{"id":14173,"date":"2020-03-04T22:00:00","date_gmt":"2020-03-04T21:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=14173"},"modified":"2020-03-04T22:00:00","modified_gmt":"2020-03-04T21:00:00","slug":"sganarelle-ou-le-cocu-imaginaire-theatre-moliere-sorbonne-amphitheatre-richelieu-fevrier-2020","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=14173","title":{"rendered":"Sganarelle ou le Cocu imaginaire \/ Th\u00e9\u00e2tre Moli\u00e8re Sorbonne \/ Amphith\u00e9\u00e2tre Richelieu \/ F\u00e9vrier 2020"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp; Un portail vers un pass\u00e9 lointain, o\u00f9 le spectateur est toujours le m\u00eame&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est le 4 f\u00e9vrier, dans l\u2019<strong>amphith\u00e9\u00e2tre Richelieu<\/strong>, que la troupe du <strong>Th\u00e9\u00e2tre Moli\u00e8re Sorbonne<\/strong> nous donne rendez-vous pour une repr\u00e9sentation de <em>Sganarelle ou le Cocu imaginaire<\/em>. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une com\u00e9die jou\u00e9e selon les exigences du XVII\u00e8me si\u00e8cle. On appelle ce type de spectacles \u00ab&nbsp;historiquement inform\u00e9s&nbsp;\u00bb, que ce soit au niveau de la d\u00e9clamation, de la gestuelle des acteurs ou de leurs costumes. La pi\u00e8ce est par ailleurs pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e par un concert de musique (Charpentier), donn\u00e9 par la troupe de l&rsquo;Atelier du th\u00e9\u00e2tre. Toujours soucieux d&rsquo;offrir une exp\u00e9rience authentique aux spectateurs, les musiciens suivent une technique de violon utilis\u00e9e en France \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de Lully.&nbsp; En effet, durant le concert, les musiciens s&rsquo;arr\u00eatent souvent pour accorder leurs instruments puisque les cordes, faites en boyaux de mouton, sont tr\u00e8s sensibles \u00e0 l&rsquo;humidit\u00e9 et \u00e0 la chaleur. La&nbsp;musique continuera \u00e0 accompagner la pi\u00e8ce par la suite &#8211; musique de Charpentier, faite sur mesure pour Moli\u00e8re, rendant l&rsquo;exp\u00e9rience encore plus authentique.<\/p>\n\n\n\n<p>La com\u00e9die se base sur le quiproquo, proc\u00e9d\u00e9 comique classique. En effet, la croyance trompeuse est au c\u0153ur de cette pi\u00e8ce o\u00f9 Sganarelle se croit tromp\u00e9 par sa femme qui, elle m\u00eame, croit qu&rsquo;il la trompe avec Cl\u00e9lie. Cl\u00e9lie, quant \u00e0 elle, est amoureuse de L\u00e9lie et croit que celui-ci la trompe avec la femme de Sganarelle. Le malentendu atteint son paroxysme avec les diff\u00e9rentes situations mises en sc\u00e8ne, qui orientent les personnages vers de fausses pistes. La sc\u00e8ne d&rsquo;exposition met ainsi en place Cl\u00e9lie, dans les bras de Sganarelle suite \u00e0 son \u00e9vanouissement, croyant qu&rsquo;il la trompe. S&rsquo;ensuit une infinit\u00e9 de malentendus qui reposent sur ce mod\u00e8le.<\/p>\n\n\n\n<p>Mis \u00e0 part le comique du sujet, la d\u00e9clamation et les mimiques des acteurs jouent un grand r\u00f4le dans le comique de la pi\u00e8ce. En effet, la tonalit\u00e9 employ\u00e9e, le jeu exag\u00e9r\u00e9 des acteurs suscitent le rire du public. Le jeu grimacier mis au point par Moli\u00e8re, surtout \u00e0 travers le personnage de Sganarelle, repr\u00e9sente une nouvelle source de comique au XVII\u00e8me si\u00e8cle. [&#8230;] <em>Sganarelle ou le Cocu imaginaire<\/em>, repr\u00e9sent\u00e9e par la troupe du Th\u00e9\u00e2tre Moli\u00e8re Sorbonne offre donc au spectateur une exp\u00e9rience inoubliable, un portail vers un pass\u00e9 lointain o\u00f9 le spectateur est toujours le m\u00eame, riant du m\u00eame comique que le spectateur du XVII\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Sarra BEN DHIA<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">\u2042<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 19h45, l\u2019<strong>amphith\u00e9\u00e2tre Richelieu<\/strong> n\u2019est plus un lieu de savoir o\u00f9 se d\u00e9roulent des cours, des conf\u00e9rences ou bien des s\u00e9minaires, mais un lieu artistique &#8211; laissant l\u2019estrade aux acteurs de l\u2019atelier <strong>Th\u00e9\u00e2tre Moli\u00e8re Sorbonne<\/strong>. Les neuf acteurs interpr\u00e8tent ensemble une pi\u00e8ce intitul\u00e9e <em>Sganarelle ou le Cocu imaginaire<\/em>, \u00e9crite par Moli\u00e8re en 1660. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, en arrivant, on peut voir que la sc\u00e8ne est occup\u00e9e par une chaise et trois pupitres. En effet, avant la repr\u00e9sentation, le public a la chance d\u2019assister \u00e0 un concert de musique baroque. La premi\u00e8re partie est alors assur\u00e9e par quatre musiciens&nbsp;: un Dessus, une Haute-contre, une Taille et une Basse de violon afin d\u2019interpr\u00e9ter les compositions de Marc-Antoine Charpentier, c\u00e9l\u00e8bre compositeur et chanteur du XVII\u00e8me si\u00e8cle. La musique est lyrique, douce et r\u00e9p\u00e9titive. N\u00e9anmoins, une des musiciennes nous apprend, pendant la repr\u00e9sentation, que les instruments sont d\u2019\u00e9poque et que les cordes sont faites \u00e0 partir de boyaux de mouton : celles-ci rendent un son meilleur mais sont fort sensibles \u00e0 la chaleur et l\u2019humidit\u00e9. La musique est alors entrecoup\u00e9e de raccords entre les musiciens, ce qui emp\u00eache le spectateur de plonger compl\u00e8tement dans la symphonie de l\u2019auteur. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, les musiciens montent et s\u2019installent dans le public, plut\u00f4t \u00e2g\u00e9, laissant la sc\u00e8ne aux acteurs. L\u2019intrigue est simple : Sganarelle, par un mauvais concours de circonstances, se croit tromp\u00e9 par sa femme avec L\u00e9lie, amant de C\u00e9lie. Sganarelle, fou furieux, avertit C\u00e9lie. Ensemble, ils r\u00e9fl\u00e9chissent \u00e0 une petite vengeance. Ainsi, les comiques de situation sont nombreux, Sganarelle croit parler \u00e0 l\u2019amant de sa femme, alors qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9, il est l\u2019amant de C\u00e9lie. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>Le public est complice, il sait d\u00e8s le d\u00e9but que Sganarelle fait fausse route. Le quiproquo de d\u00e9part provoque le rire \u00e0 chaque sc\u00e8ne, gr\u00e2ce aux comiques de situation et aux discours en double \u00e9nonciation. Cependant, le rire est aussi suscit\u00e9 par le jeu des acteurs. En effet, les expressions de visage, les gestes et les d\u00e9placements, notamment les d\u00e9placements des personnages masculins qui adoptent une d\u00e9marche particuli\u00e8re, donnent du relief et dynamisent le texte.&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>La pi\u00e8ce est courte, trois actes, entrecoup\u00e9 chacun par une intervention des musiciens de la premi\u00e8re partie, reprenant \u00e0 chaque fois le m\u00eame morceau. Cependant, il faut avouer que ne connaissant pas le texte avant de venir, j\u2019ai rencontr\u00e9 quelques difficult\u00e9s quant \u00e0 la compr\u00e9hension des vers. En effet, les acteurs gardent l\u2019orthographe et la prononciation de l\u2019ancien fran\u00e7ais. Ainsi, les \u00ab&nbsp;r&nbsp;\u00bb sont roul\u00e9s, les \u00ab&nbsp;s&nbsp;\u00bb sont prononc\u00e9s en fin de phrase, et on a l\u2019impression d\u2019une sorte d&rsquo;accent du sud. D\u2019autant plus que les sc\u00e8nes du premier acte s\u2019encha\u00eenent en introduisant \u00e0 chaque fois de nouveaux personnages, et il est parfois difficile de lier les personnages entre eux.  Cependant, d\u00e8s l\u2019acte II, l\u2019oreille s\u2019habitue et l\u2019on peut profiter pleinement du spectacle. <\/p>\n\n\n\n<p>Derri\u00e8re le d\u00e9cor est vide, pas m\u00eame un drap en toile de fond. Cependant, les costumes en eux-m\u00eames suffisent \u00e0 plonger le public dans l\u2019atmosph\u00e8re du XVII\u00e8me si\u00e8cle, puisque tr\u00e8s sophistiqu\u00e9s. &nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>Un dernier mot encore pour souligner la performance de l\u2019acteur qui interpr\u00e9tait le personnage de Sganarelle : son jeu \u00e9tait excellent. Tout se lisait sur son visage&nbsp;: ses intentions, sa d\u00e9ception et son amour pour sa femme. Ses deux monologues sur sc\u00e8ne ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s avec une \u00e9nergie d\u00e9bordante, emmenant le public avec lui. <\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Simon HAFI<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >\u00ab&nbsp; Un portail vers un pass\u00e9 lointain, o\u00f9 le spectateur est toujours le m\u00eame&nbsp;\u00bb C&rsquo;est le 4 f\u00e9vrier, dans l\u2019amphith\u00e9\u00e2tre Richelieu, que la troupe du Th\u00e9\u00e2tre Moli\u00e8re Sorbonne nous donne rendez-vous pour une repr\u00e9sentation de Sganarelle ou le Cocu imaginaire. 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