{"id":14978,"date":"2025-11-10T15:14:40","date_gmt":"2025-11-10T15:14:40","guid":{"rendered":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=14978"},"modified":"2025-11-10T16:56:30","modified_gmt":"2025-11-10T16:56:30","slug":"les-fourberies-de-scapin-par-mirna-tarquini","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=14978","title":{"rendered":"Les fourberies de Scapin, Moli\u00e8re &#8211; Denis Poladyd\u00e8s &#8211; Par Mirna Tarquini"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-small-font-size\">Com\u00e9die Fran\u00e7aise<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Lundi 20 octobre 2025<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Enfants sur sc\u00e8ne, gaffes, <em>Scapino italiano parigino<\/em>\u2026 La mise en sc\u00e8ne de Denis Podalyd\u00e8s entre tradition et modernit\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Trois tourn\u00e9es d\u2019applaudissement pour <em>Les Fourberies de Scapin<\/em> dans la soir\u00e9e du 20 octobre. Mais ce n\u2019est pas une raret\u00e9 quand on parle d\u2019une pi\u00e8ce jou\u00e9e \u00e0 la Com\u00e9die Fran\u00e7aise. Entre stratag\u00e8mes, blagues et fous rires, le public a de quoi se r\u00e9jouir. Il reste \u00e0 voir comment cette repr\u00e9sentation de Moli\u00e8re a su m\u00e9langer une pi\u00e8ce issue de la Commedia dell\u2019arte \u00e0 un air beaucoup plus moderne, orn\u00e9 de personnages fra\u00eechement dessin\u00e9s, aux traits caricaturaux qui savent bien gagner l\u2019attention du public. Une critique qui se divise en deux partis distincts : ceux qui ont aim\u00e9 et ceux qui sont rest\u00e9s constern\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une pi\u00e8ce de la Commedia dell\u2019arte : \u00ab&nbsp;Moli\u00e8re l\u2019italien&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour toute personne qui s\u2019y conna\u00eet en th\u00e9\u00e2tre, les personnages de Moli\u00e8re sont une source interminable de succ\u00e8s. Dans l\u2019argot des jeunes, <em>le gars \u00e9tait fort<\/em>. \u00c0 travers cette pi\u00e8ce, Moli\u00e8re a su mettre en sc\u00e8ne le conflit g\u00e9n\u00e9rationnel entre deux p\u00e8res et deux fils, avec le fil conducteur narratif tenu par le valet qui porte le nom de Scapin et qui sait mettre \u00e0 nu les ingratitudes de la jeunesse.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 gagner l\u2019enthousiasme du public, le rire \u2014 l\u2019ingr\u00e9dient fondamental pour toute pi\u00e8ce comique. <em>Les Fourberies de Scapin<\/em> est une pi\u00e8ce comique qui sait passer du s\u00e9rieux imbib\u00e9 de stratag\u00e8mes \u00e0 un ton plus l\u00e9ger, en int\u00e9grant le chant, la danse et, pourquoi pas, des tirades en italien ! Ma foi, le public a presque cru que Noam Morgensztern \u00e9tait italien, tellement il a bien parl\u00e9 en italien.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Bref, le peu d\u2019italiens dans la salle ont ri : \u00e7a fait du bien de retrouver de la vari\u00e9t\u00e9 dans les salles des th\u00e9\u00e2tres parisiens, exactement comme aux temps de Moli\u00e8re ! Le th\u00e9\u00e2tre des Italiens \u00e9tait bien connu, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, et Moli\u00e8re m\u00eame est fils de la culture th\u00e9\u00e2trale italienne : savez-vous que Scapin est le valet par excellence de la Commedia dell\u2019arte ?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Ils ont ajout\u00e9 des sc\u00e8nes, cela n\u2019\u00e9tait pas le texte original. Je n\u2019ai pas aim\u00e9 les sc\u00e8nes rajout\u00e9es, c\u2019\u00e9tait trop moderne&nbsp;\u00bb<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la sortie de la pi\u00e8ce, les avis sont contradictoires. Il y en a qui, comme les familles, ont bien appr\u00e9ci\u00e9 les modifications et les rajouts, les sc\u00e8nes copi\u00e9es-coll\u00e9es pour susciter le rire, et qui, comme ce monsieur qui chuchotait son avis compl\u00e8tement litt\u00e9raire et un peu d\u00e9mod\u00e9 en marchant dans les couloirs en direction de la sortie, n\u2019ont pas du tout aim\u00e9. Mais on le conna\u00eet d\u00e9j\u00e0 \u2013 l\u2019\u00e9ternel combat entre les nouvelles et les vieilles g\u00e9n\u00e9rations !&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour ma part, l\u2019interpr\u00e9tation de la pi\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s subtile : les changements n\u2019ont touch\u00e9 que les moments des rires et les blagues \u00e0 la saveur moderne se sont bien adapt\u00e9es au texte de Moli\u00e8re. Peut-\u00eatre que certaines sc\u00e8nes \u00e9taient un peu trop pouss\u00e9es \u2013 soit ! \u2013 mais cela reste une com\u00e9die que Moli\u00e8re \u00e9crit peu avant de mourir, quand il est fatigu\u00e9 de la cour du roi et il veut \u00e9crire seulement pour susciter le rire et pour se rebeller aux r\u00e8gles strictes de la production royale. Cela dit, on comprend pourquoi la pi\u00e8ce doit sortir des canons de son \u00e9poque comme de la n\u00f4tre. Moli\u00e8re serait bien content de savoir que sa pi\u00e8ce a divis\u00e9 les avis une fois de plus.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, le bilan de la soir\u00e9e : adultes et jeunes sont sortis du th\u00e9\u00e2tre sans \u00eatre d\u2019accord, la pi\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 applaudie et aim\u00e9e par le public, Scapin est rest\u00e9 sur sc\u00e8ne avec son bandage \u00e0 la t\u00eate et on se demande s\u2019il sera toujours l\u00e0 demain soir \u2014 car peut-\u00eatre qu\u2019il est fatigu\u00e9 de convaincre tout le monde \u00e0 rire et, comme le dit le Petit Prince, il est bien plus difficile de se juger soi-m\u00eame que de juger autrui !&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Cr\u00e9dit photo : Mirna Tarquini <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Com\u00e9die Fran\u00e7aise Lundi 20 octobre 2025 Enfants sur sc\u00e8ne, gaffes, Scapino italiano parigino\u2026 La mise en sc\u00e8ne de Denis Podalyd\u00e8s entre tradition et modernit\u00e9 Trois tourn\u00e9es d\u2019applaudissement pour Les Fourberies de Scapin dans la soir\u00e9e du 20 octobre. Mais ce n\u2019est pas une raret\u00e9 quand [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":14979,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-14978","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-theatre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14978","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=14978"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14978\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15025,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14978\/revisions\/15025"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/14979"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=14978"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=14978"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=14978"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}