{"id":13832,"date":"2020-01-17T10:43:27","date_gmt":"2020-01-17T09:43:27","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=13832"},"modified":"2020-01-17T10:43:27","modified_gmt":"2020-01-17T09:43:27","slug":"fortunio-andre-messager-texte-louis-langree-denis-podalydes-opera-comique-decembre-2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=13832","title":{"rendered":"Fortunio \/ Andr\u00e9 Messager (texte), Louis Langr\u00e9e, Denis Podalyd\u00e8s \/ Op\u00e9ra Comique \/ D\u00e9cembre 2019"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Image d&rsquo;ent\u00eate :<\/strong> Galerie de l&rsquo;<a href=\"https:\/\/www.opera-comique.com\/fr\/saisons\/saison-2019\/fortunio\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Op\u00e9ra Comique (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">Op\u00e9ra Comique<\/a>, (c) I. Carecchio <\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Fortunio<\/em> \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra Comique&nbsp;: soir\u00e9e r\u00e9ussie assur\u00e9e&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pluie battante et gr\u00e8ve des transports : de quoi ne pas avoir envie de sortir de chez soi \u2013 apr\u00e8s tout, on est mieux au chaud avec une bonne tasse de th\u00e9 fumante\u2026 ou dans la salle de l\u2019<strong>Op\u00e9ra Comique<\/strong>, pour assister \u00e0 une repr\u00e9sentation de <em>Fortunio<\/em> comme on n\u2019en verra sans doute pas ailleurs !<\/p>\n\n\n\n<p>Questionnements sur l\u2019amour et sur ses diff\u00e9rentes formes, entrem\u00eal\u00e9s \u00e0 une histoire de <em>cocuage<\/em> digne d\u2019un vaudeville comme on en faisait au XIX\u00e8me<sup> <\/sup>si\u00e8cle&nbsp;; ce sont-l\u00e0 les th\u00e8mes principaux du <em>Chandelier<\/em> de Musset -qui a inspir\u00e9 Andr\u00e9 Messager pour son <em>Fortunio<\/em>, mont\u00e9 pour la premi\u00e8re fois \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra Comique en 1907. L\u2019argument est simple&nbsp;: Jacqueline, la jeune \u00e9pouse du vieux Ma\u00eetre Andr\u00e9, succombe aux charmes du capitaine Clavaroche. Les amants se servent du jeune Fortunio, clerc de notaire, pour d\u00e9tourner les soup\u00e7ons du mari qui p\u00e8sent sur eux&nbsp;; mais Fortunio est amoureux de Jacqueline, et celle-ci aura t\u00f4t fait de lui retourner son amour.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un sans-faute, tant pour la mise en sc\u00e8ne aux airs de Com\u00e9die fran\u00e7aise, sign\u00e9e Denis Podalyd\u00e8s, que pour les d\u00e9cors d\u2019\u00c9ric Ruf, d\u2019une beaut\u00e9 assez \u00e9poustouflante. Du paysage neigeux et embrum\u00e9 \u00e0 la chambre \u00e0 coucher si caract\u00e9ristique du vaudeville, en passant par la parade des militaires, on est plong\u00e9 dans une atmosph\u00e8re fin-dix-neuvi\u00e8me qui s\u2019accorde parfaitement au texte.<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis, il y a Fortunio &#8211; ou plut\u00f4t, Cyrille Dubois, qui interpr\u00e8te le r\u00f4le-titre \u00e0 la perfection. Son chant est clair&nbsp;; sa voix riche en \u00e9motions&nbsp;; sa diction irr\u00e9prochable. Fortunio s\u2019est r\u00e9pandu en lui, et il vit <em>Fortunio<\/em>. Chaque mot est chant\u00e9 avec une justesse incroyable et les multiples sentiments qui submergent ce jeune homme ing\u00e9nu d\u00e9couvrant les tourments de l\u2019amour \u00e9meuvent et bouleversent l\u2019audience.<\/p>\n\n\n\n<p>De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, la distribution est de qualit\u00e9&nbsp;: Anne-Catherine Gillet, qui incarne une Jacqueline \u00e0 la fois r\u00e9serv\u00e9e et cherchant \u00e0 s\u2019\u00e9manciper, et que Fortunio parvient progressivement \u00e0 \u00e9branler ; Le Ma\u00eetre Andr\u00e9 de Franck Legu\u00e9rinel ne perd rien de son potentiel comique de mari cocu et Jean-S\u00e9bastien Bou campe un Capitaine Clavaroche nonchalant, \u00e0 la voix de baryton assur\u00e9e et fi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>En quelques mots&nbsp;: ne laissons pas la grisaille parisienne et les gr\u00e8ves nous emp\u00eacher d\u2019aller voir ce chef-d\u2019\u0153uvre. Voil\u00e0 comment \u00ab&nbsp;clore en beaut\u00e9 l\u2019ann\u00e9e 2019&nbsp;\u00bb, pour citer le livret de l\u2019op\u00e9ra.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Alexia REVERCHON<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"> \u2042 <\/p>\n\n\n\n<p>Les <em>aficionados <\/em>de la musique classique peuvent \u00eatre satisfaits de la qualit\u00e9 de la prestation vocale des artistes dirig\u00e9s par Louis Langr\u00e9e. Il n&rsquo;y eut pas de couac majeur. Dans un cadre l\u00e9g\u00e8rement pompeux, sous une multitude de dorures ornant plafond et murs &#8211; qualitativement, c&rsquo;est avec la quintessence du lyrique que nous avions rendez- vous, autant chez les solistes, les ch\u0153urs que l&rsquo;orchestre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, cette excellence lyrique a peut-\u00eatre pu contraster avec la mise en sc\u00e8ne de Denis Podalyd\u00e8s. En effet, la mise en sc\u00e8ne semblait timide. Tout d&rsquo;abord, la sc\u00e9nographie paraissait un petit peu fade, pas forc\u00e9ment utile sans \u00eatre r\u00e9ellement esth\u00e9tique. Elle \u00e9tait conventionnelle &#8211; tout comme les costumes con\u00e7us par Christian Lacroix \u2013 avec l&rsquo;\u00e9poque du d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle durant laquelle Andr\u00e9 Messager a compos\u00e9 cette \u0153uvre. On a ici une une image d\u2019\u00c9pinal de cette p\u00e9riode post-romantique. Comme souvent \u00e0 l\u2019op\u00e9ra, ce st\u00e9r\u00e9otype s\u2019est aussi retrouv\u00e9 dans le jeu d&rsquo;acteur. Celui-ci pouvait parfois conna\u00eetre des actions ou des interactions hasardeuses, manquant d&rsquo;engagement. Par exemple, quand un personnage voulait pousser quelqu&rsquo;un, on ne le croyait pas, on ne sentait pas la violence que cela impliquait, ce qui est symptomatique d&rsquo;un com\u00e9dien qui n&rsquo;y croit pas suffisamment non plus.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le fait que des metteurs en sc\u00e8ne issus du th\u00e9\u00e2tre s&rsquo;attaquent \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ra (comme Thomas Jolly ou Jo\u00ebl Pommerat pour des r\u00e9sultats sans doute plus saisissants) est de bonne facture, car ceux-ci ont souvent une vision diff\u00e9rente \u00e0 apporter, une autre conception du jeu. En cela, Podalyd\u00e8s, attendu au tournant par son statut de soci\u00e9taire \u00e0 la Com\u00e9die fran\u00e7aise, a pu d\u00e9cevoir. Tout ne fut pourtant pas gris, \u00e0 l&rsquo;image de la couleur dominante de la sc\u00e8ne dans cet op\u00e9ra.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Si on fait une analyse longitudinale de la pi\u00e8ce, on sent des chanteurs et des com\u00e9diens qui se lib\u00e8rent de la pression au fil de la pi\u00e8ce, notamment dans la deuxi\u00e8me partie, ce qui est positif et de bonne augure pour les prochaines repr\u00e9sentations. Des efforts de diction ont \u00e9t\u00e9 faits pour rendre audible le livret de Cavaillet et Flers, en d\u00e9pit du rythme parfois biscornu des vers de celui-ci. Par ailleurs, Podalyd\u00e8s finit par rompre avec le marasme sc\u00e9nographique de la pi\u00e8ce dans le dernier acte, gr\u00e2ce \u00e0 davantage d&rsquo;intemporalit\u00e9, laissant enfin plus de place \u00e0 l&rsquo;imaginaire. Si de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, la prestation s&rsquo;av\u00e8re r\u00e9ellement solide, elle ne tire pas suffisamment son \u00e9pingle du jeu. Il faut savoir que cet op\u00e9ra a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 jou\u00e9 il y a 10 ans, avec le m\u00eame metteur en sc\u00e8ne et le m\u00eame directeur artistique. Il ne s&rsquo;agit donc sans doute pas d&rsquo;un travail b\u00e2cl\u00e9. Cependant, on conna\u00eet la difficult\u00e9 de sortir des sch\u00e9mas classiques, de se montrer novateur apr\u00e8s avoir d\u00e9j\u00e0 mont\u00e9 un spectacle. Cela n\u00e9cessite assur\u00e9ment une remise en question profonde, un red\u00e9marrage \u00e0 z\u00e9ro, ce qui a peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 fait de mani\u00e8re trop superficielle.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Victor PICARDEAU<br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Image d&rsquo;ent\u00eate : Galerie de l&rsquo;Op\u00e9ra Comique, (c) I. Carecchio Fortunio \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra Comique&nbsp;: soir\u00e9e r\u00e9ussie assur\u00e9e&nbsp;! 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