{"id":15185,"date":"2026-06-02T16:09:07","date_gmt":"2026-06-02T16:09:07","guid":{"rendered":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=15185"},"modified":"2026-06-02T16:09:07","modified_gmt":"2026-06-02T16:09:07","slug":"dear-jason-dear-andrew-par-elisabeth-kyriakou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=15185","title":{"rendered":"Dear Jason, Dear Andrew &#8211; Par Elisabeth Kyriakou"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-small-font-size\">Centquatre<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Vendredi 20 f\u00e9vrier 2026<\/p>\n\n\n\n<p>Avec Dear Jason Dear Andrew, S\u00e9bastien Barrier propose bien plus qu\u2019un hommage musical, il livre une exploration intime de ce que signifie admirer, s\u2019identifier et, peut-\u00eatre, se transformer au contact d\u2019une \u0153uvre. Le spectacle prend pour point de d\u00e9part sa fascination pour le duo britannique Sleaford Mods, mais il s\u2019en \u00e9carte rapidement pour devenir un terrain d\u2019exp\u00e9rimentation autobiographique.<br><br>Sur sc\u00e8ne, Barrier ne cherche ni l\u2019illusion th\u00e9\u00e2trale ni la composition dramatique classique. Il adopte une posture de conteur, presque de conf\u00e9rencier exalt\u00e9, qui navigue librement entre anecdotes personnelles, analyses improvis\u00e9es et \u00e9clats d\u2019humour. Ce qui frappe d\u2019embl\u00e9e, c\u2019est l\u2019\u00e9nergie verbale : un flux de parole dense, rythm\u00e9, parfois volontairement d\u00e9cousu, qui \u00e9pouse la nervosit\u00e9 brute du groupe auquel il s\u2019adresse. L\u2019adresse aux deux musiciens, Jason et Andrew, fonctionne comme un pr\u00e9texte dramaturgique. La lettre ouverte devient monologue, puis confession.<br><br>Le spectacle repose sur une tension f\u00e9conde entre d\u00e9rision et sinc\u00e9rit\u00e9. Barrier n\u2019id\u00e9alise pas sa propre posture de fan ; au contraire, il en r\u00e9v\u00e8le les exc\u00e8s, les maladresses, voire le ridicule. Cette lucidit\u00e9 donne au propos une dimension touchante. Derri\u00e8re l\u2019enthousiasme, on per\u00e7oit une interrogation plus profonde : qu\u2019est-ce qu\u2019une passion change en nous ? Pourquoi certaines \u0153uvres deviennent-elles des rep\u00e8res existentiels ? Le spectacle esquisse ainsi une r\u00e9flexion sur la construction identitaire \u00e0 travers la culture populaire.<br><br>Formellement, Dear Jason Dear Andrew joue avec la fronti\u00e8re entre performance et stand-up, entre conf\u00e9rence et concert fantasm\u00e9. Le dispositif sc\u00e9nique reste relativement \u00e9pur\u00e9, laissant toute la place \u00e0 la pr\u00e9sence de l\u2019interpr\u00e8te. Cette sobri\u00e9t\u00e9 met en lumi\u00e8re la puissance de la parole et du rythme, mais peut aussi d\u00e9stabiliser un public en qu\u00eate d\u2019une narration plus structur\u00e9e. C\u2019est un th\u00e9\u00e2tre du d\u00e9bordement contr\u00f4l\u00e9, o\u00f9 l\u2019exc\u00e8s fait partie int\u00e9grante du propos.<br><br>Au-del\u00e0 du portrait d\u2019un admirateur passionn\u00e9, le spectacle interroge la fonction m\u00eame de l\u2019art : catalyseur d\u2019\u00e9motions, espace de projection, moteur de r\u00e9sistance intime. En cela, l\u2019\u0153uvre de Barrier d\u00e9passe l\u2019anecdote personnelle pour toucher \u00e0 quelque chose de plus universel. Dear Jason Dear Andrew n\u2019est pas seulement une d\u00e9claration d\u2019amour \u00e0 un groupe ; c\u2019est une tentative vibrante de comprendre pourquoi certaines voix r\u00e9sonnent si fort en nous qu\u2019elles finissent par modifier notre propre mani\u00e8re de parler au monde.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Cr\u00e9dit photo : Elodie Le Gall<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Centquatre Vendredi 20 f\u00e9vrier 2026 Avec Dear Jason Dear Andrew, S\u00e9bastien Barrier propose bien plus qu\u2019un hommage musical, il livre une exploration intime de ce que signifie admirer, s\u2019identifier et, peut-\u00eatre, se transformer au contact d\u2019une \u0153uvre. Le spectacle prend pour point de d\u00e9part sa [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":15186,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-15185","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-theatre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15185","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=15185"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15185\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15187,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15185\/revisions\/15187"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/15186"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=15185"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=15185"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=15185"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}