{"id":14221,"date":"2020-04-11T20:44:00","date_gmt":"2020-04-11T18:44:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=14221"},"modified":"2020-04-11T20:44:00","modified_gmt":"2020-04-11T18:44:00","slug":"ballroom-arthur-perole-theatre-national-de-chaillot-fevrier-2020","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=14221","title":{"rendered":"Ballroom \/ Arthur Perole \/ Th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot \/ F\u00e9vrier 2020"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Image d&rsquo;ent\u00eate : <\/strong>galerie du Th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot, (c) Nina-Flore Hernandez<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son spectacle <em>Ballroom<\/em>, le chor\u00e9graphe Arthur Perole explore un croisement entre la tarentelle et le <em>voguing<\/em>. Six danseurs proposent ainsi ce grand \u00e9cart entre la danse traditionnelle du Sud de l\u2019Italie et celle des <em>queers<\/em>, des homosexuels issus des minorit\u00e9s new\u2011yorkaises&nbsp;: les \u00ab&nbsp;ballrooms&nbsp;\u00bb d\u00e9signent d\u2019ailleurs ces lieux o\u00f9 ce milieu gay se rejoint pour danser. <\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque le spectacle commence, les danseurs sont \u00e9parpill\u00e9s entre la sc\u00e8ne et la salle, ils se maquillent, se d\u00e9guisent, interagissent avec le public. Lorsque le spectacle commence, on entend une musique techno avec des basses soutenues. Ils dansent sur cette musique, avec quelques mouvements, notamment dans les bras &#8211; qui rappellent ceux du <em>voguing<\/em>. \u00c0 vrai dire, ces mouvements dans\u00e9s m\u2019ont plus rappel\u00e9 une atmosph\u00e8re de bo\u00eete de nuit, ce qui ne me d\u00e9range pas en soi, et j\u2019aime sortir dans ces milieux de temps \u00e0 autres. Mais au th\u00e9\u00e2tre, est-ce v\u00e9ritablement ce que j\u2019ai envie de voir&nbsp;? <\/p>\n\n\n\n<p>Arthur Perole pr\u00f4ne la danse comme moyen de recr\u00e9er du lien social&nbsp;: certes, mais dans ce cas-l\u00e0, pourquoi inscrire son spectacle dans l\u2019\u00e9conomie du spectacle vivant&nbsp;? \u00c0 la fin de <em>Ballroom<\/em>, les danseurs, sur fond de Donna Summer, invitent les spectateurs \u00e0 venir danser avec eux. Pourquoi pas&nbsp;? Mais finalement, il me semble que ce spectacle manque fonci\u00e8rement de dramaturgie&nbsp;: de quoi voulait nous parler le chor\u00e9graphe&nbsp;? \u00c0 la diff\u00e9rence d\u2019un spectacle comme <em>Crowd <\/em>de Giselle Vienne, je n\u2019apprends rien en voyant <em>Ballroom<\/em>, ne suis pas entra\u00een\u00e9 par un univers, une \u00ab&nbsp;histoire&nbsp;\u00bb, une vision du monde. Quel dommage.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Alexandre BEN MRAD<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">\u2042<\/p>\n\n\n\n<p><em>Ballroom<\/em>, <strong>Th\u00e9\u00e2tre de Chaillot<\/strong>. Un b\u00e2timent imposant comme Paris en fait tant. A l\u2019int\u00e9rieur, en bas des marches, l\u00e0, derri\u00e8re la statue, la salle se remplit peu \u00e0 peu. Les artistes se pr\u00e9parent, d\u00e9j\u00e0 sur sc\u00e8ne, ils ont faim : faim de danse, faim de partage, faim d\u2019abandon. Et c\u2019est devant les yeux impatients des spectateurs qu\u2019ils vont bient\u00f4t, <em>enfin !<\/em>, servir de catharsis, catharsis moderne dont la musique a des accents \u00e0 la fois am\u00e9ricains et russes ; expulser leurs d\u00e9mons pour que le public oublie les siens en partant. <\/p>\n\n\n\n<p>Ils vont incarner, devant vos yeux \u00e9bahis et votre regard affam\u00e9, l\u2019EXUTOIRE, un rituel vieux comme le monde. Ici, c\u2019est \u00e0 travers la musique qui pulse au rythme du coeur, \u00e0 travers le mouvement des corps dans le vent, que ce rituel est fa\u00e7onn\u00e9. Arthur Perole travaille aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019Anthony Merlaud pour la mise en lumi\u00e8re de ce rite, et associe six danseurs, chor\u00e9graphes et auteurs \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture de leur propre part du rituel, pour la personnification. <\/p>\n\n\n\n<p>Bient\u00f4t, par le pouvoir de la transe, les d\u00e9mons qui les hantent sortiront de leur antre, chass\u00e9s \u00e0 coups de danse et de cris, et iront tourmenter d\u2019autres bonnes gens. Pour l\u2019heure, le rituel se met en place, les artistes commencent \u00e0 se mouvoir : petits, grands, \u00e9normes\u2026 les mouvements de bras et de cages thoraciques grandissent. Vont-ils exploser ? Mais non, seules les pens\u00e9es et leurs cages explosent : les corps s\u2019assainissent, exaltent. Sur sc\u00e8ne et avec le public, ils partagent ce qui fait d\u2019eux des individus et, ensemble, cr\u00e9ent. <\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Charlotte RENARD<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">\u2042<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Entrez dans la danse&nbsp;\u00bb<\/em>, ou plut\u00f4t <em>\u00ab&nbsp;laissez la danse vous traverser&nbsp;\u00bb<\/em> : voil\u00e0 ce \u00e0 quoi nous invite <em>Ballroom<\/em>, actuellement au <strong>Th\u00e9\u00e2tre de Chaillot<\/strong>, chor\u00e9graphi\u00e9 par Arthur Perole. Dans ce spectacle sans d\u00e9but ni fin, ce ne sont pas les danseurs mais les spectateurs qui font leur entr\u00e9e, accueillis par la cr\u00e9ation musicale de Giani Casserotti, au croisement entre le disco, la techno et la<em> pizzicca<\/em> (musique traditionnelle italienne). <\/p>\n\n\n\n<p>Sur sc\u00e8ne, d\u2019\u00e9tranges cr\u00e9atures mi-fantastiques mi-carnavalesques se maquillent, se d\u00e9guisent, se m\u00e9tamorphosent, rendant leurs identit\u00e9s sexuelles ind\u00e9chiffrables. Progressivement, un rythme envahit l\u2019espace. Du chaos des couleurs, des costumes et des gestes na\u00eet alors une pulsation commune, dans une salle d\u00e9sormais transform\u00e9e en immense caisse de r\u00e9sonance. Bient\u00f4t en transe, les six danseurs se lient et se d\u00e9lient, s\u2019abandonnent et se retrouvent, se s\u00e9parant finalement de tout ce qui, dans leurs costumes, pourrait entraver la libert\u00e9 jubilatoire du geste. \u00c0 l\u2019\u00e9mancipation des normes, permise par le travestissement, succ\u00e8de ainsi une autre forme de lib\u00e9ration, inverse mais non contraire&nbsp;: la mise \u00e0 nue et la communion des corps. <\/p>\n\n\n\n<p>La \u00ab&nbsp;salle de bal&nbsp;\u00bb moderne, \u00e9clair\u00e9e tant\u00f4t comme une bo\u00eete de nuit, tant\u00f4t comme une pi\u00e8ce de trag\u00e9die, n\u2019a donc plus rien \u00e0 voir avec un lieu conventionnel et aristocratique, o\u00f9 chacun doit rester \u00e0 sa place. Il s\u2019agit d\u2019un spectacle politique, radical et immersif, dans lequel le corps du danseur interpelle le corps social, et transmet m\u00eame au spectateur le d\u00e9sir irr\u00e9pressible de danser&nbsp;!&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Sara DELMAS<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">\u2042<\/p>\n\n\n\n<p>26 F\u00e9vrier 2020. La salle Firmin G\u00e9mier du <strong>Th\u00e9\u00e2tre national de la danse Chaillot<\/strong> est pleine \u00e0 craquer. Ce soir, c\u2019est la premi\u00e8re de <em>Ballroom<\/em>, d\u2019Arthur Perole, dont la r\u00e9putation dans le monde de la danse contemporaine n\u2019est plus \u00e0 faire.<\/p>\n\n\n\n<p>Le public \u00e9clectique s\u2019installe tranquillement pendant que les danseurs se transforment sur sc\u00e8ne, donnant naissance \u00e0 six cr\u00e9atures v\u00eatues de toiles de tulle, de ballons et d\u2019autres accessoires hauts en couleur. <\/p>\n\n\n\n<p><em>Voguing<\/em>, disco, <em>pizzica<\/em>, tarentelle\u2026 les styles de danse se fondent les uns dans les autres. Les corps et les costumes dansent, commen\u00e7ant par une simple pulsation pour aboutir \u00e0 l\u2019explosion, l\u2019extase, la transe absolue. Cette mont\u00e9e <em>crescendo<\/em> d\u00e9voile les corps des performeurs, loin des <em>diktats<\/em> de la danse classique et de la mode. Oui, des performeurs\u2026 puisqu\u2019en plus d\u2019\u00eatre des danseurs, leurs visages laissent voir au public leurs \u00e9motions les plus intimes. <\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 l\u2019impression de chaos, tout est bien organis\u00e9. Et ces corps qui nous paraissent infatigables \u00e9voluent dans une dynamique de groupe, toujours en mouvement, \u00e0 travers le plateau qu\u2019ils s\u2019approprient tr\u00e8s bien.<\/p>\n\n\n\n<p>Une dizaine de personnes quitte la salle avant la moiti\u00e9 du spectacle. Peut-\u00eatre sont-elles d\u00e9rang\u00e9es par la musique \u00e9lectronique ? Ou bien, est-ce l\u2019effeuillage subtil des protagonistes sur sc\u00e8ne qui les met mal \u00e0 l\u2019aise ?&nbsp; Ces questions resteront malheureusement sans r\u00e9ponse. <\/p>\n\n\n\n<p><em>Ballroom <\/em>a cependant r\u00e9veill\u00e9 en moi d\u2019autres interrogations, bien plus int\u00e9ressantes \u00e0 r\u00e9soudre. Le rythme peut-il habiter le corps jusqu\u2019\u00e0 le rendre esclave ? Ou bien, est-ce le groupe qui rend le corps individuel en proie aux mouvements collectifs ? Et surtout, que peut-on faire de plus lib\u00e9rateur et jubilatoire que de danser la vie, ensemble ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Laura SLAKMON<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Image d&rsquo;ent\u00eate : galerie du Th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot, (c) Nina-Flore Hernandez Dans son spectacle Ballroom, le chor\u00e9graphe Arthur Perole explore un croisement entre la tarentelle et le voguing. Six danseurs proposent ainsi ce grand \u00e9cart entre la danse traditionnelle du Sud de l\u2019Italie et [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":14222,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6,4,7],"tags":[],"class_list":["post-14221","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-danse","category-theatre","category-theatre-national-de-chaillot"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14221","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=14221"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14221\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=14221"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=14221"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=14221"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}