{"id":14943,"date":"2025-11-07T13:37:47","date_gmt":"2025-11-07T13:37:47","guid":{"rendered":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=14943"},"modified":"2025-11-10T17:00:17","modified_gmt":"2025-11-10T17:00:17","slug":"thikra-night-of-remembering","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=14943","title":{"rendered":"Thikra: Night of Remembering &#8211; Akram Khan, Manal Aldowayan &#8211; Par Cl\u00e9mentine Moya"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong> <\/strong>Th\u00e9\u00e2tre de la Ville<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Vendredi 17 octobre 2025 <\/p>\n\n\n\n<p>Thikra : Night of remembering, est un savant m\u00e9lange entre danse et th\u00e9\u00e2tre, tradition et modernit\u00e9 chor\u00e9graphi\u00e9 par Akram Khan et mis en sc\u00e8ne par Manal AlDowayan. Cette derni\u00e8re assure la sc\u00e9nographie, la gestion des costumes et la direction visuelle afin de transposer cette id\u00e9e de m\u00e9moire collective dans un contexte sauvage et historique. L\u2019\u0153uvre met en sc\u00e8ne des corps f\u00e9minins avec des inspirations issues de la tradition du Bharata natyam (danse classique indienne) et de la danse contemporaine occidentale. Le chor\u00e9graphe attache une grande importance \u00e0 la tradition, dans une interview, il disait \u00ab sans pass\u00e9, il n\u2019y a pas d\u2019avenir \u00bb. Le spectacle est centr\u00e9 sur la notion d\u2019h\u00e9ritage, de transmission, mais aussi de f\u00e9minit\u00e9.<br><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019exp\u00e9rience du spectateur :<br>On peut noter une ambition visuelle et sensorielle assez forte pour une repr\u00e9sentation dans\u00e9e. Il y a une ambition esth\u00e9tique marqu\u00e9e par la sc\u00e9nographie int\u00e9grant des allusions \u00e0 l\u2019arch\u00e9ologie et \u00e0 la g\u00e9ologie. Avec la pr\u00e9sence d\u2019ossements et la grotte en fond, on peut se poser la question de la temporalit\u00e9. Les \u00e9l\u00e9ments visuels tels que la lumi\u00e8re ou encore la pr\u00e9sence de fum\u00e9e nous aide \u00e0 nous immerger dans la repr\u00e9sentation. La musique permet \u00e0 la fois d\u2019accompagner les danseuses, mais aussi la narration d\u2019un rituel, \u00e0 certains moments tr\u00e8s doux voir m\u00eame lent, et \u00e0 d\u2019autres intenses, puissants et majestueux. Dans la pratique artistique, Akram Khan parvient bel et bien \u00e0 croiser tradition et modernit\u00e9 nous donnant ainsi \u00e0 voir une hybridit\u00e9 chor\u00e9graphique. Les gestes pr\u00e9cis et tr\u00e8s ritualis\u00e9s des danses indiennes viennent se m\u00ealer \u00e0 un flux contemporain. Cela permet des sortes de tableaux puissants o\u00f9 les femmes, cr\u00e9ant un ensemble, deviennent le sujet de l\u2019\u0153uvre alliant mythologie orientale et force visuelle. En outre, le th\u00e8me de la m\u00e9moire et d\u2019un certain h\u00e9ritage collectif est le principal moteur de la pi\u00e8ce rien que par le titre qui traduit donnerait \u00ab La nuit de la souvenance \u00bb. Le c\u0153ur de la pi\u00e8ce questionne sur ce que l\u2019on porte intrins\u00e8quement, sur ce que l\u2019on ext\u00e9riorise et sur ce que l\u2019on choit de transmettre. Au-del\u00e0 de la danse, on pourrait y voir une tentative de m\u00e9ditation collective. Il est n\u00e9cessaire de se demander pourquoi cette pr\u00e9sence sc\u00e9nique est-elle exclusivement f\u00e9minine. Ce choix donne \u00e0 voir une certaine sororit\u00e9 permise par la force d\u2019un groupe uni, de trajectoires \u00e0 la fois collectives et individuelles. Certaines sc\u00e8nes d\u2019appui physique, de soutien mutuel enrichissent la dimension dramaturgique. La danse devient un acte de lib\u00e9ration, de rassemblement et de partage d\u2019une m\u00e9moire ancestrale. On pourrait cependant reprocher \u00e0 cette \u0153uvre l\u2019absence d\u2019un fil narratif clair ce qui peut perdre le spectateur dans un flux de tableaux plus esth\u00e9tiques que narratifs. Sur le plan technique, on peut souligner la juste mesure entre rigueur et fluidit\u00e9 des corps, entre danse calibr\u00e9e (tradition indienne) et lib\u00e9ration des corps. On peut notamment le voir gr\u00e2ce \u00e0 la place qu\u2019occupent les cheveux : ils sont l\u00e2ch\u00e9s et libres lorsque les corps sont en mouvement ce qui apporte une impression de libert\u00e9. Pour ce qui est du r\u00f4le de la musique : la composition oscille \u00e9galement entre tradition et modernit\u00e9 avec d\u2019un c\u00f4t\u00e9 les percussions, les chants et rythmes indiens, et de l\u2019autre de la musique \u00e9lectro.<\/p>\n\n\n\n<p>En guise de conclusion, nous dirons que Thikra: Night of Remembering est une \u0153uvre d\u2019une grande puissance po\u00e9tique, o\u00f9 Akram Khan m\u00eale avec sensibilit\u00e9 tradition et modernit\u00e9. Port\u00e9e par la sc\u00e9nographie \u00e9vocatrice de Manal AlDowayan et la pr\u00e9sence magn\u00e9tique d\u2019un collectif f\u00e9minin, la pi\u00e8ce offre une exp\u00e9rience \u00e0 la fois sensorielle et spirituelle. Plus qu\u2019un spectacle, c\u2019est une c\u00e9l\u00e9bration de la m\u00e9moire et de la transmission, un hommage vibrant aux traces que les corps conservent du pass\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Cr\u00e9dit photo : Camilla Greenwell<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Th\u00e9\u00e2tre de la Ville Vendredi 17 octobre 2025 Thikra : Night of remembering, est un savant m\u00e9lange entre danse et th\u00e9\u00e2tre, tradition et modernit\u00e9 chor\u00e9graphi\u00e9 par Akram Khan et mis en sc\u00e8ne par Manal AlDowayan. 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