{"id":1461,"date":"2011-12-07T20:00:26","date_gmt":"2011-12-07T19:00:26","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=1461"},"modified":"2011-12-07T20:00:26","modified_gmt":"2011-12-07T19:00:26","slug":"kids","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=1461","title":{"rendered":"Kids"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><strong><em>Kids<\/em>, texte de Fabrice Melquiot mis en sc\u00e8ne par Gilles Bouillon au <a href=\"http:\/\/www.theatreachatillon.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Th\u00e9\u00e2tre de Ch\u00e2tillon<\/a>.<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a href=\"#Duchesne\">La critique d&rsquo;H\u00e9lo\u00efse Duchesne<\/a><\/span><\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a href=\"#Lagneau\">La critique de Barth\u00e9l\u00e9my Lagneau <\/a><\/span><\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">\u00ab <em>J&rsquo;aspire \u00e0 un art difficile et populaire&#8230; Nous travaillons pour l&rsquo;incertain, la beaut\u00e9 et le myst\u00e8re<\/em> \u00bb<br \/>\nFabrice Melquiot<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a name=\"Duchesne\"><\/a><em>Kids<\/em> c&rsquo;est avant tout une pi\u00e8ce qui parle de la guerre ou plut\u00f4t de la fin d&rsquo;une guerre, d&rsquo;un recommencement. Une guerre qui nous touche tout particuli\u00e8rement puisqu&rsquo;elle s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9 \u00e0 Sarajevo en Bosnie-Herz\u00e9govine, aux portes de l&rsquo;Europe, \u00e0 deux heures d&rsquo;avion de Paris, une guerre qui nous touche puisque nous avions une dizaine d&rsquo;ann\u00e9e lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;est achev\u00e9e. Une guerre qui me touche particuli\u00e8rement puisque je fais mon m\u00e9moire sur ses cons\u00e9quences. Une guerre qui est appr\u00e9hend\u00e9e par Fabrice Melquiot au travers de ses victimes : des orphelins. Ils sont jeunes, ils ont un tragique d\u00e9sir de vivre et face \u00e0 cette paix soudaine ils sont d\u00e9sempar\u00e9s.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">L&rsquo;\u00e9criture est vive, r\u00e9aliste et poignante. La mise en sc\u00e8ne de Gilles Bouillon lui rend hommage. Une sc\u00e8ne centrale place tour \u00e0 tour le spectateur au c\u0153ur des jeux des orphelins ou en t\u00e9moin impuissant de leur d\u00e9tresse. On ne peut de ce fait pas rester indiff\u00e9rent et cela faisait longtemps que je n&rsquo;avais pas eu les larmes aux yeux au th\u00e9\u00e2tre. C&rsquo;est incroyable comme la paix peut se r\u00e9v\u00e9ler tragique elle aussi. Les acteurs sont jeunes, dynamiques et portent cette pi\u00e8ce avec brio. Ils dansent, chantent, virevoltent et nous font rire. Ils communiquent une irr\u00e9sistible envie d&rsquo;y croire malgr\u00e9 tout.<br \/>\nCette pi\u00e8ce se passe \u00e0 Sarajevo mais pourrait se passer partout dans le monde o\u00f9 les orphelins sont des dommages collat\u00e9raux. Vraiment une pi\u00e8ce \u00e0 conna\u00eetre, \u00e0 voir ou \u00e0 lire, pour la force de ses mots et la beaut\u00e9 de son espoir.\u00a0 &#8211; <strong>H\u00e9lo\u00efse Duchesne<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a name=\"Lagneau\"><\/a>Je me souviens qu\u2019enfant dans les ann\u00e9es 90, lorsque les gens parlaient des combats qui d\u00e9chiraient les Balkans, j\u2019entendais souvent revenir cette expression : \u00abla guerre \u00e0 une heure de Paris\u00bb. Tours aussi est \u00e0 une heure de Paris, non pas en avion de chasse, mais en TGV, depuis la gare Montparnasse. Tours dont le Centre dramatique r\u00e9gional (CDRT) a mont\u00e9 la pi\u00e8ce <em>Kids<\/em>, qui se joue du 6 au 17 d\u00e9cembre au th\u00e9\u00e2tre de Ch\u00e2tillon \u00e0 20h30. Les Kids, ce sont des orphelins qui ont travers\u00e9 la guerre dans Sarajevo assi\u00e9g\u00e9e et que la paix tant attendue met face \u00e0 leurs espoirs et leurs d\u00e9ceptions, au paradoxe de leur jeunesse d\u00e9j\u00e0 us\u00e9e et encore si vive.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">Le cadre n\u2019est donc pas l\u00e9ger, et comme souvent l\u2019art dramatique repr\u00e9sente des situations qui le sont aussi. Mais le texte de Fabrice Melquiot, tr\u00e8s riche et document\u00e9 par ailleurs, parvient \u00e0 entrainer le spectateur dans le monde de cette petite bande d\u2019enfants qui jouent avec le sort que la guerre leur a laiss\u00e9 entre les mains. Il est aid\u00e9 en cela par les jeunes acteurs du CDRT pour qui l\u2019on sent que le texte a \u00e9t\u00e9 plus qu\u2019une lecture, une rencontre. Il parviennent par cette intimit\u00e9 avec les mots de Melquiot \u00e0 rendre les personnages dans la vitalit\u00e9 qui, seule leur permet de surmonter leurs paradoxes, chacun \u00e0 leur fa\u00e7on.<br \/>\nEn effet, le paradoxe, le grand \u00e9cart, ou plut\u00f4t l\u2019entre-deux est le th\u00e8me principal de cette pi\u00e8ce. Entre la guerre et la paix, les huit protagonistes sont aussi entre la candeur de l\u2019enfance et les d\u00e9sillusions de l\u2019\u00e2ge adulte, entre leurs d\u00e9sirs et leurs peurs pour l\u2019avenir. Le metteur en sc\u00e8ne Gilles Bouillon l\u2019a bien compris en pla\u00e7ant la sc\u00e8ne entre deux tribunes de public qui se font face. Cet entre-deux, c\u2019est aussi le feu crois\u00e9 des snipers qui, durant tout le si\u00e8ge ont fait r\u00e9gner la terreur depuis les hauteurs qui cernent la ville en tuant au hasard quiconque marchait \u00e0 d\u00e9couvert. Ce \u00abquatri\u00e8me mur\u00bb d\u00e9doubl\u00e9 prend ainsi parfois des airs d\u2019embuscade en \u00e9voquant les conditions g\u00e9ographiques et strat\u00e9giques du si\u00e8ge.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">Mais au-del\u00e0 du cadre historique, les Kids repr\u00e9sentent aussi une certaine vision de l\u2019adolescence, \u00e2ge de la transition par excellence, port\u00e9e au pinacle par ces ann\u00e9es 80 et 90. Si la pi\u00e8ce parvient \u00e0 s\u2019abstraire de la noirceur de son cadre, c\u2019est aussi parce qu\u2019elle convoque des mythes contemporains. Dans l\u2019entre-deux o\u00f9 ils sont coinc\u00e9s, les personnages nous donnent le spectacle de la diversit\u00e9 et de la spontan\u00e9it\u00e9 caract\u00e9ristique de cet id\u00e9al adolescent. Cela se lit dans une mise en sc\u00e8ne qui exploite les ressources du th\u00e9\u00e2tre traditionnel, mais aussi de la musique et du chant, du sport (la sc\u00e8ne est encadr\u00e9e par une rampe de skate et un \u00e9chafaudage) ou de la vid\u00e9o. La pi\u00e8ce bouillonne de ce m\u00e9lange, et, pour l\u2019anecdote, le casting aussi : il comporte trois Bouillon, Gilles, le metteur en sc\u00e8ne, son fils parmi les acteurs, et le guitariste, homonyme sans lien de parent\u00e9.<br \/>\nUn spectacle vivant donc, voire vivace, qui laissera aux passionn\u00e9s d\u2019exactitude historique et d\u2019effet de r\u00e9el un petit go\u00fbt d\u2019\u00e9dulcor\u00e9 \u00e0 la Breakfast Club, mais qui entrainera les autres dans sa galerie de personnages o\u00f9 le mythe le dispute \u00e0 la chair \u00e0 vif. Et quand bien m\u00eame il resterait des imperfections, volontaires ou non elles participeraient de cet univers de mutation cr\u00e9atrice, de cette esth\u00e9tique du chaos. &#8211; <strong>Barth\u00e9l\u00e9my Lagneau<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Kids, texte de Fabrice Melquiot mis en sc\u00e8ne par Gilles Bouillon au Th\u00e9\u00e2tre de Ch\u00e2tillon. 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