{"id":1473,"date":"2011-12-07T20:00:54","date_gmt":"2011-12-07T19:00:54","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=1473"},"modified":"2011-12-07T20:00:54","modified_gmt":"2011-12-07T19:00:54","slug":"impressing-the-czar","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=1473","title":{"rendered":"Impressing the Czar"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><strong><em>Impressing the Czar<\/em>, chor\u00e9graphie de William Forsythe interpr\u00e9t\u00e9e par le Ballet Royal de Flandre au <a href=\"http:\/\/theatre-chaillot.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Th\u00e9\u00e2tre de Chaillot<\/a>. <\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a href=\"#Billaud\">La critique de Pauline Billaud<\/a><\/span><\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a href=\"#Malgras\">La critique de Cl\u00e9mentine Malgras<\/a><\/span><\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a href=\"#MANDULA\">La critique d&rsquo;Aleth Mandula<\/a><\/span><\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a href=\"#Teisseire\">La critique de Salom\u00e9 Tesseire <\/a><\/span><\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a name=\"Billaud\"><\/a>L\u2019art de William Forsythe est avant tout un art de la virtuosit\u00e9. Que ce soit dans la chor\u00e9graphie, dans les costumes ou les d\u00e9cors, les trois pi\u00e8ces de ce spectacle nous offrent une magistrale d\u00e9monstration de prouesse technique autant qu\u2019artistique, dans un enrichissement de l\u2019une par l\u2019autre. Ainsi, et malgr\u00e9 le surplomb vertigineux des derni\u00e8res places en fond de salle, la hauteur des \u00e9l\u00e9vations et les sauts d\u00e9fiant la gravit\u00e9 impressionnent d\u00e8s le lever de rideau.<br \/>\nS\u2019ouvre alors la premi\u00e8re pi\u00e8ce qui semble rejouer sous nos yeux une trag\u00e9die de Shakespeare o\u00f9 la folie des souverains est mim\u00e9e par des danseurs pris entre grandeur et d\u00e9cadence. Soumis au monde de la gravit\u00e9 voir \u00e0 celui du pragmatique, tour \u00e0 tour, ils sont clou\u00e9s au plancher, tentent de se couper les bras et au lieu de s\u2019exprimer par le langage du corps, s\u2019\u00e9gosillent dans un m\u00e9gaphone. Dans ce foisonnement des gestes et des situations, les costumes splendides abritent les d\u00e9marches malais\u00e9es et ridicules et les somptueuses robes baroques semblent porter les corps des protagonistes. La d\u00e9bauche du premier ballet \u00e9blouit et submerge.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">Or dans le deuxi\u00e8me temps du spectacle, c\u2019est un asc\u00e9tisme minimaliste qui r\u00e9pond \u00e0 l\u2019orgie incroyable de cette entr\u00e9e en mati\u00e8re. La tension contenue dans le deuxi\u00e8me tableau tient au d\u00e9pouillement des d\u00e9cors et des costumes qui laissent voir des corps comme sur le point de se rompre, \u00e0 tout instant. Les muscles tendus sont sculpt\u00e9s et pass\u00e9s au scalpel d\u2019une lumi\u00e8re blanche tr\u00e8s crue. La ligne des jambes et des dos cambr\u00e9s ainsi que les pas de deux \u00e9changistes qui voient les partenaires se substituer les uns aux autres avec une souplesse incroyable font de cette s\u00e9quence centrale un petit joyau brut qui est une v\u00e9ritable prouesse technique et chor\u00e9graphique.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">Le troisi\u00e8me tableau quant \u00e0 lui s\u2019ouvre de mani\u00e8re th\u00e9\u00e2trale sur une vente aux ench\u00e8res men\u00e9e par un commissaire priseur survolt\u00e9 (Helen Pickett, artiste invit\u00e9e absolument renversante d\u2019extravagance) qui annonce qu\u2019\u00ab Il faut tuer l\u2019homme dans la bo\u00eete \u00bb. Il s\u2019agit sans doute de l\u2019animateur enferm\u00e9 dans le poste de t\u00e9l\u00e9 pos\u00e9 \u00e0 l\u2019avant-sc\u00e8ne\u2026 Quoiqu\u2019il en soit, le mot d\u2019ordre est lanc\u00e9 : il faut se lib\u00e9rer des instances de contr\u00f4le et des directeurs de conscience, de la contrainte et de la soumission. Ainsi, les danseurs en uniformes d\u2019\u00e9coliers (socquettes et carr\u00e9 frang\u00e9 pour les hommes comme pour les femmes) revendiquent leurs instincts primaires par la violence d\u2019un sacrifice semblable \u00e0 celui du sacre du printemps, par ailleurs pr\u00e9sent en filigrane dans ce dernier ballet, et ex\u00e9cutent leur professeur dans une ronde infernale, \u00e0 la fois danse pa\u00efenne \u00e9norme et \u00ab Macarena \u00bb gigantesque.<br \/>\nLe d\u00e9bordement et la rigueur se c\u00f4toient alors pour nous \u00e9merveiller et nous provoquer aussi. De mon avis, la performance des interpr\u00e8tes, parfaite de ma\u00eetrise, fait mouche ; et le ballet-spectacle est un r\u00e9el ravissement\u2026 &#8211; <strong>Pauline Billaud <\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a name=\"Malgras\"><\/a><em>Impressing the Czar<\/em>, ballet de danse contemporaine (ou n\u00e9o-classique) \u00e9crit par William Forsythe en 1988, est repris par le Ballet Royal de Flandre et sa directrice Kathryn Bennetts, proche de Forsythe, pour cinq dates au Th\u00e9\u00e2tre National de Chaillot du 6 au 10 d\u00e9cembre 2011. La pi\u00e8ce est divis\u00e9e en trois parties et interpr\u00e9t\u00e9e par 34 danseurs.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><em>Impressing the Czar<\/em> est un ballet agit\u00e9 et burlesque, o\u00f9 les tableaux se succ\u00e8dent sans narration apparente. La premi\u00e8re partie, sans doute la plus riche en r\u00e9f\u00e9rences artistiques, se pr\u00e9sente comme une palette historique confuse o\u00f9 se m\u00e9langent danseuses en robes renaissance, duo de music-hall des ann\u00e9es 50 et personnages \u00e9nigmatiques, comme Agn\u00e8s, fil rouge de la pi\u00e8ce, en tenue d\u2019\u00e9coli\u00e8re et perruque ; et Mr Pnut, en tireur \u00e0 l\u2019arc v\u00eatu d\u2019un pagne. L\u2019enchainement d\u2019une multitude d\u2019actions s\u00e9par\u00e9es, entrecoup\u00e9es par des cris et les messages audio re\u00e7us par Agn\u00e8s, illustrent les luttes d\u2019une modernit\u00e9 face aux codes classiques du ballet et de la peinture. Dans le fond, on arrache des couches de toiles repr\u00e9sentant des tableaux anciens, tandis qu\u2019au premier plan, les danseurs combattent au moyen de fl\u00e8ches et de tridents. Les pas de danse classique les plus nobles font \u00e9cho aux mises en sc\u00e8ne grotesques de la mort, tandis qu\u2019Agn\u00e8s, assise sur un tr\u00f4ne \u00e0 droite de la sc\u00e8ne, semble \u00eatre le t\u00e9moin involontaire d\u2019un combat entre deux esth\u00e9tiques, d\u2019une adaptation exub\u00e9rante et \u00e9nergique de l\u2019histoire des arts.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">A la suite de cette introduction confuse et color\u00e9e, la pi\u00e8ce marque une pause et la deuxi\u00e8me partie, In the middle, somewhat elevated vient rompre brutalement avec le ton de Potemkin\u2019s signature, le premier volet, pour gagner une grandeur sobre et intense qui allie la puret\u00e9 du geste \u00e0 la passion d\u2019un pas de deux a\u00e9rien. Neuf danseurs et danseuses se succ\u00e8dent dans des mouvements rigoureux faisant l\u2019\u00e9loge d\u2019une technique physique irr\u00e9prochable, toute en \u00abport\u00e9s\u00bb et en \u00abcambr\u00e9s\u00bb. C\u2019est sans doute la partie la plus \u00e9mouvante et la plus forte : pas de d\u00e9cor superficiel, des danseurs en collants et justaucorps simples qui laissent voir les mouvements de leurs corps, une musique \u00e9lectronique saccad\u00e9e et la vivacit\u00e9 des pas de deux qui portent les danseurs et leur public \u00e0 une v\u00e9ritable fusion. Le g\u00e9nie de Forsythe atteint son apog\u00e9e.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">Enfin, le troisi\u00e8me chapitre du ballet est compos\u00e9 de trois tableaux, aux allures diff\u00e9rentes et \u00e0 l\u2019\u00e9nergie contagieuse. La pi\u00e8ce reprend sur une sc\u00e8ne de vente aux ench\u00e8res plut\u00f4t comique et embrouill\u00e9e, o\u00f9 Agn\u00e8s met en vente plusieurs danseurs v\u00eatus de costumes dor\u00e9s, tandis qu\u2019elle s\u2019\u00e9vertue \u00e0 refermer un coffre o\u00f9 la t\u00eate de Mr. Pnut appara\u00eet. C\u2019est un moment loufoque qui all\u00e8ge le ballet et lui donne un aspect ludique, quoique assez n\u00e9buleux, notamment par un phras\u00e9 anglais trop rapide. Ici encore, Forsythe nous rappelle que la narration compte moins que l\u2019\u00e9motion, et qu\u2019il appartient \u00e0 chaque spectateur de se faire son opinion quant aux r\u00e9f\u00e9rences plus ou moins implicites qui survolent tout le spectacle. Ensuite apparait Mr. Pnut guidant la troupe, comme hypnotis\u00e9e, puis la sc\u00e8ne finale : une apoth\u00e9ose guerri\u00e8re aux faux airs de parade martiale. La troupe est enti\u00e8rement r\u00e9unie, 34 danseurs v\u00eatus du costume d\u2019\u00e9coli\u00e8re d\u2019Agn\u00e8s et d\u2019une perruque au carr\u00e9, hommes et femmes confondus. On admire tout autant la coordination des gestes que la confusion des sexes dans cette envol\u00e9e sauvage qui h\u00e9site entre un rituel primitif et un d\u00e9fil\u00e9 militaire futuriste.<br \/>\nQuelle est l\u2019intention de Forsythe ? Faut-il n\u00e9cessairement la d\u00e9masquer pour appr\u00e9cier ses oeuvres ? Il me semble que non. La beaut\u00e9 des chor\u00e9graphies et la perfection des danseurs ne cessent de nous \u00e9blouir, tout autant que la mise en sc\u00e8ne originale des id\u00e9es farfelues de Forsythe.<br \/>\nDe la puissance sensorielle du ballet d\u00e9coule la libert\u00e9 du spectateur de se laisser s\u00e9duire par son apparence enchanteresse ou d\u2019y chercher d\u2019une signification plus profonde. &#8211; <strong>Cl\u00e9mentine Malgras<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a name=\"MANDULA\"><\/a>Mercredi 7 d\u00e9cembre 2011, le th\u00e9\u00e2tre de Chaillot accueille \u00e0 l\u2019occasion du Festival d\u2019Automne le ballet royal de Flandres pour <em>Impressing the Czar<\/em> de William Forsythe.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">Lev\u00e9 de rideau. A droite, une sorte de\u00a0 parquet\/\u00e9chiquier en bois type int\u00e9rieur renaissance, au fond une toile repr\u00e9sentant un d\u00e9cor de ch\u00e2teau et \u00e0 gauche un espace vide, noir. Certains danseurs sont d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent sur sc\u00e8ne, d\u2019autres arrivent : certains seuls, certains par groupe. On voit : des danseurs en costume d\u2019\u00e9poque qui esquissent quelques pas de danse sur de la musique baroque, deux \u00e9coli\u00e8res hyst\u00e9riques qui hurlent dans un t\u00e9l\u00e9phone en regardant la t\u00e9l\u00e9vision, un corps de ballet plus classique, justaucorps et chignon serr\u00e9, et un danseur torse nu, pagne en plume autour des hanches qui se balade sur sc\u00e8ne de mani\u00e8re quelque peu d\u00e9sordonn\u00e9e.. Une esp\u00e8ce de fouillis, certes, mais un fouillis savamment organis\u00e9.<br \/>\nOn ne sait pourtant pas tr\u00e8s bien o\u00f9 donner de la t\u00eate et o\u00f9 fixer son attention : plusieurs sayn\u00e8tes se d\u00e9roulent en parall\u00e8le sur sc\u00e8ne et chacune d\u2019entre elles rec\u00e8le un int\u00e9r\u00eat particulier, chacune participe au tableau d\u2019ensemble et se suffit aussi parfaitement \u00e0 elle m\u00eame. On comprend pourtant que Forsythe a voulu faire une sorte d\u2019historique de la danse, de la renaissance \u00e0 nos jours, mais en la subvertissant , parodiant les danses tr\u00e8s codifi\u00e9es de la Renaissance, les corps de ballet classique qui ne sont pas ensemble, ou les danseuses d\u2019a\u00e9robics d\u2019une souplesse confondante. Tout ceci sur un m\u00e9lange musical,\u00a0 lui aussi savamment pens\u00e9, qui m\u00eale musique baroque, classique, et \u00e9lectronique.<br \/>\nUn contraste merveilleux est suscit\u00e9 entre les danseurs qui se meuvent sur l\u2019\u00e9chiquier et ceux qui se d\u00e9placent sur fond noir : au d\u00e9chainement absurde des voix et des gestes des danseurs qui se trouvent sur l\u2019\u00e9chiquier r\u00e9pondent les mouvements pr\u00e9cis et ordonn\u00e9s\u00a0 des danseurs\u00a0 qui dansent dans le vide. Mais la machine qui\u00a0 r\u00e9ussissait \u00e0 faire tenir ensemble le tout, \u00e0 produire de l\u2019ordre dans ce d\u00e9sordre semble \u00e0 un moment se d\u00e9r\u00e9gler, le fouillis devient v\u00e9ritablement bouilli et tout explose. Fin du Premier Tableau.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">Le rideau se l\u00e8ve \u00e0 nouveau sur une sc\u00e8ne qui contraste totalement avec le premier tableau. Le vide a envahit toute la sc\u00e8ne. Sur le fond\u00a0 noir se d\u00e9coupent des silhouettes de danseurs en justaucorps verts.<br \/>\nS\u2019enchainent alors des pas de deux d\u2019une virtuosit\u00e9 et d\u2019une force qui donnent envie d\u2019applaudir \u00e0 tout instant. Les pas ex\u00e9cut\u00e9s sont de plus en plus compliqu\u00e9s et en deviennent presque acrobatiques,\u00a0 transformant la gr\u00e2ce du ballet classique, en une vitalit\u00e9 parfaitement maitris\u00e9e. Les couples se r\u00e9pondent, se m\u00ealent et se s\u00e9parent avec une agilit\u00e9 bienheureuse.\u00a0 La parfaite synchronie des pas sur la musique participe \u00e0 la virtuosit\u00e9 de ce tableau qui n\u2019est\u00a0 que danse, \u00e0 l\u2019\u00e9tat pur.<br \/>\nPetit b\u00e9mol cependant pour le tableau qui suit : une vente aux ench\u00e8res qui tourne \u00e0 la catastrophe, l\u2019\u00e9coli\u00e8re s\u2019est transform\u00e9e en commissaire priseur d\u00e9nu\u00e9 de toute autorit\u00e9.\u00a0\u00a0 L\u2019art \u00ab vivant \u00bb\u00a0 qu\u2019elle vend\u00a0 la submerge\u00a0 et n\u2019en fait qu\u2019\u00e0 sa t\u00eate.<br \/>\nParodie presque r\u00e9ussie du monde de l\u2019art mais qui est plus explosion absurde que v\u00e9ritable apport \u00e0 la mise en sc\u00e8ne.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">Le dernier tableau: Choc.<br \/>\nLa troupe au complet est sur sc\u00e8ne, tous sont devenus les \u00e9coli\u00e8res de premier tableau -filles comme gar\u00e7ons- tous\u00a0 habill\u00e9s en jupe pliss\u00e9e noire, chemise blanche et coupe au carr\u00e9, tous dansent une danse endiabl\u00e9e et parfaitement synchronis\u00e9e qui oscille entre amusement parodique des danses de notre temps et cauchemar angoissant quand l\u2019on remarque la pr\u00e9sence d\u2019un danseur en costume renaissant au centre de la ronde, une fl\u00e8che fich\u00e9e dans son torse. Les mains des \u00e9coli\u00e8res en furie se transforment en pinces pour le chasser hors de la sc\u00e8ne. La danse est morte, vive la danse. &#8211; <strong>Aleth Mandula <\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a name=\"Teisseire\"><\/a>Le service culturel de la Sorbonne m\u2019a permis de d\u00e9couvrir un art qui ne m\u2019\u00e9tait que tr\u00e8s partiellement connu et dont\u00a0 l\u2019excentricit\u00e9, ne m\u2019\u00e9tait pas famili\u00e8re . En effet, si vous \u00eates \u00e9tudiants \u00e0 la Sorbonne vous pouvez b\u00e9n\u00e9ficier de place de spectacles en \u00e9change d\u2019une critique de ce que vous avez vu, pour le plaisir de tous.<br \/>\nJ\u2019ai donc d\u00e9couvert \u00e0 travers cette repr\u00e9sentation de Impressing the Czar (1988) un univers imaginaire d\u00e9passant les limites du concevable m\u00ealant danse classique et contemporaine. William Forsythe remonte cette chor\u00e9graphie au c\u00f4t\u00e9 de la directrice artistique Kathryn Bennetts. Sa cr\u00e9ation novatrice et son talent lui ont permis d\u2019obtenir de nombreux prix tels que les Bessies Awards &#8211; r\u00e9compense attribu\u00e9e \u00e0 New York , \u00e0 des chor\u00e9graphes de danse contemporaine &#8211; mais aussi de monter sa propre Ecole, <em>The Forsythe Company<\/em> . Autant d\u2019ambitions, \u00e0 la hauteur de son talent .<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">L\u2019histoire \u00e9volue selon des d\u00e9cors, d\u2019abord originaux charg\u00e9s de multiples d\u00e9tails, comme un arc et ses fl\u00e8ches, des tableaux changeant \u00e0 mesure que l\u2019on traverse les \u00e9poques, une t\u00e9l\u00e9vision, un t\u00e9l\u00e9phone, autant d\u2019\u00e9l\u00e9ments alternant pass\u00e9 et pr\u00e9sent. Bien que la compr\u00e9hension de l\u2019histoire puisse nous paraitre un peu d\u00e9cousue &#8211; Potemkin\u2019s signature, In the middle, Somethat Elevated, la Maison de Mezzo- Prezzo, Bongo Bongo Nageela et Mr. Pnut goes to the Big Top ponctu\u00e9s de diff\u00e9rentes pauses, nous laisse des impressions totalement diff\u00e9rentes ; on passe de grandes robes, d\u2019homme en costume ou juste en cache peau \u00e0 un habit tr\u00e8s \u00e9pur\u00e9, un cadre sans d\u00e9cors . Pour enfin d\u00e9couvrir, une somptueuse vente aux ench\u00e8res, qui apr\u00e8s une bri\u00e8vement laiss\u00e9 le spectateur en suspens, nous am\u00e8ne \u00e0 un tout autre univers &#8211; le sens n\u2019alt\u00e8re en rien la qualit\u00e9 du spectacle et de la danse .<br \/>\nAucune attente ne peut \u00eatre en mesure d\u2019imaginer le surr\u00e9alisme de la pi\u00e8ce ; la vision de William Forsythe va bien au del\u00e0 de celle-ci, voil\u00e0 ce qui est fascinant. Quand au diff\u00e9rentes musiques utilis\u00e9es on notera des musiques psych\u00e9d\u00e9liques, qui pouvaient \u00eatre r\u00e9p\u00e9titives. La voix des personnages accompagnait parfois le d\u00e9roulement de la sc\u00e8ne, l\u2019interpellation des spectateurs n\u2019\u00e9tait pas syst\u00e9matique mais elle a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e \u00e0 des fins comiques. Leur jeu fascinant par leur attitude, leur aisance et leur dynamisme rendait l\u2019atmosph\u00e8re des plus incroyables. Et cela aussi bien concernant les danseurs du Ballet de Flandre que les danseurs de la troupe de Forsythe.\u00a0 Leurs sentiments et leurs expressions nous ont \u00e9t\u00e9 sans aucun mal repr\u00e9sent\u00e9s, la difficult\u00e9 pour nous, \u00e9tait peut-\u00eatre alors de ne pas rester focalis\u00e9 sur un seul groupe de personnages parmi les nombreux pr\u00e9sents sur sc\u00e8ne, car tous tenaient un r\u00f4le .<br \/>\nEbahi, voila ce que l\u2019on pourra retenir comme impression laiss\u00e9e, et \u00e0 voir la <em>standing ovation<\/em> et les multiples rappels des danseurs sur sc\u00e8ne, ce sentiment partag\u00e9 pr\u00e9vaut bien l\u2019art de Forsythe et\u00a0 de son originalit\u00e9. &#8211; <strong>Salom\u00e9 Tesseire <\/strong><\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Impressing the Czar, chor\u00e9graphie de William Forsythe interpr\u00e9t\u00e9e par le Ballet Royal de Flandre au Th\u00e9\u00e2tre de Chaillot. La critique de Pauline Billaud La critique de Cl\u00e9mentine Malgras La critique d&rsquo;Aleth Mandula La critique de Salom\u00e9 Tesseire L\u2019art de William Forsythe est avant tout un [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6,7],"tags":[],"class_list":["post-1473","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-danse","category-theatre-national-de-chaillot"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1473","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1473"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1473\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1473"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1473"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1473"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}