{"id":14612,"date":"2021-04-22T11:56:12","date_gmt":"2021-04-22T09:56:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=14612"},"modified":"2021-04-22T11:56:12","modified_gmt":"2021-04-22T09:56:12","slug":"club-de-lecture-le-parfum-patrick-suskind-1985","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=14612","title":{"rendered":"[CLUB DE LECTURE] Le Parfum \/ Patrick S\u00fcskind \/ 1985"},"content":{"rendered":"\n<p>Afin de maintenir le lien social malgr\u00e9 le contexte sanitaire, le Service culturel de Sorbonne Universit\u00e9 a mis en place un nouveau rendez-vous culturel : la <em>Sorbonne se livre<\/em>, un club de lecture destin\u00e9 aux \u00e9tudiant\u00b7e\u00b7s et personnels de Sorbonne Universit\u00e9 !&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les rencontres se tiennent sur Zoom tous les premiers jeudis du mois de 18h30 \u00e0 20h.<\/p>\n\n\n\n<p>En mars 2021, le groupe 2 a eu le plaisir de lire <em>Le Parfum, histoire d\u2019un meurtrier<\/em>, un roman de l&rsquo;\u00e9crivain allemand Patrick S\u00fcskind paru en 1985, adapt\u00e9 au cin\u00e9ma par Tom Tykwer (2006) et en s\u00e9rie par Eva Kranenburg (2018).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ce compte rendu de lecture est le fruit de nos \u00e9changes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/wp-content\/blogs.dir\/20\/files\/2021\/04\/9782253044901-475x500-1.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/wp-content\/blogs.dir\/20\/files\/2021\/04\/9782253044901-475x500-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-14614\"\/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p><em>Le Parfum<\/em> est <span class=\"has-inline-color has-luminous-vivid-amber-color\">un roman de contrastes, \u00e0 la puanteur exquise et persistante<\/span>. Un roman grotesque, aussi, in\u00e9gal mais familier, et plut\u00f4t finement \u00e9crit avec une mise en images et en mots int\u00e9ressante des odeurs. L\u2019esth\u00e9tique \u00e0 la fois glauque et ravissante du roman rappelle les tableaux timburtoniens, notamment <em>Sweeney Todd<\/em> &#8211; le diabolique barbier. Le beau et le laid se m\u00e9langent comme dans le c\u00e9l\u00e8bre portrait de Dorian Grey par Oscar Wilde. En m\u00eame temps, <em>Le Parfum<\/em> se laisse difficilement lire de jour, \u00e0 la lumi\u00e8re, comme si le roman avait besoin d\u2019un espace sombre pour se d\u00e9voiler tout \u00e0 fait, \u00e0 l\u2019image de son personnage-star : Jean-Baptiste Grenouille, un orphelin de la Place des Gr\u00e8ves \u00e0 Paris, lequel n\u2019a pas d\u2019odeur mais s\u2019av\u00e8re dot\u00e9 d\u2019un nez d\u2019une finesse et d\u2019une m\u00e9moire des senteurs sans pareilles.&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>Au cours de nos \u00e9changes, nous sommes souvent revenues sur<span class=\"has-inline-color has-luminous-vivid-amber-color\"> l\u2019importance du travail sur les odeurs <\/span>dans le roman de Patrick S\u00fcskind. Fort d\u2019un lexique particuli\u00e8rement riche et de descriptions fines, S\u00fcskind donne \u00e0 s\u2019imaginer tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment les odeurs. En lisant <em>Le Parfum<\/em>, on fait fonctionner son nez, comme si de la page \u00e9manait l\u2019odeur d\u00e9crite. Comme si le roman fleurait le Paris puant du XVIII\u00e8me si\u00e8cle, la mousse et la pierre auvergnates ou encore les narcisses de Grasse. L\u2019entr\u00e9e dans le roman par les odeurs a quelque chose de tr\u00e8s original, d\u2019autant que ce th\u00e8me r\u00e9current, central, s\u2019accompagne d\u2019un int\u00e9ressant travail de contrastes, <span class=\"has-inline-color has-luminous-vivid-amber-color\">comme un clair-obscur olfactif : le texte oscille sans cesse entre la puanteur de poisson des hommes et la senteur exquise et d\u00e9licate des fleurs<\/span>&#8230; jusqu&rsquo;\u00e0, semble-t-il, illustrer la complexit\u00e9 du monde dans tous ses aspects, formant un ensemble fascinant, un m\u00e9lange de tableaux po\u00e9tiques. M\u00eame les sc\u00e8nes de meurtre, charriant pourtant la turpitude, avaient l\u2019air de peintures baroques. Nous avons appr\u00e9ci\u00e9 le grand soin apport\u00e9 au processus de mise \u00e0 mort, d\u00e9crit de fa\u00e7on extr\u00eamement po\u00e9tique : c\u2019est r\u00e9pugnant et pourtant, <strong>c\u2019est beau<\/strong>. Peu \u00e0 peu, le lecteur s\u2019inscrit dans la pens\u00e9e un peu maladive du personnage, appr\u00e9ciant dans un m\u00e9lange ambigu de sensations le calme et l\u2019aspect factuel des meurtres. A nouveau, l\u2019opposition (ou la compl\u00e9mentarit\u00e9 ?) des fleurs \u00e0 la puanteur des cadavres est pr\u00e9gnant. Les fleurs vid\u00e9es de leur essence sont compar\u00e9es \u00e0 des corps morts.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Baptiste Grenouille, le h\u00e9ros, anti-h\u00e9ros ? du roman est difficile \u00e0 <em>absorber<\/em>. A la fois, son enfance et sa construction sont admirablement rapport\u00e9es, justifiant son incapacit\u00e9 \u00e0 ressentir un certain nombre de sentiments &#8211; comme l\u2019amour. <span class=\"has-inline-color has-luminous-vivid-amber-color\">Grenouille est un personnage \u00e0 part, d\u2019une complexit\u00e9 insaisissable et parfois un peu artificielle<\/span>. C\u2019est particuli\u00e8rement palpable dans la partie consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9pisode du mont de Plomb en Auvergne, o\u00f9 Grenouille se retire pour fuir la soci\u00e9t\u00e9 des hommes. Le narrateur explicite peut-\u00eatre trop les pens\u00e9es du personnage, rendant ses r\u00e9flexions indigestes, difficiles \u00e0 croire. C\u2019est \u00e9galement en Auvergne que Grenouille cesse de recueillir des odeurs : c\u2019est dommage, parce que c\u2019est l\u2019une des plus grandes qualit\u00e9 du livre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le ma\u00eetre-parfumeur Baldini est un personnage comique qui apporte beaucoup de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 juste apr\u00e8s un premier meurtre brutal. On lui consacre beaucoup plus de place qu\u2019\u00e0 d\u2019autres personnages secondaires, suscitant la curiosit\u00e9 du lecteur. Son pass\u00e9 en Italie, tout comme le simulacre de lien qu\u2019il entretient avec Grenouille (un genre de relation mentor-apprenant qui sort totalement des carcans traditionnels, gangr\u00e9n\u00e9e par l\u2019app\u00e2t du gain et par la personnalit\u00e9-m\u00eame de Jean-Baptiste) et sa fascination pour le parfum sont autant d\u2019\u00e9l\u00e9ments qui viennent enrichir l\u2019histoire. <span class=\"has-inline-color has-luminous-vivid-amber-color\">C\u2019est un personnage contrast\u00e9, captivant parfois<\/span>, qui m\u00eale le comique et le tragique en appelant \u00e0 la fois \u00e0 l\u2019agacement (Baldini est conservateur) et \u00e0 la compassion (mais c\u2019est aussi un r\u00eaveur). Nous avons particuli\u00e8rement appr\u00e9ci\u00e9 la description tr\u00e8s d\u00e9taill\u00e9e de son magasin, un v\u00e9ritable fourbi qui d\u00e9crit assez bien ce personnage excentrique, faux-d\u00e9vot par int\u00e9r\u00eat et passionn\u00e9. Finalement, Baldini laisse une grande impression sur le lecteur.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La conclusion est unanime dans le groupe : <em>Le Parfum<\/em> est une balade olfactive, <span class=\"has-inline-color has-luminous-vivid-amber-color\">aussi merveilleuse qu\u2019ex\u00e9crable<\/span>, o\u00f9 le dialogue a beaucoup moins sa place que l\u2019enfleurage et la puanteur des hommes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><span class=\"has-inline-color has-light-green-cyan-color\">Alexandra BUHA | Eveline SU | Aleksandra MATYNIA | Neila ATTBA | Cl\u00e9mence DHEILLY | Agn\u00e8s LEGAY | Valentine BRULARD | Camille LACORNE<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Afin de maintenir le lien social malgr\u00e9 le contexte sanitaire, le Service culturel de Sorbonne Universit\u00e9 a mis en place un nouveau rendez-vous culturel : la Sorbonne se livre, un club de lecture destin\u00e9 aux \u00e9tudiant\u00b7e\u00b7s et personnels de Sorbonne Universit\u00e9 !&nbsp; Les rencontres se [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[20],"tags":[],"class_list":["post-14612","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-litterature"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14612","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=14612"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14612\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=14612"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=14612"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=14612"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}