{"id":14275,"date":"2020-04-25T16:35:00","date_gmt":"2020-04-25T14:35:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=14275"},"modified":"2020-04-25T16:35:00","modified_gmt":"2020-04-25T14:35:00","slug":"grandir-dans-lallemagne-nazie-brendon-votipka-texte-anne-herold-alouette-productions-avp-au-theatre-aleph-fevrier-2020","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=14275","title":{"rendered":"Grandir dans l&rsquo;Allemagne nazie \/ Brendon Votipka (texte), Anne Herold, Alouette Productions \/ AVP au Th\u00e9\u00e2tre Aleph \/ F\u00e9vrier 2020"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Image d&rsquo;ent\u00eate :<\/strong>  Gruppe von HJ-Jungen| Bundesarchiv, Bild 119-5592-14A \/ CC-BY-SA 3.0 <\/p>\n\n\n\n<p>La pi\u00e8ce, originellement \u00e9crite par Brendon Votipka dans une perspective p\u00e9dagogique (pour \u00eatre jou\u00e9e dans des coll\u00e8ges), ne pouvait qu\u2019\u00eatre embellie par la mise en sc\u00e8ne sobre mais puissante d\u2019Anne Herold. Le d\u00e9cor, d\u00e9pouill\u00e9 \u2013 quelques chaises pour former, dans des dispositions diff\u00e9rentes, tant\u00f4t un salon, tant\u00f4t une salle de classe, tant\u00f4t des supports pour les tirades des acteurs \u2013 laissait au texte l\u2019espace n\u00e9cessaire pour exprimer une r\u00e9alit\u00e9 difficile \u00e0 entendre, mais n\u00e9cessaire.  <\/p>\n\n\n\n<p>Car c\u2019\u00e9tait bien l\u00e0 l\u2019important&nbsp;: le texte. Les trois acteurs principaux, incarnant trois r\u00e9alit\u00e9s de la vie au sein du III\u00e8me Reich, se succ\u00e9daient donc sur sc\u00e8ne \u2013 \u00e0 force de belles tirades, parfois agr\u00e9ment\u00e9es d\u2019un dialogue avec la figure d\u2019un adulte, p\u00e8re, m\u00e8re, fr\u00e8re, enseignant. Tous avaient un point commun&nbsp;: l\u2019inqui\u00e9tude. Ce qui ressort des diff\u00e9rentes sc\u00e8nes, des diff\u00e9rents discours &#8211; si oppos\u00e9s id\u00e9ologiquement, c\u2019est bien cette angoisse, magistralement incarn\u00e9e. De la jeune juive qui voit ses libert\u00e9s s\u2019\u00e9tr\u00e9cir comme peau de chagrin au jeune homme des Jeunesses hitl\u00e9riennes, en qu\u00eate de reconnaissance familiale et sociale dans un parcours au sein du r\u00e9gime nazi, en passant par la jeune fille aux parents critiques et qui se laisse n\u00e9anmoins p\u00e9n\u00e9trer par la propagande\u2026 Tous les personnages partagent le d\u00e9sir, finalement universel, d\u2019\u00eatre reconnus, aim\u00e9s, accept\u00e9s. Au-del\u00e0 donc des discours terrifiants, \u00e9chos d\u2019un instinct gr\u00e9gaire et cruel, d\u2019une col\u00e8re sans but ou de la peur de l\u2019autre, ce que l\u2019auteur donne \u00e0 voir, ce sont des enfants.  <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/proxy\/joCvFlWN0-MFO9Dlf1_dBFRIbI-z-QYl-OQSAKaYc8KJJfSEpdjf3xYvih7Ar3c1S0m9WLHEyCF7Ol3y96-QgQuW93xVn3wNarGMeh4VWTC7bsnmiBtICba89hdsMbc\" alt=\"R\u00e9sultat de recherche d'images pour &quot;grandir dans l'allemagne nazie&quot;\"\/><figcaption>Affiche de la pi\u00e8ce, (c) Alouette Productions<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>La mise en sc\u00e8ne faisait s\u2019alterner les passages parl\u00e9s des acteurs, dans les moments de doute et de fiert\u00e9 qui jalonnent toute croissance, et des replong\u00e9es dans le noir. Les lumi\u00e8res \u00e9teintes, si elles permettaient les changements de d\u00e9cor entre chaque tableau, \u00e9taient surtout agr\u00e9ment\u00e9es d\u2019une bande sonore tant\u00f4t porteuse d\u2019une atmosph\u00e8re \u2013 on retiendra les discours d\u2019Adolf Hitler et les chants d\u2019\u00e9poque \u2013 tant\u00f4t \u00ab&nbsp;contextualisante&nbsp;\u00bb \u2013 le bruit de la pluie, du verre bris\u00e9 pour introduire la Nuit de Cristal. Sur le bord de la sc\u00e8ne, un \u00e9tendard nazi, rouge sang et orn\u00e9 de la si symbolique croix gamm\u00e9e, emp\u00eachait d\u2019oublier le contexte de ces r\u00e9cits poignants. Au fond, un tissu noir permettait la projection d\u2019images, l\u00e0 aussi contextualisantes.  <\/p>\n\n\n\n<p>On assistait donc \u00e0 une sorte de compilation de sc\u00e8nes de vie, enrichies de monologues int\u00e9rieurs qui permettaient de mettre des mots, de donner du sens au quotidien. Chaque tableau marquait une \u00e9volution par rapport au pr\u00e9c\u00e9dent&nbsp;; une \u00e9volution historique, et personnelle. Cette \u00e9volution, c\u2019est la circularit\u00e9 du spectacle qui permettait de la constater avec certitude&nbsp;: des trois chaises sur le devant de la sc\u00e8ne &#8211; d\u2019o\u00f9 les acteurs racontaient leur vie de famille au d\u00e9but &#8211; on revient \u00e0 l\u2019issue de la repr\u00e9sentation aux trois m\u00eames chaises, aux trois m\u00eames acteurs, avec des discours bien diff\u00e9rents, pleins de doute, d\u2019amertume, mais aussi, d\u2019espoir. Ce que <em>Grandir dans l\u2019Allemagne Nazie<\/em> rend palpable,<em> in fine<\/em>, c\u2019est donc surtout le douloureux passage de l\u2019enfance \u00e0 l\u2019adolescence dans un contexte o\u00f9 les rep\u00e8res stables \u2013 l\u2019\u00e9cole, les figures familiales \u2013 s\u2019effacent et perdent de leur superbe.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 \u00c9lo\u00efse BIDEGORRY<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"> \u2042  <\/p>\n\n\n\n<p><em>Grandir dans l\u2019Allemagne nazie<\/em>, une pi\u00e8ce de Brendon Votipka, a \u00e9t\u00e9 traduite et mise en sc\u00e8ne par Anne Herold. Le th\u00e8me de cette pi\u00e8ce m\u2019a aid\u00e9 \u00e0 me mettre dans la peau de plusieurs personnages et \u00e0 voir l\u2019histoire \u00e0 travers diff\u00e9rents angles de vue &#8211; car l\u2019histoire est la m\u00eame, mais le v\u00e9cu de chaque personnage diff\u00e8re [\u2026].  <\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre, chaque personnage a un parcours diff\u00e9rent, ainsi qu\u2019une nationalit\u00e9 diff\u00e9rente au sein de ces rapports tendus et cruels entre les Nazis et les Juifs. Chaque parcours repr\u00e9sente une vie, un combat et un t\u00e9moignage diff\u00e9rent.   <\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette pi\u00e8ce, deux r\u00f4les tr\u00e8s diff\u00e9rents sont jou\u00e9s par un seul et m\u00eame acteur. Malgr\u00e9 sa ma\u00eetrise irr\u00e9prochable des diff\u00e9rents r\u00f4les, un autre acteur aurait peut-\u00eatre donn\u00e9 plus de valeur et de r\u00e9alit\u00e9 aux personnages aux yeux des spectateurs&nbsp;: on ne peut incarner \u00e0 la fois l\u2019ennemi et l\u2019alli\u00e9.  <\/p>\n\n\n\n<p>On ne voit pas de sc\u00e8nes d\u2019entra\u00eenement d\u2019Ernest lorsqu\u2019il int\u00e8gre la Jeunesse hitl\u00e9rienne&nbsp;; or il me semble que cette partie est tr\u00e8s importante, car Hitler formait ces derniers comme des automates programm\u00e9s pour tuer. Ernest d\u00e9crit la Jeunesse Hitl\u00e9rienne comme un camp de vacances o\u00f9 il se pla\u00eet, et non comme un camp o\u00f9 les jeunes allemands sont entra\u00een\u00e9s \u00e0 devenir de futurs militants SS.  <\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Malia Nesrine BENABDALLAH <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Image d&rsquo;ent\u00eate : Gruppe von HJ-Jungen| Bundesarchiv, Bild 119-5592-14A \/ CC-BY-SA 3.0 La pi\u00e8ce, originellement \u00e9crite par Brendon Votipka dans une perspective p\u00e9dagogique (pour \u00eatre jou\u00e9e dans des coll\u00e8ges), ne pouvait qu\u2019\u00eatre embellie par la mise en sc\u00e8ne sobre mais puissante d\u2019Anne Herold. 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