{"id":209,"date":"2015-12-09T20:30:35","date_gmt":"2015-12-09T19:30:35","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/chroniques\/?p=209"},"modified":"2015-12-09T20:30:35","modified_gmt":"2015-12-09T19:30:35","slug":"en-avant-marche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=209","title":{"rendered":"En avant, marche !"},"content":{"rendered":"<p>Spectacle musical | Th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot | <a href=\"http:\/\/theatre-chaillot.fr\/danse\/en-avant-marche\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p>\u00ab\u00a0La pi\u00e8ce d\u00e9bute dans une mise en sc\u00e8ne d\u00e9pouill\u00e9e avec quelques chaises, une fa\u00e7ade avec des fen\u00eatres et des escaliers apparents. Un acteur au comique ind\u00e9niable -Wim Opbrouck- prend place au milieu; il lance la musique; le spectacle peut commencer. La fanfare appara\u00eet et bat la mesure rythmant le va et vient entre prise de parole et d\u00e9claration d&rsquo;amour, pas de danse \u00e0 deux et fr\u00e9n\u00e9sie musicale. L&rsquo; histoire, le sous-texte appartient \u00e0 chacun; mais on ne peut ignorer cette c\u00e9l\u00e9bration de la vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo; \u00e9nergie est pr\u00e9sente pourtant dommage qu&rsquo; elle ne nous parvienne que durant la derni\u00e8re demie-heure. Mention sp\u00e9ciale au jeune musicien-danseur.\u00a0\u00bb<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Aline Eloundou<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Perplexe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0 comment je suis ressortie de cette repr\u00e9sentation d\u2019<em>En avant, marche!<\/em> . Je savais que, s\u2019agissant d\u2019un spectacle en grande partie musical, je ne pourrais pas saisir toutes les subtilit\u00e9s de l\u2019\u0153uvre. Mais tout de m\u00eame\u2026 Je n\u2019ai pas eu l\u2019impression que c\u2019\u00e9tait mon incapacit\u00e9 \u00e0 reconna\u00eetre les notes de musiques ou \u00e0 juger si un musicien joue juste ou pas qui a fait que j\u2019ai eu l\u2019impression de passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de beaucoup de choses pendant ce spectacle. Pourquoi les acteurs parlaient ils plusieurs langues mais de toute \u00e9vidence sans les ma\u00eetriser? Bien s\u00fbr, l\u2019effet comique \u00e9tait l\u00e0, mais apr\u00e8s 45 minutes des m\u00eames phrases d\u00e9clin\u00e9es dans un anglais, allemand, espagnol et italien approximatif, on se sentait frustr\u00e9 \u00e0 chercher du sens l\u00e0 o\u00f9 de toute \u00e9vidence il n\u2019y en avait pas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pas de sens ? La repr\u00e9sentation prenait tout le sien alors. Plus rien \u00e0 chercher. Plus rien \u00e0 comprendre. Pas besoin de se demander pourquoi deux femmes sont d\u00e9guis\u00e9es en majorettes. Pas besoin de se demander pourquoi l\u2019une d\u2019elle se faisait transporter en hurlant d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre de la sc\u00e8ne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour moi, ce que ce spectacle a mis en \u00e9vidence, c\u2019est que les musiques et la danse se passent d\u2019explication. On peut admirer les prouesses visuelles que nous livrent les danseurs, l\u2019ordre et la puissance de la fanfare, la diversit\u00e9 de leurs possibilit\u00e9s. J\u2019ai particuli\u00e8rement aim\u00e9 le moment o\u00f9 quelques musiciens de la fanfare font presque de leurs instruments des percussions.<br \/>\nLe tout d\u00e9but de la repr\u00e9sentation, avec l\u2019entra\u00eenement de cymbales, comique et muet, \u00e9tait aussi int\u00e9ressant, mais au final, il ne d\u00e9bouchait pas sur grand-chose.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce moment aussi o\u00f9 l\u2019acteur principal, d\u00e9cati et bedonnant, demande aux musiciens de la fanfare ce qu\u2019ils font dans la vie. Tous ont des occupations diverses: certains sont musiciens de m\u00e9tier, d\u2019autres \u00e9tudiants, d\u2019autres encore boulangers. Mais la musique les a r\u00e9unis, les a unifi\u00e9s, autour de la fanfare.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce moment surr\u00e9aliste aussi o\u00f9 l\u2019homme et sa femme se disputent. Pourquoi? Parce qu\u2019il a peur. Peur de quoi? Il a peur, c\u2019est tout. Mais il ne faut pas avoir peur. Il le sait bien! Mais il a peur quand m\u00eame. Et elle lui dit quelque chose qu\u2019elle n\u2019a jamais dit \u00e0 quelqu\u2019un autre: \u201cje t\u2019aime\u201d. Un moment beau fort et absurde o\u00f9 on ne voit que ces deux personnages au milieu de cette arm\u00e9e en d\u00e9bandade de chaises.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais pourquoi, pourquoi, se balade-t-il sur la sc\u00e8ne avec de l\u2019eau dans la bouche, la recrachant en jet de temps en temps, sur fond sonore de cris de baleine en fond musical? Et pourquoi la femme se pr\u00e9cipite-t-elle sous l\u2019eau? Pourquoi les acteurs parlent-ils si fort comme s\u2019ils s\u2019\u00e9poumonaient en vain?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019autres moments pourtant m\u2019ont vraiment plu mais il s\u2019agissait de moments purement performatifs. Pas de paroles, de la musique et de la danse, et de la vraie danse, pas seulement des d\u00e9placements. Dommage que ce moment soit arriv\u00e9 seulement une demi-heure avant la fin du spectacle\u2026 Ces moments de danse pure o\u00f9 les acteurs se donnaient vraiment tout entier \u00e0 leur art sans essayer de nous embrouiller avec des paroles inutiles, cette recherche profonde d\u2019une nouvelle fa\u00e7on de perturber le spectateur (un grand nombre de spectateur a \u00e9t\u00e9 tellement perturb\u00e9 d\u2019ailleurs qu\u2019il a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 s\u2019en aller avant la fin, ce qui d\u00e9rangeait aussi ceux qui restaient\u2026 ) Dans ces moments, l\u2019espace sc\u00e9nique \u00e9tait vraiment exploit\u00e9 de mani\u00e8re artistique, enti\u00e8rement et esth\u00e9tiquement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Peut-\u00eatre y avait-il une r\u00e9flexion sur le travail de mise en sc\u00e8ne \u00e9galement puisqu\u2019une voix masculine donnait de temps en temps des conseils en allemand\u2026 Peut-\u00eatre aussi que chaque tableau musical servait \u00e0 illustrer la sayn\u00e8te pr\u00e9c\u00e9dente&#8230; Mais en tout cas je ne l\u2019ai pas compris. Ma conclusion apr\u00e8s ce spectacle c\u2019est que c\u2019est vraiment l\u2019interpr\u00e9tation du spectateur qui donne un sens \u00e0 l\u2019\u0153uvre et que les formes d\u2019arts les plus simples sont les plus puissantes.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Alix Blouet<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alain Platel et Frank Van Laecke retrouvent le compositeur Steven Prengels pour imaginer un spectacle o\u00f9 une fanfare devient le miroir de notre soci\u00e9t\u00e9. Ils proposent d\u2019aborder cette id\u00e9e sous la forme d\u2019un \u00ab microcosme \u00bb : un collectif d\u2019individus aux trajectoires les plus \u00e9clectiques qui tentent de marcher dans une seule et unique direction. \u00ab Ce contrat, expliquent-ils, est respect\u00e9 aussi bien que possible, parfois au prix de chutes ou d\u2019erreurs, et prend \u00e0 ce titre valeur de m\u00e9taphore de la soci\u00e9t\u00e9 dans son entier. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur le plateau, on voit une douzaine d\u2019acteurs et de musiciens. Pour le compositeur Steven Prengels, il est question \u00ab d\u2019exp\u00e9rimenter timbres et paysages sonores diff\u00e9renci\u00e9s, d\u2019alterner tonalit\u00e9 majeure et tonalit\u00e9 mineure. Nous voulons faire un spectacle dans lequel l\u2019action sur sc\u00e8ne proc\u00e8de autant que possible de la musique \u00bb. En effet, la th\u00e9\u00e2tralisation dans ce spectacle semble le fruit d\u2019une extension \u00ab naturelle \u00bb du jeu musical et de la dimension sonore en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Derri\u00e8re l\u2019aspect ext\u00e9rieur farfelu et comique, il y a une nouvelle forme de virtuosit\u00e9 qui se d\u00e9veloppe chez le musicien : on essaie d\u2019obtenir du musicien (qui devient aussi acteur) un travail \u00e9quivalent th\u00e9\u00e2tralement et musicalement, d\u2019\u00e9largir la sph\u00e8re de la simple virtuosit\u00e9 \u00ab m\u00e9canique \u00bb du jeu instrumental. Ainsi, les acteurs joueront de la musique, les musiciens feront du th\u00e9\u00e2tre. La musique n\u2019a pas un r\u00f4le auxiliaire dans le spectacle. Toute l\u2019organisation dramaturgique repose sur la musique, elle est un moteur sur sc\u00e8ne et dans la vie des gens, d\u00e9passant son existence anecdotique au travers d\u2019une fanfare.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Amal Guermazi<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>En avant, marche !<\/em> est le nouveau spectacle de Franck Van Lecke, Alain Patel et Steven Prengels reprenant le titre d\u2019une exposition du mus\u00e9e gantois Huis van Alijn sur notre patrimoine, dont la fanfare constitue un \u00e9l\u00e9ment essentiel. La tenture aux allures de cuivre, qui constitue le seul d\u00e9cor, signale l\u2019importance de ces instruments. Pr\u00e9sent\u00e9e comme une \u00ab m\u00e9taphore microcosmique \u00bb par le Th\u00e9\u00e2tre Chaillot, la fanfare devient une all\u00e9gorie de la vie et de la soci\u00e9t\u00e9. Le spectacle est centr\u00e9 autour d\u2019un personnage, vieux et malade, qui ne trouve plus sa place dans sa fanfare. Il en est r\u00e9duit \u00e0 jouer de ses cymbales sur une bande audio qu\u2019\u00e9met un lecteur CD des ann\u00e9es 1990, autre symbole de notre patrimoine. Il se place en marge mais aussi contre-courant de la soci\u00e9t\u00e9, ne voulant plus suivre la marche mais partir d\u00e9sormais \u00e0 reculons.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le m\u00e9lange des langues souligne le cosmopolitisme du temps o\u00f9 se r\u00e9pandent le <em>spanglish<\/em>, le <em>franglais<\/em> et autres langages bigarr\u00e9es tout en interrogeant la conservation de langues minoritaires comme le flamand. Les rares \u00e9changes verbaux d\u00e9noncent l\u2019absence de compr\u00e9hension et le manque de po\u00e9sie qui rongent un peu plus chaque \u00e9l\u00e9ment de notre vie. L\u2019amour et le sexe, au principe de la vie, sont eux aussi d\u00e9grad\u00e9s. Ainsi, le malade insulte une des majorettes qui lui r\u00e9pond simplement : je t\u2019aime.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le spectacle interroge surtout la cr\u00e9ation musicale et artistique, notamment le rapport entre le musicien et l\u2019instrument, entre l\u2019homme et la fanfare. Ce questionnement aboutit \u00e0 des passages savoureux de d\u00e9sacralisation de l\u2019instrument et de la musique : <em>La Marseillaise<\/em> chant\u00e9e en gargarisme, un trombone utilis\u00e9 comme un faux pistolet. La fanfare est tant\u00f4t install\u00e9e comme un orchestre ou tant\u00f4t d\u00e9filant comme une marche fun\u00e8bre : la mise en place met au c\u0153ur du spectacle la r\u00e9flexion sur la place de la musique populaire et de la fanfare dans notre soci\u00e9t\u00e9 : Quel est son r\u00f4le et sa place actuels ? Est-elle en danger ? La n\u00e9cessit\u00e9 de la mettre sur sc\u00e8ne pour la faire revivre, semble l\u2019inscrire sur la liste des pratiques culturelles fran\u00e7aises en voie de disparition.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 des longueurs et des parties herm\u00e9tiques, le spectacle est d\u2019une r\u00e9elle richesse et inventivit\u00e9, mais surtout d\u2019une grande beaut\u00e9, m\u00ealant humour, po\u00e9sie et effets visuels saisissants. Les derniers tableaux marquent un point d\u2019aboutissement de la qualit\u00e9 des performances et de la recherche d\u2019effets visuels et sonores : du chaos et de la d\u00e9cadence de la soci\u00e9t\u00e9 pourra toujours \u00e9merger le beau. Finalement, le plus repr\u00e9sentatif de nos soci\u00e9t\u00e9s fut les nombreuses personnes qui quitt\u00e8rent la salle, ne pouvant supporter d\u2019attendre la fin du spectacle (qui ne durait qu\u20191h30). Ne pouvant accepter de se laisser guider par la beaut\u00e9 des jeux sc\u00e9niques dont le message \u00e9tait flou, ces spectateurs sont les symboles de notre soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 l\u2019on ne prend plus le temps de rien, o\u00f9 le court terme pr\u00e9domine et o\u00f9 la po\u00e9sie a de moins en moins de place.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Betty Parois<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>En avant, marche\u00a0!<\/em> est un spectacle original qui r\u00e9unit sur sc\u00e8ne th\u00e9\u00e2tre et musique, jeu et fanfare, les ballets C de la B (Gand\/Belgique) et le th\u00e9\u00e2tre municipal de Gand, NTGent. \u00c9clectique, bigarr\u00e9 et d\u00e9lirant, ce spectacle m\u00e8ne tout \u00e0 la fois une com\u00e9die, une farce, de la danse, et un glorieux orchestre. C&rsquo;est la musique, ordonn\u00e9e ou non, qui chapeaute l&rsquo;ensemble, <em>comme une m\u00e9taphore de quelque chose qui d\u00e9passe l&rsquo;existence anecdotique d&rsquo;une fanfare, dit le trio<\/em>. Une marche bien peu acad\u00e9mique, tr\u00e9buchante, h\u00e9sitante, jamais tout \u00e0 fait s\u00e9rieuse, jamais tout \u00e0 fait absurde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur sc\u00e8nes, aux parades succ\u00e8dent des cort\u00e8ges fun\u00e8bres\u00a0; cette tension est incarn\u00e9e dans le personnage de Wim Opbrouck, musicien \u00ab\u00a0avec une fleur dans la gorge\u00a0\u00bb qui ne peut plus jouer des cuivres, et joue donc des cymbales. Il gesticule, prend la parole, en allemand, en anglais, en italien, en flamand, en fran\u00e7ais, monologue saccad\u00e9, ou adresse \u00e0 laquelle personne ne r\u00e9pond. D\u00e9ambulant dans l&rsquo;espace, il encha\u00eene les propos tragiques comme les vannes douteuses, et figure ainsi l&rsquo;incoh\u00e9rence progressive qui s&rsquo;installe. L&rsquo;espace se d\u00e9construit, deux danseurs s&rsquo;isolent, une d\u00e9claration d&rsquo;amour se fait par micros interpos\u00e9s, la fanfare qui faisait la chenille part dans tous les sens et se perd dans un d\u00e9lire de sons, de tournoiement de tubas et de chants d\u00e9cal\u00e9s, de variations en rythme des percussions, trompettes, cors.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais la folie de l&rsquo; \u00ab\u00a0acto segundo\u00a0\u00bb ne fait que pr\u00e9parer la remise en marche du monde, r\u00e9pare le chaos des origines, pour livrer un lumineux concert qui est comme l&rsquo;aboutissement des pr\u00e9c\u00e9dents airs, orchestr\u00e9s ou \u00ab\u00a0gargaris\u00e9s\u00a0\u00bb (comme le fut <em>La Marseillaise<\/em>), de Verdi, de Mahler, de Beethoven.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est dans ces \u00e9carts, ces digressions, ces tr\u00e9buchements et cette folie que la m\u00e9taphore de la musique \u00ab\u00a0fanfaronne\u00a0\u00bb prend son sens le plus flagrant\u00a0; la sc\u00e8ne est un petit monde, un microcosme dont la vie s&rsquo;illustre par cette alternance des parades et des cort\u00e8ges fun\u00e8bres. Les quelques histoires qui s&rsquo;y d\u00e9roulent sont fragmentaires, morcel\u00e9es, et sans rapport les uns avec les autres \u2013 un peu comme la vie. Seul b\u00e9mol \u00e0 toute l&rsquo;affaire, les quelques silences des instruments qui, en laissant le champ libre au jeu des acteurs, se font parfois fortement d\u00e9sirer. Ce l\u00e9ger empi\u00e9tement des logorrh\u00e9es sur le son, de la parole (aussi tordue et malmen\u00e9e soit-elle) sur l&rsquo;air, est peut-\u00eatre, aussi, la marque d&rsquo;une vacillation plus grande par moment, qui perd l&rsquo;\u00e9quilibre que l&rsquo;on retrouve \u00e0 la fin, o\u00f9 la danse des acteurs est m\u00eal\u00e9e \u00e0 la formation quasi militairement r\u00e9gl\u00e9e des musiciens, pour un finale grandiose qui semble c\u00e9l\u00e9brer, en tonalit\u00e9 majeure, la vie, la vie r\u00e9ellement v\u00e9cue, dans ses contradictions. Par ce titre, <em>En avant, marche\u00a0!<\/em>, les auteurs sugg\u00e8rent que la musique est un moteur de la vie des gens, sur sc\u00e8ne comme ailleurs, tout comme la vie est moteur de la musique.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Louis Tisserand<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s le succ\u00e8s en 2010 de <em>Gardenia<\/em>, les metteurs en sc\u00e8ne Franck Van Laecke et Alain Platel, en collaboration avec le compositeur Steven Prengels s\u2019unissent de nouveau en nous proposant au Th\u00e9\u00e2tre National de Chaillot un spectacle rendant hommage au ph\u00e9nom\u00e8ne de la fanfare et des soci\u00e9t\u00e9s musicales. S\u2019entourant de com\u00e9diens, d\u2019un ensemble de sept musiciens ainsi que de l\u2019Orchestre de spectacle du Nouveau Th\u00e9\u00e2tre de Montreuil ces trois artistes s\u2019emparent de ce syst\u00e8me de l\u2019association musicale en l\u2019abordant sous l\u2019angle du microcosme \u00e0 savoir un collectif d\u2019individus aux origines et appartenances sociales les plus vari\u00e9es et diverses, tentant de se diriger vers un seul et m\u00eame objectif. <em>En avant marche !<\/em> peut ainsi se pr\u00e9senter comme une m\u00e9taphore de la soci\u00e9t\u00e9 dans son entier, pr\u00e9sentant la musique comme moteur de vie et facteur de r\u00e9solution des dissemblances au sein d\u2019un ensemble.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout spectateur s\u2019attendant ainsi \u00e0 une intrigue parfaitement nou\u00e9e et port\u00e9e par des personnages pr\u00e9cis\u00e9ment d\u00e9termin\u00e9s se trouvera d\u00e9\u00e7u ou plut\u00f4t surpris par le caract\u00e8re non conventionnel de ce spectacle, mettant en sc\u00e8ne des personnages sans identit\u00e9 d\u00e9finie parcourant l\u2019espace tels des \u00e9lectrons libres. En avant marche nous raconte tout de m\u00eame une histoire : celle de la formation et de la mise en place d\u2019une fanfare, des r\u00e9p\u00e9titions jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9dification et l\u2019aboutissement du ch\u0153ur final, image cl\u00f4turant la repr\u00e9sentation. Ce spectacle se caract\u00e9rise donc comme un mouvement, un mouvement de coh\u00e9sion et d\u2019unification. Ainsi, le d\u00e9roulement de la repr\u00e9sentation peut se d\u00e9couper en deux temps. La premi\u00e8re partie se pr\u00e9sente comme un v\u00e9ritable moment d\u2019exp\u00e9rimentation musical et th\u00e9\u00e2tral, mettant en sc\u00e8ne les difficult\u00e9s que rencontre la fanfare \u00e0 se construire et \u00e0 d\u00e9passer toute forme de d\u00e9sordre lors des r\u00e9p\u00e9titions ; ce qui a pour inconv\u00e9nient de produire un rythme plut\u00f4t lent pouvant parfois provoquer l\u2019ennui et la d\u00e9concentration chez le spectateur. Le rythme du spectacle s\u2019acc\u00e9l\u00e8re cependant avec une explosion d\u2019ivresse et de d\u00e9sordre le plus total survenant apr\u00e8s cet \u00e9tat d\u2019exp\u00e9rimentation. Cet instant de chaos apparent, o\u00f9 com\u00e9diens et musiciens chantent, dansent, jouent sauvagement et f\u00e9rocement tend cependant vers l\u2019installation progressive d\u2019une certaine harmonie, comme si ce passage par le d\u00e9sordre \u00e9tait n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019\u00e9dification de la fanfare. La repr\u00e9sentation figure ainsi les trois temps de la cr\u00e9ation artistique, \u00e0 savoir l\u2019errance et l\u2019exp\u00e9rimentation \u00e0 travers les r\u00e9p\u00e9titions, le temps de l\u2019ivresse et de la transgression des codes aboutissant finalement \u00e0 la formation d\u2019un ensemble harmonieux constituant le dernier temps.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette dimension exp\u00e9rimentale, transformant l\u2019espace sc\u00e9nique en une sorte de laboratoire musical et th\u00e9\u00e2tral a \u00e9galement pour but d\u2019interroger le r\u00f4le et la place de la parole th\u00e9\u00e2trale confront\u00e9e \u00e0 la parole musicale. Ces deux types de paroles sont en effet sans cesse mis en position de dialogue et de concurrence tout au long du spectacle. Les propos d\u00e9cousus et sans queue ni t\u00eate des personnages, l\u2019usage successif et arbitraire de diff\u00e9rentes langues europ\u00e9ennes, de maximes et de proverbes tendent \u00e0 mettre en \u00e9chec la dimension communicationnelle de la parole th\u00e9\u00e2trale et \u00e0 placer celle-ci en situation de d\u00e9r\u00e8glement. La parole musicale r\u00e9sout donc ici cette crise de la parole th\u00e9\u00e2trale par sa force unificatrice et universalisante, permettant de d\u00e9passer tout conflit d\u2019ordre culturel et social. La parole musicale supplante donc ici la parole th\u00e9\u00e2trale.<br \/>\nPlus qu\u2019un hommage au monde de la fanfare, c\u2019est une mise \u00e0 l\u2019honneur de la musique que signent ici ces trois artistes nous livrant un spectacle complet, insolite et \u00e9gayant.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">L\u00e9o Guillou-K\u00e9r\u00e9dan<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans \u00ab En avant, marche ! \u00bb, les metteurs en sc\u00e8ne Frank Van Laecke et Alain Platel s\u2019appliquent \u00e0 recr\u00e9er un monde. En utilisant une fanfare comme m\u00e9taphore de la soci\u00e9t\u00e9, ils nous offrent une r\u00e9flexion sur le rapport de l\u2019individu au collectif. La pi\u00e8ce s\u2019ouvre sur un homme (jou\u00e9 par Wim Opbrouck), seul, apparemment perdu. Il cherche \u00e0 \u00e9couter de la musique avec un petit poste de radio mais le son qui en sort est faible, distant. D\u2019embl\u00e9e, cette solitude pesante, la musique comme seule compagne, nous donne un aper\u00e7u de l\u2019ensemble de la pi\u00e8ce. Car dans \u00ab En avant, marche ! \u00bb, il faut \u00eatre plusieurs pour jouer de la musique et pour pleinement en profiter. Les acteurs se mettent ensuite \u00e0 disposer des chaises vides sur sc\u00e8ne avec minutie, pour pouvoir accueillir un futur orchestre. Ces chaises si bien install\u00e9es vont suivre le mouvement de la pi\u00e8ce : au fur et \u00e0 mesure que la musique va s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer, ces derni\u00e8res seront de plus en plus d\u00e9sordonn\u00e9es. Puis, entre la fanfare qui commence \u00e0 jouer \u00e0 l\u2019unisson. C\u2019est l\u2019harmonie musicale qui repr\u00e9sente le vivre ensemble, la communion des esprits et le rapport \u00e0 l\u2019autre. D\u2019ailleurs quand la fanfare s\u2019arr\u00eate de jouer, le com\u00e9dien du d\u00e9but se met \u00e0 scander : \u00ab Jouez, il faut toujours jouer \u00bb. C\u2019est cette obsession pour la musique qui est au c\u0153ur de cette pi\u00e8ce, comme si elle \u00e9tait une source de vitalit\u00e9 qui nourrit les hommes et dont ces derniers sont indissociables. Le langage n\u2019est plus suffisant pour donner un but commun, pour insuffler une coh\u00e9sion au sein d\u2019un groupe, seule la musique peut y parvenir. Et non seulement les acteurs et musiciens jouent de la musique mais ils jouent \u00e9galement avec elle. Dans une soci\u00e9t\u00e9 moderne aussi brutale et complexe que la n\u00f4tre, le son n\u2019a plus forc\u00e9ment besoin d\u2019\u00eatre classiquement produit. Tout devient musique : ainsi l\u2019acteur principal s\u2019amuse \u00e0 faire des gargouillis avec de l\u2019eau pendant de longues minutes, d\u2019autres frappent sur des chaises avec des baguettes de batterie ou m\u00eame sur les \u00e9paulettes des uniformes. On d\u00e9couvre ainsi tout un univers musical enrichi par l\u2019imagination et c\u2019est cette d\u00e9marche novatrice qui est particuli\u00e8rement rafra\u00eechissante. Et il n\u2019y a pas que la musique. Car si elle est consid\u00e9r\u00e9e comme un tremplin vers un id\u00e9al de groupe, la danse prend une place importante dans \u00ab En avant, marche ! \u00bb. On joue avec les corps, les morceaux am\u00e8nent \u00e0 la fr\u00e9n\u00e9sie et \u00e0 une lib\u00e9ration progressive des \u00eatres. Dans une sorte de capharna\u00fcm organis\u00e9, les acteurs et les musiciens respirent. Cette pi\u00e8ce propose \u00e9galement une r\u00e9flexion sur le langage. Les acteurs parlent tant\u00f4t fran\u00e7ais, tant\u00f4t allemand quand ce n\u2019est pas flamand, anglais ou espagnol. Les mots sont d\u00e9natur\u00e9s et consid\u00e9r\u00e9s comme des mat\u00e9riaux modelables. Ainsi les phrases ne font pas forc\u00e9ment sens, en tant que spectateurs on capte simplement des bribes d\u2019informations de temps en temps. C\u2019est cette po\u00e9sie du langage qu\u2019explore la pi\u00e8ce et c\u2019est \u00e9galement la raison pour laquelle la pi\u00e8ce n\u2019a pas touch\u00e9 tout le monde dans la salle. Beaucoup de personnes sont parties avant la fin du spectacle, perturb\u00e9s par cette d\u00e9marche th\u00e9\u00e2trale qui peut sembler herm\u00e9tique. De plus, m\u00eame si le metteur en sc\u00e8ne met l\u2019accent sur la musique dans sa pi\u00e8ce, Wim Opbrouck semble attirer les projecteurs sans laisser la chance aux autres de briller et c\u2019est assez d\u00e9rangeant dans une pi\u00e8ce o\u00f9 on est cens\u00e9 voir un collectif. On peut regretter l\u2019absence d\u2019une coh\u00e9sion plus marqu\u00e9e entre les musiciens et les acteurs, qui semblaient s\u2019\u00e9carter au fur et \u00e0 mesure que la pi\u00e8ce progressait. En r\u00e9sum\u00e9 quand on ressort de \u00ab En avant, marche ! \u00bb on comprend tout \u00e0 fait la d\u00e9marche des metteurs en sc\u00e8ne en se sentant toutefois frustr\u00e9s car ils ne l\u2019ont pas exploit\u00e9 jusqu\u2019au bout.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Robinson Br\u00e9gnat<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un homme entre. Il a un petit poste de radio dans la main, le d\u00e9pose aux pieds de sa chaise, le branche soigneusement. Il va chercher une grosse paire de cymbales, s\u2019assoit et lance l\u2019enregistrement. La symphonie sort du petit poste, petit filet de musique que l\u2019homme massif, ses cymbales en main, \u00e9coute attentivement, de tout son corps. Ce qu\u2019il attend ? Le moment de son entr\u00e9e, de son coup de cymbale : sa contribution \u00e0 la grande harmonie symphonique. Il triche un peu avec le temps, tente l\u2019avance rapide, rate, jure, recommence. Et enfin sur le temps, se l\u00e8ve et frappe, ex\u00e9cute sa partition, corps tendu, tout entier dans la recherche de la vibration juste\u2026 et s\u2019effondre, s\u2019\u00e9trangle au sol, presque mort.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un d\u00e9cor sobre, des chaises et un mur avec des fen\u00eatres, une troupe de musiciens prend place. C\u2019est une fanfare d\u2019\u00e9corch\u00e9s vifs men\u00e9 par Wim Opbrouck &#8211; incroyable acteur. Les metteurs en sc\u00e8ne ont privil\u00e9gi\u00e9 un r\u00e9cit d\u00e9cousu centr\u00e9 autour d\u2019un personnage, musicien \u00ab\u2009avec une fleur dans la gorge\u2009\u00bb qui ne peut plus jouer des cuivres. Il se contente de deux cymbales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Communaut\u00e9 en devenir, la fanfare devient reflet de toute soci\u00e9t\u00e9 et les chemins erratiques qu\u2019y tracent ses diff\u00e9rents protagonistes dessinent en tableaux touchants et sensibles la parfois difficile articulation entre l\u2019individu et l\u2019en-commun. Le micro amplifie au lieu de cacher des d\u00e9clarations qu\u2019on aimerait peut-\u00eatre ne faire qu\u2019\u00e0 l\u2019autre, les \u00e9treintes s\u2019ensauvagent et l\u2019intimit\u00e9 se fait collective. Prendre et se d\u00e9prendre : les trajectoires d\u2019amour dans les c\u0153urs et dans les corps s\u2019harmonisent et se d\u00e9chirent en des duos o\u00f9 le geste oscille entre distanciation po\u00e9tique et instinctivit\u00e9 bestiale. C\u2019est qu\u2019ici tout se montre et s\u2019\u00e9crit \u00e0 m\u00eame la chair, sans ostentation et sans fards, avec la puret\u00e9 parfois maladroite de l\u2019aveu. La musique sous toutes ses formes lie, adoucit, soutient ces \u00e9lans trop humains. Car le mouvement na\u00eet de la musique et la musique na\u00eet du corps : corps mati\u00e8re et instrument de l\u2019individu qui ex\u00e9cute autant qu\u2019il devient son, voire qu\u2019il fusionne avec son instrument ; corps collectif de la fanfare qui se constitue en corps encore, le temps du morceau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est ainsi qu\u2019Alain Platel aurait sans doute aim\u00e9 que l\u2019on re\u00e7oive sa pi\u00e8ce. Cependant si l\u2019analyse peut lui trouver une certaine profondeur, elle ne nous touche pas : le faux rythme d\u00e9velopp\u00e9 sur le plateau est seulement troubl\u00e9 par des instants de gr\u00e2ce &#8211; h\u00e9las furtifs &#8211; comme ce duo dans\u00e9 entre deux hommes. Ou cette d\u00e9claration d\u2019amour par micro interpos\u00e9. Mais elles ne compensent pas les longueurs pensantes et les d\u00e9clarations verbeuses de l\u2019acteur principal, aussi bon soit-il.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Samuel Lepoil<\/h6>\n<pre style=\"text-align: justify;\">Photo : Phile Deprez<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Spectacle musical | Th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot | En savoir plus \u00ab\u00a0La pi\u00e8ce d\u00e9bute dans une mise en sc\u00e8ne d\u00e9pouill\u00e9e avec quelques chaises, une fa\u00e7ade avec des fen\u00eatres et des escaliers apparents. Un acteur au comique ind\u00e9niable -Wim Opbrouck- prend place au milieu; il lance [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":161,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[39,7],"tags":[],"class_list":["post-209","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-spectacle-musical","category-theatre-national-de-chaillot"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/209","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=209"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/209\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/161"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=209"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=209"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=209"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}