{"id":14150,"date":"2020-02-16T20:24:04","date_gmt":"2020-02-16T19:24:04","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=14150"},"modified":"2020-02-16T20:24:04","modified_gmt":"2020-02-16T19:24:04","slug":"details-lars-noren-texte-frederic-belier-garcia-mise-en-scene-theatre-du-rond-point-janvier-2020","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=14150","title":{"rendered":"D\u00e9tails \/ Lars Nor\u00e9n (texte), Fr\u00e9d\u00e9ric B\u00e9lier-Garcia (mise en sc\u00e8ne) \/ Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point \/ Janvier 2020"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Image d&rsquo;ent\u00eate :<\/strong> galerie du <a href=\"https:\/\/www.theatredurondpoint.fr\/spectacle\/details\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point<\/a>, (c) Christophe Martin<\/p>\n\n\n\n<p>Le mobilier est luxueux. [&#8230;] Dans la grande salle du <strong>Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point<\/strong>, o\u00f9 se joue <em>D\u00e9tails<\/em> de Lars Nor\u00e9n &#8211; mis en sc\u00e8ne par Fr\u00e9d\u00e9ric B\u00e9lier-Garcia, le d\u00e9cor a beau jouer l\u2019opulence, il a des airs de frugalit\u00e9 contr\u00f4l\u00e9e.&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire est simple. Quatre personnages, deux couples, des fragments de ces vies entrem\u00eal\u00e9es dix ans durant. Il y a l\u00e0 une m\u00e9decin depuis longtemps mari\u00e9e \u00e0 un \u00e9diteur ; l\u2019\u00e9diteur qui rep\u00e8re un jeune dramaturge, \u00e9trange et arrogant, dont la compagne est une autrice en devenir. L\u2019\u00e9diteur tombe en amour pour la jeune autrice, tandis que la m\u00e9decin panse ses plaies aupr\u00e8s du dramaturge. Ausculter le couple, ses joies comme sa d\u00e9liquescence, est un sujet cher \u00e0 Lars Nor\u00e9n. Pour autant, ici, son \u00e9criture manque de pr\u00e9cision et de panache. Ou bien est-ce la mise en sc\u00e8ne, qui \u00f4te tout semblant d\u2019\u00e9motions \u00e0 la repr\u00e9sentation&nbsp;?&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 un casting de choix &#8211; Isabelle Carr\u00e9, Laurent Capelluto, Ophelia Kobb, Antonin Meyer-Esquerr\u00e9 &#8211; un nombre de personnages r\u00e9duit, et donc des r\u00f4les cons\u00e9quents, un th\u00e8me si intime et universel, ces<em> D\u00e9tails <\/em>ont tout d\u2019un naufrage. Tout y est trop rapide, les sc\u00e8nes se suivent et se ressemblent, le travail sur les corps dans l\u2019espace est absent, la sc\u00e8ne en elle-m\u00eame est bien trop vaste pour contenir le r\u00e9cit de ces d\u00e9sillusions. Car d\u2019amour, il n\u2019est pas tant question. M\u00eame lorsqu\u2019il s\u2019agit de coup de foudre, d\u2019attirances r\u00e9ciproques, du choix de quitter l\u2019un pour mieux aller vers l\u2019autre&#8230; devant nous, il n&rsquo;y a que le r\u00e9cit de solitudes d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es, de personnages qui ne pensent qu\u2019\u00e0 leur propre individualit\u00e9. <em>Quoi de mieux que de se renfermer sur soi-m\u00eame&nbsp;? <\/em>On ne peut que mieux blesser l\u2019autre. D\u2019ailleurs, chacun tente de se convaincre que les choix effectu\u00e9s sont les bons, que les retours en arri\u00e8re ne servent pas \u00e0 grand-chose. On devrait sortir du th\u00e9\u00e2tre \u00e9prouv\u00e9s, lessiv\u00e9s, quoique pleins d\u2019espoir&#8230; mais il y tant de paresse dans l\u2019\u00e9criture et dans la mise en sc\u00e8ne de ce r\u00e9cit qu\u2019\u00e0 la sortie, le seul sentiment qui puisse nous habiter est proche du d\u00e9pit. <\/p>\n\n\n\n<p>Projeter les dates et les lieux de rencontre des personnages dans le fond de la sc\u00e8ne n\u2019apporte strictement rien \u00e0 l\u2019histoire, le spectateur n\u2019est pas un idiot et sait saisir les ravages du temps sans qu\u2019on ait besoin de l\u2019infantiliser. Donner \u00e0 une cinqui\u00e8me actrice &#8211; pour seul r\u00f4le &#8211; celui de se promener enti\u00e8rement nue sur la sc\u00e8ne, dans l\u2019unique but de cr\u00e9er un effet de mim\u00e9tisme avec le tableau en fond de sc\u00e8ne, c\u2019est extr\u00eamement d\u00e9gradant et g\u00eanant, qui plus est en 2020. La nudit\u00e9 est un costume comme un autre, qu\u2019il faut savoir utiliser avec mesure, et non pas comme une insulte gratuite aux corps des com\u00e9diens comme aux yeux des spectateurs. En somme, pour appr\u00e9hender les affres du couple, mieux vaut relire les fictions de Richard Yates ou d\u2019Angela Huth. Quant \u00e0 les voir repr\u00e9senter, pr\u00e9f\u00e9rons les sc\u00e8nes o\u00f9 l\u2019\u00e9motion est palpable, dans l\u2019\u00e9criture comme dans la voix et le corps des interpr\u00e8tes. <\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Margaux DARIDON <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"> \u2042 <\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Le diable se cache dans les d\u00e9tails&nbsp;\u00bb<\/em> et, \u00e0 l\u2019image des instants de vie des personnages de cette pi\u00e8ce, il y en a qu\u2019on ne souhaiterait pas voir. <em>D\u00e9tails<\/em>, c\u2019est quatre personnages aux trames conjugales li\u00e9es et sym\u00e9triques, qui \u00e9voluent durant une d\u00e9cennie enti\u00e8re entre Stockholm, New-York ou encore Florence. Ces vies m\u00eal\u00e9es, auxquelles le spectateur assiste, n\u2019en apparaissent pas moins vides.<\/p>\n\n\n\n<p>La pi\u00e8ce avait lieu au <strong>Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point <\/strong>un mardi soir. La salle, de taille moyenne, \u00e9tait surmont\u00e9e d\u2019une imposante structure en bois. La sc\u00e8ne, elle, \u00e9tait immense et accueillait un d\u00e9cor relativement sobre pour permettre \u00e0 une multiplicit\u00e9 de lieux de coexister en m\u00eame temps. On y trouvait de grands si\u00e8ges en cuir, deux grandes tables &#8211; le tout modul\u00e9 par des machinistes anonymes intervenant \u00e0 plusieurs reprises dans la pi\u00e8ce pour reconstituer le d\u00e9cor autour des acteurs. L\u2019espace \u00e9tait d\u00e9limit\u00e9 c\u00f4t\u00e9 jardin par des portes \u00e0 battant, au fond de la pi\u00e8ce se trouvait un mur en carton avec des portes dessin\u00e9es, dissimulant en grande partie <em>la V\u00e9nus<\/em> d\u2019Urbin de Titien, ce tableau devant lequel se rencontront inopin\u00e9ment les personnages, dans la Galerie des Offices.<\/p>\n\n\n\n<p>Les personnages se rencontrent par hasard, lors d\u2019occasions ou de retrouvailles ind\u00e9sirables. Leurs rapports, tour \u00e0 tour amoureux, jaloux, haineux, sexuels ou nostalgiques, semblent toujours plong\u00e9s dans une insoutenable tristesse. Les dr\u00f4leries sont acides et construisent le tragique de la pi\u00e8ce, qui se veut \u00ab&nbsp;r\u00e9aliste&nbsp;\u00bb selon les dires du dramaturge su\u00e9dois Lars Nor\u00e9n. Les acteurs ne semblent exprimer de joie que dans la folie, laquelle entoure les deux  protagonistes les plus jeunes, Stefan et Emma, amants pour un temps. L\u2019amour ne rev\u00eat plus qu\u2019un aspect utilitaire : il donne un statut social, un moyen de procr\u00e9er. Les corps des protagonistes sont mis en valeur par le metteur en sc\u00e8ne Fr\u00e9d\u00e9ric B\u00e9lier-Garcia, mais cette nudit\u00e9 ne semble \u00eatre qu\u2019un subterfuge pour faire croire au subversif, \u00e0 l\u2019image de la d\u00e9ambulation langoureuse de la trop jeune amante de Stefan, au moment de son suicide amoureux m\u00e9taphorique. Seule une sc\u00e8ne a su se d\u00e9marquer du reste de la pi\u00e8ce par sa joie et son innocence : le moment de complicit\u00e9 qu\u2019offre le couple d&rsquo;Ann et Erik dans une sorte de jeu de r\u00f4le enfantin en guise de pr\u00e9liminaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Le drame de cette pi\u00e8ce o\u00f9 l\u2019amour n\u2019offre plus de joie est port\u00e9 par des acteurs au jeu \u00e9pur\u00e9, efficace, sans fioriture. Ils incarnent dans toute sa douleur la maladie de cette pi\u00e8ce : l\u2019incompr\u00e9hension. Th\u00e9matique centrale de la vie de couple, les personnages se comprennent rarement car ils ne se comprennent que trop bien. Voil\u00e0 le parti-pris de la pi\u00e8ce : l\u2019\u00e9chec du couple, \u00e0 tout \u00e2ge, partout, et pour la m\u00eame raison.<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but de la pi\u00e8ce, un bout de m\u00e9tal est tomb\u00e9 du plafond sur un spectateur sans un bruit, sans cons\u00e9quence. Cet incident est \u00e0 l\u2019image de cette pi\u00e8ce : on en ressort indemne, peut-\u00eatre un peu plus triste, sans vraiment savoir quoi en tirer. La pi\u00e8ce a-t-elle failli \u00e0 son ambition r\u00e9aliste en voulant l\u2019atteindre par tous les moyens ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Hugo dE GAILLANDE<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"> \u2042 <\/p>\n\n\n\n<p>Que dire, que dire, que dire\u2026 <em>D\u00e9tails<\/em> est la nouvelle pi\u00e8ce de Lars Nor\u00e9n, dramaturge su\u00e8dois. Mise en sc\u00e8ne par Fr\u00e9d\u00e9rc B\u00e9lier-Garcia, on y retrouve Isabelle Carr\u00e9, &nbsp;Ophelia Kolb, Laurent Capelluto et Antonin Meyer-Esquerr\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les critiques sont \u00e9logieuses, certaines disent de l\u2019\u0153uvre que c\u2019est l\u2019une des plus \u00ab&nbsp;autobiographique&nbsp;\u00bb de l\u2019auteur. Mais l\u2019\u0153uvre n\u2019est-elle pas tellement autobiographique qu\u2019on se trouve mis de c\u00f4t\u00e9, en tant que spectateur&nbsp;? La pi\u00e8ce ne semble adress\u00e9e qu\u2019\u00e0 une certaine cat\u00e9gorie de la soci\u00e9t\u00e9&nbsp;:&nbsp; les hommes et femmes de plus de quarante ans, vivants dans un milieu ais\u00e9 et atteints de n\u00e9vroses existentielles dues \u00e0 un ennui trop cons\u00e9quent. La mise en sc\u00e8ne, elle, est bien pens\u00e9e&nbsp;: un seul d\u00e9cor traverse le temps et les lieux, en s\u2019adaptant. L\u2019espace dans lequel le d\u00e9cor est implant\u00e9 est quant \u00e0 lui tellement grand qu\u2019\u00e0 d\u00e9faut d\u2019\u00eatre assis au premier rang, on peine \u00e0 entendre les acteurs. La sc\u00e8ne para\u00eet trop grande pour la pi\u00e8ce, celle-ci aurait pu \u00eatre jou\u00e9e dans un th\u00e9\u00e2tre parisien plus petit. La preuve en est que les spectateurs n\u2019occupent que la moiti\u00e9 des si\u00e8ges. <\/p>\n\n\n\n<p>Les acteurs, cependant, parviennent \u00e0 remplir cet espace vide, les deux femmes sont justes et touchantes dans leur r\u00f4le &#8211; et parviennent \u00e0 nous transmettre la d\u00e9tresse de leurs personnages. Les deux hommes sont justes aussi, l\u2019un dans la mollesse et l\u2019autre dans l\u2019incompr\u00e9hension. <\/p>\n\n\n\n<p>Une pi\u00e8ce que l\u2019on va d\u00e9couvrir pour ses acteurs, en somme,  ainsi que pour une mise en sc\u00e8ne int\u00e9ressante mais le texte, trop nombriliste, peine \u00e0 toucher. <\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Emma MERIAUX <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"> \u2042 <\/p>\n\n\n\n<p>La pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre <em>D\u00e9tails<\/em>, sign\u00e9e Lars Nor\u00e9n, met en sc\u00e8ne quatre personnages dont les trajectoires de vie vont se rencontrer, se quitter, s\u2019entrem\u00ealer, se d\u00e9lier, se t\u00e9lescoper et se d\u00e9liter. L\u2019action se d\u00e9ploie sur dix ann\u00e9es et s\u2019\u00e9tire d\u2019un continent \u00e0 l\u2019autre, de Stockholm \u00e0 New York en passant par Milan et Isra\u00ebl. <\/p>\n\n\n\n<p>Chacun trimballe, tel un fardeau riv\u00e9 au corps et \u00e0 l\u2019\u00e2me, le poids de son pass\u00e9, les tares de ses n\u00e9vroses, les faibles espoirs d\u2019un futur chim\u00e9rique. Chacun \u00e0 sa mani\u00e8re, les personnages sont perdus et d\u00e9senchant\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019un, apathique, adopte une posture passive et d\u00e9sinvolte face \u00e0 sa femme, dont il s\u2019est lass\u00e9. La chevelure blonde et d\u00e9sordonn\u00e9e d\u2019une jeune auteure en qu\u00eate d\u2019un \u00e9diteur provoque en Erik un regain de vie. L\u2019illusion d\u2019une renaissance le pousse dans ses bras. Tr\u00e8s vite, la morne qui\u00e9tude de l\u2019existence vient tarir cette flamme d\u00e9j\u00e0 consum\u00e9e, si pr\u00e9matur\u00e9ment \u00e9teinte. <\/p>\n\n\n\n<p>La jeune Emma, autiste diagnostiqu\u00e9e schizophr\u00e8ne, se laisse entra\u00eener dans cette aventure qu\u2019elle recherche et redoute \u00e0 la fois, d\u2019abord passag\u00e8re puis lourde d\u2019investissement \u00e9motionnel. Compl\u00e8tement d\u00e9connect\u00e9e de la r\u00e9alit\u00e9 et n\u00e9anmoins sujette \u00e0 des sautes d\u2019humeur, elle incarne la fra\u00eecheur et la vie de la pi\u00e8ce. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans son \u00ab&nbsp;refuge \u00bb \u00e0 New York, elle fr\u00e9quente un jeune dramaturge, d\u00e9pressif et m\u00e9galomane, dont Erik a publi\u00e9 les pi\u00e8ces quelques ann\u00e9es auparavant. Perturb\u00e9 par un traumatisme d\u2019enfance, Stefan est hant\u00e9 par l\u2019id\u00e9e de la mort et du suicide. Assis au bord d\u2019une fen\u00eatre, il n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 contempler pendant des heures un inconnu errant, perch\u00e9 sur le toit d\u2019en face et pr\u00eat \u00e0 se jeter dans le vide. <em>Mati\u00e8re \u00e0 \u00e9crire<\/em>, dit-il, il doit conna\u00eetre la chute de l\u2019histoire. Ce n\u2019est l\u00e0 qu\u2019un d\u00e9tail parmi les autres, dont cette pi\u00e8ce se compose enti\u00e8rement. <\/p>\n\n\n\n<p>Ann, m\u00e9decin surmen\u00e9e, cherche d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment \u00e0 attirer l\u2019attention de son mari, Erik. Frigide et st\u00e9rile, elle souffre de n\u2019\u00eatre plus regard\u00e9e comme une femme d\u00e9sirable par l\u2019homme qu\u2019elle aime. D\u00e9laiss\u00e9e, puis quitt\u00e9e par son mari, elle est alors revivifi\u00e9e par l\u2019\u00e9treinte charnelle, chaude et sensuelle, de Stephan.&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>Mis bout \u00e0 bout, les petits riens, les anecdotes, les rencontres, les sayn\u00e8tes qui dessinent les contours, flous, de la pi\u00e8ce donnent \u00e0 voir les pertes, les d\u00e9sillusions, la solitude et la peine qui habitent les personnages, en proie \u00e0 un vague \u00e0 l\u2019\u00e2me inextirpable. Tour \u00e0 tour, ils interrogent le sens de la vie, le harassement professionnel auquel nous contraint la soci\u00e9t\u00e9, l\u2019extinction progressive du d\u00e9sir, l\u2019\u00e9loignement in\u00e9vitable d\u2019\u00eatres proches &#8211; pourtant intrins\u00e8quement li\u00e9s, l\u2019impact de l\u2019\u00e9chec et le regard, toujours sceptique et r\u00e9probateur, qu\u2019autrui porte sur l\u2019\u00e9tranger qui lui fait face. <\/p>\n\n\n\n<p>Car voil\u00e0 bien le drame contenu dans <em>D\u00e9tails<\/em> : les personnages se c\u00f4toient, vivent ensemble, couchent ensemble, voyagent ensemble et restent n\u00e9anmoins \u00e9trangers les uns aux autres. L\u2019incommunicabilit\u00e9, et l\u2019incompr\u00e9hension mutuelle qui en d\u00e9coule, sont les ma\u00eetres mots de ces relations creuses, qui tentent pourtant, co\u00fbte que co\u00fbte, de tromper l\u2019ennui et le vide. <\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ambiance, pesante et froide, donne l\u2019impression d\u2019une esquisse inachev\u00e9e. Le rythme, lent, laisse le mal-\u00eatre des personnages se r\u00e9pandre dans la salle et p\u00e9n\u00e9trer les spectateurs. Parfois cocasse, souvent triste, la pi\u00e8ce mise en sc\u00e8ne par Fr\u00e9d\u00e9ric B\u00e9lier-Garcia renvoie l\u2019\u00e9pieur que nous sommes, le voyeur de ces corps nus et d\u00e9nud\u00e9s au caract\u00e8re \u00e9ph\u00e9m\u00e8re de la vie, \u00e0 la fragilit\u00e9 des relations interpersonnelles, et \u00e0 la fugacit\u00e9 de l\u2019instant pr\u00e9sent. <\/p>\n\n\n\n<p>Nostalgique, \u00e0 la fois douce et sombre, <em>D\u00e9tails<\/em> provoque in\u00e9luctablement, chez le spectateur, un sentiment de perplexit\u00e9 ind\u00e9chiffrable.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Clara LUCAS<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Image d&rsquo;ent\u00eate : galerie du Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point, (c) Christophe Martin Le mobilier est luxueux. 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