{"id":2311,"date":"2012-03-25T20:00:49","date_gmt":"2012-03-25T18:00:49","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=2311"},"modified":"2012-03-25T20:00:49","modified_gmt":"2012-03-25T18:00:49","slug":"carnets-de-voyage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=2311","title":{"rendered":"Carnets de voyage"},"content":{"rendered":"<p>Concert symphonique | Salle Pleyel | <a href=\"http:\/\/www.billetreduc.com\/57389\/evt.htm?nr=1\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<ul>\n<li><span style=\"font-size: 12px\"><a href=\"#chiappino\">La critique de Giulia Chiappino<\/a><\/span><\/li>\n<li><span style=\"font-size: 12px\"><a href=\"#Goehring\">La critique de Thea Goehring <\/a><\/span><\/li>\n<li><span style=\"font-size: 12px\"><a href=\"#Pena\">La critique de Sabino Pena<\/a><\/span><\/li>\n<li><span style=\"font-size: 12px\"><a href=\"#verdu\">La critique de Maria Verdu<\/a><\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><a name=\"chiappino\"><\/a>Dimanche 25 mars, \u00e0 16 heures, la Salle Pleyel a pr\u00e9sent\u00e9 le concert \u00ab\u00a0 Carnets de voyage\u00a0\u00bb, jou\u00e9 par l\u2019orchestre national d\u2019Ile de France et dirig\u00e9 par le chef Ion Marin. Le carnet \u00a0a \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 de trois pi\u00e8ces : le <em>Concerto pour violon r\u00e9 majeur op. 77 <\/em>\u00a0de Johannes Brahams et deux \u0153uvres de Felix Mendelssohn, L\u2019ouverture en si mineur de <em>Les Hebrides<\/em>\u00a0 et la <em>Symphonie n. 4 en la majeur, dite \u00ab\u00a0Italienne\u00a0\u00bb, op. 90.\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em><br \/>\nLe choix des pi\u00e8ces refl\u00e8te un projet centr\u00e9 sur l\u2019id\u00e9e du voyage comme source d\u2019inspiration pour les compositeurs romantiques allemands du XIX si\u00e8cle.\u00a0 Cette th\u00e9matique se trouve li\u00e9e \u00e0 une nouvelle d\u00e9finition de l\u2019\u00e9ducation pendant le XIX siecle qui retrouve une \u00e9tape fondamentale dans le parcours du Grand Tour autour de l\u2019Europe pour compl\u00e9ter la formation des jeunes fils de la noblesse et haute bourgeoisie europ\u00e9enne, et notamment en Italie, comme le d\u00e9montre la quatri\u00e8me symphonie de Mendelssohn nomme l\u2019<em>Italienne<\/em> .<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">L\u2019id\u00e9e du voyage repr\u00e9sente aussi l\u2019impact de la nature sur la sensibilit\u00e9 purement romantique des deux auteurs, notamment dans\u00a0 l\u2019extrait de <em>Les H\u00e9brides<\/em>, o\u00f9 nous pouvons entendre le son des ondes qui frappent les falaises des \u00eeles du nord de l\u2019Ecosse. Cette \u0153uvre\u00a0 compos\u00e9e par le jeune Mendelssohn \u00e0 la suite d\u2019 un voyage au Royaume Uni \u00e0 l\u2019\u00e2ge de vingt ans, rappelle toute la po\u00e9sie d\u2019une ballade romantique dans le sous-titre \u00ab\u00a0La Grotte de Fingal\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">La direction du chef Ion Marin a \u00e9t\u00e9 extr\u00eamement agr\u00e9able. Ce c\u00e9l\u00e8bre chef d\u2019orchestre d\u2019origine roumaine a commenc\u00e9 ses \u00e9tudes au Conservatoire George Enescu de Bucarest, avant de partir pour Salzbourg \u00e9tudier au Mozarteum, puis \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie Chiggiana de Sienne. Durant ces ann\u00e9es, il a travaill\u00e9 avec Carlo Zecchi, Franco Ferrara et Sandor Vegh. Il a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 \u00e9galement des conseils de Herbert von Karajan et de Carlos Kleiber<em>. <\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">Le concert de Brahms a \u00e9t\u00e9 joue vertueusement par le violon Stradivarius de Yossif Ivanov, n\u00e9 en\u00a01986 \u00e0\u00a0Anvers, dans une famille de m\u00e9lomanes. El\u00e8ve de Igor Oistrakh, il d\u00e9tient maintenant la chaire de plus jeune professeur du Conservatoire Royale de Bruxelles.\u00a0 L\u2019ex\u00e9cution de cette \u0153uvre, r\u00e9put\u00e9e de nos jours pour \u00eatre l&rsquo;un des plus difficiles concerts, con\u00e7u par Brahms pour et avec son ami violoniste virtuose Joseph Joachim, a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s passionnante, surtout dans les quelques passages difficiles du troisi\u00e8me mouvement. En conclusion, apr\u00e8s les tr\u00e8s nombreux applaudissements, Yossiv Ivanof a offert \u00e0 son public un petit caprice de Paganini comme bis. &#8211; <strong>Giulia Chiappino <\/strong><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><a name=\"Goehring\"><\/a>Ce fut un beau jour de soleil et de chaleur o\u00f9 les foules se pr\u00e9cipitaient par centaines dans la fra\u00eecheur et l&rsquo;obscurit\u00e9 qui r\u00e9gnaient dans la salle Pleyel, salle de concert parisienne de longue tradition et de grande gloire. Une fois de plus, les grands amateurs et connaisseurs de la musique classique s&rsquo;y r\u00e9unissaient pour voir et \u00e9couter jouer des musiciens professionnels et formidables.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">Ce dimanche apr\u00e8s midi, l&rsquo;Orchestre National d&rsquo;\u00cele-de-France jouait sous la direction d&rsquo;Ion Marin, Roumain d&rsquo;origine et chef-d&rsquo;orchestre invit\u00e9 par une multitude d&rsquo;orchestres dans toute l&rsquo;Europe depuis les ann\u00e9es 1980. Au programme figuraient trois \u0153uvres en relation avec le sujet du voyage. La premi\u00e8re fut\u00a0<em>Concerto pour violon et orchestre en r\u00e9 majeur op. 77<\/em> de Johannes Brahms. Les deux autres avaient \u00e9t\u00e9 compos\u00e9es par F\u00e9lix Mendelssohn lors de deux voyages : d&rsquo;abord <em>Les H\u00e9brides, ouvertures en si mineur op. 26<\/em>, \u0153uvre qui fait ressurgir mentalement le paysage morne et myst\u00e9rieux de l&rsquo;\u00c9cosse chez l&rsquo;auditoire, et puis <em>Symphonie no 4 en la majeur dite \u00ab\u00a0Italienne\u00a0\u00bb op. 90<\/em>, inspir\u00e9e d&rsquo;un voyage du compositeur \u00e0 la ville de Rome.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">Le sujet du voyage reprend un topos appr\u00e9ci\u00e9 de l&rsquo;\u00e9poque qui s&rsquo;exprime dans tous les courants artistiques : la musique, la peinture, la litt\u00e9rature. La fascination pour l&rsquo;inconnu et l&rsquo;admiration pour les paysages, l&rsquo;architecture et les m\u0153urs \u00e9trangers font l&rsquo;objet de l&rsquo;art europ\u00e9en du XIX\u00e8me si\u00e8cle. A travers la musique, Mendelssohn ne r\u00e9ussit pas seulement \u00e0 dresser l&rsquo;image de la c\u00f4te \u00e9cossaise et d&rsquo;\u00e9difices romains, mais aussi \u00e0 nouer un lien entre le compositeur, le voyageur donc, et le public, qui l&rsquo;accompagne lors de son voyage. La musique est l&rsquo;art pr\u00e9destin\u00e9 \u00e0 faire compatir des sentiments, \u00e0 constituer un lien interm\u00e9diaire entre les hommes, car il s&rsquo;agit d&rsquo;une langue universelle qui n&rsquo;a pas besoin de mots pour s&rsquo;exprimer. Elle r\u00e9ussit \u00e0 dire l&rsquo;indicible, \u00e0 emporter l&rsquo;auditeur sur un voyage imagin\u00e9. C&rsquo;est \u00e0 ce voyage que l&rsquo;Orchestre National d&rsquo;\u00cele-de-France invita le public parisien ce dimanche-l\u00e0.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">Mais comment ? De quelle mani\u00e8re faire r\u00eaver les gens ? Nous pouvons distinguer deux \u00e9l\u00e9ments fondamentaux.<br \/>\nD&rsquo;abord, l&rsquo;harmonie et la coordination entre l&rsquo;orchestre et son chef donnaient au public l&rsquo;impression d&rsquo;une symbiose parfaite et d&rsquo;un travail de concentration et de coop\u00e9ration r\u00e9ussi. Ceci est d&rsquo;autant plus remarquable que la p\u00e9riode de r\u00e9p\u00e9tition commune \u00e9tait probablement d&rsquo;une dur\u00e9e tr\u00e8s limit\u00e9e et donc d&rsquo;une efficacit\u00e9 \u00e9norme. Dans ce contexte, il faut \u00e9galement mentionner le soliste Yossif Ivanov qui donna toute sa mesure lors de l&rsquo;\u0153uvre de Brahms. Suppli\u00e9 par les applaudissements incessants du public, il couronna sa pr\u00e9sentation par <em>Un Caprice<\/em> de Niccolo Paganini, violoniste \u00e0 l&rsquo;aura diabolique que le soliste-m\u00eame semblait incarner.<br \/>\nHors cet aspect habituel d&rsquo;un orchestre professionnel, qui consiste en la comp\u00e9tence et le talent des musiciens, le public \u00e9tait confront\u00e9 \u00e0 une qualit\u00e9 sup\u00e9rieure : la communaut\u00e9 amicale et id\u00e9elle de l&rsquo;ensemble. Celle-ci se manifesta lors d&rsquo;un petit interm\u00e8de juste avant la pause. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un engagement commun pour le maintien de l&rsquo;orchestre qui est en danger par la d\u00e9cision de la Direction r\u00e9gionale des affaires culturelles (DRAC) qui r\u00e9duira sa subvention de 700 000 Euro, soit 33% de la subvention globale de l&rsquo;\u00c9tat. C&rsquo;est pourquoi l&rsquo;orchestre se d\u00e9clare en danger de dissolution et demande le soutien du public en signant une p\u00e9tition. Le petit interm\u00e8de mentionn\u00e9 ci-dessus s&rsquo;articula par le r\u00e9cital d&rsquo;un po\u00e8me d\u00e9crivant la situation en question, et le tout fut agr\u00e9ment\u00e9 d&rsquo;une marche fun\u00e8bre jou\u00e9 par un quatuor \u00e0 cordes. Cet art engag\u00e9 exprime une prise de position envers l&rsquo;actualit\u00e9 socio-politique qui est caract\u00e9ris\u00e9e par la valorisation diminuante du r\u00f4le de la musique dans notre soci\u00e9t\u00e9 moderne. La situation de l&rsquo;Orchestre National d&rsquo;\u00cele-de-France figure embl\u00e9matique de cet \u00e9volution et la force d&rsquo;action de ses membres peut servir de mod\u00e8le a bien d&rsquo;autres ensembles.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">Cet orchestre se distingue donc aussi bien par sa qualit\u00e9 artistique que par son engagement en communaut\u00e9. L&rsquo;appr\u00e9ciation par le public fut d&rsquo;une ardeur passionn\u00e9e, non sans une r\u00e9flexion neutre et convaincue ainsi que d&rsquo;une appr\u00e9ciation objective du talent artistique. <strong>&#8211; Thea Goehring <\/strong><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"font-size: 12px\"><a name=\"Pena\"><\/a>La Salle Pleyel accueille l&rsquo;Orchestre National d&rsquo;Ile de France sous la direction de Ion Marin pour ce concert dominicale \u00ab\u00a0Carnets de voyage\u00a0\u00bb avec la participation du violoniste Belge Yossif Ivanov.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">Premi\u00e8rement, le <em>Concerto pour violon et orchestre de Brahms op. 77<\/em>. Un des grands concerts allemands pour violon, aim\u00e9 par le grand public et les connaisseurs, il a \u00e9t\u00e9 fortement critiqu\u00e9 au d\u00e9but, l&rsquo;anecdote nous raconte que le chef d&rsquo;orchestre Hans von B\u00fclow le trouvait plut\u00f4t\u00a0 \u00ab\u00a0contre le violon\u00a0\u00bb. La dext\u00e9rit\u00e9 et facilit\u00e9 dactyle du soliste est mise en \u00e9vidence depuis le premier mouvement. L&rsquo;orchestre avec ses nuances et traitement d\u00e9licat des contours, s&rsquo;est mari\u00e9 harmonieusement avec l&rsquo;interpr\u00e9tation respectueuse et parfois timide du violoniste virtuose. Dans ce long mouvement l&rsquo;orchestre a eu un r\u00f4le actif, avec des cordes puissantes et des bois solides. Un contraste int\u00e9ressant avec le soliste et sa performance parfois \u00e9l\u00e9giaque parfois fragile.<br \/>\nLe deuxi\u00e8me mouvement est un adagio d&rsquo;une intimit\u00e9 bucolique avec une certaine pr\u00e9pond\u00e9rance du hautbois lyrique quoique subtilement h\u00e2tif. Le violon concertant est plaintif et les modulations du soliste sont fascinantes. Les larmes mod\u00e9r\u00e9s du violon r\u00e9v\u00e8lent la nature de technicien sensible d&rsquo;Ivanov, cependant sa performance ne fut pas tendre, parfois m\u00eame froide. Son interpr\u00e9tation est devenue plus vive dans le troisi\u00e8me et dernier mouvement. Ceci est valable aussi pour l&rsquo;orchestre qui avait r\u00e9guli\u00e8rement plus de brio que le violon solo. Les cuivres se sont \u00e9panouies vers la fin brillante et rhapsodique, ainsi que le soliste avec son jeux correcte et virtuose. Si sa performance ne fut pas tr\u00e8s m\u00e9morable, sa ma\u00eetrise technique l&rsquo;a \u00e9t\u00e9. Il nous le rappelle avec un <em>Caprice <\/em>de Paganini qu&rsquo;il interpr\u00e8te en tant que bis.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">L&rsquo;<em>Ouverture de concert de F\u00e9lix Mendelssohn<\/em> <em>op. 26 \u00ab\u00a0Les H\u00e9brides\u00a0\u00bb<\/em><strong><em>,<\/em><\/strong> curieusement une des compositions pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es de M. Wagner qui \u00e9prouvais cependant un fort m\u00e9pris envers le compositeur, nous pr\u00e9sente en termes musicaux la grandeur de la mer et la majest\u00e9 de la grotte de Fingal dans l&rsquo;archipel des H\u00e9brides \u00e0 l&rsquo;ouest de l&rsquo;\u00c9cosse. L&rsquo;orchestre l\u00e9g\u00e8rement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e nous transporte vers une mer d&rsquo;\u00e9motions, chaque vague passionn\u00e9e, insaisissable. Les vents volaient sur cette mer avec une s\u00fbret\u00e9 et prestance digne d&rsquo;une telle sc\u00e8ne. Les cordes ont jou\u00e9 avec une sensibilit\u00e9 po\u00e9tique, les violoncelles avec une ma\u00eetrise remarquable des temp\u00e9raments. La performance devenait de plus en plus brillante et forte, avec beaucoup de brio. Les oscillations de la baguette du Maestro cr\u00e9aient parfois une sorte de nuance moderne et populaire. Son excellente ma\u00eetrise de l&rsquo;orchestre a permis de montrer avec clart\u00e9 et caract\u00e8re le g\u00e9nie du compositeur dans sa manipulation des textures symphoniques des deux th\u00e8mes de cette ouverture qui fait un clin d&rsquo;\u0153il conceptuel \u00e0 la Sixi\u00e8me symphonie de Beethoven \u00ab\u00a0Pastorale\u00a0\u00bb et annonce en m\u00eame temps le po\u00e8me symphonique romantique.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><em>La Quatri\u00e8me symphonie de Mendelssohn op. 90 \u00ab\u00a0Italienne\u00a0\u00bb<\/em> \u00e0 ses origines dans le s\u00e9jour du compositeur en Italie en 1830 qui l&rsquo;a fortement marqu\u00e9, comme son passage en \u00c9cosse l&rsquo;avait fait \u00e9galement (d&rsquo;o\u00f9 viennent sa Troisi\u00e8me symphonie \u00ab\u00a0\u00c9cossaise\u00a0\u00bb et l&rsquo;ouverture des H\u00e9brides). De structure conventionnelle en 4 mouvements, l&rsquo;orchestre a montr\u00e9 avec honn\u00eatet\u00e9 la beaut\u00e9 et les particularit\u00e9s et aspects caract\u00e9ristiques de l&rsquo;\u0153uvre. Le premier mouvement d&rsquo;un lyrisme incontestable a \u00e9t\u00e9 jou\u00e9 de fa\u00e7on brillante par les cordes avec des vents tr\u00e8s anim\u00e9s. Le tempo un peu plus vif que d&rsquo;habitude, le son de l&rsquo;orchestre a \u00e9t\u00e9 d&rsquo;une vivacit\u00e9 \u00e9blouissante. Les cuivres magnifiques avec des cordes brillantes ont montr\u00e9 parfaitement les contrastes \u00e9l\u00e9gants et l&rsquo;inspiration m\u00e9lodique du mouvement. Dans le deuxi\u00e8me mouvement les cordes acqui\u00e8rent plus de pr\u00e9sence lyrique, le dialogue entre les diff\u00e9rents blocs de l&rsquo;orchestre est coh\u00e9rent et ing\u00e9nu et cr\u00e9e une atmosph\u00e8re de tendre et l\u00e9g\u00e8re religiosit\u00e9, malgr\u00e9 le choquant tempo acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 du chef d&rsquo;orchestre. Heureusement cette vitesse n&rsquo;a pas affect\u00e9 l&rsquo;\u00e9quilibre du troisi\u00e8me mouvement. Impeccable performance de l&rsquo;ensemble, les bois se sont finalement \u00e9mancip\u00e9s dans ce Menuet-Trio, et le public a\u00a0 \u00e9t\u00e9 \u00e9mu par la chaleur chantante de l&rsquo;Italie de Mendelssohn. Dans le dernier mouvement l&rsquo;orchestre ach\u00e8ve un sommet d&rsquo;\u00e9quilibre ainsi que de brio et t\u00e9nacit\u00e9 d&rsquo;une grandeur romantique et pittoresque. La saltarelle et la tarentelle italienne sont \u00e9voqu\u00e9s de fa\u00e7on magistrale et passionn\u00e9e. Une fin puissante et tonique \u00e0 ce concert; carnet de voyage exceptionnel. &#8211; <strong>Sabino Pena<\/strong><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm;font-weight: normal;text-decoration: none;text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><a name=\"verdu\"><\/a>Concerto pour violon et orchestre en <i>r\u00e9 majeur op. 77 de Johannes Brahms<\/i><br \/>\nCe concerto a \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 par Brahms en 1878 pour son ami d&rsquo;origine hongroise, le grand violoniste Joseph Joachim avec qui il a longtemps collabor\u00e9 et qui a apport\u00e9 quelques commentaires et retouches techniques \u00e0 la partition.<br \/>\nC&rsquo;est \u00e9videmment dans les mouvements du soliste que cette \u0153uvre prend toute son intensit\u00e9 car sa virtuosit\u00e9 est redoutable. Le dernier mouvement est si difficile pour le soliste que l&rsquo;\u0153uvre a \u00e9t\u00e9 surnomm\u00e9e en son temps \u00ab\u00a0concerto contre le violon\u00a0\u00bb et le violoniste Yossif Ivanov en a fait une interpr\u00e9tation remarquable. Ce concerto pourrait s&rsquo;appeler \u00ab\u00a0symphonie concertante\u00a0\u00bb car le soliste se font dans le tissu de l&rsquo;orchestre. Brahms \u00e9tait tr\u00e8s attir\u00e9 par les Tziganes et fascin\u00e9 tant par la virtuosit\u00e9 endiabl\u00e9e des musiciens tziganes hongrois que par la d\u00e9couverte d&rsquo;un autre instrument musical : le violon. On sait que ses trois domaines d\u00a0&lsquo;\u00e9lection \u00e9taient le piano, la musique de chambre et le lied.<br \/>\nCette \u0153uvre d&rsquo;environ 40 minutes comprend donc trois mouvements dans le pur sch\u00e9ma classique vif-lent-vif : <em>Allegro non troppo<\/em>, <em>Adagio<\/em> et <em>Allegro giacoso, non troppo<\/em>. C&rsquo;est \u00e9videmment le troisi\u00e8me mouvement qui me semble le plus remarquable pour c\u00e9l\u00e9brer le tournoiement de la musique des tziganes de Hongrie, tout simplement vertigineux. Et c&rsquo;est l\u00e0 la surprise que nous apporte Brahms que nous connaissons romantique et nostalgique. Il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;une musique dynamique et rythm\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm;font-style: normal;font-weight: normal;text-decoration: none;text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">Les H\u00e9brides, <i>ouverture en si mineur op. 26<\/i> de Felix Mendelssohn<br \/>\nLes id\u00e9es musicales de l&rsquo;\u0153uvre naissent dans l&rsquo;imagination du compositeur en 1829, il a alors vingt ans, lors d&rsquo;un premier s\u00e9jour au Royaume-Uni. Il est subjugu\u00e9 par l&rsquo;archipel des H\u00e9brides \u00e0 l&rsquo;Ouest de l&rsquo;Ecosse.<br \/>\nCette \u0153uvre courte mais d&rsquo;inspiration originale, d&rsquo;une technique ais\u00e9e, s&rsquo;inspire des paysages et des \u00e9motions romantiques. Elle \u00e9voque parfaitement les flots d\u00e9chain\u00e9s. La culture germanique de Mendelssohn a su puiser en Angleterre des adjuvants pr\u00e9cieux.<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm;font-style: normal;font-weight: normal;text-decoration: none;text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><span style=\"font-style: normal\">Symphonie n\u00b0 4 en<\/span><i> la majeur <\/i><span style=\"font-style: normal\">dite \u00ab\u00a0Italienne\u00a0\u00bb<\/span><i> op. 90<\/i> de Felix Mendelssohn<br \/>\n\u00c9labor\u00e9e pendant 3 ann\u00e9es, \u00e0 partir de 1830 alors que le compositeur s\u00e9journe \u00e0 Rome. J&rsquo;ai particuli\u00e8rement aim\u00e9 cette symphonie pleine d&rsquo;all\u00e9gresse et de fraicheur o\u00f9 l&rsquo;on est projet\u00e9 en Italie d\u00e8s les premi\u00e8res notes.<br \/>\nElle comprend quatre mouvements : <em>Allegro-vivace<\/em>, <em>Andante con moto<\/em>, <em>Scherzo con moto moderato<\/em> et <em>Finale Presto<\/em>. A remarquer que la symphonie n\u00b0 4 en la majeur se termine en mode mineur mais cela n&rsquo;enl\u00e8ve rien \u00e0 son dynamisme. &#8211;<strong> Maria Verdu <\/strong><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Concert symphonique | Salle Pleyel | En savoir plus La critique de Giulia Chiappino La critique de Thea Goehring La critique de Sabino Pena La critique de Maria Verdu Dimanche 25 mars, \u00e0 16 heures, la Salle Pleyel a pr\u00e9sent\u00e9 le concert \u00ab\u00a0 Carnets de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":10595,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[12,13],"tags":[],"class_list":["post-2311","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-concert-symphonique","category-salle-pleyel"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2311","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2311"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2311\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2311"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2311"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2311"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}