{"id":197,"date":"2015-11-03T20:00:01","date_gmt":"2015-11-03T19:00:01","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/chroniques\/?p=197"},"modified":"2015-11-03T20:00:01","modified_gmt":"2015-11-03T19:00:01","slug":"onomatopee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=197","title":{"rendered":"Onomatop\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p>Th\u00e9\u00e2tre | Th\u00e9\u00e2tre de la Bastille | <a href=\"http:\/\/www.theatre-bastille.com\/saison-13-14\/les-spectacles\/onomatopee\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plac\u00e9 dans la rue de la Roquette, o\u00f9 les gens se r\u00e9unissent pour discuter autour d&rsquo;un verre ou dans les nombreuses terrasses qui \u00e9gayent ses rues, le Th\u00e9\u00e2tre de la Bastille, \u00e0 cette occasion, ne s&rsquo;ouvre pas par la porte d&rsquo;entr\u00e9e principale de la salle. Les spectateurs sont conduits \u00e0 travers une salle o\u00f9 fils, ampoules et tables de mixage s&rsquo;accumulent\u00a0; laissez-nous voir ce qui se cache derri\u00e8re les frises\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les com\u00e9diens attendent assis autour d&rsquo;une table de th\u00e9 ronde, plac\u00e9s au niveau du sol. Ils regardent les gens prendre place et indiquent gentiment les places libres aux plus tra\u00eenards. Cinq travailleurs portant des tenues us\u00e9es, cinq hommes courants, chacun avec sa propre personnalit\u00e9, discutent avant de commencer leur devoir, prenant un th\u00e9 \u00e0 la menthe fra\u00eeche dont l&rsquo;odeur arrive \u00e0 tous les spectateurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On parle des gens, du sucre, de d\u00e9tails banals sans pertinences et des g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9s exag\u00e9r\u00e9es. Des accords et des malentendus, des impasses, disputes et des incoh\u00e9rences dans un effort d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 d&rsquo;\u00e9viter le silence et l&rsquo;inaction, nous m\u00e8nent dans des sc\u00e8nes dr\u00f4lement irrationnelles et d&rsquo;une familiarit\u00e9 qui nous fera rougir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Le mouvement spontan\u00e9 a disparu de la sph\u00e8re n\u00e9olib\u00e9rale, que la soci\u00e9t\u00e9 est (bon gr\u00e9 mal gr\u00e9) devenue \u00e0 l&rsquo;heure actuelle\u00bb d\u00e9clare le calicot d\u00e9pli\u00e9 en haut de la sc\u00e8ne. Est-on face \u00e0 une repr\u00e9sentation, une pr\u00e9paration o\u00f9 c&rsquo;est la repr\u00e9sentation de la pr\u00e9paration d&rsquo;une repr\u00e9sentation\u00a0? Les paroles coulent sans aucun sens et toute planification semble infructueuse. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 l&rsquo;improvisation, fra\u00eeche et chaotique\u00a0; de l&rsquo;autre, l&rsquo;indispensable sc\u00e9nario dont on peut se passer. Une mise en abyme qui submerge le public dans une spirale chaotique o\u00f9 tout est possible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il n&rsquo;y a pas que les dialogues, mais aussi la pantomime, l&rsquo;illumination, le fantastique et l&rsquo;utilisation de l&rsquo;espace qui font sortir le spectateur avec la t\u00eate qui tourne entre des \u00e9clats de rire.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Ane De la Presa<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Waou \u00bb. Voil\u00e0 une Onomatop\u00e9e qui pourrait tr\u00e8s bien qualifier la folie de la pi\u00e8ce \u00e9ponyme de Gillis Besheuvel, Mathias de Koning, Damian de Schrijver, Peter Van den Eede et Willem de Wolf et. Ces cinq com\u00e9diens se r\u00e9unissent autour du partage et de l\u2019humour, principalement dans le but de nous faire passer un bon moment. Gillis d\u00e9crit leur cr\u00e9ation comme \u00e9tant \u00ab le plaisir de cinq hommes qui montent un spectacle ensemble \u00bb. Effectivement, il n\u2019y a ici aucun doute que cette rencontre entrem\u00eal\u00e9e de compagnies comme Tg Stan, De Koe, Dood Paard et Maatschappij Discordia allait faire sourire et fleurir ce festival d\u2019Automne. Ce travail d\u2019\u00e9quipe donne lieu \u00e0 une pi\u00e8ce comique et burlesque dot\u00e9e d\u2019une \u00ab touche europ\u00e9enne \u00bb. En brisant le quatri\u00e8me mur, ces cinq gar\u00e7ons de caf\u00e9s nous font voyager dans leur univers, dans leur propre pays mais aussi dans leur propre vision du th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une optique illustr\u00e9e par un espace de partage o\u00f9 le spectateur devient inconsciemment spectateur et serait assis en terrasse \u00e0 \u00e9couter les histoires et disputes des serveurs. Sans oublier l\u2019id\u00e9e de l\u2019Onomatop\u00e9e \u2010 principal mat\u00e9riau d\u2019\u00e9criture pour ce spectacle \u2010 qui vient nous surprendre en plein c\u0153ur de la pi\u00e8ce pour finir ironiquement \u00ab en beaut\u00e9 \u00bb sur une id\u00e9e plus conventionnelle du th\u00e9\u00e2tre, en utilisant comme outil de jeu des monologues plus ou moins compr\u00e9hensibles, d\u00e9clam\u00e9s face au public.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce spectacle aux allures primaires, est en fait d\u2019une construction toute r\u00e9fl\u00e9chie, en effet, toutes nos suppositions sont trompeuses, le spectateur ne sait pas s\u2019il s\u2019agit d\u2019improvisations ou de r\u00e9elles repr\u00e9sentations, l\u2019un joue avec le texte sous les yeux, l\u2019autre r\u00e9p\u00e8te la m\u00eame phrase en boucle pendant plusieurs temps, laissant croire \u00e0 un trou de texte, le tout suivi de multiples accidents qui semblent \u00eatre inattendus autant pour le spectateur que pour l\u2019acteur. Cette mise en sc\u00e8ne \u00e0 la fois accidentelle et r\u00e9p\u00e9titive fonctionne et fait sourire les spectateurs, nous entrons dans leur jeu, rions \u00e0 la m\u00eame phrase r\u00e9p\u00e9t\u00e9e plusieurs fois et nous nous imaginons \u00e0 leur place en train de boire leur th\u00e9 tout en se disputant au sujet du sucre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans Onomatop\u00e9e, il ne faut pas s\u2019attendre \u00e0 une chronologie, ces gar\u00e7ons de caf\u00e9s jouent sur les rythmes et nous bouleversent dans notre vision classique du temps th\u00e9\u00e2tral, cette pi\u00e8ce \u00e0 la fois lente par moment et rapide par d\u2019autres, joue avec la distanciation brechtienne et l\u2019absurde de Beckett. N\u2019oublions pas que nous restons dans une salle th\u00e9\u00e2trale \u00e0 laquelle nous acc\u00e9dons par les coulisses et o\u00f9 nous prenons place face \u00e0 un lieu remplis de d\u00e9bris. Effectivement, nous voyons devant nous une sc\u00e9nographie qui semble \u00eatre compos\u00e9e de mat\u00e9riaux de r\u00e9cup\u00e9ration et qui influencent le spectateur vers une vision d\u2019un th\u00e9\u00e2tre bas\u00e9e sur la simplicit\u00e9 et la seule importance du jeu. Cependant, cette id\u00e9e de sc\u00e9nographie simpliste vient \u00eatre chamboul\u00e9e par l\u2019onomatop\u00e9e elle\u2010m\u00eame, qui parvient \u00e0 faire changer le spectateur de place et l\u2019assoit face \u00e0 un d\u00e9cor rustique, animalier, tamis\u00e9, le tout dans avec une ambiance chaleureuse et intimiste. Du d\u00e9cor simpliste et recycl\u00e9 nous passons au d\u00e9cor plus identitaire, une lampe, des tapis, des feuilles en guise de mur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette sensibilisation \u00e0 un th\u00e9\u00e2tre autre que classique et conventionn\u00e9, ouvre les yeux du spectateur, mais aussi offre une l\u00e9g\u00e8re visibilit\u00e9 du th\u00e9\u00e2tre contemporain nordique dans les logiques festivali\u00e8res fran\u00e7aises.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour ce partage interculturel, cette passion du jeu et du th\u00e9\u00e2tre, du renouveau, cette pi\u00e8ce m\u00e9rite d\u2019\u00eatre vue. Voire m\u00eame d\u2019\u00eatre revue, car leur spontan\u00e9it\u00e9 donne le sourire aux l\u00e8vres et rend unique chaque repr\u00e9sentation.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Aur\u00e9lie Stevens<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> Onomatop\u00e9e<\/em> est un spectacle collectif n\u00e9 d&rsquo;une collaboration entre 5 com\u00e9diens issus de compagnies flamandes et n\u00e9erlandaises : TG STAN, DE KOE, DOOD PAARD et MAATSCHAPPIJ DISCORDIA. Elle se joue actuellement au Th\u00e9\u00e2tre de la Bastille, \u00e0 Paris, du 19 octobre au 6 novembre 2015.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cinq acteurs, assis en bord de sc\u00e8ne, observent longuement le public alors qui s&rsquo;installe sur des chaises proches de la sc\u00e8ne. Ils sont habill\u00e9s en blanc, en gar\u00e7ons de caf\u00e9 ; deux petites tables et quelques \u00e9l\u00e9ments insolites les entourent : ils sont d\u00e9j\u00e0 en jeu, et s&rsquo;appr\u00eatent \u00e0 partager le th\u00e9, comme si le public y \u00e9tait convi\u00e9. Les adresses \u00e0 ce dernier sont en effet r\u00e9guli\u00e8res, leur ouvrant l&rsquo;espace sc\u00e9nique et allant jusqu&rsquo;\u00e0 commenter la repr\u00e9sentation elle-m\u00eame, lan\u00e7ant diverses remarques sur les places plus ou moins biens situ\u00e9es, ou encore sur ce que le public doit \u00eatre en train de penser du spectacle. En effet, le spectateur reste longuement d\u00e9concert\u00e9 du fait que la parole et l&rsquo;action arrivent tr\u00e8s lentement : la place est longtemps aux grommelots, aux paroles bafouill\u00e9es, le temps passe sans que l&rsquo;on ne puisse saisir un seul enjeu ou intrigue. Ici, la parole n&rsquo;a pas d&rsquo;importance (comme le souligne un texte d\u00e9filant en arri\u00e8re-plan), le dialogue semble \u00e0 moiti\u00e9 improvis\u00e9 : ce qu&rsquo;ils nous offrent, c&rsquo;est leur pr\u00e9sence, leur regard, l&rsquo;absurdit\u00e9 de leurs personnages qui parviennent difficilement \u00e0 se comprendre, \u00e0 s&rsquo;\u00e9couter, ne cessent de se r\u00e9p\u00e9ter, tout en sinc\u00e9rit\u00e9. Ils sont en d\u00e9calage les uns des autres, ainsi qu&rsquo;en d\u00e9calage avec les codes de la soci\u00e9t\u00e9 actuelle (l&rsquo;intimit\u00e9 physique est transgress\u00e9e, l&rsquo;avanc\u00e9e de la conversation est malmen\u00e9e, etc.). Ils nous invitent ainsi dans une autre dimension et laisse place aux situations absurdes, entre l&rsquo;\u00e9trange et le comique. L&rsquo;espace sc\u00e9nique est r\u00e9duit, ils sont sur une petite estrade tr\u00e8s proche du public, afin d&rsquo;augmenter l&rsquo;aspect vivant et interactif de leur cr\u00e9ation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les acteurs ont conscience de l&rsquo;\u0153il critique du public, contrairement \u00e0 leurs personnages, dont ils utilisent la na\u00efvet\u00e9 pour se moquer des spectateurs r\u00e9ticents : autour d&rsquo;un th\u00e9 sucr\u00e9, ils nous \u00e9voquent tout sourire la tristesse que ce serait d&rsquo;\u00eatre incapable de passer simplement un bon moment, avec eux, et de vouloir \u00e0 tout prix \u00ab\u00a0commencer\u00a0\u00bb, comme le propose r\u00e9guli\u00e8rement un personnage agit\u00e9 qui est chaque fois somm\u00e9 de se d\u00e9tendre et de profiter un peu. Ils questionnent ainsi la valeur d&rsquo;une repr\u00e9sentation bas\u00e9e sur une intrigue, sur une action pr\u00e9cise attendue, sur le texte, par rapport \u00e0 celle bas\u00e9e sur le moment pr\u00e9sent, sur l&rsquo;inattendu, sur le vivant. Ils mettent de m\u00eame en avant le dynamisme des acteurs, leurs r\u00e9actions les uns aux autres, leur pr\u00e9sence sur sc\u00e8ne, en utilisant des langues \u00e9trang\u00e8res \u00e0 deux reprises, l&rsquo;anglais et l&rsquo;allemand, dont la traduction n&rsquo;est donn\u00e9e au public en surtitres que pour prouver l&rsquo;inint\u00e9r\u00eat de son contenu, le sens s&rsquo;y perd toujours, ce n&rsquo;est donc pas le texte qui compte dans ce qu&rsquo;ils proposent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le langage est ainsi d\u00e9construit, il perd de la valeur surdimensionn\u00e9e que lui accorde le spectateur moderne selon le collectif, qui pr\u00e9f\u00e8re l&#8217;emmener dans une exp\u00e9rience vivante, corporelle et surprenante. Il proc\u00e8de ainsi au bouleversement des conventions th\u00e9\u00e2trales, et n&rsquo;\u00e9pargne pas l&rsquo;espace, qu&rsquo;il d\u00e9mystifie en invitant soudainement le public \u00e0 le traverser pour s&rsquo;installer de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la sc\u00e8ne. Tout est retourn\u00e9, d\u00e9pouill\u00e9, le public accepte lui-m\u00eame de sortir des conventions en transgressant l&rsquo;espace sc\u00e9nique dans lequel il est invit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si le spectateur peut rester longtemps perplexe devant ces situations qui surutilisent par moments l&rsquo;absurde, le spectacle ne tombe pas dans le d\u00e9j\u00e0-vu du th\u00e9\u00e2tre contemporain, qui se sert de l&rsquo;absurde pour aller toujours plus loin dans le d\u00e9passement des limites et des conventions. Car il parvient \u00e0 emmener le spectateur dans une r\u00e9flexion sur l&rsquo;importance accord\u00e9e au texte de nos jours au th\u00e9\u00e2tre et sur les attentes des spectateurs modernes. Il les remet en question en s&rsquo;en moquant, en les d\u00e9tournant, en surprenant et provoquant l&rsquo;hilarit\u00e9, en proposant autre chose : il d\u00e9truit les conventions en cr\u00e9ant une exp\u00e9rience sc\u00e9nique o\u00f9 la parole est mise au second plan, pour nous inviter \u00e0 d\u00e9couvrir les possibilit\u00e9s qu&rsquo;offre \u201cl&rsquo;\u00e9lan spontan\u00e9\u201d jug\u00e9 trop d\u00e9laiss\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">C\u00e9cile Heintzmann<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est un spectacle d\u00e9cal\u00e9, \u00e9tonnant, que nous offrent ces cinq com\u00e9diens de compagnies flamandes et n\u00e9erlandaises : tg STAN, De Koe, Dood Paard et Maatschappij Discordia. Jouant, majoritairement, dans un joli fran\u00e7ais ponctu\u00e9 d&rsquo;accents chantants, ils parlent de tout et de rien, de ce rien, justement, qui lie si bien les hommes entre eux. Onomatop\u00e9e est un titre parfait, pour une pi\u00e8ce qui devait, \u00e0 l&rsquo;origine, ne comporter aucune parole, et qui est devenue une le\u00e7on sur le langage et la communication. Le fil est d\u00e9cousu, difficile \u00e0 suivre, par moment un peu tr\u00e9buchant, mais cela semble volontaire, comme nous le montrent les acteurs en s\u2019emm\u00ealant les pieds dans le fil d&rsquo;un enrouleur \u00e9lectrique. C&rsquo;est dr\u00f4le, burlesque, incompr\u00e9hensible et original. C&rsquo;est fait de conversations insens\u00e9es et parfaitement r\u00e9alistes, de cris d&rsquo;animaux et autres borborygmes qui pr\u00eatent leurs noms \u00e0 la pi\u00e8ce, et de monologues sans suite qui explorent les sph\u00e8res, les registres, les langues et les sons. Ce qui dans le texte et dans les gags qui se suivent semble \u00e0 premi\u00e8re vue banal prend son sens, ou peut-\u00eatre son non-sens, dans ce travail po\u00e9tique et politique de l&rsquo;envers, de l&rsquo;inverse, des petites paroles plut\u00f4t que des grands discours.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Flore Picard<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Onomatop\u00e9e<\/em>, spectacle cr\u00e9\u00e9 par cinq com\u00e9diens issus de diff\u00e9rentes compagnies n\u00e9erlandaises et flamandes (Gillis Biesheuvel, Damiaan De Schrijver, Willem de Wolf, Peter Van den Eede et Matthias de Koning), m&rsquo;a fait l&rsquo;effet d&rsquo;une r\u00e9v\u00e9lation esth\u00e9tique telle que je n&rsquo;en avais pas v\u00e9cue depuis Je tremble (1) et (2) de Jo\u00ebl Pommerat. C&rsquo;est un spectacle bouillonnant d&rsquo;inventivit\u00e9, r\u00e9solument moderne sans jamais tomber dans la facilit\u00e9 et intellectuellement stimulant sans jamais \u00eatre sentencieux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un dispositif qui permet une relation de quasi-intimit\u00e9 entre les acteurs et les spectateurs (il n&rsquo;y a pas de s\u00e9paration entre la sc\u00e8ne et les premi\u00e8res chaises, et les projecteurs maintiennent le public en pleine lumi\u00e8re durant tout le spectacle), on observe cinq hommes qui attendent puis qui meublent leur attente par une conversation aux sujets plus ou moins l\u00e9gers. Ils nous incluent tr\u00e8s vite dans leur occupation qui consiste \u00e0 prendre le temps de \u00ab\u00a0ne rien faire\u00a0\u00bb ensemble et de savourer ce temps partag\u00e9 en amicale compagnie au lieu de se r\u00e9fugier en permanence dans l&rsquo;occupationnel, comme c&rsquo;est le cas h\u00e9las de trop de leurs contemporains, d\u00e9plorent-ils entre deux th\u00e9s \u00e0 la menthe. Il y a tout un jeu sur le report constant du d\u00e9but du spectacle, et le personnage qui regarde sa montre et voudrait attirer l&rsquo;attention des autres sur la n\u00e9cessit\u00e9 de commencer est renvoy\u00e9 \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de se d\u00e9tendre ! Puisque les acteurs pr\u00e9tendent ainsi ne pas avoir commenc\u00e9 \u00e0 jouer leur pi\u00e8ce, l&rsquo;un des axes du projet initial des cinq com\u00e9diens, \u00e0 savoir int\u00e9grer le spectateur au spectacle, est d\u00fbment rempli.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;autre part, comme le laissait pr\u00e9sager le titre, il y a tout un jeu sur le langage. Pendant les premi\u00e8res minutes, aucun mot n&rsquo;est prononc\u00e9. Le jeu des acteurs repose avant tout sur la pantomime, \u00e0 la limite sur des chuchotements incompr\u00e9hensibles. Nous savourons alors des gags burlesques de la part des cinq com\u00e9diens qui n&rsquo;ont pas peur de se mettre dans des situations ridicules et dont nous avons le temps d&rsquo;appr\u00e9cier les trognes charismatiques. Pendant ce temps d\u00e9filent sur la toile des commentaires absurdes et des vraies-fausses notes d&rsquo;intention qui viennent sous-titrer la pantomime. Les acteurs disparaissent un temps \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re de la toile qui sert lieu de fond pour brandir une banderole sur laquelle on lit ce qu&rsquo;on imagine \u00eatre un slogan en n\u00e9erlandais, \u00e0 laquelle succ\u00e8de la traduction fran\u00e7aise : \u00ab L&rsquo;\u00e9lan spontan\u00e9 a disparu de l\u2019environnement n\u00e9olib\u00e9ral que la soci\u00e9t\u00e9 est (apr\u00e8s tout) devenue \u00e0 pr\u00e9sent \u00bb. A force de lire, on passe vite \u00e0 l&rsquo;illusion qu&rsquo;on lit un message. Ce n&rsquo;est pas parce que la phrase contient le mot \u00ab n\u00e9olib\u00e9ral \u00bb qu&rsquo;il faudrait se fourvoyer et la consid\u00e9rer comme un propos politique, nous pr\u00e9cise avec et sans ironie l&rsquo;un des acteurs. Un autre se saisit d&rsquo;un manuscrit extr\u00eamement \u00e9pais sur lequel il \u00e9tait pr\u00e9c\u00e9demment assis et commence \u00e0 nous lire les indications sc\u00e9niques cens\u00e9es encadrer le d\u00e9but de la pi\u00e8ce et dont le spectateur est \u00e0 m\u00eame d&rsquo;appr\u00e9cier le potentiel d\u00e9calage d&rsquo;o\u00f9 na\u00eet le comique. L&rsquo;acteur parle avec un accent n\u00e9erlandais si marqu\u00e9 que le sens de ce qu&rsquo;il dit ne nous parvient pas toujours et est alors remplac\u00e9 \u00e0 nos oreilles par une suite de sons qui nous permet d&rsquo;appr\u00e9cier la musicalit\u00e9 typique d&rsquo;une langue germanique. C&rsquo;est seulement apr\u00e8s ces didascalies oralis\u00e9es que les acteurs entament un bavardage compr\u00e9hensible. N\u00e9anmoins, il reste de l&rsquo;incommunicabilit\u00e9 dans leurs tentatives d&rsquo;\u00e9changes, puisque chacun reste fix\u00e9 \u00e0 son obsession et c&rsquo;est le plus souvent une id\u00e9e fixe qui r\u00e9pond \u00e0 une autre id\u00e9e fixe, comme chez Ionesco. N\u00e9anmoins, et c&rsquo;est tout le g\u00e9nie de cette pi\u00e8ce dont la richesse est positivement surprenante, la pi\u00e8ce n&rsquo;en reste pas l\u00e0 et d\u00e9veloppe sa mise en sc\u00e8ne des diff\u00e9rentes modalit\u00e9s de langage dans de nombreuses autres directions. Ainsi on assiste \u00e0 des monologues en anglais et en allemand dans lesquels c&rsquo;est donc surtout l&rsquo;\u00e9motion transmise par la voix qui vient nous toucher. Dans un capharna\u00fcm destructeur, ce sont donc des animaux et leurs cris qui emplissent la sc\u00e8ne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi dans un somptueux final, ce sont des d\u00e9clamations po\u00e9tiques dont un morceau de bravoure constitu\u00e9 d&rsquo;une suite d&rsquo;onomatop\u00e9es, qui prend r\u00e9guli\u00e8rement la forme de refrains de chansons bien connues que le public est vite tent\u00e9 de compl\u00e9ter joyeusement, dans une communion euphorique. Alliance r\u00e9ussie de l&rsquo;absurde et du sens, Onomatop\u00e9e est le surgissement litt\u00e9ral d&rsquo;un salutaire \u00a0\u00bb\u00e9lan spontan\u00e9\u00a0\u00bb dans \u00a0\u00bbl&rsquo;environnement\u00a0\u00bb th\u00e9\u00e2tral. Et cela fait infiniment du bien \u00e0 voir&#8230; et \u00e0 entendre !<em><br \/>\n<\/em><\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Florine Le Bris<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sommes-nous encore \u00e0 la recherche du divertissement lorsque nous venons au th\u00e9\u00e2tre aujourd&rsquo;hui ? A l&rsquo;image du spectateur grec saisi par une trag\u00e9die classique, ou de l&rsquo;homme du Moyen \u00c2ge devant un Myst\u00e8re, d&rsquo;\u00e9vidence, nous cherchons encore au th\u00e9\u00e2tre le rire et les larmes. L&rsquo;extraordinaire ! Mais, ce soir, tout cela nous est d&#8217;embl\u00e9e refus\u00e9 par ces cinq hommes un peu \u00e9tranges, v\u00eatus de blouses blanches crasseuses, et n\u00e9gligemment assis face au public. Cinq assises d\u00e9pareill\u00e9es, une table, de quoi faire du th\u00e9&#8230; Ces quelques \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9cor nous laissent \u00e0 penser qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une terrasse de caf\u00e9. Ni sc\u00e8ne, ni rideaux &#8211; au diable l&rsquo;illusion th\u00e9\u00e2trale ! &#8211; nous \u00e9voluons tous dans le m\u00eame espace, celui auquel nous voulions \u00e9chapper : le r\u00e9el&#8230; Curieux miroir que ces personnages attendant manifestement autant de nous que nous d&rsquo;eux, attendant qu&rsquo;il se passe quelque chose, attendant paisiblement que \u00ab\u00a0\u00e7a\u00a0\u00bb commence. \u00ab\u00a0<em>Quand est-ce qu&rsquo;on commence<\/em>\u00a0\u00bb se plaignent-ils justement, devan\u00e7ant l&rsquo;impatience latente du spectateur. Mais, \u00ab\u00a0\u00e7a\u00a0\u00bb a d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 et les com\u00e9diens prennent un malin plaisir \u00e0 priver le spectateur de ses rep\u00e8res. Il vient voir du th\u00e9\u00e2tre, il veut du spectacle, il sera servi. Ni construction de dialogue, ni intrigue, le langage est scrut\u00e9 dans toutes ses formes archa\u00efques : gestes, borborygmes, grognements, puis un encha\u00eenement de paroles creuses, st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9es qui se font l&rsquo;\u00e9cho d&rsquo;un appauvrissement s\u00e9mantique du langage. Ces cinq hommes \u00ab\u00a0parlent\u00a0\u00bb et parlent et parlent, sans jamais rien \u00ab\u00a0dire\u00a0\u00bb. Peut-\u00eatre est-ce l\u00e0 le fil conducteur d&rsquo;<em>Onomatop\u00e9e<\/em>, cette jouissance volubile du son de la langue, sans la moindre injonction de sens, cette libert\u00e9 du langage qui ne parle jamais que de lui-m\u00eame. D\u00e9rout\u00e9, le spectateur y trouvera peut-\u00eatre l&rsquo;une des rares occasions de vivre l&rsquo;exp\u00e9rience kantienne du sublime.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Lily Aymonino<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Onomatop\u00e9e<\/em> est une cr\u00e9ation issue de la collaboration entre com\u00e9diens de diff\u00e9rentes compagnies flamandes et n\u00e9erlandaises, notamment les collectifs tg STAN, de KOE, Dood Paard, ou encore de Maatschappij Discordia. Les cinq com\u00e9diens, Gillis Biesheuvel, Matthias de Koning, Damiaan de Schrijver, Willem de Wolf et Peter Van den Eede, proposent ainsi au Th\u00e9\u00e2tre de la Bastille, depuis le 19 octobre 2015 et jusqu\u2019au 6 novembre, une pi\u00e8ce burlesque bousculant les conventions et les traditions th\u00e9\u00e2trales. Au menu : de la farce, de l\u2019absurde, du comique et une volont\u00e9 de faire un th\u00e9\u00e2tre o\u00f9 la fronti\u00e8re entre acteurs et spectateurs serait presque compl\u00e8tement abolie. Le spectateur est en effet invit\u00e9 \u00e0 oublier la distance qui le s\u00e9pare de ces cinq gar\u00e7ons de caf\u00e9, align\u00e9s devant lui et n\u2019h\u00e9sitant pas \u00e0 le prendre \u00e0 parti, de mani\u00e8re, parfois, totalement improvis\u00e9e. Pendant la repr\u00e9sentation \u00e0 laquelle j\u2019ai assist\u00e9, une femme enceinte indispos\u00e9e par la chaleur a en effet \u00e9t\u00e9 invit\u00e9e par les acteurs eux-m\u00eames, au milieu de leur repr\u00e9sentation, \u00e0 sortir prendre l\u2019air. Pas de texte fig\u00e9 donc pour lequel on aurait un respect absolu et qui ne tol\u00e9rerait aucune entorse : ce qui pr\u00e9vaut c\u2019est l\u2019instant de la repr\u00e9sentation et la possibilit\u00e9 de cr\u00e9er un moment artistique en commun avec le spectateur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le d\u00e9cor est simple mais pose certaines questions. Les cinq acteurs, en habit de service se tiennent align\u00e9s devant nous. Au-dessus d\u2019eux : un bandeau num\u00e9rique sur lequel d\u00e9file un message \u00e0 contenu politique pourtant non explicite : il y est question de capitalisme, de contestation et de soci\u00e9t\u00e9 en d\u00e9route. Pourtant, le message qui d\u00e9file sous nos yeux est perp\u00e9tuellement remani\u00e9 : un mot change ici, un mot dispara\u00eet l\u00e0, de telle sorte qu\u2019aucun enjeu id\u00e9ologique clair ne puisse \u00eatre d\u00e9gag\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Derri\u00e8re les acteurs, une b\u00e2che blanche et une porte d\u2019entr\u00e9e qui fait deviner qu\u2019il doit y avoir un caf\u00e9 au-del\u00e0 de la sc\u00e8ne. Devant les acteurs : une table sur laquelle est pos\u00e9e une th\u00e9i\u00e8re.<br \/>\nLa pi\u00e8ce \u00e9volue en plusieurs temps. D\u2019abord, un moment de silence o\u00f9 les acteurs op\u00e8rent quelques pitreries silencieuses en jetant des regards obliques au public. Ensuite, un long moment de discussion entre les cinq travailleurs autour de sujets absurdes : l\u2019importance du sucre dans le th\u00e9 faisant office d\u2019enjeu principal et bien s\u00fbr, burlesque. Succ\u00e8de \u00e0 ce moment une sc\u00e8ne de farce : l\u2019accrochage d\u2019un tableau met la sc\u00e8ne sens dessus-dessous. Puis, le rythme s\u2019acc\u00e9l\u00e8re avec une prise de parole successive des cinq personnages qui d\u00e9clament tour \u00e0 tour des tirades plus ou moins \u00e9loquentes. Ensuite, la parole redevient bruit et m\u00eame onomatop\u00e9e : sont diffus\u00e9s dans la salle des cris d\u2019animaux dont les t\u00eates empaill\u00e9es traversent la b\u00e2che \u00e0 mesure que le son devient plus fort. La sc\u00e8ne, ravag\u00e9e, devient obscure et l\u2019un des acteurs invite alors le public \u00e0 rejoindre l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la sc\u00e8ne o\u00f9 l\u2019attend des fauteuils.<br \/>\nNous ne souscrirons pas, pourtant \u00e0 l\u2019avis de Maxime Bodin exprim\u00e9 dans la presse :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00a0Avec un humour incomparable, les cinq acteurs, d\u00e9guis\u00e9s en gar\u00e7ons de caf\u00e9, nous servent en cinq actes une le\u00e7on de langage. Car c&rsquo;est bien de langage dont il est question. Alors, entre dialogues infructueux, monologues rat\u00e9s, quiproquos, disputes, la sc\u00e8ne devient un vrai capharna\u00fcm, aussi bien visuel que verbal, devant lequel l&rsquo;hilarit\u00e9 du spectateur ne peut aller que crescendo.<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ou encore \u00e0 celui d\u2019Hugues Le Tanneur exprim\u00e9 dans Lib\u00e9ration, le 14 octobre :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Par leur capacit\u00e9 \u00e0 construire quelque chose \u00e0 partir de rien, \u00e0 jouer leur pr\u00e9sence sur le fil du rasoir, ces acteurs inventent un th\u00e9\u00e2tre funambule dont l\u2019impact est d\u2019autant plus efficace qu\u2019il emprunte au clown et au burlesque. <\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est certes ici question de langage, de burlesque et de clowneries mais il m\u2019a sembl\u00e9 que cette pi\u00e8ce \u00e9tait loin d\u2019avoir la richesse des \u0153uvres d\u2019Ionesco ou de Beckett. On y trouve certes de l\u2019absurde et une r\u00e9flexion sur la d\u00e9r\u00e9liction du langage sans pour autant que l\u2019humour soit toujours au rendez-vous ou que le spectateur, finalement mis \u00e0 distance par l\u2019incompr\u00e9hension, puisse d\u00e9gager quelque chose de signifiant, ne serait-ce que le plaisir d\u2019assister \u00e0 l\u2019implosion du langage.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Naomi Bloede<\/h6>\n<hr \/>\n<h3>Onomatop\u00e9e.<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un mardi soir de pure folie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab<em> L\u2019Elan spontan\u00e9 a disparu de l\u2019environnement n\u00e9olib\u00e9ral que la soci\u00e9t\u00e9 est (apr\u00e8s tout) devenue \u00e0 pr\u00e9sent<\/em> \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce voyage restera longtemps grav\u00e9 dans ma t\u00eate. Une entr\u00e9e dans une autre dimension o\u00f9 cinq acteurs de compagnies diff\u00e9rentes nous invitent \u00e0 rentrer dans leur monde. Gillis Biesheuvel, Damiaan De Schrijver, Willem de Wolf, Peter Van den Eede et Matthias de Koning, respectivement membre des compagnies : DOOD PAARD, TG STAN, DE KOE et MAASTCHAPPIJ DISCORDIA nous accueillent eux-m\u00eames et les formes \u00ab protocolaires \u00bb du th\u00e9\u00e2tre sont mises aux oubliettes pendant deux heures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On ne sait pas si l\u2019improvisation est \u00e0 l\u2019honneur, on s\u2019en doute, mais les com\u00e9diens nous emportent dans leur jeu. On retourne en enfance, tout simplement.<br \/>\nL\u2019Absurde avec un grand A (car le dit absurde m\u00eale un absurde actuel et un absurde plus ancien) est le fil rouge de cette pi\u00e8ce. Le texte (si le texte existe vraiment..) et le corps sont compl\u00e8tement d\u00e9cha\u00een\u00e9s, on retrouve l\u2019influence de Beckett ou encore Ionesco avec une r\u00e9p\u00e9tition de mouvement ou de parole par les acteurs sur sc\u00e8ne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sans d\u00e9voiler le pitch complet de la pi\u00e8ce, les acteurs retournent la sc\u00e8ne : au bout de deux heures, une chambre d\u2019un ado en crise serait beaucoup plus rang\u00e9e.<br \/>\nLes cinq acteurs s\u2019\u00e9clatent, \u00e7a se voit et \u00e7a fait du bien ! Une pi\u00e8ce \u00e0 consommer sans mod\u00e9ration.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un seul mot : Merci !<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Pierre Famchon<\/h6>\n<pre>Photo : Sanne Peper<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Th\u00e9\u00e2tre | Th\u00e9\u00e2tre de la Bastille | En savoir plus Plac\u00e9 dans la rue de la Roquette, o\u00f9 les gens se r\u00e9unissent pour discuter autour d&rsquo;un verre ou dans les nombreuses terrasses qui \u00e9gayent ses rues, le Th\u00e9\u00e2tre de la Bastille, \u00e0 cette occasion, ne [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":158,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4,42],"tags":[],"class_list":["post-197","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-theatre","category-theatre-de-la-bastille"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/197","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=197"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/197\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/158"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=197"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=197"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=197"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}