{"id":1698,"date":"2012-01-13T20:00:40","date_gmt":"2012-01-13T19:00:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=1698"},"modified":"2012-01-13T20:00:40","modified_gmt":"2012-01-13T19:00:40","slug":"clipclap-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=1698","title":{"rendered":"Clip&#038;clap, auditorium du Mus\u00e9e du Louvre"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-size: 12px\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif\"><strong>Cycle CLIP&amp;CLAP : Une exploration de la musique en images<br \/>\n\t<em>La joute, la musique adoucit les meurtres<\/em>, 13 janvier &agrave; 20h30 &agrave; <a href=\"http:\/\/www.louvre.fr\/la-joute%C2%A0-la-musique-adoucit-les-meurtres\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">l&#039;Auditorium du Mus&eacute;e du Louvre<\/a>.&nbsp; <\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"#Evans\"><span style=\"font-size: 12px\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif\">La critique de Delphine Evans<\/span><\/span><\/a><\/li>\n<li><span style=\"font-size: 12px\"><a href=\"#Mousnier\">La critique de Sol&egrave;ne Mousnier<\/a><\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif\"><a name=\"Evans\">En quo<\/a>i est-ce qu&rsquo;il est possible de parler de la joute lorsqu&rsquo;on parle de la musique ? Cette captivante exploration de la musique en images &agrave; travers des films, des clips, des interviews, le tout couronn&eacute; par un concert, nous le d&eacute;montre. Le ph&eacute;nom&egrave;ne de la joute- ou comp&eacute;tition- musicale, est riche en contradictions et explicitement complexe dans sa nature. Elle se produit lorsque deux musiciens s&rsquo;affrontent dans un acte partag&eacute; de cr&eacute;ation musicale. Comme nous allons voir, il n&rsquo;est pas toujours facile de d&eacute;terminer ses limites, ou bien d&rsquo;identifier la vraie nature de son discours : c&rsquo;est justement de l&agrave; o&ugrave; vient sa fascination.<br \/>\n\tUn assortiment de clips de musique film&eacute;e nous est offert, chacun suivi par des commentaires de la part de Roland H&eacute;li&eacute; et Edouard Four&eacute; Caul-Futy. Ces extraits sont parsem&eacute;s de musique live, fournie par un duo de guitare &eacute;lectrique aux effets satur&eacute;s, Giani Caserotto et Christelle S&eacute;ry. Parmi leur r&eacute;pertoire : la version du <em>Star Spangled Banner<\/em> jou&eacute;e par Jimi Hendrix &agrave; Woodstock, qui oppose les c&ocirc;t&eacute;s pacifistes et bellig&eacute;rants du caract&egrave;re am&eacute;ricain en r&eacute;f&eacute;rence &agrave; la guerre de Vietnam ; et le <em>R&acirc;ga Yaman<\/em>, une musique traditionnelle indienne, lancinante et belle, qui a &eacute;t&eacute; reprise par d&rsquo;innombrables exposants de la musique rock depuis les ann&eacute;es 70.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif\">Comme expliquent les deux animateurs au d&eacute;but de la s&eacute;ance, la joute en musique est un ph&eacute;nom&egrave;ne qui a surtout tendance &agrave; se centrer autour d&rsquo;un style musical en particulier : celui du jazz. Pourquoi ? Sans doute gr&acirc;ce &agrave; la place centrale occup&eacute;e par la pratique de l&rsquo;improvisation dans ce genre, qui favorise une atmosph&egrave;re de concurrence entre les musiciens rivalisant pour manifester leurs talents au sein du groupe. Source de toute cr&eacute;ation et innovation musicale, l&rsquo;improvisation est la force agissante du jazz, celle qui permet toute sa diversit&eacute; et richesse d&rsquo;invention. Propuls&eacute; par la virtuosit&eacute; des musiciens, leur fiert&eacute; et leurs souhaits de pr&eacute;server leur&nbsp; r&eacute;putation &agrave; tout prix, les joutes d&rsquo;improvisation peuvent atteindre le point d&rsquo;&eacute;bullition. Ceci est magnifiquement repr&eacute;sent&eacute; dans l&rsquo;extrait du film <em>Jazz 34<\/em> : <em>Remembrances of Kansas City Swing<\/em> de Robert Altman, qui incarne la bataille l&eacute;gendaire entre les saxophonistes Coleman Hawkins et Lester Young. Cette volont&eacute; &agrave; d&eacute;truire son adversaire implique aussi la notion de notori&eacute;t&eacute;, ce qui se manifeste dans le domaine parall&egrave;le de&nbsp; la&nbsp; performance sportive, dont notamment la boxe : le clip de l&rsquo;affrontement entre Mohamed Ali et Bob Foster (1972) illustre ce point.<br \/>\n\tMais il ne s&rsquo;agit pas toujours de la pure comp&eacute;tition : il existe en musique non seulement duel mais aussi duo, o&ugrave; les nuances du jeu sont encore diff&eacute;rentes et subtiles. Outre le jazz, les doubles et triples concertos de la tradition classique ont traditionnellement uni deux solistes qui luttent ensemble- ou s&eacute;par&eacute;ment- pour emporter la victoire, ou sur l&rsquo;orchestre, ou bien sur l&rsquo;autre soliste! L&rsquo;enregistrement vid&eacute;o du <em>Concerto pour violon, violoncelle et orchestre en la mineur Op. 102<\/em> de Brahms, interpr&eacute;t&eacute; par David O&iuml;strakh et Mstiaslav Rostropovich avec l&rsquo;orchestre philharmonique de Moscou, nous offre un exemple particuli&egrave;rement beau de ce rapport complexe et aux facettes multiples.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif\">La notion de la joute en musique est aussi remarquablement pr&eacute;sente dans le rap, successeur direct du jazz dont il r&eacute;clame fi&egrave;rement l&rsquo;h&eacute;ritage. Les batailles entre les MC, o&ugrave; il ne peut y avoir qu&rsquo;un seul vainqueur et un perdant, mettent dans une nouvelle perspective les id&eacute;es de comp&eacute;tition et de l&rsquo;affirmation de soi &agrave; travers des exploits techniques redoutables : la rencontre autour du micro de Logik Konstantine (Just do it) et Nekfeu (S cru) le d&eacute;montre bien. En m&ecirc;me temps, la relation entre les combattants n&rsquo;est pas toujours celle de l&rsquo;animosit&eacute; : elle peut &ecirc;tre faussement comp&eacute;titive, pas forc&eacute;ment m&eacute;chante- ou m&ecirc;me humoristique.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12px\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif\">Prochaine s&eacute;ance (fortement recommand&eacute;e): vendredi 30 mars, 20h30 &agrave; l&rsquo;auditorium du Louvre. Th&egrave;me : La voix au masculin et au f&eacute;minin<\/span><\/span><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif\">.<\/span><strong> &#8211; <span style=\"font-family:arial,helvetica,sans-serif\"><span style=\"font-size: 12px\">Delphine Evans<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><a name=\"Mousnier\">Une belle<\/a> surprise, cette conf&eacute;rence. Lorsque l&#039;on sort de l&#039;&eacute;l&eacute;gant auditorium du Louvre, on a l&#039;impression d&#039;avoir voyag&eacute; en images et en musique. Le public est vari&eacute;: des &eacute;tudiants, des personnes &acirc;g&eacute;es, des touristes qui passaient par l&agrave;. Ils s&#039;installent timidement, les oreilles et les yeux grands ouverts.<br \/>\n\tLe sujet est sans d&eacute;tour : La musique adoucit les meurtres. Le ton est donn&eacute;, et c&#039;est &agrave; travers le th&egrave;me de la joute musicale, que Roland H&eacute;li&eacute; et Edouard Four&eacute; Caul-Fouty nous guident. Ils proposent un medley d&#039;extraits de films, choisi avec pertinence et qui retracent tous les styles de musique. De quoi r&eacute;viser sa culture g&eacute;n&eacute;rale, mais aussi de d&eacute;couvrir les petites perles diss&eacute;min&eacute;es au fil de l&#039;Histoire du cin&eacute;ma&hellip; En prolongation &agrave; cette r&eacute;flexion &agrave; travers les &acirc;ges, c&#039;est Giani Caserotto et Christelle S&eacute;ry qui se pr&ecirc;tent au jeu de la joute et donnent une dimension plus actuelle au d&eacute;bat.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">Il est dommage que certains extraits n&#039;aient pas &eacute;t&eacute; plus prolong&eacute;s et plus &eacute;tudi&eacute;s, comme l&#039;extrait du concert de David O&iuml;strakh et Mstiaslav Rostropovitch qui nous offraient &agrave; travers Brahms une interpr&eacute;tation brillante et un duel sans merci. Il y a dans Brahms m&ecirc;me l&#039;expression de cet emportement meurtrier adoucit par la musique. L&#039;extrait le plus impressionnant &eacute;tait peut-&ecirc;tre celui d&#039;une r&eacute;p&eacute;tition d&#039;Arturo Toscanini, l&#039;illustre chef d&#039;orchestre italien dont les hurlements&nbsp; et les bruits de pupitres renvers&eacute;s se passaient d&#039;images!<br \/>\n\tCertains extraits pr&ecirc;tent &agrave; rire, comme celui de la Rhapsodie de Lizt reprise par deux studios MGM et Warner Bros, transform&eacute;e en un &eacute;ni&egrave;me r&egrave;glement de comptes entre Tom et Jerry, Bugs Bunny et une souris. Si l&#039;on doit d&eacute;signer un gagnant, il appara&icirc;t que le chat l&#039;emporte sur le lapin en termes d&#039;humour et de virtuosit&eacute; ! Il y a eu aussi de belles d&eacute;couvertes, notamment le film D&eacute;livrance de John Boorman, qui met en sc&egrave;ne un duo -ou duel ?- improvis&eacute; par un enfant et un homme. C&#039;est &agrave; la fois d&eacute;concertant d&#039;assister &agrave; un &eacute;change musical aussi intense et exigent, et tr&egrave;s &eacute;mouvant de voir la rencontre des deux musiciens.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">Bien s&ucirc;r, on ne pouvait pas repartir sans avoir vu au moins un exemple de joute musicale au Jazz ! C&#039;est le terreau le plus propice au duel, on ne pouvait pas y &eacute;chapper. Les trompettistes ont &eacute;t&eacute; servis, l&#039;extrait de Kansas City est &eacute;difiant. Lorsque l&#039;on voit des artistes tellement talentueux qu&#039;ils peuvent se battre en duel, on se pose des questions sur la musique actuelle qui a remplac&eacute; la joute musicale en joute commerciale..<br \/>\n\tMais, tout n&#039;est pas perdu, &agrave; en croire le Rap! Et &agrave; en croire Giani Caserotto et Christelle S&eacute;ry qui nous montrent &agrave; la guitare un Scarlatti tr&egrave;s Hendrix et pour le moins int&eacute;ressant.<\/span><br \/>\n\t<span style=\"font-size: 12px\">Ainsi, que l&#039;on soit simple m&eacute;lomane, cin&eacute;aste, rocker, wagn&eacute;rien, jazzophiles, il y en a eu pour tous les go&ucirc;ts. Dommage qu&#039;il n&#039;y ait pas eu plus d&#039;interventions de Roland H&eacute;li&eacute; et Edouard Four&eacute; Caul-Fouty, qui sont rest&eacute;s finalement assez timides. Mais le sujet est bien men&eacute;, et au terme de cette conf&eacute;rence le consensus du public sur le &quot;gagnant&quot; du clip musical d&#039;Eddy Mitchell et Aaron Neville montre que le message est pass&eacute;. &#8211; <strong>Sol&egrave;ne Mousnier <\/strong><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Cycle CLIP&amp;CLAP : Une exploration de la musique en images La joute, la musique adoucit les meurtres, 13 janvier &agrave; 20h30 &agrave; l&#039;Auditorium du Mus&eacute;e du Louvre.&nbsp; La critique de Delphine Evans La critique de Sol&egrave;ne Mousnier En quoi est-ce qu&rsquo;il est possible de parler [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[15],"tags":[],"class_list":["post-1698","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1698","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1698"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1698\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1698"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1698"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1698"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}