{"id":14287,"date":"2020-05-06T15:52:00","date_gmt":"2020-05-06T13:52:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=14287"},"modified":"2020-05-06T15:52:00","modified_gmt":"2020-05-06T13:52:00","slug":"le-misanthrope-chloe-lambert-nicolas-vaude-theatre-le-ranelagh-fevrier-2020","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=14287","title":{"rendered":"Le Misanthrope \/ Chlo\u00e9 Lambert, Nicolas Vaude \/ Th\u00e9\u00e2tre le Ranelagh \/ F\u00e9vrier 2020"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Image d&rsquo;ent\u00eate :<\/strong> galerie du <a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Th\u00e9\u00e2tre de la Ranelagh (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"https:\/\/www.theatre-ranelagh.com\/fr\/saison-2019-2020\/le-misanthrope\" target=\"_blank\">Th\u00e9\u00e2tre le<\/a><a href=\"https:\/\/www.theatre-ranelagh.com\/fr\/saison-2019-2020\/le-misanthrope\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Th\u00e9\u00e2tre de la Ranelagh (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\"> <\/a><a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Th\u00e9\u00e2tre de la Ranelagh (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"https:\/\/www.theatre-ranelagh.com\/fr\/saison-2019-2020\/le-misanthrope\" target=\"_blank\">Ranelagh<\/a>, 2020<\/p>\n\n\n\n<p>Mise en sc\u00e8ne par Chlo\u00e9 Lambert et Nicolas Vaude, la pi\u00e8ce <em>Le Misanthrope <\/em>s\u2019ouvre avec la chanson <em>\u00ab&nbsp;Lady Marmelade&nbsp;\u00bb <\/em>de Christina Aguilera. Automatiquement, entonnant les m\u00eames paroles que les personnages qui dansent et s\u2019amusent \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un restaurant, nous comprenons d\u00e8s les premi\u00e8res minutes la volont\u00e9 des metteurs en sc\u00e8ne de souligner l\u2019intemporalit\u00e9 de la pi\u00e8ce. <\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9dig\u00e9e par Moli\u00e8re au XVII\u00e8me si\u00e8cle, les th\u00e8mes \u00e9voqu\u00e9s par la pi\u00e8ce me semblent encore plus actuels aujourd\u2019hui. La pi\u00e8ce parle de l\u2019envie de maintenir sa r\u00e9putation intacte, d\u2019\u00eatre accept\u00e9.e par le groupe auquel on appartient, d\u2019\u00eatre aim\u00e9.e des autres, de se sentir d\u00e9sir\u00e9.e\u2026 D\u00e9testant l\u2019hypocrisie des hommes, Alceste est pourtant \u00e9perdument amoureux de C\u00e9lim\u00e8ne &#8211; qui repr\u00e9sente tout ce qu\u2019il tient en horreur dans la nature humaine. Conscient des d\u00e9fauts de celle qu\u2019il aime, sa jalousie le m\u00e8ne pourtant \u00e0 lui imposer un dilemme&nbsp;: ce sera lui ou Oronte, l\u2019un des amants de C\u00e9lim\u00e8ne avec qui il est en froid suite \u00e0 une querelle. J\u2019ai beaucoup aim\u00e9 d\u00e9couvrir les contradictions de chacun des personnages. Je retiens aussi le d\u00e9cor, que j\u2019ai trouv\u00e9 tr\u00e8s romantique et esth\u00e9tique. La majeure partie de la pi\u00e8ce se d\u00e9roule chez C\u00e9lim\u00e8ne. Un divan est install\u00e9 sur le devant de la sc\u00e8ne et un mur de miroirs fait face aux spectateurs. Ces derniers sont surmont\u00e9s d\u2019une guirlande de fleurs roses symbolisant la f\u00e9minit\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Agathe DE BEAUDRAP<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">\u2042<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.theatre-ranelagh.com\/files\/.thumbs\/2019_2020\/affiches\/200x\/misanthrope_web.jpg\" alt=\"Le Misanthrope au Th\u00e9\u00e2tre Le Ranelagh\" width=\"233\" height=\"329\"\/><figcaption>Affiche de la pi\u00e8ce<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Dans le sublime d\u00e9cor classique du <strong>Th\u00e9\u00e2tre le Ranelagh<\/strong>, c\u2019est sur la musique <em>\u00ab&nbsp;Lady Marmelade&nbsp;\u00bb<\/em> que se l\u00e8ve le rideau et que d\u00e9bute la pi\u00e8ce <em>Le Misanthrope<\/em> de Moli\u00e8re. C\u2019est donc, paradoxalement, dans une ambiance festive et joyeuse, sur un rock endiabl\u00e9, que commence la com\u00e9die la plus s\u00e9rieuse de Moli\u00e8re &#8211; laquelle se centre sur Alceste, surnomm\u00e9 le Misanthrope, c\u2019est-\u00e0-dire celui qui n\u2019aime pas les hommes, qui ne supporte pas leur hypocrisie et leurs faux-semblants. Le parti pris de Chlo\u00e9 Lambert et Nicolas Vaude, \u00e0 la fois metteurs en sc\u00e8ne et acteurs, est de jouer sur le caract\u00e8re \u00e9minemment contemporain de cette pi\u00e8ce pourtant \u00e9crite par Moli\u00e8re en 1666 pour critiquer les travers de la Cour de Louis XIV. Celle-ci trouve en effet parfaitement sa r\u00e9sonance dans notre soci\u00e9t\u00e9 actuelle, elle aussi faite de faux-semblants et de duperies. <\/p>\n\n\n\n<p>Quand le rideau se l\u00e8ve sur un salon ferm\u00e9 par des miroirs et couronn\u00e9 de fleurs, alors que tous les convives rient, dansent et s\u2019enivrent, un seul personnage se situe \u00e0 l\u2019\u00e9cart, en retrait&nbsp;: c\u2019est Alceste, <em>\u00ab&nbsp;l\u2019homme aux rubans verts&nbsp;\u00bb<\/em>. Quand les convives se dispersent, Alceste confie son chagrin \u00e0 son ami Philinte, son exact oppos\u00e9, lui, <em>\u00ab&nbsp;l\u2019ami de tous les hommes&nbsp;\u00bb<\/em>. Et alors, nous d\u00e9couvrons que la plus grande faiblesse d\u2019Alceste, c\u2019est son amour pour C\u00e9lim\u00e8ne, une jeune veuve de vingt ans, une coquette aim\u00e9e de tous et courtis\u00e9e par des marquis de Cour. Elle est mondaine, lui d\u00e9teste la compagnie des hommes. Tout oppose ces deux personnages, depuis leur attitude jusqu\u2019\u00e0 leur costume&nbsp;: elle arbore une robe flamboyante et \u00e9chancr\u00e9e, quand lui porte une modeste robe de chambre aux couleurs sombres.<\/p>\n\n\n\n<p>Durant toute la pi\u00e8ce, Alceste va essayer de r\u00e9duire C\u00e9lim\u00e8ne \u00e0 sa v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 lui, jusqu\u2019\u00e0 lui imposer un <em>ultimatum<\/em> \u00e0 la toute fin&nbsp;: ou bien se r\u00e9soudre \u00e0 quitter le monde et fuir dans un d\u00e9sert avec lui, ou bien rompre d\u00e9finitivement. Dans cette pi\u00e8ce qui se r\u00e9v\u00e8le comique sous bien des aspects \u2014 les acc\u00e8s de col\u00e8re d\u2019Alceste, le ridicule vers lequel le poussent ses convictions extr\u00eames, les portraits railleurs des membres de la Cour  &#8211; brillamment r\u00e9alis\u00e9s par C\u00e9lim\u00e8ne, la joute verbale des deux marquis \u2014, le d\u00e9nouement est malgr\u00e9 tout malheureux et la raillerie tend \u00e0 la r\u00e9flexion philosophique sur le comportement de chacun en soci\u00e9t\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>En somme, cette repr\u00e9sentation du <em>Misanthrope<\/em> sait allier avec justesse rire et r\u00e9flexion, avec des personnages aussi nuanc\u00e9s que fid\u00e8les \u00e0 ceux voulus par le dramaturge. Chlo\u00e9 Lambert brille dans le r\u00f4le de C\u00e9lim\u00e8ne, elle est fascinante et on comprend pourquoi les regards de toute la Cour sont tourn\u00e9s vers elle. Elle n\u2019est cependant ni malhonn\u00eate ni rude, et l\u2019actrice conf\u00e8re au personnage la douceur et l\u2019aisance qui sont constitutifs de l\u2019essence de la jeune femme. Alceste, quant \u00e0 lui, est profond\u00e9ment touchant dans son amour extr\u00eame, pourtant \u00e9touffant, et m\u00eame jusque dans ses acc\u00e8s d\u2019humeur noire. Avec ce nuancier de couleurs nouvelles, cette mise en sc\u00e8ne apporte fra\u00eecheur, jeunesse et contemporan\u00e9it\u00e9 \u00e0 l\u2019une des com\u00e9dies les plus graves de Moli\u00e8re. <\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Charlotte DESPRE<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">\u2042<\/p>\n\n\n\n<p>Cette repr\u00e9sentation fut d\u2019une grande modernit\u00e9. Les d\u00e9cors \u00e9taient forts de sens mais aussi tr\u00e8s esth\u00e9tiques, ainsi que les costumes. J\u2019ai beaucoup aim\u00e9 le fait que le th\u00e9\u00e2tre soit utilis\u00e9 m\u00eame en dehors de la sc\u00e8ne (gradins). Les musiques qui \u00e9taient parfois jou\u00e9es donnaient une dynamique qui permettait de relever le texte de Moli\u00e8re (qui peut \u00eatre difficile \u00e0 suivre). Le jeu des acteurs ressemblait \u00e0 ce \u00e0 quoi l\u2019on s\u2019attend en lisant la pi\u00e8ce mais on peut quand m\u00eame souligner qu\u2019ils ont, \u00e0 merveille, fait passer ces vers compliqu\u00e9s de mani\u00e8re naturelle. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 fascin\u00e9e par le jeu de l\u2019acteur du personnage principal, qui lui a donn\u00e9 un c\u00f4t\u00e9 tr\u00e8s path\u00e9tique &#8211;  \u00e0 la fois amusant et qui apportait un regard plus psychologique sur le personnage d\u2019Alceste. <\/p>\n\n\n\n<p>Finalement, cette pi\u00e8ce met en sc\u00e8ne d\u2019une mani\u00e8re \u00e9l\u00e9gante et forte de sens l\u2019\u0153uvre <em>le Misanthrope<\/em>. Les pauses que les acteurs faisaient parfois dans leurs r\u00e9pliques donnaient du sens \u00e0 des mots qu\u2019on n\u2019aurait pas forc\u00e9ment soulign\u00e9s avec une lecture. Cette repr\u00e9sentation me donne envie de voir d\u2019autres mises en sc\u00e8ne de cette pi\u00e8ce afin de pouvoir avoir d\u2019autres approches et d\u2019appr\u00e9cier au mieux les diff\u00e9rents aspects de l\u2019\u0153uvre. <em>\u00ab&nbsp;Tous ces d\u00e9fauts humains nous donnent dans la vie &#8211; Des moyens d\u2019exercer notre philosophie.&nbsp;\u00bb <\/em>: le th\u00e9\u00e2tre du XVII\u00e8me si\u00e8cle a souvent une valeur didactique et dans cette pi\u00e8ce, on a clairement &#8211; notamment par un jeu d\u2019acteur tr\u00e8s expressif &#8211; mati\u00e8re \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir et \u00e0 interpr\u00e9ter les comportements des personnages.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Am\u00e9lie GRONDIN<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">\u2042<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le Misanthrope<\/em> est une pi\u00e8ce de Moli\u00e8re se jouant actuellement au <strong>Th\u00e9\u00e2tre le Ranelagh<\/strong>. Alceste est un homme br\u00fblant d\u2019amour pour C\u00e9lim\u00e8ne, mais c\u2019est aussi un homme r\u00e9volt\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle il vit, une soci\u00e9t\u00e9 d\u2019hypocrisie. C\u00e9lim\u00e8ne, quant \u00e0 elle, est une femme qui ne peut s\u2019emp\u00eacher de s\u00e9duire et d\u2019avoir tous les hommes \u00e0 ses pieds. Un amour impossible : chacun se reconna\u00eet dans ces deux individus sans pour autant cautionner leurs faits et gestes.<\/p>\n\n\n\n<p>Une pi\u00e8ce qui dure 1h55 mais qui devrait peut-\u00eatre durer moins longtemps. Une mise en sc\u00e8ne par Chlo\u00e9 Lambert et Nicolas Vaude moderne et plut\u00f4t d\u00e9lur\u00e9e &#8211; notamment gr\u00e2ce \u00e0 la musique et aux petits moments de danse au d\u00e9but de la pi\u00e8ce ; un d\u00e9cor avec un jeu de miroirs int\u00e9ressant amenant une autre dimension un peu plus po\u00e9tique \u00e0 une pi\u00e8ce dont le sujet ne s&rsquo;y pr\u00eatait pas forc\u00e9ment. Une pi\u00e8ce classique mais dont le parti pris de la modernit\u00e9 n\u2019est pas assez marqu\u00e9, ce qui est dommage. Quitte \u00e0 vouloir la rendre plus moderne, autant le faire jusqu\u2019au bout. Pour ce qui est justement des jeux d\u2019acteurs, on ne peut pas leur enlever qu\u2019ils jouent bien. Mais parfois les acteurs sont entre le surjeu et le non-jeu, ce qui rend la pi\u00e8ce ni mauvaise ni extraordinaire et cela est dommage car si les acteurs avaient \u00e9t\u00e9 incarn\u00e9s par leurs personnages, cela aurait pu \u00eatre une tr\u00e8s bonne pi\u00e8ce. Ce n\u2019est peut-\u00eatre pas la pi\u00e8ce du si\u00e8cle, mais cela reste tout de m\u00eame agr\u00e9able \u00e0 regarder. Le fin mot de l\u2019histoire, c\u2019est que la pi\u00e8ce nous laisse indiff\u00e9rents. <\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Claire-Sophie GROSS<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Image d&rsquo;ent\u00eate : galerie du Th\u00e9\u00e2tre le Ranelagh, 2020 Mise en sc\u00e8ne par Chlo\u00e9 Lambert et Nicolas Vaude, la pi\u00e8ce Le Misanthrope s\u2019ouvre avec la chanson \u00ab&nbsp;Lady Marmelade&nbsp;\u00bb de Christina Aguilera. 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