{"id":195,"date":"2015-11-04T20:30:45","date_gmt":"2015-11-04T19:30:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/chroniques\/?p=195"},"modified":"2015-11-04T20:30:45","modified_gmt":"2015-11-04T19:30:45","slug":"berliner-philharmoniker","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=195","title":{"rendered":"Berliner Philharmoniker"},"content":{"rendered":"<p>Concert symphonique | Philharmonie de Paris | <a href=\"http:\/\/philharmoniedeparis.fr\/fr\/activite\/concert-symphonique\/15138-berliner-philharmoniker\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une exp\u00e9rience visc\u00e9rale que celle des symphonies de Beethoven jou\u00e9es par le Berliner Philharmoniker et dirig\u00e9es par Sir Simon Rattle. Les nuances sont explor\u00e9es avec une intensit\u00e9 rare, le chef d\u2019orchestre prend la musique \u00e0 bras-le-corps pour emporter les auditeurs avec lui dans un voyage renouvel\u00e9 parmi l\u2019\u0153uvre de Beethoven, et les faire tressaillir au rythme de la respiration vivante des instruments. Port\u00e9e par ce chef incroyable d\u2019\u00e9nergie et de force, et par des musiciens impeccablement accord\u00e9s entre eux, l\u2019\u0153uvre musicale saisit le spectateur avec une puissance qui am\u00e8ne \u00e0 la r\u00e9\u00e9couter, \u00e0 la comprendre \u00e0 nouveau, sous un jour moderne mais qui ne trahit pas son originalit\u00e9.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Juliette Auma\u00eetre<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Du 3 au 7 Novembre avait lieu \u00e0 la Philharmonie de Paris un cycle consacr\u00e9 aux symphonies de Beethoven interpr\u00e9t\u00e9 par le Berlin Philharmoniker, un orchestre symphonique parmi les plus r\u00e9put\u00e9s au monde, dirig\u00e9 par Simon Rattle. La soir\u00e9e du 4 Novembre \u00e9tait consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019Ouverture de Leonore I op.138, \u00e0 la symphonie n\u00b02 en r\u00e9 majeur op.36 et \u00e0 la c\u00e9l\u00e8bre symphonie n\u00b05 en ut mineur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019ouverture de Leonore s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e dans une relative indiff\u00e9rence, dans la mesure o\u00f9 ce morceau d\u2019une quinzaine de minutes environ, cens\u00e9 \u00eatre tour \u00e0 tour lent, l\u00e9ger puis lyrique, a \u00e9t\u00e9 jou\u00e9 sans v\u00e9ritables contrastes par l\u2019orchestre et assez rapidement exp\u00e9di\u00e9 comme une simple introduction \u00e0 ce qui allait suivre.<br \/>\nC\u2019est en effet \u00e0 partir de la symphonie n\u00b02 que l\u2019\u00e9motion est all\u00e9e crescendo. Les deux \u0153uvres ont permis \u00e0 la virtuosit\u00e9 de l\u2019orchestre de se manifester par le jeu des nuances entre les diff\u00e9rents mouvements, sans jamais de caricatures ni de lourdeurs auxquelles se pr\u00eate parfois la musique de Beethoven, \u00e0 la fois lyrique et h\u00e9ro\u00efque. La symphonie n\u00b05 a constitu\u00e9 alors l\u2019acm\u00e9 du concert, notamment gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation, minutieuse et tout en retenue, du troisi\u00e8me mouvement, et la succession des pizzicato particuli\u00e8rement r\u00e9ussis, d\u2019abord quasi inaudibles, puis allant crescendo, jusqu\u2019au final jou\u00e9 avec une \u00e9nergie et un enthousiasme communicatifs qui justifient largement les quatre rappels et les applaudissements debout \u00e0 la fin du concert.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La musique de Beethoven, souvent jou\u00e9e de fa\u00e7on trop monumentale, a donc \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement mise en valeur par l\u2019interpr\u00e9tation l\u00e9g\u00e8re mais minutieuse du Philharmoniker de Berlin et son chef d\u2019orchestre.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Juliette Beau<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Du mardi 3 au samedi 7 novembre 2015, se tient le cycle Beethoven \u00e0 la Philharmonie de Paris. Chaque soir, deux symphonies du compositeur sont ex\u00e9cut\u00e9es par l&rsquo;orchestre philharmonique de Berlin, le tout orchestr\u00e9 par Sir Simon Rattle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce mercredi 4 novembre \u00e0 la Philharmonie de Paris, la symphonie n\u00b02, n\u00b05 et l&rsquo;Ouverture de Leonore I sont au programme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette salle de concert aux allures de ruche d\u00e9gage de la magie. La sc\u00e8ne est centrale et le public se positionne autour. On brise la s\u00e9paration sc\u00e8ne-public du th\u00e9\u00e2tre et on nous montre une sc\u00e8ne accessible \u00e0 tous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La salle fait partie int\u00e9grante du spectacle. Apr\u00e8s un peu d&rsquo;attente, les lumi\u00e8res se dissipent et l&rsquo;orchestre entre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une fois les musiciens bien install\u00e9s avec leurs instruments, il entre sous une foule d&rsquo;applaudissements : le chef d&rsquo;orchestre. Apr\u00e8s avoir remerci\u00e9 le public pour cet accueil chaleureux, le morceau d\u00e9bute <em>in media res<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Subtile et plein de nuances, l&rsquo;Ouverture marche sur un fil. Oscillant entre un <em>piano<\/em> beau, l\u00e9ger et un <em>forte<\/em> grand et majestueux. Beethoven sait doser les intensit\u00e9s et garde l&rsquo;attention de son auditoire qui ne s&rsquo;ennuie jamais. Le premier mouvement de l&rsquo;ouverture se termine par une cadence parfaite. L&rsquo;orchestre reprend dans un tempo plus enjou\u00e9, les th\u00e8mes triomphants passent de mani\u00e8re circulaire aux diff\u00e9rents corps d&rsquo;instruments de l&rsquo;orchestre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On sent la conclusion proche, la note de la cadence parfaite est dans nos esprits, mais Beethoven est joueur. Avant d&rsquo;achever son morceau dans l&rsquo;apoth\u00e9ose de l&rsquo;accord parfait, le compositeur passe d&rsquo;accord en accord presque par \u00e0-coup et le publique s&rsquo;interroge jusqu&rsquo;au moment o\u00f9 la cadence parfaite explose de beaut\u00e9 dans la nouvelle salle parisienne, le son \u00e9tant h\u00e9las vite masqu\u00e9 par les applaudissements du public ravi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est au tour de la Symphonie n\u00b02 en r\u00e9 majeur, opus 36 de sonner dans la Philharmonie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Compos\u00e9e dans un style tr\u00e8s classique, cette symphonie n&rsquo;a pas le romantisme touchant de ses autres \u0153uvres. Tr\u00e8s droite dans l&rsquo;\u00e9criture, elle peut \u00eatre parfois ennuyeuse, sensation surtout pr\u00e9sent\u00e9e dans le troisi\u00e8me et quatri\u00e8me mouvement. L\u00e0 o\u00f9 il n&rsquo;y a plus de doute sur le compositeur c&rsquo;est lors de la conclusion finale. Une envol\u00e9e romantique et lyrique avec des fioritures et des forts crescendos pour encore une fois finir en beaut\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s un entracte de quelques dizaines de minutes &#8211; le temps de visiter l&rsquo;int\u00e9rieur de la Philharmonie &#8211; et c&rsquo;est La cinqui\u00e8me Symphonie de Ludwig Van Beethoven en ut mineur, opus 67. Quand les premi\u00e8res notes sont jou\u00e9es, elles donnent tout de suite le ton : un morceau fort, puissant et imposant. Alternant entre douceur et duret\u00e9, <em>piano<\/em> et <em>forte<\/em>, le th\u00e8me est repris par les diff\u00e9rents instruments de l&rsquo;orchestre. Un solo de clarinette vient ponctuer le milieu du premier mouvement sur un ton assez dramatique. On a presque l&rsquo;impression d&rsquo;un po\u00e8me symphonique dramatique. Le public n&rsquo;applaudissant plus entre les mouvements, les derni\u00e8res notes du mouvement s&rsquo;\u00e9vaporent petit \u00e0 petit dans le n\u00e9ant de la salle. On \u00e9coute le son s&rsquo;en aller peu \u00e0 peu avec une certaine jouissance.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">L\u00e9o Canal<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;\u00e9v\u00e9nement musical de la premi\u00e8re semaine de novembre \u00e0 Paris \u00e9tait sans conteste l&rsquo;int\u00e9grale des symphonies de Beethoven interpr\u00e9t\u00e9e par l&rsquo;orchestre philharmonique de Berlin sous la baguette de Sir Simon Rattle. En cinq concerts, les Berlinois ont revisit\u00e9 les neuf symphonies de Beethoven, dans la pure tradition du philharmonique de Berlin. En effet, Beethoven est au c\u0153ur du r\u00e9pertoire de cet orchestre depuis plus d&rsquo;un si\u00e8cle. De Furtw\u00e4ngler \u00e0 Rattle en passant par Abado et surtout Karajan \u2013 qui a imprim\u00e9 sa marque sur ce cycle en les enregistrant pas moins de cinq fois ! \u2013 les symphonies de Beethoven sont la r\u00e9f\u00e9rence incontournable de cette formation de prestige.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le concert du mercredi 4 novembre avait ceci de particulier qu&rsquo;en sus des deux symphonies \u2013 la deuxi\u00e8me et la c\u00e9l\u00e9brissime cinqui\u00e8me \u2013 il programmait l&rsquo;ouverture de <em>Leonore I<\/em> (op. 138), i.e. la premi\u00e8re version de l&rsquo;ouverture de son unique op\u00e9ra <em>Fidelio<\/em>. D\u00e8s l&rsquo;ouverture, le ton est donn\u00e9, l&rsquo;interpr\u00e9tation, mesur\u00e9e, sensible et vigoureuse \u00e0 la fois, laisse entrevoir une ex\u00e9cution symphonique exceptionnelle. Compos\u00e9e en 1801-1802, la deuxi\u00e8me symphonie reste empreinte de l&rsquo;h\u00e9ritage classique, tout en introduisant des motifs qui seront d\u00e9velopp\u00e9s dans les symphonies plus \u00ab h\u00e9ro\u00efques \u00bb. La cinqui\u00e8me quant \u00e0 elle, avec sa c\u00e9l\u00e8bre formule rythmique \u00e9voquant le \u00ab destin frappant \u00e0 la porte \u00bb a port\u00e9 l&rsquo;\u00e9motion \u00e0 son paroxysme avec un final en apoth\u00e9ose annon\u00e7ant celui de la septi\u00e8me.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour cette int\u00e9grale, Sir Simon Rattle s&rsquo;est distingu\u00e9, comme \u00e0 son habitude, de l&rsquo;h\u00e9ritage des ma\u00eetres du Philharmonique de Berlin comme Karajan. All\u00e9geant m\u00eame l&rsquo;effectif de l&rsquo;orchestre et substituant \u00e0 la puissance un \u00e9quilibre plus mesur\u00e9 entre les pupitres, Rattle nous livre l\u00e0 <em>son<\/em> interpr\u00e9tation de Beethoven. Cette justesse de jeu se fait l&rsquo;instrument de l&rsquo;imm\u00e9diatet\u00e9 de la composition, qui s&rsquo;impose au spectateur de mani\u00e8re absolument naturelle. Dans les introductions, les cordes entrent tour \u00e0 tour dans une progression a\u00e9rienne avant de faire entendre les pupitres des vents. Pour manier cet \u00e9quilibre, Rattle peut compter sur des artistes exceptionnels et internationalement reconnus, citons par exemple le fl\u00fbtiste Emmanuel Pahud ou le hautbo\u00efste Albrecht Mayer dont les interventions sont d&rsquo;une justesse \u00e9patante. Aussi \u00e0 l&rsquo;aise dans la fragilit\u00e9 et l&rsquo;\u00e9motion que dans l&rsquo;attaque des notes et les traits de bravoure, l&rsquo;orchestre est \u2013 il faut le signaler \u2013 particuli\u00e8rement bien servi par une salle dont l&rsquo;acoustique permet toutes les nuances.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Entour\u00e9 par les spectateurs, dispos\u00e9s tout autour de la sc\u00e8ne, l&rsquo;orchestre philharmonique de Berlin men\u00e9 par Sir Simon Rattle a fait lever le public de la Philharmonie de Paris. Ovationn\u00e9 pour son interpr\u00e9tation personnelle de Beethoven, le <em>Chefdirigent<\/em> de Berlin a profit\u00e9 de ce cycle de symphonies pour montrer la complicit\u00e9 qu&rsquo;il a su instaurer avec ses musiciens, avant de c\u00e9der la place au chef nouvellement nomm\u00e9 du Philharmonique de Berlin, le russe Kirill Petrenko.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Mathieu Caron<\/h6>\n<pre style=\"text-align: justify;\">Photo : M. Rittershaus<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Concert symphonique | Philharmonie de Paris | En savoir plus Une exp\u00e9rience visc\u00e9rale que celle des symphonies de Beethoven jou\u00e9es par le Berliner Philharmoniker et dirig\u00e9es par Sir Simon Rattle. 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