{"id":14342,"date":"2020-07-24T14:32:00","date_gmt":"2020-07-24T12:32:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=14342"},"modified":"2020-07-24T14:32:00","modified_gmt":"2020-07-24T12:32:00","slug":"trois-hommes-dans-un-salon-anne-kessler-comedie-francaise-captation-de-2008","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=14342","title":{"rendered":"Trois Hommes dans un Salon \/ Anne Kessler, Com\u00e9die Fran\u00e7aise \/ Captation de 2008"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Image d&rsquo;ent\u00eate : <\/strong>Georges Brassens, Jacques Brel, L\u00e9o Ferr\u00e9. (c) J.P. Leloir, 1969. <\/p>\n\n\n\n<p><em>Trois Hommes dans un Salon<\/em> | programme <a href=\"https:\/\/www.comedie-francaise.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">la Com\u00e9die Continue<\/a> ! <\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;\u00c7a ne sert \u00e0 rien de mourir&nbsp;\u00bb ou <\/strong><strong><em>Trois Hommes dans un Salon<\/em><\/strong><strong>&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Brel, Ferr\u00e9, Brassens. Trois noms qui r\u00e9sonnent dans l\u2019imaginaire de la chanson fran\u00e7aise, trois voix plut\u00f4t, qui revivent sur nos radios au d\u00e9tour de rares diffusions. Pour certains s\u2019y attachent les \u00e9motions enfantines et les souvenirs de voyages interminables en voiture, pour d\u2019autres, c\u2019est l\u2019image de la formidable interview men\u00e9e par Fran\u00e7ois-Ren\u00e9 Cristiani qui \u00e9merge. Celle-ci fut enregistr\u00e9e en 1969 et elle est encore accessible \u00e0 tous. Pourquoi, d\u00e8s lors que ces voix sont ainsi fix\u00e9es pour toujours par la bande enregistreuse, ce besoin d\u2019incarner \u00e0 nouveau \u00ab&nbsp;l\u2019inflexion des voix ch\u00e8res qui se sont tues&nbsp;\u00bb&nbsp;? Comment faire de l\u2019archive, sceau de notre m\u00e9moire, une \u0153uvre de l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re&nbsp;?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Anne Kessler saisit cet apparent paradoxe \u00e0 bras le corps dans une mise en sc\u00e8ne \u00e0 la fois sobre et contrast\u00e9e. Les silhouettes, assises autour d\u2019une table, tremblent dans la fum\u00e9e qui les enveloppe. Trois personnages, correspondant quoiqu\u2019ils en disent \u00e0 ceux qui peuplent leurs chansons, \u00e9mergent&nbsp;: Brel, th\u00e9\u00e2tral de retenue, Ferr\u00e9, loustique indign\u00e9 et Brassens, r\u00e9sign\u00e9 amoureux. Les phrases s\u2019encha\u00eenent et se percutent, survolant le plateau pour rebondir dans les miroirs l\u2019enla\u00e7ant. Le politiquement correct n\u2019est pas de mise, et cette libert\u00e9 d\u2019expression provoque les rires chez ce m\u00eame public qui l\u2019aurait hu\u00e9e s\u2019il l\u2019avait trouv\u00e9e dans la bouche de contemporains.<\/p>\n\n\n\n<p>Redonner du corps \u00e0 ces artistes qui se sont tous illustr\u00e9s par leur corporalit\u00e9 \u2013 des mains de Brel en concert \u00e0 la moustache bourrue de Brassens en passant par le sourire doucement fou de Ferr\u00e9 \u2013 insuffle une nouvelle vie \u00e0 ces caract\u00e8res d\u2019une \u00e9poque qui deviennent alors abordables, et ce malgr\u00e9 leur id\u00e9alisme sans concession. Les volutes de Mai 68 s\u2019effacent d\u00e9j\u00e0 et le pessimisme absolu quoique joyeux de ces comp\u00e8res \u00e9tonne. Leur portrait sans concession de l\u2019artiste, bien loin de l\u2019incompris g\u00e9nie condamn\u00e9 qui peuple aujourd\u2019hui tout espace de pens\u00e9e \u2013 puisque la cr\u00e9ativit\u00e9 semble \u00eatre le nouveau mal du si\u00e8cle \u2013, s\u00e9duit d\u2019honn\u00eatet\u00e9 et de d\u00e9senchantement. Les rires et les \u00e9clats volent dans l\u2019air, happ\u00e9s par la gouaille doucement trainante de St\u00e9phane Varupenne, image vivante du journalisme des ann\u00e9es 70. Si cet \u00e9l\u00e9gant spectacle s\u00e9duit par sa lueur bienveillante, ce sont d\u2019abord ces paroles redonn\u00e9es \u00e0 entendre et surtout redonn\u00e9es \u00e0 voir, telles le <em>\u00ab&nbsp;\u00e7a ne sert \u00e0 rien de mourir&nbsp;\u00bb<\/em> de Brassens, qui \u00e9merveillent.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Mathilde CHARRAS<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Image d&rsquo;ent\u00eate : Georges Brassens, Jacques Brel, L\u00e9o Ferr\u00e9. 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