{"id":14182,"date":"2020-03-06T21:34:00","date_gmt":"2020-03-06T20:34:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=14182"},"modified":"2020-03-06T21:34:00","modified_gmt":"2020-03-06T20:34:00","slug":"cuentos-de-azucar-eva-yerbabuena-theatre-chaillot-fevrier-2020","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=14182","title":{"rendered":"Cuentos de Az\u00facar \/ Eva Yerbabuena \/ Th\u00e9\u00e2tre Chaillot \/ F\u00e9vrier 2020"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Image d&rsquo;ent\u00eate :<\/strong> Galerie du <a href=\"https:\/\/www.theatre-chaillot.fr\/fr\/saison-2019-2020\/cuentos-azucar\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"T (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">T<\/a><a href=\"https:\/\/www.theatre-chaillot.fr\/fr\/saison-2019-2020\/cuentos-azucar\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\" Th\u00e9\u00e2tre Chaillot (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">h\u00e9\u00e2tre Chaillot<\/a> (c) Juan Tomas <\/p>\n\n\n\n<p>Le <strong>Th\u00e9\u00e2tre national de danse Chaillot<\/strong> accueillait ce jeudi 06 f\u00e9vrier 2020 <em>Cuentos de Az\u00facar<\/em>, dans le cadre de la biennale d&rsquo;art flamenco. C&rsquo;est un spectacle qui associe la danse andalouse d&rsquo;Eva Yerbabuena, les musiques \u00e0 la guitare<em> flamenca<\/em> de la bande d\u2019Alfredo Tejada et de Jos\u00e9 Valencia ainsi que le chant japonais d&rsquo;Anna Sato.<em> Cuentos de Az\u00facar <\/em>est dirig\u00e9 par Eva Yerbabuena et la compagnie de danse flamenco qu&rsquo;elle a fond\u00e9e en 1998.   <\/p>\n\n\n\n<p>La repr\u00e9sentation durait quatre-vingts minutes durant lesquelles le public entier \u00e9tait plong\u00e9 dans un monde touchant, onirique. J&rsquo;imagine que le spectacle avait pour fil conducteur la vie de la danseuse, son trajet \u00e0 travers la pers\u00e9v\u00e9rance, la d\u00e9solation puis l&rsquo;affirmation de soi. Le rythme \u00e9tait divis\u00e9 en trois phases, en fonction des moments hauts ou bas que la danseuse traversait dans ce qui semblait repr\u00e9senter le cours de sa vie.    <\/p>\n\n\n\n<p>La mise en sc\u00e8ne choisie pour ce spectacle de danse \u00e9tait minimaliste, avec des \u00e9l\u00e9ments rappelant les deux cultures, japonaise et espagnole &#8211; tels que les costumes typiques ou les motifs projet\u00e9s. La sc\u00e8ne \u00e9tait ronde, entour\u00e9e de spirales en fer, repr\u00e9sentant s\u00fbrement le cercle de la vie. C&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de celui-ci que les danses de flamenco \u00e9taient ex\u00e9cut\u00e9es. Les chants japonais \u00e9taient quant \u00e0 eux chant\u00e9s en dehors de ce cercle &#8211; ce qui me faisait penser \u00e0 une aide gardienne, ext\u00e9rieure, guidant la danseuse au cours des \u00e9v\u00e9nements auxquels elle devait faire face.    <\/p>\n\n\n\n<p>Ce m\u00e9lange de danse, de chant et de concert de flamenco donnait vie \u00e0 la repr\u00e9sentation, au point que des spectateurs espagnols se sont mis \u00e0 accompagner les acclamations et les chants traditionnels.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Ang\u00e9lique BANTIKOS        <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-text-align-center has-luminous-vivid-amber-color\"> \u2042 <\/p>\n\n\n\n<p>Un cercle s\u2019ouvre au public. Un cercle ferm\u00e9 o\u00f9 d\u00e9filent des estampes aux traits nippons. Puis des mains, des visages sous une robe &#8211; des visages dont l\u2019on ne distingue pas le ou les corps. Au fil du spectacle, le fil narratif se construit en une dichotomie, passant de la voix pr\u00eatresse d&rsquo;Anna Sato \u00e0 la cadence \u00e9nergique de la danseuse et chor\u00e9graphe Eva Yerbabuena. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans un premier temps, la chor\u00e9graphe tente de narrer son d\u00e9sir de m\u00e9lange culturel, de l&rsquo;Espagne au Japon. Elle les divise puis les unit d\u2019une mani\u00e8re qui, sans les opposer, les renforce. La lutte se trouve &#8211; non pas dans un combat entre diff\u00e9rents arts, mais dans l\u2019apparence des corps, dans la gestuelle des deux femmes qui, d&rsquo;une fa\u00e7on ou d&rsquo;une autre, expriment un combat personnel. Une femme qui, emprisonn\u00e9e dans un cercle, se transforme en un automate dirig\u00e9 par les voix plaintives et cinglantes des hommes. Un automate dont les percussions et la guitare semblent dicter le rythme &#8211; celui de ses jambes et, en m\u00eame temps, celui de son c\u0153ur. <\/p>\n\n\n\n<p>Puis l\u2019apparition d\u2019une danse, bien plus contemporaine et qui vient briser le flamenco&nbsp;: l\u2019apparition d\u2019un duo de danseurs qui, peu \u00e0 peu, d\u00e9font le cercle. Malgr\u00e9 l\u2019originalit\u00e9 et la pr\u00e9sence sc\u00e9nique des deux danseurs, la po\u00e9sie et le charme qui op\u00e9raient au d\u00e9but semblent s\u2019estomper derri\u00e8re une danse aux traits grossiers et \u00e0 la limite du th\u00e9\u00e2tral. Peut-\u00eatre la constance po\u00e9tique tend-elle \u00e0 s\u2019effacer au profit d\u2019un ressenti plus personnel&nbsp;? Celui du parcours d&rsquo;Eva Yerbabuena, passant du flamenco au contemporain, puis \u00e0 cette rencontre presque initiatique avec les traditions japonaises&nbsp;? <\/p>\n\n\n\n<p>La repr\u00e9sentation se perd dans des sc\u00e8nes \u00e9tranges o\u00f9 l\u2019intention est assez floue, voire grotesque. Puis, un coup d\u2019\u00e9clat&nbsp;: Anna Sato revient sur sc\u00e8ne. Aucun geste, seulement sa voix et son visage impassible, immuable. C\u2019est peut-\u00eatre \u00e0 ce seul instant que l\u2019alchimie entre les deux cultures se cr\u00e9e vraiment, non plus dans la volont\u00e9 de repr\u00e9senter la beaut\u00e9 de ces deux arts &#8211; mais en cr\u00e9ant une nouvelle piste artistique&nbsp;et en faisant de ce chant traditionnel et de la guitare andalouse une parfaite harmonie. Le dialogue raisonne si bien entre la langue espagnole et les tonalit\u00e9s japonaises qu\u2019il semble en avoir toujours \u00e9t\u00e9 ainsi. <\/p>\n\n\n\n<p>Et enfin, toute la po\u00e9sie autour de ces femmes, de ces chants, de ces musiques fait sens. Il y a, \u00e0 travers cette musique autour du monde, une r\u00e9conciliation &#8211; et on peut y voir la fin des figures cauchemardesques du d\u00e9but ; fin qui permet l\u2019intimit\u00e9 entre les deux femmes, extirp\u00e9es de leurs traditions. <\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Alice VALLS<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Image d&rsquo;ent\u00eate : Galerie du Th\u00e9\u00e2tre Chaillot (c) Juan Tomas Le Th\u00e9\u00e2tre national de danse Chaillot accueillait ce jeudi 06 f\u00e9vrier 2020 Cuentos de Az\u00facar, dans le cadre de la biennale d&rsquo;art flamenco. C&rsquo;est un spectacle qui associe la danse andalouse d&rsquo;Eva Yerbabuena, les musiques [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":14184,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6,7],"tags":[],"class_list":["post-14182","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-danse","category-theatre-national-de-chaillot"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14182","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=14182"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14182\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=14182"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=14182"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=14182"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}