{"id":201,"date":"2015-11-19T19:30:48","date_gmt":"2015-11-19T18:30:48","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/chroniques\/?p=201"},"modified":"2015-11-19T19:30:48","modified_gmt":"2015-11-19T18:30:48","slug":"repetitions","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=201","title":{"rendered":"R\u00e9p\u00e9titions"},"content":{"rendered":"<p>Th\u00e9\u00e2tre | Th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot | <a href=\"http:\/\/theatre-chaillot.fr\/theatre\/repetition\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pascal Rambert, directeur du th\u00e9\u00e2tre de Gennevilliers, re\u00e7oit avec son nouveau spectacle, <em>R\u00e9p\u00e9tition<\/em>, la m\u00e9daille de bronze 2015 du prix Emile Augier, prix de litt\u00e9rature et philosophie d\u00e9cern\u00e9 par l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise. Quatre acteurs, Denis, metteur en sc\u00e8ne, Stanislas, \u00e9crivain, Emmanuelle et Audrey, com\u00e9diennes, se retrouvent pour r\u00e9p\u00e9ter dans une salle de sport. Dans l\u2019exercice de cr\u00e9ation, la tension monte et les ranc\u0153urs se d\u00e9voilent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La sc\u00e8ne se d\u00e9roule sur un terrain de gymnastique, donc, terrain o\u00f9 tout s\u2019essaye, terrain de l\u2019exercice et de l\u2019effort. Pourtant, on assiste moins \u00e0 une phase de cr\u00e9ation qu\u2019\u00e0 la confrontation, subordonn\u00e9e \u00e0 l\u2019effort artistique, des acteurs. Emmanuelle a couch\u00e9 avec Denis, et Audrey ne peut supporter cette ambigu\u00eft\u00e9 naissante qui \u00e0 ses yeux influent sur le travail. Elle impulse la machine infernale de haine et d\u2019amour, et ex\u00e9cute la premi\u00e8re partie d\u2019une partition \u00e0 quatre voix dans laquelle chacun, \u00e0 tour de r\u00f4le, dans un monologue personnel, s\u2019exprime. Les angoisses int\u00e9rieures, les conflits sous-jacents se d\u00e9voilent peu \u00e0 peu et se concr\u00e9tisent sur sc\u00e8ne, avec humour et \u00e9loquence, afin d\u2019entrainer le spectateur doucement dans le tourbillon psychologique, voire philosophique qui anime les relations de ces cr\u00e9ateurs. La tension se mat\u00e9rialise autour d\u2019un spectacle fait et se faisant, illustrant tout ce que la cr\u00e9ation et l\u2019art r\u00e9veillent chez l\u2019individu, confront\u00e9 aux autres : des souvenirs, des remords, des animosit\u00e9s mais aussi de l\u2019amiti\u00e9, de l\u2019amour, de l\u2019envie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La r\u00e9f\u00e9rence au sport, marqu\u00e9 par un panier de basket, rappelle ici explicitement le jeu d\u2019une joute verbale qui se cr\u00e9e entre les quatre acteurs. Le texte ici, est remis \u00e0 l\u2019honneur avec une parole forte, une parole qui \u00ab <em>serait donc cet objet que l\u2019on prend dans la main<\/em> \u00bb, et qu\u2019il faut s\u2019envoyer jusqu\u2019\u00e0 que l\u2019un d\u2019eux vise suffisamment juste et marque le point. L\u2019apparition r\u00e9guli\u00e8re d\u2019une gymnaste, illustre parall\u00e8lement l\u2019id\u00e9e d\u2019un effort collectif de cr\u00e9ation, et renforce donc \u00e9galement une comparaison de l\u2019effort entre le th\u00e9\u00e2tre et le sport mais r\u00e9habilite \u00e9galement l\u2019esth\u00e9tisme au sein ce spectacle, comme l\u2019all\u00e9gorie de la synth\u00e8se de ces quatre monologues dont, dans leurs efforts de diffamations, s\u2019extrait une beaut\u00e9 po\u00e9tique particuli\u00e8re. Un th\u00e9\u00e2tre, qui \u00e0 une r\u00e9sonnance avec le th\u00e9\u00e2tre de Tchekhov, dans son souci \u00ab<em> d\u2019illusion de v\u00e9rit\u00e9 compl\u00e8te<\/em> \u00bb par le pouvoir des mots jet\u00e9s en l\u2019air. On est dans du vrai. Ce temps de la v\u00e9rit\u00e9, c\u2019est le temps du th\u00e9\u00e2tre. C\u2019est l\u00e0 que se trouve la force de <em>R\u00e9p\u00e9tition<\/em> de Pascal Rambert : soit la v\u00e9rit\u00e9 qu\u2019elle produit dans une mise en abime efficace et qui rend compte des rapports humains dans leur plus profonde v\u00e9racit\u00e9. Ce th\u00e9\u00e2tre, dans le m\u00eame temps que nous le recevons, semble alors autant op\u00e9rer sur nous, spectateurs, que sur les acteurs eux-m\u00eames. Et cette performance, nous ne la r\u00e9p\u00e9terons jamais assez.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Clotilde Parlos<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">La repr\u00e9sentation <em>R\u00e9p\u00e9tition<\/em>, a eu lieu le 19 novembre 2015 salle Jean Vilar du th\u00e9\u00e2tre du Chaillot, et dure 2h15. C&rsquo;est une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre \u00e9crite par Pascal Lambert, cr\u00e9\u00e9e en 2014. Plus que l&rsquo;auteur, il en est aussi le metteur en sc\u00e8ne et le chor\u00e9graphe. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une pi\u00e8ce contemporaine, aux aspirations philosophiques et litt\u00e9raires. C&rsquo;est dans cet univers qu\u2019Emmanuelle B\u00e9art, Audrey Bonnet, Stanislas Nordey et Denis Polalyd\u00e8s tentent d&rsquo;exprimer les angoisses singuli\u00e8res et humaines qui les aspirent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout d&rsquo;abord, ces quatre personnages sont li\u00e9s dans la pi\u00e8ce par le th\u00e9\u00e2tre. L&rsquo;un est \u00e9crivain, l&rsquo;autre metteur en sc\u00e8ne, les deux femmes sont des actrices. Ils sont aussi deux couples\u00a0: Audrey est avec Denis, Emmanuelle, avec Stanislas. Il s&rsquo;agit en fait d&rsquo;amours crois\u00e9s, puisque le d\u00e9but de la pi\u00e8ce commence par le fait qu&rsquo;Audrey dit avoir aper\u00e7u Denis et Emmanuelle se regarder de mani\u00e8re passionnelle. De plus, on apprend \u00e0 la fin du spectacle, que quelque chose se passe entre Audrey et Stanislas, quelque chose de tacite, silencieux. Il s&rsquo;agit de plus d&rsquo;une amiti\u00e9 entre Denis et \u00ab\u00a0Stan\u00a0\u00bb. Les quatre acteurs vont ainsi tour \u00e0 tour prendre la parole. Au cours de ces longs monologues qui ne cessent de s&rsquo;interrompre et de se r\u00e9pondre, les personnages font allusion \u00e0 une histoire mais aussi \u00e0 un voyage. Il s&rsquo;agira alors pour chacun d&rsquo;eux, de faire entendre une voix, un corps, d&rsquo;exprimer la d\u00e9tresse du langage, l&rsquo;incoh\u00e9rence du th\u00e9\u00e2tre, la puissance du d\u00e9sir, l&rsquo;insensible attachement \u00e0 la vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La mise en sc\u00e8ne est unie, presque plastique\u00a0: un terrain de basket comme d\u00e9cor, dont on ne comprend pas n\u00e9cessairement le lien avec la pi\u00e8ce. Peut-\u00eatre s&rsquo;agit-il d&rsquo;insister sur le jeu de langage\u00a0: on se passe la parole comme on se passerait le ballon. Les mots parfois lib\u00e9rateurs, parfois douloureux ne sont pas tous aussi r\u00e9guliers. On observe une \u00e9volution temporelle\u00a0: l&rsquo;un apr\u00e8s l&rsquo;autre, ils parlent seuls. Ils ne se r\u00e9pondent jamais directement mais agissent comme si ils attendaient leur temps de parole. Chacun leur tour, dans un \u00e9lan brusque, acceptent que le spectateur acc\u00e8de \u00e0 leur int\u00e9riorit\u00e9. Les personnages semblent s&rsquo;exprimer en temps r\u00e9el m\u00eame si ils font souvent r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des exp\u00e9riences pass\u00e9es ensemble. On est directement introduit dans un groupe o\u00f9 tout est d\u00e9j\u00e0 form\u00e9 mais semble s&rsquo;effriter. Finalement, le spectateur para\u00eet \u00eatre le pr\u00e9texte pour une nouvelle r\u00e9union entre le groupe. Les acteurs portent des habits de la vie courante. Ils ne semblent pas porter de costumes. Parfois, ils s&rsquo;\u00e9changent leurs habits, en ajoutent, en enl\u00e8vent. Chaque personnage semble vouloir se faire entendre en tant qu&rsquo;\u00eatre singulier mais profond\u00e9ment li\u00e9 aux autres. Il veut exprimer sa particularit\u00e9 dont il d\u00e9plore la d\u00e9pendance au groupe. C&rsquo;est ainsi que tous, manifestent par leur voix troubl\u00e9e, cass\u00e9e, criarde, arrogante, mais parfaitement juste, une d\u00e9tresse singuli\u00e8re. Les acteurs, tout au long de la pi\u00e8ce bougent sans but pr\u00e9cis, ils occupent l&rsquo;espace, dansent, s&rsquo;arr\u00eatent, tentent de se confondre avec lui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 que la salle se soit peu \u00e0 peu vid\u00e9e, la pi\u00e8ce est d&rsquo;une \u00e9mouvante cr\u00e9dulit\u00e9. Peut-\u00eatre qu&rsquo;elle fatigue, qu&rsquo;elle \u00e9puise car pose des questions qui nous tiraillent. Mais derri\u00e8re ces mouvements saccad\u00e9s, ces paroles bris\u00e9es, se r\u00e9v\u00e8le une vuln\u00e9rable sensibilit\u00e9 des personnages qui tentent de donner forme, de structurer, d&rsquo;user par les mots, de concr\u00e9tiser par les corps, des attaches, des amours, des douleurs, des jouissances.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Kenza Douarche<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce 19 novembre, le majestueux th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot ouvre ses portes \u00e0 une R\u00e9p\u00e9tition, la derni\u00e8re pi\u00e8ce de Pascal Rambert, r\u00e9compens\u00e9e de la m\u00e9daille de bronze 2015 du Prix Emile Augier (attribu\u00e9 par l&rsquo;Acad\u00e9mie fran\u00e7aise). Cette repr\u00e9sentation met en sc\u00e8ne un quatuor, o\u00f9 les personnages portent les pr\u00e9noms des acteurs: Audrey (Bonnet), Emmanuelle (B\u00e9art), l&rsquo;\u00e9crivain Denis (Podalyd\u00e8s) et Stanislas (Nordey). Chacun leur tour, les acteurs vont d\u00e9clamer de longues tirades, philosophant sur l&rsquo;amour, la mort, la vie, le langage, le sexe&#8230;<br \/>\nDes com\u00e9diens modernes, habill\u00e9s de jean, de sweat \u00e0 capuche ou de polo dans un d\u00e9cor contemporain: celui d&rsquo;un gymnase avec son panier de basket. O\u00f9 est la balle ? O\u00f9 est le jeu ? Ici, devant nos yeux. Nous assistons \u00e0 un jeu d&rsquo;acteurs arm\u00e9s de leurs mots, qu&rsquo;ils font rebondir et se lancent en pleine face.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sous des projecteurs changeant, jouant avec les ombres (une grille passe parfois au-dessus des t\u00eates, symbolisant probablement la prison, l&rsquo;enfermement) et les lumi\u00e8res (blanches, fa\u00e7on n\u00e9on, ou orang\u00e9es), la sc\u00e8ne d\u00e9bute laborieusement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, Audrey commence son monologue dans des cris, des tr\u00e9pignements et des chuchotements. Son discours, parfois inaudible, est difficile \u00e0 saisir. Que dit-elle ? Quel est le message ? Une chose est s\u00fbre: elle est jalouse de la relation entre Denis et Emmanuelle. Elle remet en cause la longue amiti\u00e9 qu&rsquo;ils ont. Et c&rsquo;est \u00e0 peu pr\u00e8s tout ce que l&rsquo;on comprend en plus de trente minutes de d\u00e9blat\u00e9ration. Sourire aux l\u00e8vres, je pense aux monologues de l&rsquo;ivrogne en bas de chez moi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est au tour d&rsquo;Emmanuelle. Celle-ci n&rsquo;a pas peur d&#8217;employer des mots crus, de parler de sexe, de faire surgir dans \u00ab\u00a0l&rsquo;imaginaire collectif\u00a0\u00bb des choses qui ne devrait pas \u00eatre l\u00e0. Se joue-t-elle du langage ? Peut-\u00eatre aussi de son public. Celui-ci le comprend et un bon quart quitte la salle. L&rsquo;actrice continue \u00e0 parler, \u00e0 parler, encore et encore, et on ne saisit qu&rsquo;une infime partie d&rsquo;un d\u00e9versement de sentiments et de ranc\u0153urs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais lorsque Denis ouvre la bouche, la torpeur g\u00e9n\u00e9rale s&rsquo;estompe. Des rires se font entendre et des hochements de t\u00eate se r\u00e9veillent dans la salle. Il faut dire que devant une telle prestance sc\u00e9nique, on ne peut pas rester de marbre. Comme il le dira, il parle peu, mais il parle bien. Le temps semble moins long quand il joue, et on se laisse (enfin) prendre au jeu.<br \/>\nStanley sera moins \u00e9loquent, mais plus int\u00e9ressant. Dans le m\u00e9li-m\u00e9lo des mots et dans la pesanteur de l&rsquo;ambiance, il sortira des phrases po\u00e9tiques, contrebalanc\u00e9es par sa peur de la mort et de la dislocation de leur \u00ab\u00a0structure\u00a0\u00bb d&rsquo;amiti\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous assistons donc \u00e0 une r\u00e9p\u00e9tition, \u00e0 la fois celle d&rsquo;un jeu th\u00e9\u00e2tral o\u00f9 les acteurs r\u00e9p\u00e8tent un spectacle; mais aussi d&rsquo;un groupe d&rsquo;amis qui implose devant nos yeux, insistant bien sur le fait que demain, tout redeviendra pareil et qu&rsquo;il faudra tout recommencer. C&rsquo;est un point de vu extr\u00eamement noir sur la vie que Pascal Rambert lance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Est-ce un appel \u00e0 l&rsquo;aide ? Peut-\u00eatre bien, et on le remarque surtout quand Stan cri de tous ses poumons \u00ab\u00a0Jeunes gens, r\u00e9veillez-vous\u00a0\u00bb. La lumi\u00e8re vacille, une gymnaste clos le spectacle avec quelques pirouettes et un ruban qu&rsquo;elle lance en l&rsquo;air. Les spectateurs restent mitig\u00e9s: quelques uns se l\u00e8vent, applaudissant \u00e0 bout de bras; d&rsquo;autres, fig\u00e9s gardent un regard sceptique, interrogateur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certes, ce spectacle \u00e9tait une r\u00e9elle prestation, mais celle-ci est malheureusement trop intellectuelle et non accessible \u00e0 tout le monde. Un grand dommage&#8230;<br \/>\nDonc bon, si l&rsquo;on veut se d\u00e9tendre et se distraire apr\u00e8s une dure journ\u00e9e de travail, ce n\u2019est pas gagn\u00e9 !<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">\u00c9lodie de Freitas<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s l\u2019immense succ\u00e8s de <em>Cl\u00f4ture de l\u2019amour<\/em> de 2011 avec Audrey Bonnet et Stanislas Nordey, l\u2019auteur et metteur en sc\u00e8ne Pascal Rambert les pr\u00e9sentent de nouveau dans R\u00e9p\u00e9tition. Cette fois-ci cependant en compagnie de deux autres starlettes de th\u00e9\u00e2tre : Emmanuelle B\u00e9art et Denis Podalyd\u00e8s, soci\u00e9taire de la Com\u00e9die-Fran\u00e7aise. Cr\u00e9\u00e9e en 2014 dans le cadre du Festival d\u2019Automne \u00e0 Paris, la pi\u00e8ce re\u00e7oit le Prix 2015 de litt\u00e9rature et de philosophie, Prix \u00c9mile Augier, de l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans <em>R\u00e9p\u00e9tition<\/em>, nous suivons quatre coll\u00e8gues de travail qui portent les pr\u00e9noms de leurs acteurs : les deux actrices Audrey et Emmanuelle, l\u2019auteur Denis et le metteur en sc\u00e8ne Stanislas. Ils se sont r\u00e9unis dans un gymnase spartiate pour pr\u00e9parer leur prochain spectacle \u00e0 partir d\u2019un texte sur Staline, \u00e9crite par Denis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant deux heures et demie, un \u00e9change de coups verbaux se produit sur sc\u00e8ne pour r\u00e9gler leurs comptes. Tour \u00e0 tour, chacun s\u2019exprime en admirant et accusant l\u2019un ou l\u2019autre sous forme de monologues \u00e0 l\u2019infini. M\u00eame s\u2019ils crient la plupart du temps, il y\u2019en a peu des phrases qui frappent. Apr\u00e8s plus d\u2019une heure de spectacle Denis r\u00e9sume les paroles d\u2019Audrey et Emmanuelle : \u00ab <em>Vous avez beaucoup parl\u00e9, mais vous n\u2019avez rien dit<\/em> \u00bb. Eh bien ! Voil\u00e0, l\u2019impression du spectateur !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il se trouve qu\u2019ils sont tous des amoureux plus ou moins d\u00e9\u00e7us. Ils s\u2019attaquent sous pr\u00e9texte de poser des questions essentielles sur la vie, l\u2019amiti\u00e9 ou l\u2019amour \u2013 comme de coutume de th\u00e9\u00e2tre contemporain sans omettre la sexualit\u00e9 et le corps f\u00e9minin, mais de fa\u00e7on peu convaincante. M\u00eame si les personnages s\u2019adressent la parole, aucune interaction n\u2019est tol\u00e9r\u00e9e. Leurs \u00e9nonc\u00e9s sont s\u00e9par\u00e9s en monologues distraits et la mise en sc\u00e8ne fig\u00e9e, rarement interrompue des changements de place bien calcul\u00e9s, cr\u00e9e une atmosph\u00e8re distante et tendue. De cette mani\u00e8re, les com\u00e9diens exceptionnels sont apparemment emp\u00each\u00e9s de montrer leur talent d\u2019acteurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant le spectacle, un vrai jeu de th\u00e9\u00e2tre ne se produit pas sur sc\u00e8ne entre Audrey, Emmanuelle, Denis et Stanislas. C\u2019est plut\u00f4t un jeu avec le spectateur, semble-t-il. Allocutions et appels permanents par les personnages nomm\u00e9s d\u2019apr\u00e8s leurs acteurs d\u00e9truisent comme la sc\u00e8ne minimaliste toute illusion de th\u00e9\u00e2tre. \u00c0 ce point-l\u00e0, <em>R\u00e9p\u00e9tition<\/em> devient finalement int\u00e9ressant. \u00c0 la fin, on est tent\u00e9 de se mettre debout quand Stanislas est en train de r\u00e9p\u00e9ter pour l\u2019\u00e9ni\u00e8me fois \u00ab <em>Relevez-vous !<\/em> \u00bb. Mais pour quoi faire ? Les phrases restent trop insignifiantes pour en donner une r\u00e9ponse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, il se pose la question, si c\u2019\u00e9tait la mise en sc\u00e8ne, la sc\u00e9nographie ou bien la dramaturgie contemporaine qui a provoqu\u00e9 la sortie de plusieurs personnes au milieu du spectacle ou si c\u2019\u00e9tait l\u2019expression de la d\u00e9ception totale face aux fortes attentes au sein du public apr\u00e8s <em>Cl\u00f4ture de l\u2019amour<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 chacun de faire sa propre opinion sur la question&#8230; Le spectacle est pr\u00e9sent\u00e9 du 18 au 27 novembre 2015 au Th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Frederike Kuhn<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quels liens y a-t-il entre le th\u00e9\u00e2tre et la vie ? C\u2019est une question qui se d\u00e9gage de la pi\u00e8ce <em>R\u00e9p\u00e9tition<\/em>, une cr\u00e9ation de Pascal Rambert, interpr\u00e9t\u00e9e par Emmanuelle B\u00e9art, Audrey Bonnet, Stanislas Nordey, Denys Podalyd\u00e8s et Claire Zeller, et qui est jou\u00e9e au th\u00e9\u00e2tre de Chaillot du 18 au 27 novembre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est que nous sommes face \u00e0 une mise en ab\u00eeme qui s\u2019assume : les 4 com\u00e9diens incarnent les membres d\u2019une compagnie, des amis qui montent ensemble des spectacles depuis vingt ans. Il y a Audrey, Emmanuel, Denis l\u2019\u00e9crivain et Stan le metteur en sc\u00e8ne. Mais cette compagnie explose devant nos yeux, car Audrey ouvre la pi\u00e8ce par un monologue aux airs de rugissement : elle \u00ab quitte la structure \u00bb, \u00e0 cause d\u2019un \u00ab acte \u00bb. L\u2019acte, c\u2019est le regard que Denis a adress\u00e9 \u00e0 Emmanuelle, mari\u00e9e \u00e0 Stan, et qui a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 la liaison qui les unit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l\u2019impr\u00e9cation d\u2019Audrey, Emmanuelle r\u00e9pond par un discours simple, passionn\u00e9 (et cru au point que des spectateurs en ont quitt\u00e9 la salle !) sur l\u2019amour et le d\u00e9sir, et \u00e0 leurs paroles se m\u00ealent les souvenirs fragment\u00e9s d\u2019un voyage \u00e0 quatre en Russie, et des extraits de la pi\u00e8ce qu\u2019ils \u00e9taient en train de monter et qui fait \u00e9cho, comme on le comprend peu \u00e0 peu, \u00e0 leur propre situation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La complexit\u00e9 des rapports entre ces 4 personnes, qui se d\u00e9voilent peu \u00e0 peu, avec la violence d\u2019un aveu soudain et le tragique des malentendus, a de quoi s\u00e9duire malgr\u00e9 cette r\u00e9partition \u00e9trange de la parole en quatre longs monologues, chacun des acteurs parlant l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais voil\u00e0, l\u2019ennui pointe. La pi\u00e8ce p\u00eache sans doute par exc\u00e8s d\u2019ambition : les discours quittent rapidement le sc\u00e9nario qui se b\u00e2tit pour former des propos g\u00e9n\u00e9raux sur l\u2019existence humaine et le langage. Si certains peuvent retenir l\u2019attention (des r\u00e9flexions sur l\u2019\u00e9go\u00efsme de l\u2019artiste, une r\u00e9flexion sur l\u2019expressivit\u00e9 des mains\u2026), d\u2019autres (notamment ceux li\u00e9s au langage) laissent au mieux une impression d\u2019intellectualisme, au pire la sensation d\u2019\u00eatre des questions jet\u00e9es en l\u2019air, presque des lieux communs qu\u2019on pourrait trouver dans la dissertation de philosophie du bachelier moyen. A la fin, la pi\u00e8ce prend le ton d\u2019un manifeste, avec cette sentence finale \u00ab r\u00e9veillez-vous ! \u00bb, et des apostrophes v\u00e9h\u00e9mentes aux spectateurs, appel\u00e9s \u00ab enfants \u00bb. S\u2019agit-il de choquer pour faire r\u00e9agir ? Malheureusement, la lassitude pr\u00e9domine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est dommage, car les quatre com\u00e9diens ont une \u00e9locution parfaite et une voix merveilleuse. Il aurait \u00e9t\u00e9 agr\u00e9able de les \u00e9couter si leurs propos n\u2019avaient \u00e9t\u00e9 si vides. A-t-on alors vu une pi\u00e8ce sur la vacuit\u00e9 de l\u2019existence ? Ou bien une tentative presque politique pour appeler \u00e0 un sursaut collectif ? On ne sait pas trop, mais on aurait aim\u00e9, peut-\u00eatre, assister \u00e0 la fiction qui s\u2019est av\u00e9r\u00e9e n\u2019\u00eatre qu\u2019un pr\u00e9texte, vraiment voir l\u2019histoire de ce qu\u2019on croyait \u00eatre des personnages mais qui n\u2019ont \u00e9t\u00e9 que les porte-paroles d\u2019un didactisme pesant. Ils existent, ces moments qui renvoient \u00e0 la fiction, ils sont m\u00eame touchants par leur aptitude \u00e0 \u00e9voquer sans insister, comme, par exemple, cette contradiction des personnages sur la couleur de la voiture qu\u2019ils avaient en Russie. Si ce sont nos moments pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s, peut-\u00eatre ne sommes-nous simplement pas fait pour le th\u00e9\u00e2tre de Pascal Rambert qui affirme explicitement, dans une interview, que son but n\u2019est pas de faire des histoires ou d\u2019\u00e9crire pour des personnages, mais de proposer des voix. Reste \u00e0 voir si on a envie d\u2019\u00e9couter ce qu\u2019elles disent\u2026<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Mathilde Bernardot<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>R\u00e9p\u00e9tition<\/em>, la derni\u00e8re pi\u00e8ce de Pascal Rambert, emm\u00e8ne le spectateur sur une sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre, pour suivre le quotidien d\u2019un groupe de quatre vieux amis qui avaient fait leur id\u00e9al de la sc\u00e8ne. Sur fond de disputes et de r\u00e8glements de compte, ils liquident tout ce \u00e0 quoi ils ne veulent plus croire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La sc\u00e9no : Une salle de gymnastique bord\u00e9e de part et d\u2019autre de deux panneaux blancs, un panier de basketball auquel manque le filet. C\u2019est tout, mais il vous faut imaginer au centre une table et quatre chaises \u2013 d\u00e9cor de mots. Quatre personnages occupent l\u2019espace ainsi d\u00e9fini : deux actrices, Audrey et Emmanuelle ; un \u00e9crivain, Denis ; le metteur en sc\u00e8ne du groupe, Stan. Interpr\u00e9t\u00e9s par Audrey Bonnet, Emmanuelle B\u00e9art, Denis Podalyd\u00e8s, Stanislas Nordey, ces derniers montrent, tout au long du spectacle, la capacit\u00e9 des mots et des corps \u00e0 construire des fictions. Dans <em>R\u00e9p\u00e9tition<\/em>, c\u2019est l\u2019instant o\u00f9 l\u2019artiste doute, perd pied et confiance en le sens de son entreprise, et fait ainsi imploser le groupe qui est saisi. En pleine r\u00e9p\u00e9tition, Audrey choisit de partir, mais avant, elle doit \u00ab tout dire \u00bb : le malheur de vivre au milieu de gens qui baissent les yeux, de voir la beaut\u00e9 et de ne savoir qu\u2019en faire, la \u00ab g\u00e9n\u00e9ration de dislocation \u00bb qu\u2019ils repr\u00e9sentent \u00e0 eux quatre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur un fond de musique minimaliste, Emmanuelle, Denis et Stan, prennent ensuite la parole, l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre ; pendant ce temps les autres se d\u00e9placent lentement et silencieusement, rivent leurs yeux au sol, puis quand ils ont parl\u00e9, se couchent \u00ab comme des chiens \u00bb. Dans <em>R\u00e9p\u00e9tition<\/em>, les personnages nous disent leur rapport au monde, \u00e0 la sc\u00e8ne, \u00e0 l\u2019\u00e9criture. Un rapport au langage diff\u00e9rent et ambivalent pour chacun : corporel, physique pour Emmanuelle ; une forme d\u2019exorcisme, de procuration, pour Denis, d\u2019engagement politique pour Stan. Mais ils n\u2019ont rien compris, comme le leur rappelle ce dernier \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un messager antique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais \u00e0 l\u2019ach\u00e8vement du spectacle, nos questions fusent devant ces id\u00e9aux bris\u00e9s, et rejoignent celles que se posaient les personnages. Qu\u2019est-ce que la parole : la structure, la valse des corps, la mise en forme de l\u2019effroi devant la nuit, le \u00ab moment du sens \u00bb ? L\u2019eau, la source, la s\u00e8ve, le corps ? La r\u00e9alit\u00e9, l\u2019illusion, la fiction, le th\u00e9\u00e2tre ? Les cat\u00e9gories ont \u00e9t\u00e9 brouill\u00e9es, les plans se sont m\u00eal\u00e9s dans un \u00e9coulement continu, nous laissant pantois plus que perplexes.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Samuel Lepoil<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Demi-terrain de basketball. Panier sans filet, mur bleu, deux mobiles grilles-n\u00e9ons au-dessus des quatre personnages sur sc\u00e8ne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Emmanuelle Beart, Denis Podalyd\u00e8s, Audrey Bonnet et Stanislas Nordley pr\u00eatent leurs pr\u00e9noms aux personnages de la pi\u00e8ce. Ils parlent en tant qu&rsquo;acteur, ils parlent comme des personnes, se sont des com\u00e9diens. Le spectateur sait qu&rsquo;il est au th\u00e9\u00e2tre, on lui r\u00e9p\u00e8te.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Audrey ouvre la parole, et le flot est violent. Elle a vu le regard de Denis \u00e0 Emmanuelle, elle a compris la passion, elle comprend la trahison. Les personnages, comme en cage, se meuvent sur sc\u00e8ne sans but, laissant simplement leurs pas \u00eatre guid\u00e9s par les \u00e9motions. Audrey tombe, elle s&rsquo;est vid\u00e9e de ses mots, de sa col\u00e8re, de sa tristesse, du d\u00e9sespoir de vivre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Emmanuelle lui r\u00e9pond. Emmanuelle avoue aimer deux hommes : Stan et Denis. Elle condamne la moralit\u00e9 d&rsquo;Audrey et revendique la chair, du d\u00e9sir corporel et sexuel. Guerre entre femmes, guerre d&rsquo;\u00e9mancipation des m\u0153urs, c&rsquo;est une guerre de points de vue, de prise de position sur la passion et pourtant aucune n&rsquo;a raison.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque Denis prend la parole, il ne parle pas de ces deux femmes qui se sont d\u00e9chir\u00e9es pour lui. En tant qu&rsquo;auteur, il se d\u00e9finit comme tueur. Il absorbe les mots puis les couche pour p\u00e9n\u00e9trer les gens, tuer. Il s&rsquo;adresse \u00e0 Stan : son amour-amiti\u00e9 pour lui, son d\u00e9sir qui l&rsquo;a obs\u00e9d\u00e9 toute sa vie, surpasser Stan, \u00eatre son ami pour le p\u00e9n\u00e9trer par ses mots.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;o\u00f9 na\u00eet la passion ? Pour Emmanuel, c&rsquo;est dans les mains, pour Denis, c&rsquo;est dans le livre que l&rsquo;autre est en train de lire. Pour Denis, les mots doivent p\u00e9n\u00e9trer les \u00eatres. Les mots ne sont pas bons, ils ne sont pas bienveillants, ils cherchent simplement la possession de l&rsquo;\u00eatre, la destruction. L&rsquo;auteur tue par ces mots.<br \/>\nC&rsquo;est autour de cette id\u00e9e de paroles, de r\u00eaves et des relations humaines toujours trop complexes pour \u00eatre clairement exprim\u00e9es que les quatre personnages se font face, s&rsquo;\u00e9coutent, et occupent l&rsquo;espace.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En quoi croyons-nous? Qu&rsquo;allons-nous faire? Que laisse-t-on \u00e0 nos enfants? Sommes-nous des g\u00e9nies ou des parasites?<br \/>\nLe travail commun des quatre personnages, vingt ans de collaborations pass\u00e9, parasite le discours au pr\u00e9sent. Les personnages de Diane, Stanley et Iris parlent \u00e0 travers les com\u00e9diens. Le souvenir d&rsquo;un voyage sur les traces de Staline refait surface, souvenir d&rsquo;un voyage o\u00f9 ils \u00e9taient heureux, mais o\u00f9 le bonheur \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pr\u00eat \u00e0 se d\u00e9t\u00e9riorer. Rien ne dure.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les quatre com\u00e9diens sont comme quatre plan\u00e8tes, quatre aimants qui se repoussent et s&rsquo;attirent sans cesse. Les relations sont complexes, \u00ab\u00a0cycliques\u00a0\u00bb dit Stan. L&rsquo;amour est un cycle : Audrey aime Denis, Denis aime Emmanuelle, Emmanuelle aime Denis et Stan, Stan aime Audrey. L&rsquo;amour a plusieurs formes, il s&rsquo;incarne dans plusieurs corps. L&rsquo;amour se passe de morale, de preuve, de chair, de mot.<br \/>\nLa vie est une danse, la vie est une ronde. Apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre vid\u00e9s de leur flux, des mots qui encombraient l&rsquo;\u00eatre et sa relation au monde, tout reste \u00e0 dire mais il est temps de se taire. Apr\u00e8s la lourdeur des mots, des mots qui p\u00e8sent, on laisse place \u00e0 la gymnaste, celle qui ram\u00e8nera de la beaut\u00e9 et de la gr\u00e2ce l\u00e0 o\u00f9 les mots \u00e9taient des couteaux plant\u00e9s en plein c\u0153ur. Les com\u00e9diens l&rsquo;annoncent, il faut que la gymnaste vienne, pour que le spectateur souffle, pour la minute de beaut\u00e9 silencieuse.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Suzon L\u00e9ger<\/h6>\n<pre>Photo : Marc Domage<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Th\u00e9\u00e2tre | Th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot | En savoir plus Pascal Rambert, directeur du th\u00e9\u00e2tre de Gennevilliers, re\u00e7oit avec son nouveau spectacle, R\u00e9p\u00e9tition, la m\u00e9daille de bronze 2015 du prix Emile Augier, prix de litt\u00e9rature et philosophie d\u00e9cern\u00e9 par l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise. 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