{"id":234,"date":"2016-02-23T20:30:57","date_gmt":"2016-02-23T19:30:57","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/chroniques\/?p=234"},"modified":"2016-02-23T20:30:57","modified_gmt":"2016-02-23T19:30:57","slug":"couple","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=234","title":{"rendered":"Couple"},"content":{"rendered":"<p>Th\u00e9\u00e2tre | Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point | <a href=\"http:\/\/www.theatredurondpoint.fr\/spectacle\/couple\/\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<h3>Sc\u00e8ne de la tristesse conjugale<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point, <em>Couple<\/em> de Gilles Gaston-Dreyfus, pi\u00e8ce en demi-teinte dans laquelle il ne fait pas bon vivre mari\u00e9(e).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l\u2019image de <em>Sc\u00e8ne de la vie conjugale<\/em> d\u2019Ingmar Bergman, Gilles Gaston-Dreyfus tente avec <em>Couple<\/em> de dresser le portrait de deux \u00e9poux qui malgr\u00e9 les prises de bec s\u2019aiment toujours autant. Comme le dit si bien l\u2019auteur dans un entretien avec Pierre Notte (feuillet distribu\u00e9), \u00ab <em>Couple<\/em> est l\u2019histoire d\u2019un couple \u00bb. Un couple qui d\u00e8s le d\u00e9but nous tape sur les nerfs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Rien de bien compliqu\u00e9 \u00e0 l\u2019horizon : deux personnes, un homme et une femme, sont assis sur un canap\u00e9 jaune canari au milieu d\u2019un d\u00e9cor vide. D\u00e9bute un dialogue d\u2019environ sept minutes. Sans grande conviction, les \u00e9poux discutent d\u2019un proc\u00e8s sinistre qui aura lieu le lendemain. Ils sont grin\u00e7ants, amers l\u2019un envers l\u2019autre, mais malheureusement, pas de mani\u00e8re tr\u00e8s convaincante. Se chamailler est une chose, se chamailler avec finesse et r\u00e9partie devant un public en est une autre. Imaginez maintenant que ce dialogue &#8211; sans grande vari\u00e9t\u00e9 textuelle ou d\u2019interpr\u00e9tation \u2013 se r\u00e9p\u00e8te trois fois\u2026 Le ton ne change pas, les paroles \u00e0 peine, seule l\u2019hyst\u00e9rie prend de l\u2019importance. Si seulement il y avait eu un semblant de recherche stylistique et un jeu d\u2019acteur plus recherch\u00e9, pourquoi pas. Ici, le spectateur assiste au rythme mou d\u2019un \u00e9change sans convictions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s cette triple narration identique, place au soulagement : l\u2019ensemble de la salle se r\u00e9conforte voyant la lumi\u00e8re s\u2019allumer sur les deux personnages en mouvement. Enfin du mouvement !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On comprend rapidement que cette premi\u00e8re demi-heure d\u2019ennui n\u2019a pas seulement touch\u00e9 le public mais aussi les personnages : c\u2019\u00e9tait en fait du th\u00e9\u00e2tre dans le th\u00e9\u00e2tre ! La mise en abyme surprend et surtout soulage : comme l\u2019explique le personnage, le spectateur d\u00e9plore le manque d\u2019originalit\u00e9 et le fait d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 pris pour un \u00ab gland \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 un certain \u00ab effort \u00bb de l\u2019auteur pour se mettre dans la peau d\u2019une femme, la caricature est tout de m\u00eame au rendez-vous. Une nouvelle fois, on d\u00e9plore le clich\u00e9 syst\u00e9matique de l\u2019hyst\u00e9rie f\u00e9minine face au calme masculin : la femme crie tandis que l\u2019homme reste impassible, pr\u00e9f\u00e9rant la danse \u00e0 l\u2019insulte, le sexe \u00e0 la confrontation, r\u00e9duisant \u00e0 cette occasion le mari \u00e0 une condition primaire. Un passage marquant : une courte dispute \u00e9clate, elle crie et bl\u00e2me son mari. Au bord de la crise de nerfs, ce dernier s\u2019emporte et hurle. Que se passe-t-il ? L\u2019\u00e9pouse se fait toute petite et s\u2019excuse de mille fa\u00e7ons.<br \/>\nPourquoi nous montrer cela ? Que tente de nous exposer Gilles Gaston-Dreyfus ? S\u2019aimer c\u2019est savoir qu\u2019une part de nous d\u00e9teste l\u2019autre ? La haine et le d\u00e9gout de l\u2019autre sont caract\u00e9ristiques d\u2019un mariage r\u00e9ussi ? 1 heure 30 de discours encol\u00e9r\u00e9s et bruyants au sein d\u2019un couple qui se dit pourtant \u00ab je t\u2019aime \u00bb, un bonheur dont on aurait pu se passer.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">C\u00e9cile Antoine-Meyzonnade<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Couple<\/em> est une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre de et avec Gilles Gaston-Dreyfus, avec comme partenaire sur sc\u00e8ne Anne Benoit. Produit par la compagnie dramatique Barimer, le spectacle se d\u00e9roule au Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point du 3 au 28 f\u00e9vrier 2016 ; le texte de la pi\u00e8ce est disponible aux \u00e9ditions Na\u00efve.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme son nom l\u2019indique, l\u2019histoire est centr\u00e9e sur le couple form\u00e9 par Jean (Gilles Gaston-Dreyfus) et Cl\u00e9mence (Anne Benoit). Situ\u00e9s entre deux \u00e2ges, les deux protagonistes semblent visiblement \u00e0 un carrefour de leur relation, ballot\u00e9 entre la routine et un avenir incertain. Durant une heure et dix minutes, l\u2019histoire de ce duo d\u00e9tonant se d\u00e9roule sans temps faible, oscillant de fa\u00e7on insaisissable entre amour visc\u00e9ral et haine exacerb\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Couple<\/em> est une \u0153uvre audacieuse et grin\u00e7ante, reposant de mani\u00e8re d\u00e9terminante sur les performances remarquables d\u2019Anne Benoit et Gilles Gaston-Freyfus. Les quelques spectateurs de la tr\u00e8s petite salle Roland Topor du Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point sont imm\u00e9diatement plong\u00e9s dans un univers \u00e0 la fois r\u00e9aliste et absurde. \u00c9voluant dans un d\u00e9cor minimaliste compos\u00e9 d\u2019un sofa et d\u2019un mur d\u2019appartement, Jean et Cl\u00e9mence sont des cinquantenaires bourgeois, \u00e0 la vie professionnelle visiblement satisfaisante, ce qui ne semble pas le cas de leur vie priv\u00e9e. Les non-dits, la lassitude, l\u2019\u00e9nervement et le d\u00e9sir couvent dans les premi\u00e8res minutes de la pi\u00e8ce, pour finir par exploser dans un d\u00e9ferlement de r\u00e8glements de comptes jusqu\u2019au terme. Le spectateur se retrouve au milieu de consid\u00e9rations \u00e0 la fois tout \u00e0 fait banales sur le vin, les restaurants, le papier peint, mais aussi sur le sexe et le d\u00e9sir. Jean et Cl\u00e9mence laissent \u00e0 cette occasion libre court \u00e0 des r\u00e9flexions et des envies extr\u00eamement cr\u00fbes, quitte \u00e0 choquer les spectateurs les plus sensibles \u2013 l\u2019un des buts manifestement recherch\u00e9 par la pi\u00e8ce.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Am\u00e8res, le plus souvent dr\u00f4les, mais aussi parfois dramatiques ou inqui\u00e9tants, les deux protagonistes alternent les temps calmes et les temps forts, s\u2019acharnant l\u2019un contre l\u2019autre avec des envies de meurtres sous-jacentes, sans jamais pour autant donner au spectateur l\u2019impression de parvenir \u00e0 une rupture. Au contraire, la haine rageusement d\u00e9vers\u00e9e ne semble que le reflet d\u2019un puissant amour, \u00ab simplement \u00bb ab\u00eem\u00e9 par l\u2019usure du temps et la routine. Une illustration de la vie de couple apr\u00e8s cinquante ans vraisemblablement pertinente, \u00e0 en juger par les r\u00e9actions des spectateurs, d\u2019une moyenne d\u2019\u00e2ge curieusement comparable\u2026<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Jean-Charles Foucrier<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2018Couple\u2019 est un spectacle de Gilles Gaston-Dreyfus, exceptionnel dans son genre pour avoir pr\u00e9sent\u00e9 une histoire cr\u00e9\u00e9 et agit par Gilles Gaston-Dreyfus lui-m\u00eame. Ce spectacle se pr\u00e9sente en f\u00e9vrier au th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point, Paris. Dreyfus, avec l\u2019aide du collaborateur artistique Gilles Kneuse, nous pr\u00e9sente l\u2019humeur noire du vieux couple, Cl\u00e9mence (Anne-Benoit) et Jean (Gilles Gaston-Drefus).<br \/>\nCe spectacle pr\u00e9sente une s\u00e9rie de courtes sc\u00e8nes qui se passent dans le foyer d\u2019un vieux couple. Avec ces courtes sc\u00e8nes Dreyfus r\u00e9ussit \u00e0 lever la tension entre en montant les fractures dans le rapport entre Jean et Cl\u00e9mence ; ces fractures sont refl\u00e9t\u00e9es par la brusquerie de ces sc\u00e8nes.<br \/>\nL\u2019histoire se d\u00e9veloppe pendant quelques jours ; la dur\u00e9eexacte n\u2019est pas claire mais on a l\u2019impression de l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 qui renforce l\u2019id\u00e9e de la nature r\u00e9p\u00e9titive de la vie de ce couple. Cette ambigu\u00eft\u00e9 joue tr\u00e8s bien dans cette histoire fictive ; on a l\u2019impression que Dreyfus veut que son histoire soit universelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La sc\u00e9nographie utilis\u00e9e par Dreyfus est int\u00e9ressante gr\u00e2ce \u00e0 sa simplicit\u00e9 ; Dreyfus emploi la m\u00eame sc\u00e8ne pour la dur\u00e9e du spectacle. Des d\u00e9cors sont contemporains et minimales, cependant les couleurs tr\u00e8s varies des lumi\u00e8res ajoutent des ambiances tr\u00e8s diverses. En plus la sc\u00e8ne pr\u00e9sente la possibilit\u00e9 pour le mouvement des personnages ; une embrasure, une fen\u00eatre et un canap\u00e9 sont les trois lieus principaux pour l\u2019action et permette aussi l\u2019absence des personnages pour pr\u00e9senter des monologues.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019histoire lui-m\u00eame est \u00e9galement ing\u00e9nue en pr\u00e9sentant les allusions profondes \u00e0 la vie de ce couple pour expliquer leur position maintenant. Tout d\u2019abord on peut mentionner la premi\u00e8re sc\u00e8ne, ce qui est un dialogue entre Jean et Cl\u00e9mence. Le couple discute ensemble avec assez de g\u00eane pour rendre les spectateurs mal \u00e0 l\u2019aise, cependant Dreyfus veut ne pas y arr\u00eater. Il continue \u00e0 augmenter ce g\u00eane en repentant la sc\u00e8ne avec plus de tension et une fois plus avec m\u00eame plus de tension. L\u2019effet est incontournable ; les spectateurs rigolent pour \u00e9vader les enjeux \u00e9vident e ce couple. La tension s\u2019enveloppe m\u00eame les spectateurs qui peuvent comprendre certains aspects de ces probl\u00e8mes dans le rapport entre Jean et Cl\u00e9mence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dreyfus nous r\u00e9v\u00e8le peu \u00e0 peu les racines de ces probl\u00e8mes en faisant allusion aux \u00e9v\u00e8nements dans la passe. Les <em>flash-backs<\/em> sont pr\u00e9sents dans la dialogue du couple et nous font imaginer es sc\u00e8nes. En particulier, Dreyfus utilise les images sexuels pour d\u00e9montrer les probl\u00e8mes confronte par le couple. Dreyfus maitrise cette comp\u00e9tence de relever l\u2019information sans les aides visuels avec l\u2019absence des personnages aussi ; tr\u00e8s souvent l\u2019un des deux personnages est cach\u00e9 et l\u2019autre danse dans une fa\u00e7on libre en imaginant, peut-\u00eatre, la vie qu\u2019il aurait pu vivre si tout \u00e9tait diff\u00e8rent. Il r\u00e9unit ces existences s\u00e9par\u00e9es aussi, par exemple les deux danse ensemble pour symboliser l\u2019amour qui existe ou qui existait entre les deux mais l\u2019un arr\u00eat avant l\u2019autre pour nier la possibilit\u00e9 de cet amour partage maintenant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le but de ce spectacle est ambigu\u00eb mais semble d\u2019\u00eatre d\u2019\u00e9mouvoir l\u2019audience et pour la fait r\u00e9fl\u00e9chir sur leurs rapports ; il est comme un coup d\u2019\u0153il sur une futur possible.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Jessica Emsley<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Couple<\/em>. Ce titre m\u2019avait intrigu\u00e9e. \u00c9crite par Gilles Gaston-Dreyfus, cette pi\u00e8ce est la combinaison impr\u00e9vue (pour la spectatrice que je fus l\u2019instant d\u2019une heure et quart environ) d\u2019humour, de grotesque, de mati\u00e8re \u00e0 r\u00e9flexion sans aucun doute, de pens\u00e9es confuses, d\u2019amour et de haine. Ces \u00e9motions et sentiments qui font vraisemblablement de nous des humains.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pi\u00e8ce, aux attraits comiques et cruels de l\u2019absurde contemporain, est jou\u00e9e par son auteur, accompagn\u00e9 sur sc\u00e8ne d\u2019Anne Benoit. Les deux personnages incarn\u00e9s par ces derniers forment un couple, qui existe d\u00e9j\u00e0 au d\u00e9but du spectacle. On n\u2019assiste pas \u00e0 la naissance d\u2019un couple. Oui, celui-ci a d\u00e9j\u00e0 un pass\u00e9. Un v\u00e9cu qui se ressent par la pr\u00e9sence d\u2019\u00e9motions, de paroles et d\u2019intentions constamment en contradiction. Plut\u00f4t qu\u2019une histoire, ce sont des extraits dont il s\u2019agit \u2013 pr\u00e9cautionneusement choisis \u2013 de la vie d\u2019un couple entre d\u00e9chirure, p\u00e9rennit\u00e9 improbable et attachement malgr\u00e9 tout. Le fil tr\u00e8s fin entre l\u2019amour et la haine est on ne peut plus tendu, et on s\u2019attend \u00e0 tout moment \u00e0 ce que le bin\u00f4me s\u2019entretue &#8211; motiv\u00e9 par des pulsions de haine quasi-meurtri\u00e8res, cultiv\u00e9es et us\u00e9es par le temps -, et dont l\u2019amour \u00e9pris et passionnel se trouve pris au pi\u00e8ge par les diff\u00e9rences et diff\u00e9rends de ce couple au final pas si anormal.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un duo de personnages aux multiples facettes, duquel jaillit un humour dans lequel s\u2019est reconnu le public \u2013 j\u2019\u00e9tais entour\u00e9e de part et d\u2019autre de couples qui ont ri, parfois aux \u00e9clats \u2013 et un duo d\u2019acteurs dont la singularit\u00e9 et l\u2019authenticit\u00e9 de jeu sont remarquables. \u00c0 ce jeu de com\u00e9diens tr\u00e8s juste, s\u2019ajoutent un texte et une mise en sc\u00e8ne \u00e0 la fois cousus et d\u00e9cousus, ficel\u00e9s comme un montage de plusieurs gros plans sur le couple en tant que tel ainsi que sur les deux personnages respectifs. C\u2019est aussi ce qui fait la particularit\u00e9 de la pi\u00e8ce : on lit l\u2019ext\u00e9rieur et l\u2019int\u00e9rieur des personnages, et l\u2019\u00e9clairage ainsi que le son font figure d\u2019une sorte de narrateur qui choisirait de mettre en lumi\u00e8re tel ou tel aspect du personnage, sur lequel se focalise ensuite le spectateur, nous permettant de r\u00e9aliser le d\u00e9calage entre ce qui est dit et ce qui est pens\u00e9, et toutes les fissures de l\u2019expression et de la communication dans un couple qui se conna\u00eet trop ou trop peu. Les extr\u00eames sont au rendez-vous, et lorsque vous riez de leurs intemp\u00e9ries vous n\u2019\u00eates pas \u00e0 l\u2019abri d\u2019un sursaut.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La sc\u00e8ne se fait le t\u00e9moin de moments repr\u00e9sentant l\u2019intimit\u00e9 du couple dans un rythme parfois acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, tr\u00e8s condens\u00e9, et \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 d\u2019autres passages qui s\u2019imposent comme des pauses, tr\u00e8s r\u00e9p\u00e9titifs, pleins de sens, et on sent que l\u2019\u00e9criture ainsi que l\u2019occupation de l\u2019espace, la mise en valeur de chacun et la progression de l\u2019action ont assur\u00e9ment \u00e9t\u00e9 recherch\u00e9es. En effet, la mise en sc\u00e8ne, absolument pas lin\u00e9aire, comprend un dialogue qui se pr\u00e9sente souvent sous la forme de monologues cach\u00e9s et dont les apart\u00e9s \u00e0 la fois personnels et adress\u00e9s au public ne manquent pas, tout en tirant son action de bouleversements, de tensions, un <em>climax<\/em> qui atteint des pulsions criminelles, et des retournements qui m\u2019ont men\u00e9e par le bout du nez.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019ailleurs, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 surprise de me rendre compte qu\u2019il s\u2019agissait de th\u00e9\u00e2tre dans le th\u00e9\u00e2tre, et c\u2019est un atout v\u00e9ritable de la pi\u00e8ce. Primo, la surprise, et secundo la forme, qui inclut une technique th\u00e9\u00e2trale et une imagination dans l\u2019\u00e9criture ind\u00e9niables.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, je n\u2019ai pas ador\u00e9 la pi\u00e8ce. J\u2019y ai vu beaucoup de choses justes, bien trouv\u00e9es, des acteurs tr\u00e8s bons, une forme th\u00e9\u00e2trale int\u00e9ressante, mais elle m\u2019a sembl\u00e9 plus accessible aux personnes plus \u00e2g\u00e9es qu\u2019\u00e0 moi-m\u00eame. J\u2019ai n\u00e9anmoins beaucoup souri. Une r\u00e9alit\u00e9 certaine dans la fiction th\u00e9\u00e2trale et une \u00e9criture de jeu et de sc\u00e8ne produites gr\u00e2ce \u00e0 un regard affin\u00e9 et ironique et une exp\u00e9rience qui ont donn\u00e9 de la texture au corps de la repr\u00e9sentation et mati\u00e8re \u00e0 penser.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Rita El Hajjouji<\/h6>\n<pre style=\"text-align: justify;\">Photo : Giovanni Cittadini Cesi<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Th\u00e9\u00e2tre | Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point | En savoir plus Sc\u00e8ne de la tristesse conjugale Au th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point, Couple de Gilles Gaston-Dreyfus, pi\u00e8ce en demi-teinte dans laquelle il ne fait pas bon vivre mari\u00e9(e). 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