{"id":14158,"date":"2020-02-24T15:45:30","date_gmt":"2020-02-24T14:45:30","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=14158"},"modified":"2020-02-24T15:45:30","modified_gmt":"2020-02-24T14:45:30","slug":"du-ciel-tombaient-les-animaux-caryl-churchill-texte-marc-paquien-mise-en-scene-theatre-du-rond-point-janvier-2020","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=14158","title":{"rendered":"Du ciel tombaient les animaux \/ Caryl Churchill (texte), Marc Paquien (mise en sc\u00e8ne) \/ Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point \/ Janvier 2020"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Image d&rsquo;ent\u00eate :<\/strong> galerie du <a href=\"https:\/\/www.theatredurondpoint.fr\/spectacle\/du_ciel_tombaient_des_animaux\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point<\/a>, (c) GCC<\/p>\n\n\n\n<p>Avec la pi\u00e8ce <em>Du Ciel tombaient des animaux<\/em>, mise en sc\u00e8ne par Marc Paquien au <strong>Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point<\/strong>, le spectateur h\u00e9site entre le rire et l\u2019effroi. On pouvait s\u2019y attendre, d\u2019ailleurs, puisque son autrice, Caryl Churchill, est connue pour ses formes dramatiques soulevant des probl\u00e9matiques f\u00e9ministes, sociales et politiques. <\/p>\n\n\n\n<p>Ici, Caryl Churchill nous transporte \u00e0 l\u2019heure du th\u00e9 et de la catastrophe&#8230; Par un apr\u00e8s-midi d\u2019\u00e9t\u00e9, quatre dames \u00e2g\u00e9es, amies de longue date, se retrouvent et discutent. Elles \u00e9voquent le pass\u00e9, la maladie, leurs blocages, leurs petits-enfants, les oiseaux, la religion&#8230; Parmi elles, une nouvelle voisine, Mrs Jarrett. Personne ne sait d\u2019o\u00f9 elle vient. De temps en temps, elle se l\u00e8ve, interrompt le dialogue et les trois amies, qui se figent derri\u00e8re elle. Alors, elle nous livre le r\u00e9cit d\u2019une apocalypse loufoque : famines contenues par la t\u00e9l\u00e9-r\u00e9alit\u00e9, piscines construites pour \u00e9viter les inondations&#8230; Les sc\u00e9narios catastrophes se multiplient, mais tous sont remis en question par leur absurdit\u00e9 : Cassandre des Temps modernes, ou voyageuse du futur ? On ne sait pas comment r\u00e9agir aux messages de cette femme.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, leur justesse incisive se ressent dans le public : j\u2019ai ri &#8211; mais j&rsquo;ai aussi constat\u00e9 avec cynisme, dans le discours de Mrs Jarrett, ce qui pourrait \u00eatre la caricature de notre soci\u00e9t\u00e9 contemporaine, moins pr\u00e9occup\u00e9e par les crises que par le pain et les jeux. Ainsi, en \u00e0 peine une heure, et malgr\u00e9 une fin un peu abrupte, Marc Paquien parvient \u00e0 nous transporter dans un univers parall\u00e8le, port\u00e9 par une mise en sc\u00e8ne minimaliste et des actrices puissantes, qui jouent avec pr\u00e9cision le texte de cette com\u00e9die tragique.&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Tara NATOURI<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">\u2042<\/p>\n\n\n\n<p>Baign\u00e9e par le soleil, la salle du<strong> Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point<\/strong> a pris des allures de jardin. Une tasse de th\u00e9 \u00e0 la main, trois anglaises d\u2019un certain \u00e2ge nous font face. Mrs Jarrett, une quatri\u00e8me voisine, les rejoint et s\u2019immisce dans les discussions du groupe, comme nous autres spectateurs. La mise en sc\u00e8ne sign\u00e9e Marc Paquien nous offre une com\u00e9die insolite d\u2019une heure, oscillant entre discussions triviales et fin du monde. Dani\u00e8le Lebrun de la Com\u00e9die-Fran\u00e7aise, Dominique Valadi\u00e9, Charlotte Clamens et Genevi\u00e8ve Mnich&nbsp;: ces quatre com\u00e9diennes de renom forment un quatuor renversant qui donne vie au texte si singulier de la dramaturge britannique et f\u00e9ministe&nbsp;Caryl Churchill. <\/p>\n\n\n\n<p>Sur les vestiges du th\u00e9\u00e2tre de l\u2019absurde, la pi\u00e8ce propose une po\u00e9sie d\u00e9cal\u00e9e, pleine d\u2019humour, qui n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 r\u00e9inventer les codes du langage. D\u00e9cousu et apocalyptique, ce dernier est \u00e0 l\u2019image du r\u00e9cit de Mrs Jarrett.&nbsp; <em>Inondations, incendies, \u00e9boulements, famine, temp\u00eates, virus<\/em>\u2026 Cassandre des Temps modernes, ou femme \u00e2g\u00e9e devenue folle&nbsp;? Catastrophe pass\u00e9e, relat\u00e9e, ou futur cataclysmique annonc\u00e9&nbsp;? Le myst\u00e8re demeure. Les n\u00e9vroses semblent avoir contamin\u00e9 le quotidien des autres femmes, prenant possession du plateau. Ailurophobie, d\u00e9pression, angoisses\u2026 Chacune dans sa singularit\u00e9 expose&nbsp;avec force et humour les joies et les malheurs de son existence. Dans une discussion effr\u00e9n\u00e9e o\u00f9 les r\u00e9pliques fusent de toute part, le spectateur r\u00e9ussit \u00e0 capturer au milieu de cette com\u00e9die d\u00e9concertante des moments d\u2019\u00e9motion qui laissent une place de choix au tragique. La vie de ces quatre femmes d\u00e9file ainsi sous nos yeux, en quelques minutes,&nbsp;et le seul regret que l\u2019on puisse avoir est que le temps passe trop vite pour nous comme pour elles. <\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Bertille DUBOIS<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">\u2042<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/photo.theatredurondpoint.info\/media\/s\/381\/38103\/rvb_18_du-ciel_1000_1000.jpg\" alt=\"\" width=\"198\" height=\"291\"\/><figcaption>(c) St\u00e9phane Trapier<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Dans cette pi\u00e8ce de Caryl Churchill, quatre vieilles femmes boivent du th\u00e9 et discutent entre elles : de leurs enfants, leurs (ex) maris, de ce qu\u2019elles faisaient avant la retraite&#8230; Derri\u00e8re cette situation quotidienne tr\u00e8s anglaise, le texte aborde une r\u00e9alit\u00e9 plus sombre. L\u2019une de ces femmes, interpr\u00e9t\u00e9e par Dominique Valadi\u00e9, \u00e9coute plus qu\u2019elle ne parle &#8211; du moins lorsqu\u2019elle est en compagnie de ses voisines. \u00c0 d\u2019autres moments, des accords de guitare se font entendre, les lumi\u00e8res s\u2019\u00e9teignent, n\u2019\u00e9clairent plus qu\u2019elle&nbsp;: alors elle livre ses pens\u00e9es, ni alarmistes ni totalement d\u00e9sabus\u00e9es, sur l\u2019anthropoc\u00e8ne et la d\u00e9liquescence \u00e9cologique et morale du monde. L\u2019actrice excelle dans ce r\u00f4le&nbsp;: avec sa petite voix aigu\u00eb, son attitude d\u00e9contract\u00e9e et son phras\u00e9 souple, elle livre avec habilet\u00e9 l\u2019humour noir \u2013 tr\u00e8s <em>british<\/em>&nbsp;! \u2013 de Caryl Churchill. <\/p>\n\n\n\n<p>Malheureusement, la mise en sc\u00e8ne de Marc Paquien ne me s\u00e9duit pas. Les autres actrices, en jouant les \u00ab&nbsp;Vieilles&nbsp;\u00bb, tombent dans la caricature et ne donnent pas suffisamment de relief \u00e0 ce trio de grand\u2011m\u00e8res anglaises. La sc\u00e9nographie (deux murs blancs, en angle droit, sur lesquels un jardin et des haies sont repr\u00e9sent\u00e9s, comme sur une esquisse) manque aussi d\u2019\u00e2me, d\u2019utilit\u00e9 sc\u00e9nique, et ne donne pas vraiment de mati\u00e8re au jeu des actrices. L\u2019univers sonore, satur\u00e9 par le chant des oiseaux, est int\u00e9ressant dans l\u2019id\u00e9e, mais je le trouve trop r\u00e9p\u00e9titif pour qu\u2019il puisse donner une v\u00e9ritable perspective dramaturgique \u00e0 l\u2019\u0153uvre de Caryl Churchill. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Alexandre BEN MRAD<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"> \u2042<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Du ciel tombaient des animaux<\/em> : conversations au jardin d\u2019\u00e9t\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un apr\u00e8s-midi estival, une conversation sur de vastes sujets entre quatre dames \u00e2g\u00e9es, assises dans un jardin. Sur la sc\u00e8ne, c\u2019est la simplicit\u00e9 qui domine : il n\u2019y a que quatre chaises, une th\u00e9i\u00e8re et un grand tableau au fond, d\u00e9crivant les traits d&rsquo;un jardin en fleurs sous la lumi\u00e8re projet\u00e9e. La conversation est toujours suivie par un monologue de Mrs Jarrett, au cours duquel les trois autres dames se dissimulent dans l\u2019ombre. <\/p>\n\n\n\n<p>Mrs Jarrett raconte seule des \u00e9v\u00e9nements devant les spectateurs. Une fois son monologue termin\u00e9, la conversation est relanc\u00e9e. On parle de <em>choses banales <\/em>avec humour (noir) et ironie : des s\u00e9ries, des boutiques ferm\u00e9es&#8230; C\u2019est exactement ce qui nous pr\u00e9occupe dans la vie quotidienne. En revanche, Mrs Jarrett pr\u00e9voit la catastrophe, la surexploitation, la s\u00e9cheresse&#8230; Ses paroles nous am\u00e8nent \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur l\u2019humanit\u00e9. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, la vie humaine est constitu\u00e9e de petites choses insignifiantes, qui passent au jour le jour ; de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, la catastrophe peut la bouleverser d\u2019une mani\u00e8re brusque. Le seul moyen d&rsquo;\u00eatre sauv\u00e9, c\u2019est encore d\u2019en parler, sans doute de fa\u00e7on humoristique.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Chenghui SHI<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">\u2042<\/p>\n\n\n\n<p>Quatre com\u00e9diennes incarnent quatre femmes \u00e2g\u00e9es pour parler de leur quotidien enquiquinant d\u2019ennui. La petite salle noire du <strong>Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point <\/strong>se pr\u00eate bien \u00e0 cette atmosph\u00e8re froide et qui peine \u00e0 se r\u00e9chauffer. <\/p>\n\n\n\n<p>Un jardin d\u00e9vast\u00e9, en noir et blanc, s&rsquo;\u00e9tend des murs \u00e0 la sc\u00e8ne o\u00f9, finalement, peu de choses se passent. Les choix de mise en sc\u00e8ne sont aussi sobres que le texte mais, \u00e0 mon grand \u00e9tonnement, tout cela captive. Le texte port\u00e9 par le jeu des quatre actrices nous alerte, le jeu des lumi\u00e8res permet de mettre en avant chacune d&rsquo;entre elles au moment des diff\u00e9rents monologues. On se pr\u00eate avec plaisir \u00e0 \u00e9pier leurs conversations. Je retiens tout particuli\u00e8rement le monologue de Dani\u00e8le Lebrun, qui arrive \u00e0 rendre&nbsp;son ailurophobie tout \u00e0 fait attachante.<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9anmoins, l\u2019\u00e9claircissement sur le r\u00f4le de la voisine venue d\u2019ailleurs reste obscur et les enjeux sont laiss\u00e9s en suspens. Caryl Churchill avait su nous s\u00e9duire avec des textes plus engag\u00e9s &#8211; mais apr\u00e8s l\u2019\u00e9coute de celui-ci, bien que port\u00e9 par d&rsquo;excellentes com\u00e9diennes, nous restons sur notre faim et l\u2019intrigue du d\u00e9but s\u2019est estomp\u00e9e au fur et \u00e0 mesure.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Marion GAILLARD<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Image d&rsquo;ent\u00eate : galerie du Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point, (c) GCC Avec la pi\u00e8ce Du Ciel tombaient des animaux, mise en sc\u00e8ne par Marc Paquien au Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point, le spectateur h\u00e9site entre le rire et l\u2019effroi. On pouvait s\u2019y attendre, d\u2019ailleurs, puisque son autrice, Caryl [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":14159,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4,36],"tags":[],"class_list":["post-14158","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-theatre","category-theatre-du-rond-point"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14158","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=14158"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14158\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=14158"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=14158"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=14158"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}