tenant plus que tout \u00e0 monter sur sc\u00e8ne, et y parvenant gr\u00e2ce\n\u00e0 son talent, sa d\u00e9termination et son humour. <em>Funny\nGirl<\/em> joue ainsi sur\nplusieurs niveaux de mise en abyme dans laquelle le spectateur plonge\navec d\u00e9lectation.<\/p>\n\n\n\n<p>On\nprend en effet un grand plaisir \u00e0 suivre les aventures de\nl\u2019h\u00e9ro\u00efne&nbsp;; Fanny est dr\u00f4le, Fanny est d\u00e9cal\u00e9e, Fanny est\nexub\u00e9rante. Elle porte presque \u00e0 elle seule le spectacle, et rares\nsont les sc\u00e8nes o\u00f9 elle est absente. La pression est donc\nimportante pour celle qui l\u2019incarne, d\u2019autant plus lorsque l\u2019on\nsucc\u00e8de \u00e0 Barbra Streisand. Cet honneur p\u00e9rilleux a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9\n\u00e0 Christina Bianco, artiste peu connue hors d\u2019Am\u00e9rique mais qui\nm\u00e9rite tout notre int\u00e9r\u00eat. Son interpr\u00e9tation est tout \u00e0 fait\nmagistrale&nbsp;! Le r\u00f4le lui permet de d\u00e9montrer toute la\ndiversit\u00e9 de ses performances vocales&nbsp;: voix puissante et\ndouce, passant d\u2019un accent populaire \u00e0 un accent bourgeois avec\nbeaucoup de subtilit\u00e9 et de naturel, portant magnifiquement les\ngrands airs de <em>Funny\nGirl<\/em>. Le jeu\nd\u2019acteur est tout aussi juste et r\u00e9ussi, Christina Bianco habite\nla sc\u00e8ne et se montre parfaitement \u00e0 la hauteur du charisme et de\nl\u2019excentricit\u00e9 de Fanny Brice. Le personnage cr\u00e9\u00e9 est cr\u00e9dible\net le spectateur s\u2019y attache d\u00e8s la premi\u00e8re sc\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>Face\n\u00e0 une telle personnalit\u00e9, difficile pour les autres personnages\nd\u2019exister. Les autres com\u00e9diens tiennent leur r\u00f4le \u00e0 merveille\net participent activement au ressort comique, soit en relayant\nl\u2019humour de Fanny (c\u2019est le cas de Mrs. Brice ou de Mrs.\nStrakosh), soit par leur aust\u00e9rit\u00e9 contrastant avec son caract\u00e8re\n(Florenz Ziegfeld). Toujours est-il qu\u2019ils se contentent de donner\nla r\u00e9plique \u00e0 l\u2019h\u00e9ro\u00efne en premi\u00e8re partie du spectacle\u2026\nMais ces personnages \u00e9voluent et gagnent en profondeur dans la\ndeuxi\u00e8me partie, au fur et \u00e0 mesure que Fanny d\u00e9voile ses failles\net laisse ainsi s\u2019exprimer d\u2019autres individualit\u00e9s. C\u2019est\nnotamment le cas du mari de Fanny, Nick Arnstein \u2013 tr\u00e8s justement\ninterpr\u00e9t\u00e9 par Ashley Day, un habitu\u00e9 du th\u00e9\u00e2tre musical \u2013 que\nla lente d\u00e9ch\u00e9ance conduit au d\u00e9lit. Ses probl\u00e8mes financiers et\nson d\u00e9sespoir lui permettent paradoxalement de s\u2019affirmer face \u00e0\nsa femme, voire m\u00eame de s\u2019opposer \u00e0 elle. Ce renversement r\u00e9v\u00e8le\nalors un c\u00f4t\u00e9 plus sombre de l\u2019h\u00e9ro\u00efne&nbsp;: elle appara\u00eet\ninconsciemment castratrice et \u00e9go\u00efste, et la fiert\u00e9 masculine de\nNick vient ainsi se heurter \u00e0 l\u2019incompr\u00e9hension et \u00e0 la na\u00efvet\u00e9\nde Fanny. L\u2019histoire prend alors une tonalit\u00e9 plus dramatique qui\nconduit irr\u00e9m\u00e9diablement \u00e0 la s\u00e9paration finale du couple.<\/p>\n\n\n\n<p>Si\nnotre attachement \u00e0 ce couple en difficult\u00e9 est sinc\u00e8re, la\ncom\u00e9die musicale ne tombe jamais dans le tragique ou le path\u00e9tique.\n\u00c9blouir et faire r\u00eaver, c\u2019est l\u00e0 tout l\u2019art de Broadway, et la\nmagie op\u00e8re sans conteste dans <em>Funny\nGirl<\/em>&nbsp;! Les\nd\u00e9cors, les costumes et les num\u00e9ros de danse font revivre\nl\u2019Am\u00e9rique enchant\u00e9e de l\u2019avant-guerre&nbsp;; le spectateur est\nsaisi et y est maintenu par la grande diversit\u00e9 des tableaux qui\ns\u2019encha\u00eenent pour mimer les pens\u00e9es de Fanny. Cette\nrepr\u00e9sentation tr\u00e8s romantique et romanc\u00e9e est une bouff\u00e9e\nd\u2019optimisme, une ode \u00e0 la vie qui nous fait aimer le spectacle de\nBroadway,&nbsp;et hurler \u00e0 la fin du spectacle en m\u00eame temps que\nFanny \u00ab&nbsp;<em>Don\u2019t\nrain on my parade&nbsp;!<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Dorian VARENNE<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"> \u2042 <\/p>\n\n\n\n<p>Actuellement au <strong>Th\u00e9\u00e2tre Marigny<\/strong>, <em>Funny Girl<\/em> est la pi\u00e8ce qu\u2019il nous fallait en cette p\u00e9riode d\u2019hiver froide et sombre. Une p\u00e9pite solaire port\u00e9e par Christina Bianco, qui incarne avec grandeur le premier r\u00f4le \u2014 celui de Fanny Brice. Il ne faut pas se laisser duper par le titre, car Fanny est beaucoup plus qu\u2019une <em>\u00ab&nbsp;funny girl&nbsp;\u00bb<\/em>.  <\/p>\n\n\n\n<p>La\npi\u00e8ce est cr\u00e9\u00e9e en 1964 sur les planches de Broadway avant d\u2019\u00eatre\nadapt\u00e9e en film avec Barbara Streisand dans le r\u00f4le de Fanny Brice.\nL\u2019histoire est une fiction inspir\u00e9e par la vie de l\u2019actrice\nam\u00e9ricaine Fanny Brice, n\u00e9e en 1910 et morte en 1951. Comme cela\nest racont\u00e9 dans la pi\u00e8ce, Fanny a jou\u00e9 dans <em>\u00ab&nbsp;Ziegfeld\nFollies&nbsp;\u00bb,<\/em> cr\u00e9e par Florenz Ziegfeld et qui lui a\nnotamment permis d\u2019acc\u00e9der au statut de star internationale.<\/p>\n\n\n\n<p>La\npi\u00e8ce commence \u00e0 New York dans les ann\u00e9es 1910. Fanny Brice attend\nla sortie de prison de son mari, Nick Arnstein. Elle se souvient de\nses d\u00e9buts sur les planches, des diff\u00e9rentes \u00e9tapes de sa carri\u00e8re\njusqu\u2019\u00e0 la renomm\u00e9e. C\u2019est ainsi que l\u2019on suit son \u00e9volution.\nD\u2019abord jug\u00e9e comme n\u2019\u00e9tant pas assez jolie pour le m\u00e9tier,\nson caract\u00e8re bien tremp\u00e9 lui permet de s\u2019imposer dans\nl\u2019industrie du spectacle. Quand son heure de gloire arrive enfin,\nc\u2019est la vie de Nick qui s\u2019\u00e9croule, puisque celui-ci se fait\narr\u00eater pour d\u00e9tournement de fonds. \n<\/p>\n\n\n\n<p>Terriblement\nd\u2019actualit\u00e9, l\u2019histoire de Fanny trouve un \u00e9cho dans le combat\npermanent des femmes pour s\u2019imposer dans une soci\u00e9t\u00e9 qui cherche\n\u00e0 tout ranger\ndans\ndes cases&#8230; Et notre personnage principal de\nprouver\nqu\u2019avec un peu d\u2019ambition, tout est atteignable \u2014 nul besoin de\nrester cantonn\u00e9.e\ndans la cat\u00e9gorie dans laquelle on nous a enferm\u00e9.e.\nFanny ne devient pas qu\u2019une artiste, elle triomphe. Elle devient\nune star et se retrouve \u00e0 gagner plus d\u2019argent que son propre\nmari. La pi\u00e8ce soul\u00e8ve donc plusieurs questions. Par exemple,\ncomment une femme qui r\u00e9ussit professionnellement se\npositionne-t-elle face \u00e0 son mari dans une soci\u00e9t\u00e9 et \u00e0 une\n\u00e9poque o\u00f9\nce n\u2019est pas la norme ? Ou encore : est-ce possible pour une femme\nde concilier vie de famille et vie professionnelle ?<\/p>\n\n\n\n<p>Fanny\nBrice, ce\npetit bout de femme qui nous emm\u00e8ne avec elle dans les diff\u00e9rentes\n\u00e9tapes de sa vie. Qui nous transporte \u00e0\ntravers sa voix ou,\nici, celle\nde Christina Bianco, qui passe de l\u2019aigu\u00eb\nau grave, du <em>vibrato<\/em>\n\u00e0 la note claire ou encore\nd\u2019une sonorit\u00e9 <em>jazzy<\/em>\n\u00e0 la douce m\u00e9lodie. Une puissance de feu entour\u00e9e de seconds r\u00f4les\ntalentueux et comiques \u00e0 souhait. Mention sp\u00e9ciale \u00e0 Rachel\nStanley qui joue le r\u00f4le de la m\u00e8re de Fanny. \n<\/p>\n\n\n\n<p>La\npi\u00e8ce nous transporte dans ce dr\u00f4le de petit monde gr\u00e2ce \u00e0 la\nmise en sc\u00e8ne de Stephen Mear. Celle-ci est brillante, color\u00e9e,\nclinquante m\u00eame. Notamment le num\u00e9ro de <em>Ziegfeld Fo<\/em><em>l<\/em><em>lies<\/em>\ndans lequel un plateau tournant anime la sc\u00e8ne et sublime les\ndanseuses qui, toutes de blanc v\u00eatues, effectuent leur num\u00e9ro. \n<\/p>\n\n\n\n<p>\nUne pi\u00e8ce\nqui vaut le d\u00e9tour, donc, avec un personnage principal f\u00e9minin tout\nfeu tout flamme. On en ressort avec l\u2019envie de conqu\u00e9rir le monde\nen y mettant, si possible, autant d\u2019\u00e9nergie que Fanny.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Emma MERIAUX<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"> \u2042 <\/p>\n\n\n\n<p>Import\u00e9e\npour\nla premi\u00e8re fois \u00e0 Paris, <em>Funny\nGirl<\/em>\nest une de ces\ncom\u00e9dies musicales les plus risqu\u00e9es \u00e0 mettre en sc\u00e8ne. Rendu\nc\u00e9l\u00e8bre par Barbra Streisand \u2014 d\u2019abord \u00e0 Broadway en 1964,\npuis port\u00e9 sur les\n\u00e9crans\nen 1968, ce spectacle lance la glorieuse carri\u00e8re de Streisand,\nqui remporta\npar\nailleurs l\u2019Oscar\nde la meilleure actrice pour le\nr\u00f4le de\nFanny Brice.\nAinsi\nli\u00e9e \u00e0 la personnalit\u00e9 de Streisand, la com\u00e9die musicale n\u2019a\njamais \u00e9t\u00e9 rejou\u00e9e \u00e0 Broadway&nbsp;: on risquait\ntrop\nde ne pouvoir jamais se rapprocher de l\u2019interpr\u00e9tation originale,\ntellement connue et iconique. Ce r\u00f4le est un vrai d\u00e9fi pour\nune com\u00e9dienne, qui doit d\u00e8s\nlors choisir\nentre\nsuivre de pr\u00e8s l\u2019interpr\u00e9tation de Streisand ou se trouver\nelle-m\u00eame dans Fanny Brice, actrice et chanteuse am\u00e9ricaine des\nann\u00e9es 20. \n<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019interpr\u00e9tation\nde Christina Bianco, qui joue Fanny dans cette\ntoute\npremi\u00e8re\nmise en sc\u00e8ne fran\u00e7aise de <em>Funny\nGirl<\/em>\nau <strong>T<\/strong><strong>h\u00e9\u00e2tre\nde Marigny<\/strong>,\nsemble r\u00e9concilier les deux sans pour autant\ncopier Streisand.\nLes\nfans reconna\u00eetront facilement les intonations de Barbra, et les\nprononceront peut-\u00eatre\navec la voix\nde la com\u00e9dienne\noriginelle\ndans\nleurs t\u00eates. Bianco est connue sur Internet pour ses vid\u00e9os dans\nlesquelles\nelle imite habilement des chanteuses, y\ncompris Streisand.\nDe plus, la mise en sc\u00e8ne classique \u2014 avec\nses\nd\u00e9cors dignes\ndes\nann\u00e9es 1910-1920\net ses\nchansons c\u00e9l\u00e8bres, rend gloire au genre de la\ncom\u00e9die\nmusicale en reprenant la premi\u00e8re version de Broadway (et non\nune version film\u00e9e). Pourtant, Bianco ne se limite pas \u00e0 reprendre\nl\u2019interpr\u00e9tation classique de Streisand&nbsp;: elle est\nparfaitement organique dans le r\u00f4le de <em>funny\ngirl<\/em>.\nSi dans la premi\u00e8re partie du spectacle, Barbra est plus \u00e9nergique,\nplus s\u00fbre d\u2019elle (en\nvraie\ndiva d\u00e8s le d\u00e9but),\nBianco est plus na\u00efve et semble parfois manquer du glamour que les\nspectateurs attendent de cette h\u00e9ro\u00efne. Mais cette na\u00efvet\u00e9 rend\nson interpr\u00e9tation plus touchante&nbsp;et plus accessible au public,\nqui s\u2019associe plus volontiers\n\u00e0 un personnage vuln\u00e9rable, jou\u00e9\npar une com\u00e9dienne\nqui commence\ntout juste sa\ncarri\u00e8re. \n<\/p>\n\n\n\n<p>Cette\nfragilit\u00e9, belle,\nf\u00e9minine,\nrenforce une interpr\u00e9tation pleine d\u2019humour, car Bianco est\nextr\u00eamement <em>funny\n<\/em>(peut-on\noser dire plus <em>funny<\/em>\net plus <em>girl&#8230;<\/em>\nque Streisand elle-m\u00eame?). Mais la <em>gorgeous<\/em>\ns\u00fbret\u00e9 de Streisand va \u00eatre gagn\u00e9e pendant\nla\nseconde partie de la com\u00e9die musicale, ce qui nous fait mieux\npercevoir le d\u00e9veloppement du personnage. \n<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin,\nla voix de Bianco est remarquable, impossible \u00e0 critiquer. On se\ndonne aux chansons sans chercher \u00e0 les comparer tout le temps aux\nversions connues. Revoir sur\nsc\u00e8ne cette com\u00e9die musicale \u2014 un\nclassique, avec\nune interpr\u00e9tation si subtile, est un vrai plaisir pour celles\net ceux\nqui l\u2019ont d\u00e9j\u00e0 vue (et\nm\u00eame pour les autres!).\nSurtout qu\u2019il s\u2019agit-l\u00e0\nde Fanny Brice, une femme, une artiste qui a fait sa carri\u00e8re\ncontre\nles canons de beaut\u00e9 existants. Le r\u00e9cit de sa vie (bien\nque\nl\u00e9g\u00e8rement chang\u00e9) nous pousse \u00e0 voir\nsous\nun autre angle un drame qui se joue entre un\nhomme et\nune femme dont la force fait douter\nson\nmari de\nsa propre\nmasculinit\u00e9. Bien que l\u2019intrigue puisse para\u00eetre trop simple,\n<em>Funny\nGirl<\/em>\nreste actuelle en faisant revivre l\u2019histoire d\u2019une femme \u00e0 la\nfois unique et commune pour toutes, dans une\nintimit\u00e9 touchante.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Daria KRIAZHOVA<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"> \u2042 <\/p>\n\n\n\n<p>\nC\u2019est\nla premi\u00e8re fois qu\u2019est repr\u00e9sent\u00e9e en France la com\u00e9die\nmusicale <em>Funny\nGirl<\/em>\n\u2014 qui\na r\u00e9v\u00e9l\u00e9 Barbra Streisand \u00e0 Broadway en 1964, ici\nmise\nen sc\u00e8ne par Stephen Mear au <strong>T<\/strong><strong>h\u00e9\u00e2tre\nMarigny<\/strong>\n\u00e0 Paris. C\u2019est l\u2019histoire de l\u2019acc\u00e8s\n\u00e0\nla c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 de l\u2019actrice am\u00e9ricaine Fanny Brice (interpr\u00e9t\u00e9e\npar Christina Bianco) \u00e0 Broadway dans les ann\u00e9es 1920, notamment\ngr\u00e2ce \u00e0 son r\u00f4le vedette dans les <em>Ziegfeld\nFollies<\/em>,\ns\u00e9rie de pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre inspir\u00e9es des Folies Berg\u00e8res\nparisiennes. C\u2019est\naussi l\u2019histoire de son mariage avec Nick Arnstein (interpr\u00e9t\u00e9\npar Ashley Day), qui l\u2019a faite\nconna\u00eetre avant de se r\u00e9v\u00e9ler \u00eatre un escroc.<\/p>\n\n\n\n<p>\nLe\nrythme est magistralement ma\u00eetris\u00e9 : aucun temps mort, on ne\ns\u2019ennuie pas, les transitions sont bien faites et accompagn\u00e9es par\nun excellent orchestre. Les changements de d\u00e9cors, fr\u00e9quents, se\nfont \u00e0\npartir d\u2019une m\u00eame structure m\u00e9tallique et\npermettent\nde donner un\ncertain\nton \u00e0\nchacun des multiples lieux de l\u2019intrigue. Cette \u00e8re de tous les\npossibles \u2014 les <em>roaring<\/em><em>twenties<\/em>,\ndans l\u2019imm\u00e9diat apr\u00e8s-guerre \u2014 est \u00e9galement incarn\u00e9e par les\ncostumes d\u2019\u00e9poque des personnages, et par les nombreuses sc\u00e8nes\nde danses\nendiabl\u00e9es. Il y a un parfait \u00e9quilibre entre les\nsc\u00e8nes dans\u00e9es\nqui occupent tout l\u2019espace de la sc\u00e8ne, et les sc\u00e8nes de dialogue\no\u00f9 seuls certains personnages sont pr\u00e9sents.<\/p>\n\n\n\n<p>\nLe\njeu des com\u00e9diens est juste, les personnages secondaires sont bien\nplant\u00e9s et non\nd\u00e9l\u00e9gu\u00e9s\n\u00e0 l\u2019arri\u00e8re-plan. Mais c\u2019est avant tout l\u2019infatigable\nChristina Bianco qui fait aller le rythme <em>crescendo.\n<\/em>C\u2019est\nelle qui structure,\nqui fait la coh\u00e9rence du spectacle,\nqui\nle porte.\nDans la premi\u00e8re partie, il faut s\u2019habituer \u00e0 la sonorisation des\nvoix\ndes acteurs et l\u2019actrice semble un peu timide \u2014 d\u2019autant plus\nsi\nl\u2019on a en t\u00eate le coffre et la prestance &#8211; non seulement de Barbra\nStreisand, mais aussi de Lea Michele dans la s\u00e9rie am\u00e9ricaine <em>Glee<\/em>,\nqui reprend plusieurs titres de la com\u00e9die musicale. L\u2019entracte\napr\u00e8s la premi\u00e8re occurrence du c\u00e9l\u00e8bre <em>\u00ab&nbsp;Don\u2019t\nrain on my parade&nbsp;\u00bb<\/em>\ntombe alors parfaitement : c\u2019est dans la seconde partie du\nspectacle que Christina Bianco, plus \u00e0 l\u2019aise qu\u2019au d\u00e9but,\ndonne \u00e0 voir toute sa prestance, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019apoth\u00e9ose avec la\nreprise du m\u00eame titre \u00e0 la toute fin du spectacle.<\/p>\n\n\n\n<p>\nN\u2019ayant\npas vu le film avant de venir, je ne connaissais rien de l\u2019histoire\nsi ce n\u2019est quelques-uns de ses titres phares, et j\u2019ai peut-\u00eatre\nd\u2019autant plus aim\u00e9 la\nversion de Stephen Mear que je ne pouvais pas la comparer avec la\nprestation de Streisand. Les spectateurs initi\u00e9s ont tout de m\u00eame\neu l\u2019air d\u2019avoir appr\u00e9ci\u00e9 et ont laiss\u00e9 sa chance \u00e0 Christina\nBianco \u2014 par ailleurs capable de chanter <em>\u00ab&nbsp;<\/em><em>Natural\nWoman<\/em><em>&nbsp;\u00bb<\/em>\nen\nempruntant tour \u00e0 tour les voix de dix-sept chanteuses am\u00e9ricaines\ndiff\u00e9rentes,\net\n\u00e0\ncette mise en sc\u00e8ne \u00e9poustouflante. Je conseille vivement le<em>Funny\nGirl <\/em>de\nStephen Mear \u00e0 tous ceux qui ont besoin d\u2019une grande bouff\u00e9e\nd\u2019air frais digne d\u2019un grand spectacle \u00e0 Broadway. \n<\/p>\n\n\n\n<p> \u2014 Joanna JOHNSTON<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"> \u2042 <\/p>\n\n\n\n<p>\nPlong\u00e9s\nau c\u0153ur d\u2019un Broadway authentique, le <strong>Th\u00e9\u00e2tre\nMarigny<\/strong>\nnous entra\u00eene dans une production originale, men\u00e9e par une troupe\naux formations prestigieuses. D\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e, tout est fait pour\nnous mettre dans l\u2019ambiance d\u2019un\n<em>Musical<\/em>\nam\u00e9ricain. La com\u00e9die musicale <em>Funny\nGirl<\/em>\nest directement inspir\u00e9e de la vie (bien\nr\u00e9elle)\nde Fanny Brice, star des <em>Ziegfeld\nFollies<\/em>\ndes ann\u00e9es 1920. Elle\nfut\nrepr\u00e9sent\u00e9e\npour la premi\u00e8re fois en 1964 et\nfit son chemin \u2013 rapidement quoiqu\u2019avec\nsucc\u00e8s, sur les \u00e9crans gr\u00e2ce au\nfilm de William Whyler en 1968 (avec\nBarbara Streisand et Omar Sharif).\n\n<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire,\nla vraie&nbsp;: la jeune Fanny,\nun talent pr\u00e9coce, est\nremarqu\u00e9e\nmalgr\u00e9 son physique ingrat et monte rapidement les \u00e9chelons de star\nde Broadway gr\u00e2ce \u00e0 sa voix inimitable et son talent comique. Elle\nrencontre par la suite un irr\u00e9sistible escroc nomm\u00e9 Nick Arstein\navec qui elle se mariera apr\u00e8s quelques ann\u00e9es. La biographie de\nFanny, imagin\u00e9e par la sc\u00e9nariste Isobel Lennart, est une\nanalepse&nbsp;: la chanteuse, assise dans sa loge, r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0\nl\u2019avenir\navec son mari qui doit bient\u00f4t sortir de prison, et se rem\u00e9more son\npass\u00e9. S\u2019ensuit\nalors toute son histoire. \n<\/p>\n\n\n\n<p>Le\nd\u00e9corateur et costumier Peter McKintosh a relev\u00e9 le d\u00e9fi\nd\u2019imbriquer les sc\u00e8nes les unes dans les autres avec une justesse\net une fluidit\u00e9 remarquables.\nLes changements de d\u00e9cors sont nombreux (au moins vingt), tout comme\nles costumes (une quinzaine pour le seul\nr\u00f4le\nde Fanny). Tout le long, bien int\u00e9gr\u00e9es et discr\u00e8tes, les arches\nm\u00e9talliques rappellent le d\u00e9but de l\u2019industrialisation et\nconfirment le style Edwardien ou <em>\u00ab&nbsp;Belle\nEpoque \u00bb<\/em>\ndu d\u00e9but du XX\u00e8me.\nTous les tableaux sont authentiques, notamment\npar\nleur vraisemblance vis-\u00e0-vis des Etats-Unis&nbsp;: les couleurs,\nbleues, blanches et rouges, \u00e9voquent le drapeau am\u00e9ricain&nbsp;;\nles lumi\u00e8res &#8211;\ndirig\u00e9es\npar Tim Mitchell, sont\nsimples et justes,\nqu\u2019il\ns\u2019agisse d\u2019ampoules\nou de projecteurs,\net ajoutent une v\u00e9ritable ambiance r\u00e9trospective. Leur agencement,\nquant \u00e0 lui, para\u00eet beaucoup plus complexe&nbsp;: tout s\u2019encha\u00eene\nrapidement et clairement. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, la sc\u00e8ne se d\u00e9roule dans\nun vieux bar, puis il\npasse\n\u00e0 un spectacle traditionnel de Broadway avec des projecteurs color\u00e9s\nbraqu\u00e9s sur la chanteuse. De l\u2019autre, les acteurs doivent changer\nd\u2019\u00e9nergie tr\u00e8s rapidement, ce qui est particuli\u00e8rement bien\nr\u00e9ussi. Tout\ncela s\u2019encha\u00eene \u00e0 merveille, jusqu\u2019\u00e0\nrevenir \u00e0 la premi\u00e8re sc\u00e8ne de la loge, mais il faut y assister\npour conna\u00eetre la fin.<\/p>\n\n\n\n<p>Les\nmembres de cette production sont talentueux. En effet, la plupart\nd\u2019entre\neux\nont \u00e9t\u00e9 form\u00e9s dans les grandes \u00e9coles londoniennes comme la\n<em>Stonelands\nSchool of Ballet and Theatre Arts<\/em>.\nLes chanteurs de com\u00e9die musicale se doivent de savoir tout\n\u00e0 la fois\ndanser et jouer comme un acteur de th\u00e9\u00e2tre. La technique vocale se\ndiff\u00e9rencie\ndu chant lyrique en se rapprochant plus de la voix parl\u00e9e, comme au\ncabaret. Ainsi,\nle metteur en sc\u00e8ne et chor\u00e9graphe Stephen Mear fait danser les\nchanteurs. Ces derniers deviennent d\u2019impressionnants\nclaquettistes\nam\u00e9ricains. Une sc\u00e8ne en\nparticulier,\naccompagn\u00e9e d\u2019une m\u00e9lodie militaire, appara\u00eet soudain et l\u2019on\nse retrouve avec une vingtaine de claquettistes. Ce passage peut\nsembler kitsch pour certains, mais l\u2019authenticit\u00e9 &#8211; perdue de nos\njours, dans de nombreuses productions \u2013 r\u00e9appara\u00eet et\nc\u2019est\navec bonheur que l\u2019on se r\u00e9approprie le style des <em>Musicals<\/em>,\ncar c\u2019est la premi\u00e8re fois que <em>Funny\nGirl<\/em>\nest jou\u00e9e en France&nbsp;! Stephen Mear a mont\u00e9 une com\u00e9die\nmusicale dans toute sa splendeur.<\/p>\n\n\n\n<p>Christina\nBianco incarne la <em>funny<\/em>\nFanny Brice avec succ\u00e8s, puisqu\u2019elle correspond bien\n\u00e0 son personnage&nbsp;:\npetite, \u00e9nergique, comique, elle\naffiche\nune imposante pr\u00e9sence sur sc\u00e8ne. Son partenaire de jeu, Ashley Day\n(dans\nle r\u00f4le de Nick Arstein)\nest \u00e9galement bien choisi&nbsp;: charmant, poli, myst\u00e9rieux&#8230; Les\nchanteurs et les danseurs, issus des pays anglophones, se m\u00ealent\nparfaitement au jeu et remplissent la salle de rires et\nd\u2019applaudissements constants. Leur \u00e9l\u00e9gance se fond agr\u00e9ablement\ndans leurs costumes, et il faut aussi le dire&nbsp;: leur beau visage\nattire le regard et s\u00e9duit le public. La musique, compos\u00e9e par Jule\nStyne, entra\u00eene les spectateurs et reste dans l\u2019oreille, comme\nl\u2019air de Fanny <em>\u00ab&nbsp;I\u2019m\nThe Greatest Star&nbsp;\u00bb<\/em>.\nIl explique lui-m\u00eame que, harmoniquement, ses chansons les plus\npopulaires ont toutes une ligne m\u00e9thodique \u00e0 la Bach. Souvent dans\n<em>Funny\nGirl<\/em>,\nles airs se finissent par une note tenue, que\nChristina Bianco accompagne d\u2019un geste continu des bras pour\nparfaire le son de sa voix, qui enchante ses auditeurs. \n<\/p>\n\n\n\n<p>En\nsomme, le <em>Funny\nGirl<\/em>\ndu Th\u00e9\u00e2tre Marigny nous fait voyager dans le temps \u00e0 travers une\nmise en sc\u00e8ne complexe mais r\u00e9ussie avec des acteurs d\u2019excellence.\nPour les amateurs de com\u00e9dies musicales, il est in\u00e9vitable d\u2019aller\nvoir ce chef-d\u2019\u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p>\n\u2014 Jean-Baptiste\nGIORGI<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Image d&rsquo;ent\u00eate : Funny Girl (c) Julien Benhamou | Le Parisien Brilliant Funny Girl&nbsp;! 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