{"id":13782,"date":"2019-12-20T08:14:00","date_gmt":"2019-12-20T07:14:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=13782"},"modified":"2019-12-20T08:14:00","modified_gmt":"2019-12-20T07:14:00","slug":"sous-la-peau-collectif-de-la-petite-aiguille-theatre-de-la-fleche-novembre-2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=13782","title":{"rendered":"Sous la peau \/ Collectif de la petite aiguille \/ Th\u00e9\u00e2tre de la Fl\u00e8che \/ Novembre 2019"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Image d&rsquo;ent\u00eate :<\/strong> <a aria-label=\"Th\u00e9\u00e2tre de la Fl\u00e8che (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/theatrelafleche.fr\/la-saison\/sous-la-peau\/\" target=\"_blank\">Th\u00e9\u00e2tre de la Fl\u00e8che<\/a>, galerie. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>C\u2019est d\u00e9j\u00e0 fini\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/theatrelafleche.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/souslapeau_800x800px2-800x800.png\" alt=\"\" width=\"290\" height=\"290\"\/><figcaption><em>Affiche de la pi\u00e8c<\/em>e<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Le Samedi 30 novembre, en soir\u00e9e, s\u2019est jou\u00e9e la derni\u00e8re repr\u00e9sentation de <em>Sous la peau <\/em>au <strong>Th\u00e9\u00e2tre de la Fl\u00e8che<\/strong>, une production qui m\u00ealait danses, chants et musique &#8211; enti\u00e8rement n\u00e9e de la r\u00e9flexion du \u00ab&nbsp;Collectif de la petite aiguille&nbsp;\u00bb. Cette petite salle \u00e0 l\u2019atmosph\u00e8re chaleureuse et intime semblait toute indiqu\u00e9e pour faire \u00e9cho \u00e0 une pi\u00e8ce ayant pour sujet l\u2019alt\u00e9rit\u00e9, l\u2019int\u00e9riorit\u00e9, l\u2019identit\u00e9, et qui n\u2019excluait pas &#8211; par moments, une certaine l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. Ce jeune collectif n\u2019a pas manqu\u00e9 l\u2019opportunit\u00e9 qui lui a \u00e9t\u00e9 offerte et a su toucher le spectateur au plus pr\u00e8s, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019inclure compl\u00e8tement dans ses r\u00e9flexions. Au gr\u00e9 des t\u00e9moignages qui se succ\u00e9daient &#8211; parfois sous la forme de monologues ou de dialogues, mais tr\u00e8s peu sous la forme de v\u00e9ritables conversations o\u00f9 l\u2019on d\u00e9passerait la surdit\u00e9 de notre soci\u00e9t\u00e9, ici plus mena\u00e7ante que r\u00e9confortante\u2026 nous voil\u00e0 pris \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir aussi&nbsp;! Les propos sont assez universels pour que chacun puisse s\u2019y reconna\u00eetre, ce qui aurait pu les rendre banals, mais les acteurs ne se sont pas laiss\u00e9s entra\u00eener dans une veine moralisatrice, nous proposant une pens\u00e9e complexe o\u00f9 intimit\u00e9 et sinc\u00e9rit\u00e9 prennent des sens doubles et antith\u00e9tiques. Les propos sont explicites, il s\u2019agit bien d\u2019une confession honn\u00eate mais, pourtant, on ressent la pr\u00e9sence d\u2019un implicite qui ne sera jamais dit, qui ne saurait \u00eatre dit. Finalement, la communication n\u2019est jamais compl\u00e8te : une barri\u00e8re se cr\u00e9e invariablement entre les acteurs et le public, sur les cendres d\u2019un quatri\u00e8me mur qui venait tout juste de s\u2019envoler. Cependant, ce qui est certainement le plus frappant au sortir de cette pi\u00e8ce, ce sont les nombreux sourires sur le visage des spectateurs, puisqu\u2019au-del\u00e0 de nous faire gamberger, cette pi\u00e8ce nous fait rire et n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 taper sur une trop grande intellectualit\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Cl\u00e9ment RIPOCHE<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">\u2042<\/p>\n\n\n\n<p>Le <strong>th\u00e9\u00e2tre de la Fl\u00e8che<\/strong> \u00e0 Paris nous a accueillis pour la derni\u00e8re repr\u00e9sentation de sa pi\u00e8ce <em>Sous la peau<\/em>. Ce petit th\u00e9\u00e2tre familial est cach\u00e9 au fond d\u2019une petite cour bucolique tr\u00e8s agr\u00e9able. La pi\u00e8ce est mont\u00e9e par une jeune compagnie nomm\u00e9e \u00ab le Collectif de la petite aiguille \u00bb. Le jeune metteur en sc\u00e8ne &#8211; \u00e9galement com\u00e9dien (Idir Chender), nous transporte dans un univers aussi bien comique que tragique. Les quatre autres qui composent cette pi\u00e8ce sont des talents montants, \u00e0 savoir deux demoiselles (Anne-Clothilde Rampon et Oph\u00e9lie Lehmann) ainsi que deux jeunes fr\u00e8res (Jean et Fr\u00e9d\u00e9ric Siven).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un monde d\u2019ext\u00e9riorisation \u00e0 l\u2019extr\u00eame, tout le monde semble vouloir \u00e0 tout prix se recentrer sur lui-m\u00eame. Ainsi, si certains font du yoga, d\u2019autres pr\u00e9f\u00e8rent se tourner vers l\u2019ayahuasca.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que la chronologie de cette pi\u00e8ce semble un peu floue voire m\u00eame boulevers\u00e9e, elle traite de sujets bien r\u00e9els et actuels. M\u00ealant fiction et r\u00e9alit\u00e9 &#8211; avec l\u2019utilisation d\u2019un casque sp\u00e9cialement pens\u00e9 pour la chute improbable d\u2019un immeuble, ou recourant encore \u00e0 des m\u00e9lodies extraterrestres au clavier, cette pi\u00e8ce s\u2019ins\u00e8re au sein de notre \u00e9poque tourment\u00e9e. De plus, dans la pi\u00e8ce, il est accord\u00e9 une grande place \u00e0 l\u2019improvisation &#8211; ce qui a pour effet de provoquer des r\u00e9actions tr\u00e8s spontan\u00e9es, et donc une approche plus r\u00e9aliste de notre vie r\u00e9elle.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Concernant les costumes, mise \u00e0 part une combinaison spatiale au d\u00e9but de la pi\u00e8ce, ou encore une simple blouse blanche ainsi que des lunettes pour se transformer en docteur, il n\u2019y a pas de costumes particuliers. Cela donne d\u2019autant plus&nbsp; l\u2019illusion d\u2019\u00eatre dans une situation r\u00e9elle, de tous les jours.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les d\u00e9cors, un petit banc d\u2019\u00e9colier et quelques lumi\u00e8res font judicieusement l\u2019affaire. Les cinq com\u00e9diens ont d\u2019ailleurs une grande autod\u00e9rision en ce qui concerne leur manque de moyens et l\u2019aspect un peu pr\u00e9caire de ce jeune th\u00e9\u00e2tre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour ce qui est des artifices techniques, ils sont \u00e9galement tr\u00e8s sommaires : une poche de sang dans un casque pour simuler la mort <em>\u00ab avec les moyens du bord \u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, cette pi\u00e8ce h\u00e9t\u00e9roclite m\u00eale \u00e0 la fois nouvelles technologies (clavier, ordinateur, portable), effets sp\u00e9ciaux &#8211; toutefois tr\u00e8s sommaires, musique et danses. La technologie est tr\u00e8s pr\u00e9sente dans cette pi\u00e8ce, tout comme dans le monde contemporain : les com\u00e9diens s\u2019\u00e9clairent d\u2019ailleurs \u00e0 la lumi\u00e8re de leurs t\u00e9l\u00e9phones portables. L\u2019ordinateur et le clavier servent \u00e0 chauffer la salle et \u00e0 distraire le public lors des changements de d\u00e9cors, avec de petites musiques cr\u00e9\u00e9es sp\u00e9cialement par la troupe elle-m\u00eame. Enfin, les portables seront utilis\u00e9s \u00e0 la fin, quand les acteurs se prendront en <em>selfie<\/em> afin d\u2019illustrer le monde \u00e9gocentrique dans lequel nous vivons malheureusement.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019utilisation de l\u2019espace est tr\u00e8s classique, c\u2019est-\u00e0-dire que chacun se met tour \u00e0 tour au centre afin de jouer son monologue. Il y a n\u00e9anmoins \u00e9norm\u00e9ment d&rsquo;interactions avec le public, ce qui rend cette pi\u00e8ce tr\u00e8s vivante et m\u00eame participative. De plus, lors de chaque monologue, les autres com\u00e9diens fixent la personne au centre, peut-\u00eatre pour repr\u00e9senter le monde actuel o\u00f9 tous nos faits et gestes sont \u00e9pi\u00e9s par les autres. Enfin, l\u2019espace est enti\u00e8rement occup\u00e9 lorsque tous les personnages se retrouvent au centre, pour une chor\u00e9graphie par exemple.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les moments forts de cette pi\u00e8ce sont d\u2019abord le monologue de l\u2019enfant, par Oph\u00e9lie Lehmann, transcendante par son jeu tout en \u00e9motion. Ensuite, la sc\u00e8ne de l\u2019h\u00f4pital psychiatrique dans laquelle Anne-Clothilde Rampon nous impressionne par sa diction remarquable.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour conclure, cette pi\u00e8ce traite avec beaucoup de comique une situation tragique et actuelle. Elle nous plonge dans une r\u00e9flexion sur notre \u00e9poque.&nbsp; Avec des r\u00e9f\u00e9rences aussi bien classiques que modernes, cette pi\u00e8ce donne envie de se recentrer sur soi-m\u00eame et m\u00eame, pourquoi pas, de s\u2019acheter un journal intime.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Maelle HERAL&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Image d&rsquo;ent\u00eate : Th\u00e9\u00e2tre de la Fl\u00e8che, galerie. 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