{"id":2450,"date":"2012-03-21T20:00:59","date_gmt":"2012-03-21T19:00:59","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=2450"},"modified":"2012-03-21T20:00:59","modified_gmt":"2012-03-21T19:00:59","slug":"victor-ou-les-enfants-au-pouvoir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=2450","title":{"rendered":"Victor ou les enfants au pouvoir"},"content":{"rendered":"<p>Th\u00e9\u00e2tre | Th\u00e9\u00e2tre de la Ville | <a href=\"http:\/\/www.lestroiscoups.com\/article-victor-ou-les-enfants-au-pouvoir-de-roger-vitrac-critique-de-marie-barral-theatre-de-la-ville-a-pari-101320021.html\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><a href=\"#colodiet\">La critique de Stanislas Colodiet<\/a><\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><a href=\"http:\/\/Mandula\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">La critique d&rsquo;Aleth Mandula<\/a> <\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><a href=\"#Weidner\">La critique d&rsquo;Alix Weidner<\/a><\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\"><a name=\"colodiet\"><\/a><strong><span style=\"font-size: 12px\">Victor ou la sc\u00e9nographie au pouvoir <\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><a name=\"Colodiet\"><\/a>\u00ab\u00a0Friselis, friselis, friselis. R\u00e9so, r\u00e9so, r\u00e9so\u00a0\u00bb, ces mots scand\u00e9s \u00e0 plaisir avec la force d\u2019un po\u00e8me phon\u00e9tique de Kurt Schwitters r\u00e9sument \u00e0 eux seuls la pi\u00e8ce. Ces sont des miroirs qui refl\u00e8tent et rejouent l\u00a0\u2018adult\u00e8re des adultes, reflets insupportables car les protagonistes qui parodient la sc\u00e8ne sont les enfants m\u00eame des deux amants, Victor et Esther, que l\u2019on vient de marier. Ce miroir surr\u00e9aliste o\u00f9 la r\u00e9p\u00e9tition des mots comme un cri d\u00e9fiant le monde adulte,\u00a0 est d\u2019une v\u00e9rit\u00e9 aig\u00fce, tranchante comme les \u00e9clats de l\u2019\u0153uf de cheval que Victor brise \u00e0 propos. L\u2019absurdit\u00e9 des situations et des mots est plus blessante que la simple d\u00e9nonciation de l\u2019hypocrisie adulte. Le public doit rire\u00a0 mais doit-il rire de g\u00eane ou de plaisir\u00a0? En pr\u00e9sence du drame autant accepter la gifle et tendre la joue gauche\u00a0; tout comme Victor qui en compagnie de femme p\u00e9tomane lui demande de p\u00e9ter plut\u00f4t que de feindre ne rien avoir entendu.<br \/>\nEn r\u00e9ponse \u00e0 la force de ce texte souffl\u00e9 \u00e0 la face du spectateur comme un coup de canon qui traverse le temps depuis le champ de bataille de Sedan, que peut faire le metteur en sc\u00e8ne pour conserver cette \u00e9nergie, ne rien g\u00e2cher de son intensit\u00e9\u00a0?\u00a0 C\u2019est un exercice difficile pour le metteur en sc\u00e8ne qui doit donner corps \u00e0 un texte puissant et surr\u00e9aliste. Mais dans la mise en sc\u00e8ne du Th\u00e9\u00e2tre de la Ville,\u00a0 ils sont deux \u00e0 tenir les r\u00eanes du texte\u00a0: le metteur en sc\u00e8ne, Emmanuel Demarcy-Mota, et le sc\u00e9nographe, Yves Collet. La sc\u00e9nographie est la b\u00e9quille sur laquelle s\u2019appuie cette nouvelle mise en sc\u00e8ne, elle nous porte \u00e0 travers diff\u00e9rents univers gr\u00e2ce \u00e0 un r\u00e9seau de r\u00e9f\u00e9rences entrecrois\u00e9es.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">La sc\u00e9nographie est riche. La palette est d\u2019abord sobre et \u00e9pur\u00e9e\u00a0: quatre murs blanc et une paroi en gaze \u00e0 travers laquelle on aper\u00e7oit les acteurs, le tout baign\u00e9 dans une lumi\u00e8re immacul\u00e9e. Ces volumes \u00e9bauch\u00e9s d\u00e9limit\u00e9s par de puissants contrastes d\u2019intensit\u00e9 lumineuse rappellent l\u2019univers d\u2019Edward Hopper o\u00f9 le drame est concentr\u00e9 sur la figure humaine qui \u00e9volue dans un espace sommaire. Mais l\u2019explosion des parois de la maison bourgeoise qui s\u2019effacent derri\u00e8re le bassin entour\u00e9 de feuilles mortes situ\u00e9 \u00e0 l\u2019avant sc\u00e8ne de la pi\u00e8ce r\u00e9volutionne le d\u00e9roulement du r\u00e9cit. En robe blanche, baign\u00e9e dans le bassin, Esther est une nouvelle Oph\u00e9lie. L\u2019esth\u00e9tique pr\u00e9rapha\u00e9lite s\u2019impose peu \u00e0 peu. La rupture violente entre minimalisme et f\u00e9erie surnaturelle, n\u2019est pas encore tout \u00e0 fait consomm\u00e9e l\u2019esprit baroque se meut, dans une dimension plus th\u00e9\u00e2trale\u00a0par le jeu des masques. Chaque acteur portant un masque revient ici au sens premier de la persona\u00a0: le masque de la trag\u00e9die grecque, mais la persona est aussi le masque au sens figur\u00e9 que chacun endosse pour se conformer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. Ce d\u00e9tail qui d\u00e9multiplie les visages, a d\u2019une par le m\u00e9rite d\u2019aller dans le sens de la pi\u00e8ce qui brouille la hi\u00e9rarchie entre les personnages, par exemple Victor en cavalier juch\u00e9 sur les \u00e9paules du g\u00e9n\u00e9ral, et d\u2019autre part celui d\u2019introduire une r\u00e9flexion sur le th\u00e9\u00e2tre que l\u2019on retrouve avec la derni\u00e8re r\u00e9plique avant la chute du rideau \u00ab\u00a0mais c\u2019est un drame\u00a0\u00bb. Les masques c\u2019est aussi l\u2019univers de\u00a0 Stanley Kubrick et du film \u00ab\u00a0Eyes wide shut\u00a0\u00bb, dont le propos fortement \u00e9rotique du film rejoint les fantasmes de Victor qui brave les tabous. A l\u2019oppos\u00e9 de la trappe remplie d\u2019eau dans laquelle se baignent les personnages, des racines g\u00e9antes descendant du plafond se font de plus en plus pr\u00e9sentes au fur et \u00e0 mesure que la pi\u00e8ce \u00e9volue. Encore une fois, cet \u00e9l\u00e9ment sc\u00e9nographique renverse le sens de la pi\u00e8ce, les racines descendant du ciel sugg\u00e8rent-elles que la pi\u00e8ce \u00e0 lieu sous-terre\u00a0? Serait-ce le monde \u00e0 l\u2019envers\u00a0? Celui des enfants au pouvoir\u2026 Quoi qu\u2019il en soit cette esth\u00e9tique gothique et lugubre puise dans l\u2019iconographie de Tim Burton et le texte est travers\u00e9 d\u2019un r\u00e9seau de sens et d\u2019associations nouveaux.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">Ce jeu de r\u00e9f\u00e9rences fait \u00e9voluer la perception de l\u2019espace par le spectateur. Il ne s\u2019agit pas uniquement de sa perception de l\u2019espace visuel, mais d\u2019un espace plus large \u00e0 savoir l\u2019espace du drame\u00a0: la signification du r\u00e9cit et l\u2019ambiance qui traverse le texte. Cela fonctionne \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un r\u00eave, tout comme les mots sont porteurs de sens latent, le d\u00e9cor est charg\u00e9 de sens, chaque choix sc\u00e9nographique est une fen\u00eatre ouverte sur d\u2019autres fictions. La sc\u00e9nographie d\u00e9passe ici le sens du texte. &#8211; <strong>Stanislas Colodiet <\/strong><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><a name=\"Mandula\"><\/a>Dans une cage aux murs fibreux, Victor r\u00e9cite un \u00ab\u00a0Je vous salue Marie\u00a0\u00bb un peu particulier. Assis sur une chaise en fer, Lili, sa bonne, tout de noir v\u00eatue, se tient \u00e0 ses cot\u00e9s.Victor, jour de son anniversaire, va devenir presque un homme. Mais le gamin \u00ab\u00a0terriblement intelligent\u00a0\u00bb dont tout le monde disait qu\u2019il irait loin a d\u00e9cid\u00e9 de s\u2019arr\u00eater l\u00e0. Ou d\u2019aller l\u00e0 o\u00f9 on ne voulait pas qu\u2019il aille, dans les profondeurs de la bassesse humaine, remuer tout ce monde de faux semblants et en mourir, apr\u00e8s s\u2019\u00eatre d\u00e9clar\u00e9 nouveau Messie. Victor s\u2019est transform\u00e9 en une b\u00eate perverse bien d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 mettre \u00e0 jour les immondices de son milieu et de son \u00e9poque.<br \/>\nApparaissent Th\u00e9r\u00e8se et Antoine, parents d\u2019Esther, 6 ans, puis Emilie et Charles, parents de Victor. Immobiles sur leurs chaises, ils ne disent rien. Th\u00e9r\u00e8se, femme adult\u00e8re et Antoine, mari \u00ab\u00a0maboul\u00a0\u00bb qui revit inlassablement le traumatisme de la guerre de 1870-71. Il suffit que l\u2019on prononce \u00ab\u00a0Bazaine\u00a0\u00bb pour qu\u2019il y retombe, empoigne un couteau de cuisine et menace de tuer tout le monde avant de retomber dans sa l\u00e9thargie.<br \/>\nEmilie, la femme tromp\u00e9e ne veut rien voir. Charles le bourgeois bien pensant, \u00ab\u00a0bon r\u00e9publicain\u00a0\u00bb, et \u00ab\u00a0radical\u00a0\u00bb n\u2019est qu\u2019un p\u00e8re indigne, qui n\u2019a jamais reconnu sa fille b\u00e2tarde, Esther. Esther manque de mourir quand Ida Mortemart, symbole funeste et immonde, venue de nulle part, apparait sur sc\u00e8ne pour apprendre \u00e0 Victor ce que c\u2019est que l\u2019amour et ce que c\u2019est que la mort.<br \/>\nVictor a mal au ventre. Charles est pris de crises maniaques et s\u2019attaque \u00e0 son lit \u00e0 coup de marteau. Emilie frappe son fils agonisant et Antoine se balance par la fen\u00eatre\u00a0 en demandant \u00e0\u00a0 sa femme qu\u2019elle aille lui chercher \u00ab\u00a0la mandragore de sa derni\u00e8re jouissance\u00a0\u00bb. Victor tombe \u00e0 23h30, heure exacte de sa naissance. La sc\u00e8ne est un champ de bataille, les mots s\u2019entortillent les uns dans les autres et ne disent plus rien, la v\u00e9rit\u00e9 a \u00e9clat\u00e9. Comme ces deux coups de pistolet. Tout le monde meurt. \u00ab\u00a0C\u2019est un drame\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">Mis en sc\u00e8ne jadis par Artaud et par Anouilh, c\u2019est Demarcy-Mota qui s\u2019attaque maintenant \u00e0 cette difficile entreprise\u00a0: mettre en sc\u00e8ne la parodie d\u2019un monde bourgeois o\u00f9 l\u2019envers du d\u00e9cor finit par se d\u00e9couvrir peu \u00e0 peu et engloutir les apparences, avec en son centre un gamin pr\u00e9coce qui, par une perversit\u00e9 et une cruaut\u00e9 calcul\u00e9e, est l\u2019initiateur de cette mis \u00e0 nue. Difficult\u00e9 \u00e9galement d\u2019une mise en sc\u00e8ne o\u00f9 le corps est principal acteur et doit traduire la violence des \u00e9motions, o\u00f9 les mots se tordent dans tous les sens, et o\u00f9 le sens est \u00e0 d\u00e9couvrir sous des phrases apparemment banales.<br \/>\nCertains passages sont fort ing\u00e9nieux et esth\u00e9tiquement r\u00e9ussis. Ce jeu avec les branches d\u2019arbres, par exemple, qui d\u2019abord \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, dans le jardin, se rapprochent petit \u00e0 petit du centre de la sc\u00e8ne, p\u00e9n\u00e8trent la maison et deviennent racines. Symbolique forte qui dit le renversement d\u2019un monde qu\u2019on croyait stable et la r\u00e9v\u00e9lation d\u2019une v\u00e9rit\u00e9 qui \u00e9tait cach\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">Malheureusement la mise en sc\u00e8ne p\u00e8che par son caract\u00e8re surcharg\u00e9. Le metteur en sc\u00e8ne a accumul\u00e9 les effets de sens \u00e0 travers la musique, les costumes ou les jeux de sc\u00e8nes.\u00a0 Aucun besoin que les personnages se drapent de capes noires et rev\u00eatent des masques pour comprendre que l\u2019on avait \u00e0 faire \u00e0 un monde bourgeois \u00e9triqu\u00e9, perclus dans les convenances et le paraitre. Pas besoin non plus de cette musique de fond -style \u00ab\u00a0Eyes Wide Shut\u00a0\u00bb- pour comprendre que l\u2019ambiance est quelque peu lugubre. Le pauvre g\u00e9n\u00e9ral est transform\u00e9 en homosexuel mani\u00e9r\u00e9 et caricatural, et les acteurs s\u2019\u00e9gosillent et tr\u00e9pignent de peur qu\u2019on ne comprenne pas qu\u2019ils sont sous le joug de la violence et de la folie.<br \/>\nHugo Quester (Antoine) n\u00e9anmoins avec sa voix de t\u00e9nor et sa pr\u00e9sence extraordinaire rendait particuli\u00e8rement bien l\u2019horreur de la guerre et sa folie. Une sc\u00e9nographie plus simple et un plus grand travail au niveau de la diction et du jeu des acteurs aurait beaucoup mieux servi le texte. La mise en sc\u00e8ne l\u2019\u00e9touffait au lieu de lui servir d\u2019\u00e9crin\u00a0; difficile alors de mesurer la richesse de ce texte qui fit scandale lors de sa premi\u00e8re repr\u00e9sentation. Trop d\u2019images, trop de mouvements, trop d\u2019\u00e9l\u00e9ments parasites, le texte \u00e9tait mis \u00e0 distance et du coup les spectateurs aussi. &#8211;<strong> Aleth Mandula <\/strong><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm;text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><a name=\"Weidner\"><\/a>L&rsquo;enfance est l&rsquo;\u00e2ge de l&rsquo;innocence, de la na\u00efvet\u00e9, de la bonne volont\u00e9&#8230; Faux! vous crie le jeune Victor du haut de son m\u00e8tre quatre-vingts et de ses neuf ans. Plein d&rsquo;une \u00e9nergie qui portera toute la pi\u00e8ce, ce petit gar\u00e7on manipule ing\u00e9nieusement tout son entourage. Son but : faire s&rsquo;\u00e9crouler l&rsquo;hypocrisie ambiante, faire tomber les masques (au sens propre comme au figur\u00e9) que tous arborent autour de lui. Du mari adult\u00e8re \u00e0 la m\u00e8re trop violente, du p\u00e8re devenant fou \u00e0 la nurse s\u00e9duite, tous progressivement montrent leur vraie nature, et se laissent manipuler par le terrible et g\u00e9nial Victor. M\u00eame l&rsquo;int\u00e9rieur, bourgeois, bien rang\u00e9, presque aseptis\u00e9 se transforme en un invraisemblable capharna\u00fcm.<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm;text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">Ici donc, les personnages sont malmen\u00e9s autant que l&rsquo;espace sc\u00e9nique. Au d\u00e9but de la pi\u00e8ce nous sommes face \u00e0 un mise en sc\u00e8ne tr\u00e8s minimaliste et \u00e9pur\u00e9e, puis au fur et \u00e0 mesure que les personnages apparaissent, et que les liens qui les unissent se complexifient, l&rsquo;espace lui aussi \u00e9volue. Ainsi un bassin d&rsquo;eau devient le lit nuptial de deux enfants que l&rsquo;on r\u00eave de marier, et un autre lit, en fer forg\u00e9, devenu la prison d&rsquo;un couple qui n&rsquo;en peut plus de faire semblant de s&rsquo;aimer, se fait tron\u00e7onner \u00e0 la scie \u00e9lectrique. C&rsquo;est un mise en sc\u00e8ne riche en symboles qui nous est pr\u00e9sent\u00e9e, et ceux-ci ont d&rsquo;autant plus de force qu&rsquo;ils apparaissent souvent de mani\u00e8re inopin\u00e9e. On remarque effectivement une forte dimension surr\u00e9aliste dans l&rsquo;\u0153uvre de Roger Vitrac. De nombreux \u00e9l\u00e9ments surgissent au milieu de la pi\u00e8ce, sans relation avec le reste de l&rsquo;intrigue. On pense ici \u00e0 cette invit\u00e9 impr\u00e9vue qu&rsquo;est<span style=\"font-weight: normal\"> la diva p\u00e9tomane et qui figure \u00e0 elle seule l&rsquo;antinomie de la condition humaine: \u00e0 la fois capable de coquetterie et de ridicule. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm;text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><span style=\"font-weight: normal\">D&rsquo;un b<\/span>out \u00e0 l&rsquo;autre de la pi\u00e8ce on se laisse mener tout comme les personnages par Victor l&rsquo;enfant terrible . On demeure dans l&rsquo;attente, curieux de savoir comment se terminera la descente aux enfers de cette micro-soci\u00e9t\u00e9 perdant toutes ses illusions. Mais les derniers moments de la pi\u00e8ce sont longs, on ne peut s&#8217;emp\u00eacher de le remarquer, et nous peinons \u00e0 rester en suspend. Les com\u00e9diens crient de plus en plus fort, comme si cela pouvait les aider \u00e0 symboliser leur tragique d\u00e9sillusion. Mais ces cris ne sont que la preuve de l&rsquo;essoufflement de leur jeu th\u00e9\u00e2tral, comme si la trop grande longueur de la pi\u00e8ce leur \u00f4tait tous les moyens suppl\u00e9mentaires d&rsquo;interpr\u00e9ter la d\u00e9ch\u00e9ance humaine dont leurs personnages sont victimes. L&rsquo;\u0153uvre <span style=\"font-weight: normal\">de<\/span><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-weight: normal\"> Roger Vitrac semble<\/span><\/span><span style=\"font-weight: normal\"> donc \u00eatre<\/span> une pi\u00e8ce ambitieuse, et difficile \u00e0 jouer.<span style=\"font-weight: normal\"> Elle repr\u00e9sente un d\u00e9fi d&rsquo;envergure pour <\/span><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-weight: normal\">son metteur en sc\u00e8ne <\/span><\/span> <span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-weight: normal\">Emmanuel Demarcy-Mota qu&rsquo;i<\/span><\/span><span style=\"font-weight: normal\">l ne r\u00e9ussit pas \u00e0 relever enti\u00e8rement, car malgr\u00e9 une mise en sc\u00e8ne de haute qualit\u00e9 tant sur le plan de l&rsquo;appropriation de l&rsquo;espace sc\u00e9nique que sur la capacit\u00e9 \u00e0 v\u00e9hiculer une atmosph\u00e8re angoissante<\/span><b>, <\/b><span style=\"font-weight: normal\">la tension dramatique ayant atteint son point d&rsquo;orgue une bonne demi-heure avant la fin de la repr\u00e9sentation, les derniers moments apparaissent comme superflus, et font se rompre le lien qui unissait le spectateur \u00e0 la pi\u00e8ce.<\/span> &#8211; <strong>Alix Weidner<\/strong><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Th\u00e9\u00e2tre | Th\u00e9\u00e2tre de la Ville | En savoir plus La critique de Stanislas Colodiet La critique d&rsquo;Aleth Mandula La critique d&rsquo;Alix Weidner Victor ou la sc\u00e9nographie au pouvoir \u00ab\u00a0Friselis, friselis, friselis. 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