{"id":2075,"date":"2012-01-22T20:00:37","date_gmt":"2012-01-22T19:00:37","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=2075"},"modified":"2012-01-22T20:00:37","modified_gmt":"2012-01-22T19:00:37","slug":"la-tetralogie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=2075","title":{"rendered":"La Tetralogie, Th\u00e9\u00e2tre \u00e0 Ch\u00e2tillon"},"content":{"rendered":"<p><strong><em>La T&eacute;tralogie<\/em> d&#039;Euripide, mise en sc&egrave;ne Christian Esnay au Th&eacute;&acirc;tre de Ch&acirc;tillon. <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">&laquo;&nbsp;Alors, le th&eacute;&acirc;tre, plus c&rsquo;est long, plus c&rsquo;est bon&nbsp;?&nbsp;&raquo; Voil&agrave; la question qui effleure les l&egrave;vres de tous mes amis quand je leur dis que j&rsquo;ai pass&eacute; sept heures de mon dimanche au th&eacute;&acirc;tre de Ch&acirc;tillon devant la T&eacute;tralogie sur les retours de Troie. Quatre pi&egrave;ces du plus baroque des grands Tragiques, Euripide, jou&eacute;es par la compagnie des G&eacute;otrupes et mises en sc&egrave;ne par Christian Esnay&#8230; &agrave; la suite. Mais alors&nbsp;? Pourquoi risquer l&rsquo;indigestion th&eacute;&acirc;trale me demanderez-vous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;objectif&nbsp; des G&eacute;otrupes, compagnie qui cherche l&rsquo;accessibilit&eacute; au th&eacute;&acirc;tre pour le plus grand nombre &#8211; intrigant d&rsquo;ailleurs quand l&rsquo;on sait qu&rsquo;elle a fait d&rsquo;Euripide, Racine et Shakespeare le c&oelig;ur de son r&eacute;pertoire &#8211; est de (re)cr&eacute;er une exp&eacute;rience th&eacute;&acirc;trale pour le spectateur. (Re)cr&eacute;er, oui, car le spectateur assiste et &agrave; une t&eacute;tralogie dans la droite ligne de celles auxquelles les vieux Grecs se rendaient pour se divertir, selon le contrat de trois trag&eacute;dies dont les histoires sont li&eacute;es suivies d&rsquo;une farce, plus courte, un drame &laquo;&nbsp;satyrique&nbsp;&raquo; sens&eacute; all&eacute;ger les c&oelig;urs, et &agrave; une mise en sc&egrave;ne pour le moins originale o&ugrave; le grivois de la derni&egrave;re pi&egrave;ce se transforme en &eacute;talage pervers, o&ugrave; le baroque d&rsquo;Euripide donne lieu &agrave; de ridicules d&eacute;calages sous couvert de &laquo;&nbsp;d&eacute;mocratisation du th&eacute;&acirc;tre&nbsp;&raquo;. A moins que ce ne soit l&rsquo;humour grec&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t des pi&egrave;ces est donc in&eacute;gal et r&eacute;side avant tout dans le d&eacute;fi pour le spectateur de pouvoir tenir sur la dur&eacute;e plut&ocirc;t que dans les pi&egrave;ces elles-m&ecirc;mes.<br \/>\n\tLe premier volet de cette t&eacute;tralogie, centr&eacute; sur H&eacute;cube, donne &agrave; voir la vieille reine de Troie dans le d&eacute;nuement de la tristesse. Le sang, les morts, les ennemis accablent une reine d&eacute;chue, une m&egrave;re priv&eacute;e de ses enfants, Polyx&egrave;ne et Polydore, sacrifi&eacute;s sur l&rsquo;autel de la folie humaine. Comme par l&rsquo;effet d&rsquo;un miroir aux images sans fond, la folie s&rsquo;empare de la vieille H&eacute;cube qui &eacute;branle sur sc&egrave;ne jusqu&rsquo;&agrave; la raison du spectateur.<br \/>\n\tLe second volet est lui consacr&eacute; &agrave; H&eacute;l&egrave;ne. Euripide, pour laisser libre cours &agrave; sa cr&eacute;ativit&eacute; imagine le sc&eacute;nario selon lequel H&eacute;l&egrave;ne n&rsquo;aurait jamais &eacute;t&eacute; &agrave; Troie. Enlev&eacute;e &agrave; M&eacute;n&eacute;las par Herm&egrave;s avant la guerre de Troie, elle aurait &eacute;t&eacute; remplac&eacute;e par un clone livr&eacute; &agrave; P&acirc;ris. Renversement de la Guerre de Troie en une duperie sinistre, H&eacute;l&egrave;ne la putain devient H&eacute;l&egrave;ne la fid&egrave;le qui se jette passionn&eacute;ment dans les bras de son amour de toujours &agrave; son arriv&eacute;e en Egypte. Une r&eacute;&eacute;criture de l&rsquo;histoire int&eacute;ressante.<br \/>\n\tLa troisi&egrave;me pi&egrave;ce met Oreste en lumi&egrave;re, qui venge son p&egrave;re Agamemnon en commettant avec sa s&oelig;ur Electre le matricide, source des foudres du peuple qui les condamne &agrave; la lapidation. H&eacute;l&egrave;ne et Hermione sont alors les otages de bourreaux et victimes qui semblent crier sur sc&egrave;ne &laquo;&nbsp;la seule richesse, c&rsquo;est la vie&nbsp;!&nbsp;&raquo;.<br \/>\n\tLa derni&egrave;re pi&egrave;ce, enfin, rappelle l&rsquo;histoire connue de tous d&rsquo;Ulysse accostant chez le cyclope Polyph&egrave;me, demi-dieu mangeur d&rsquo;hommes et sa rencontre avec les satyres. D&eacute;calage grossier, hommage &agrave; Dionysos impr&eacute;gn&eacute; des vapeurs de l&rsquo;alcool que &laquo;&nbsp;Personne&nbsp;&raquo; fait boire au g&eacute;ant, l&rsquo;humour ne prend pas. Loin d&rsquo;all&eacute;ger le c&oelig;ur du spectateur gros de toutes les passions humaines les plus d&eacute;vastatrices accumul&eacute;es lors des trois premi&egrave;res pi&egrave;ces, elle laisse un go&ucirc;t amer &agrave; la sortie&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">J&rsquo;aurais &eacute;t&eacute; Grec, peut-&ecirc;tre aurais-je pu rentrer dans la post&eacute;rit&eacute; avec cet adage&nbsp;: &laquo;&nbsp;ce n&rsquo;est pas la longueur qui compte mais ce qu&rsquo;on en fait&nbsp;!&nbsp;&raquo; &#8211; <strong>Quentin Grand <\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >La T&eacute;tralogie d&#039;Euripide, mise en sc&egrave;ne Christian Esnay au Th&eacute;&acirc;tre de Ch&acirc;tillon. &laquo;&nbsp;Alors, le th&eacute;&acirc;tre, plus c&rsquo;est long, plus c&rsquo;est bon&nbsp;?&nbsp;&raquo; Voil&agrave; la question qui effleure les l&egrave;vres de tous mes amis quand je leur dis que j&rsquo;ai pass&eacute; sept heures de mon dimanche au [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[15],"tags":[],"class_list":["post-2075","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2075","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2075"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2075\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2075"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2075"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2075"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}