{"id":13870,"date":"2020-01-17T10:43:03","date_gmt":"2020-01-17T09:43:03","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=13870"},"modified":"2020-01-17T10:43:03","modified_gmt":"2020-01-17T09:43:03","slug":"andromaque-theatre-moliere-sorbonne-sous-la-direction-de-georges-forestier-jussieu-decembre-2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=13870","title":{"rendered":"Andromaque \/ Th\u00e9\u00e2tre Moli\u00e8re Sorbonne, sous la direction de Georges Forestier\/ Jussieu \/ D\u00e9cembre 2019"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Image d&rsquo;ent\u00eate :<\/strong>  <a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/theatremolieresorbonne\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Affiche (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">Affiche<\/a>, \u00a9 Micka\u00ebl Bouffard (graphisme) et Franck Mory (photo) <\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Sur les pas de Racine<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>19h45, les spectateurs rassembl\u00e9s devant l\u2019auditorium de<strong> Jussieu<\/strong> peuvent entrer. \u00c9rudits, passionn\u00e9s, chercheurs, \u00e9tudiants et invit\u00e9s de marque se pressent pour prendre place sur les fauteuils bleus de la salle. Il reste du temps pour observer la mise en sc\u00e8ne avant que la trag\u00e9die ne commence.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La bande des violons est install\u00e9e c\u00f4t\u00e9 cour, \u00e0 l\u2019avant de la sc\u00e8ne. Derri\u00e8re eux, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, les coulisses et le fond sont des tableaux blancs. Pas de d\u00e9cor donc, pour cette pi\u00e8ce qui devra se contenter des vers de Racine et des costumes d\u2019\u00e9poque vant\u00e9s dans le programme.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>20h10, le <em>quatuor<\/em> s\u2019accorde, compos\u00e9 d&rsquo;un violon, de deux altos (haute-contre et taille) et d&rsquo;une basse de violon. Quelques secondes apr\u00e8s, ils entament l\u2019ouverture d\u2019<em>Androm\u00e8de<\/em>. La musique a \u00e9t\u00e9 choisie pour la repr\u00e9sentation, et sera le fond sonore des discussions des spectateurs aux entractes.<\/p>\n\n\n\n<p>Pas de noir, ni sur sc\u00e8ne ni dans la salle. La lumi\u00e8re ne s\u2019\u00e9teindra pas sur les spectateurs. Le public est plong\u00e9 dans les conditions du \u00ab&nbsp;grand si\u00e8cle&nbsp;\u00bb. Autre cons\u00e9quence de cette exp\u00e9rience, l\u2019\u00e9clairage de la sc\u00e8ne est celui de rampes de projecteurs install\u00e9es au sol, imitant celui des rangs de bougies qui \u00e9clairaient les com\u00e9diens et qui cr\u00e9aient de grandes ombres sur le plafond d\u00e8s leur entr\u00e9e.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La fin de l\u2019ouverture approche et les premiers com\u00e9diens, Matthieu Franchin et Alexandre Michaud se glissent derri\u00e8re les tableaux avant d\u2019entrer en sc\u00e8ne respectivement dans les r\u00f4les de Pylade et Oreste. L\u2019\u0153il capte les dorures des costumes avant qu\u2019ils ne disparaissent derri\u00e8re les panneaux &#8211; et quand ils r\u00e9apparaissent \u00e0 nouveau, il peut enfin admirer le travail d\u2019artiste et d\u2019artisan qui a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9. Les costumes sont, comme promis, sublimes ; r\u00e9alis\u00e9s pour \u00eatre conformes \u00e0 la mode du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle sur la sc\u00e8ne et tout \u00e0 fait extraordinairement fabriqu\u00e9s et brod\u00e9s par les \u00e9l\u00e8ves du <strong>Lyc\u00e9e des m\u00e9tiers La Source de Nogent-sur-Marn<\/strong>e et de la classe de broderie de l\u2019<strong>\u00e9cole Duperr\u00e9<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Roland Barthes d\u00e9testerait cette attention que le spectateur porte \u00e0 ces magnifiques costumes, mais qu\u2019il se rassure : ils ne d\u00e9tournent pas suffisamment l\u2019attention pour que celui-ci ne soit pas scotch\u00e9 aux vers de Racine dans la bouche de ces jeunes com\u00e9diens.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La diction d\u2019\u00e9poque, loin de compliquer la compr\u00e9hension de la verve du dramaturge, l\u2019embellit et lui rend sa premi\u00e8re beaut\u00e9. Logiquement, puisque c\u2019est ainsi qu\u2019ils furent pens\u00e9s, les vers de l\u2019auteur recouvrent leur pouvoir initial.<\/p>\n\n\n\n<p>La po\u00e9sie fait son effet, et Racine ensorc\u00e8le son public plus de 250 ans apr\u00e8s. Pas un bruit dans la salle, chacun est emport\u00e9 au temps de Louis XIV. \u00c0 vrai dire, \u00e0 part le confort des chaises modernes (pourrons-nous un jour essayer des repr\u00e9sentations au parterre debout&nbsp;?), tout y est, m\u00eame les heures de marche pour atteindre le th\u00e9\u00e2tre, \u00e0 d\u00e9faut de pouvoir se payer une cal\u00e8che.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne sais si la gr\u00e8ve ou la fatigue aident, mais la repr\u00e9sentation est plus qu\u2019efficace. Je dois l\u2019avouer et sans honte, en tant que parfaite spectatrice du si\u00e8cle, mes \u00e9motions sont remu\u00e9es par la performance des com\u00e9diens. Andromaque (Elisabeth Houpert) fait couler les larmes sur mon visage, et retourne le c\u0153ur du spectateur. Ensemble, on d\u00e9teste Hermione (Solane Michon), sa beaut\u00e9, sa fausse ma\u00eetrise, la fa\u00e7on dont elle joue avec le c\u0153ur d\u2019Oreste &#8211; et c\u2019est parce qu\u2019elle est parfaitement interpr\u00e9t\u00e9e. Ce c\u0153ur dont elle se joue a fait une impression toute particuli\u00e8re sur moi. Il nous attendrit, nous fait rire parfois et on s\u2019attache \u00e0 ce personnage plus qu\u2019\u00e0 tous les autres. On prend Pyrrhus (Rapha\u00ebl Robert) en amiti\u00e9, jou\u00e9 avec grandeur et prestance mais aussi avec toute la tendresse n\u00e9cessaire pour le r\u00f4le. Aucun doute, les expressions sont ma\u00eetris\u00e9es, les vers sont apprivois\u00e9s ; et sur les visages de Phoenix (Ahmed El Nahtawy), C\u00e9phise (Coraline Renaud), de Cl\u00e9one (L\u00e9a Sorrentino) et de Pylade &#8211; l\u2019expressivit\u00e9 de chacun est impressionnante, on lit l\u2019intelligence et la compr\u00e9hension de toute l\u2019action par les serviteurs et les suivants bien avant les ma\u00eetres.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut applaudir l\u2019extraordinaire travail des com\u00e9diens qui s\u2019emparent d\u2019une pi\u00e8ce qui est un monstre de la litt\u00e9rature fran\u00e7aise. La troupe, dirig\u00e9e par George Forestier, a su apprivoiser le si\u00e8cle. Les com\u00e9diens sont dirig\u00e9s par des mains nombreuses, inform\u00e9es, de v\u00e9ritables mains de ma\u00eetres. Une attention particuli\u00e8re encore une fois, pour l\u2019expressivit\u00e9 extraordinaire de leurs gestes et de leurs visages qui sans jamais aller trop loin, parle toujours au spectateur et pr\u00e9c\u00e8de les mots. Le spectacle est clair, <em>Andromaque<\/em> fait son effet, il faudra y retourner en F\u00e9vrier.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Zo\u00e9 PIQUET<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">\u2042<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Une r\u00e9v\u00e9lation sans surprise<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019affiche a quelque chose d\u2019impressionnant, un caract\u00e8re presque sacr\u00e9 : on y voit en grosses lettres le titre de l\u2019une des plus grandes \u0153uvres, <em>Andromaque<\/em>, de l\u2019un des plus grands dramaturges, Racine, mise en sc\u00e8ne par l\u2019un de ceux qui le conna\u00eet le mieux. Tout est d\u2019\u00e9poque, les costumes, la diction, la musique et le jeu, mais la pi\u00e8ce n\u2019a rien de mortuaire, bien au contraire, puisque le but de la repr\u00e9sentation est de lui redonner chair. C&rsquo;est bien en cela qu\u2019il faut saluer tout le travail qui a \u00e9t\u00e9 fait, palpable de la main donn\u00e9e par Hermione jusqu\u2019au bout du doigt d\u2019Oreste, qui se tendent tous deux dans une gestuelle chronom\u00e9tr\u00e9e. La performance d\u2019Antoine Gheerbrant (Oreste) a \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement remarquable. J\u2019avoue alors avoir pris beaucoup de plaisir durant cette repr\u00e9sentation. Cependant, on ne peut nier que la pi\u00e8ce requiert d\u00e9j\u00e0 une certaine sensibilit\u00e9 \u00e0 la trag\u00e9die classique pour pouvoir \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9e, et g\u00e9n\u00e9ralement, le public connaisseur en est ressorti ravi, ni d\u00e9\u00e7u, ni choqu\u00e9, preuve d\u2019un travail bien fait. Cela s\u2019explique dans le fait que l\u2019on regarde un objet connu dans une forme qui se veut \u00eatre la plus authentique possible. Proche de vos attentes, loin de l\u2019\u00e9tonnement, cette pi\u00e8ce reste tout de m\u00eame une r\u00e9v\u00e9lation sans surprise et il serait dommage de ne pas saisir l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019une telle exp\u00e9dition dans le pass\u00e9. Je ne peux donc que recommander de vous y int\u00e9resser, et quitte \u00e0 prendre le risque de vous ennuyer, vous partirez au moins avec la promesse de savoir si ce genre de th\u00e9\u00e2tre est votre tasse de th\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Cl\u00e9ment RIPOCHE<br><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Image d&rsquo;ent\u00eate : Affiche, \u00a9 Micka\u00ebl Bouffard (graphisme) et Franck Mory (photo) Sur les pas de Racine 19h45, les spectateurs rassembl\u00e9s devant l\u2019auditorium de Jussieu peuvent entrer. \u00c9rudits, passionn\u00e9s, chercheurs, \u00e9tudiants et invit\u00e9s de marque se pressent pour prendre place sur les fauteuils bleus de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":13871,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-13870","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-theatre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13870","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=13870"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13870\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=13870"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=13870"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=13870"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}