{"id":14315,"date":"2020-07-03T11:03:00","date_gmt":"2020-07-03T09:03:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=14315"},"modified":"2020-07-03T11:03:00","modified_gmt":"2020-07-03T09:03:00","slug":"a-tea-with-virginia-w-cie-ode-lyre-theatre-de-lopprime-mars-2020","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=14315","title":{"rendered":"A tea with Virginia W. \/ Cie Ode &amp; Lyre \/ Th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;Opprim\u00e9 \/ Mars 2020"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Image d&rsquo;ent\u00eate :<\/strong> galerie du <a href=\"http:\/\/www.theatredelopprime.com\/evenement\/ateawithvirginiaw-fev20\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Th\u00e9\u00e2tre de L&rsquo;Opprim\u00e9<\/a>, 2020, (c) Armel Toucour<\/p>\n\n\n\n<p>La pi\u00e8ce commence par l\u2019\u00e9vocation d\u2019un suicide, celui de Virginia Woolf, qui met devant nous des pierres dans ses poches pour aller se noyer dans l\u2019Ouse, une rivi\u00e8re pr\u00e8s de sa maison. Mais la tonalit\u00e9 tragique est rapidement coup\u00e9e dans son \u00e9lan : une pr\u00e9sentatrice TV caricaturale d\u00e9barque et nous convie ce soir \u00e0 assister \u00e0 son \u00e9mission, <em>A Tea with Virginia W<\/em>. Tout est annonc\u00e9 : une sc\u00e8ne divis\u00e9e en deux et une tonalit\u00e9 absurde savoureuse, aux notes parfois tragiques et r\u00e9volt\u00e9es. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, Virginia qui \u00e9crit, derri\u00e8re un film de tulle, de l\u2019autre un salon de th\u00e9 t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 o\u00f9 discutent et d\u00e9battent de grandes figures de l\u2019histoire litt\u00e9raire britannique : Charlotte Bront\u00eb, Jane Austen, Vita Sackville-West, mais \u00e9galement l\u2019Anonyme, personnage porte-parole des femmes \u00e9crivaines britanniques d\u2019aujourd\u2019hui (Warsan Shire, Ljeoma Umebinyuo). <\/p>\n\n\n\n<p>Entre anachronismes et d\u00e9calages, la magie prend le temps du spectacle. L\u2019ensemble du dispositif propos\u00e9 par la compagnie <em>Ode &amp; Lyre<\/em> concr\u00e9tise un hommage \u00e0 la cr\u00e9ation f\u00e9minine britannique. Le spectacle est autant th\u00e9\u00e2tral que musical, ponctu\u00e9 de chants lyriques, oniriques et \u00e9vocateurs, accompagn\u00e9s au piano et au clavecin. Litt\u00e9raire \u00e9galement, puisqu\u2019\u00e0 une \u00e9criture de plateau s\u2019ajoute la lecture des textes fondamentaux : d\u2019Orlando \u00e0 Jane Eyre en passant par <em>Orgueil et Pr\u00e9jug\u00e9s<\/em>, des textes parlant de femmes r\u00e9sonnent \u00e0 nos oreilles. On appr\u00e9cie tout particuli\u00e8rement le passage de l\u2019anglais au fran\u00e7ais ainsi que le jeu de projection en direct, accentuant l\u2019effet t\u00e9l\u00e9vis\u00e9. Les cr\u00e9ations vid\u00e9oludiques de Zita Cochet, dans la veine de Monty Python, ajoutent du panache \u00e0 l\u2019ensemble. <\/p>\n\n\n\n<p>Certes, le spectacle est parsem\u00e9 de petits d\u00e9fauts, de teintes d\u2019amateurisme &#8211; dans le jeu des actrices comme dans la fa\u00e7on de filmer sur sc\u00e8ne. Il respire le bric-\u00e0-brac, semble un peu sans le sous. Mais quelque chose, ind\u00e9niablement, \u00e9merge : ce spectacle donne de la force, de l\u2019\u00e9lan, la rage de cr\u00e9er et de vivre, en tant que femme ind\u00e9pendante et libre, guid\u00e9e par des mod\u00e8les &#8211; qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des autrices \u00e9voqu\u00e9es ou des actrices sur sc\u00e8ne. En effet, la compagnie conjugue au pr\u00e9sent la cr\u00e9ation f\u00e9minine dans une agr\u00e9able mise en abyme : sur sc\u00e8ne, il n\u2019y a que des femmes, des femmes actrices, chanteuses, linguistes, musiciennes, metteuses en sc\u00e8ne, sc\u00e9nographes\u2026 Au <strong>Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Opprim\u00e9<\/strong>, la parole devient libre.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Anne FENOY<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">\u2042<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.theatredelopprime.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/Affiche-1-700x990.jpg\" alt=\"tea time affiche\" width=\"367\" height=\"519\"\/><figcaption>(c) Armel Toucour<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>En venant au <strong>Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Opprim\u00e9 <\/strong>pour assister \u00e0 un spectacle con\u00e7u en l\u2019hommage de Virginia Woolf, nous sentions &#8211; avant m\u00eame d\u2019en entrevoir la mise en sc\u00e8ne, une atmosph\u00e8re de bienveillance, de tol\u00e9rance envers ce personnage si connu \u00e0 travers le monde. Cette pi\u00e8ce est compos\u00e9e exclusivement de femmes, sensibles et puissantes. La justesse \u00e9tait \u00e9galement de mise, autant dans la mani\u00e8re de conter la vie de l\u2019\u00e9crivaine que dans les voix puissantes qui chantaient tant\u00f4t les trag\u00e9dies que vivaient et que vivent encore les femmes dans un monde patriarcal, tant\u00f4t l\u2019amour libre entre deux femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9alisation et la mise en sc\u00e8ne de cette pi\u00e8ce \u00e9taient riches, comme l\u2019\u00e9tait la vie de Virginia Woolf. Un v\u00e9ritable jeu de son et lumi\u00e8re, ainsi que des images projet\u00e9es sur un tissu m\u00fbrement choisi nous permettaient \u00e0 la fois de rire, de contempler et surtout, de plonger dans l\u2019univers de Virginia Woolf. Pr\u00e9senter une vie si riche par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019un <em>talk-show<\/em> t\u00e9l\u00e9vis\u00e9, invent\u00e9, \u00e9tait astucieux. Cela donne une touche contemporaine, laquelle se lib\u00e8re des contraintes de temporalit\u00e9. De plus, cela ajoute beaucoup d\u2019humour en confondant plusieurs \u00e9poques.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00e9langeant ainsi plusieurs g\u00e9n\u00e9rations pour incarner divers personnages, la pi\u00e8ce nous entra\u00eene dans une grande stimulation visuelle et auditive.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces femmes, ces com\u00e9diennes, ces chanteuses et cette r\u00e9alisatrice forment une harmonieuse sororit\u00e9 se r\u00e9unissant pour incarner les personnages les plus importants pour comprendre l\u2019univers de Virginia Woolf. Ce <em>\u00ab Tea Time \u00bb<\/em> nous permet d\u2019approcher et de saisir ce qui comptait le plus pour cette c\u00e9l\u00e8bre penseuse : l\u2019\u00e9criture, le droit des femmes, leur ind\u00e9pendance et l\u2019amour.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 P\u00e9n\u00e9lope CAZENABE\u2014GALLARD<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">\u2042<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un espace o\u00f9 les voix d&rsquo;\u00e9crivaines se font entendre.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Une femme doit avoir de l&rsquo;argent et une chambre \u00e0 soi si elle veut \u00e9crire<\/em>, d\u00e9clarait l&rsquo;\u00e9crivaine britannique dans son c\u00e9l\u00e8bre essai, A<em> Room of One&rsquo;s Own. <\/em>C&rsquo;est cet univers \u00e9clatant et dangereux de l&rsquo;\u00e9criture f\u00e9minine que la compagnie <em>Ode &amp; Lyre<\/em> a entrepris d&rsquo;explorer.<\/p>\n\n\n\n<p>Et si l\u2019on pouvait r\u00e9unir, dans une seule pi\u00e8ce, les plus grandes auteures qui se sont fait \u00e9cho au cours de l&rsquo;histoire ? Ne serait-ce pas <em>fascinant<\/em>&nbsp;? Cela est rendu possible dans la salle du <strong>Th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;Opprim\u00e9<\/strong>, o\u00f9 se rencontrent autour d&rsquo;une tasse de th\u00e9 des \u00e9crivaines telles que Charlotte Bront\u00eb, Jane Austen ou Vita Sackville-West, pour rendre hommage \u00e0 Virginia Woolf \u00e0 l&rsquo;ombre de leurs propres chef-d&rsquo;\u0153uvres.<\/p>\n\n\n\n<p>La sc\u00e8ne est transform\u00e9e en salon de th\u00e9, en train ou en jardin, et les personnages interagissent avec une \u00e9tonnante fluidit\u00e9 entre des espaces si divers mais reli\u00e9s par la parole.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s&rsquo;agit en effet d&rsquo;entendre des voix : celles des femmes qui \u00e9crivent dans un monde \u00e9minemment masculin; celles qui se cachent, celles qui se montrent. Ces voix se rencontrent \u00e0 travers les si\u00e8cles dans les visages souriants des actrices qui encha\u00eenent commentaires sur l&rsquo;\u0153uvre de Woolf, lectures d&rsquo;extraits de leurs propres romans et chansons.<\/p>\n\n\n\n<p>Le talent musical de la troupe est remarquable, et rappelle le topique de l\u2019<em>accomplished woman<\/em>, capable de jouer des instruments, de chanter, mais dont le potentiel cr\u00e9ateur n&rsquo;est toutefois pas reconnu.<\/p>\n\n\n\n<p>Que l\u2019on connaisse les figures historiques sur sc\u00e8ne, ou que l\u2019on en d\u00e9couvre certaines \u00e0 ce moment-l\u00e0, on reconna\u00eet sans aucun doute l&rsquo;aspect \u00e9mouvant du fait de se souvenir de la femme et de l&rsquo;artiste&nbsp;; d\u2019\u00e9couter ses paroles et de les faire entendre cent ans plus tard, et voir qu&rsquo;elles r\u00e9sonnent toujours aujourd&rsquo;hui dans chacun.ne d&rsquo;entre nous.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Julia ESCRIU<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Image d&rsquo;ent\u00eate : galerie du Th\u00e9\u00e2tre de L&rsquo;Opprim\u00e9, 2020, (c) Armel Toucour La pi\u00e8ce commence par l\u2019\u00e9vocation d\u2019un suicide, celui de Virginia Woolf, qui met devant nous des pierres dans ses poches pour aller se noyer dans l\u2019Ouse, une rivi\u00e8re pr\u00e8s de sa maison. 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