{"id":2457,"date":"2012-05-30T20:00:27","date_gmt":"2012-05-30T18:00:27","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=2457"},"modified":"2012-05-30T20:00:27","modified_gmt":"2012-05-30T18:00:27","slug":"clipclap","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=2457","title":{"rendered":"Clip and Clap"},"content":{"rendered":"<p>Concert | Auditorium du Mus\u00e9e du Louvre | <a href=\"https:\/\/www.louvre.fr\/cycles\/clip-clap-une-exploration-de-la-musique-l-ecran-et-en-live\/au-programme\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"font-size: 12px\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif\"><strong>Cycle CLIP&amp;CLAP : Une exploration de la musique en images<br \/>\n<em>Les ambigu\u00eft\u00e9s de la voix<\/em>, 30 mars \u00e0 20h30 \u00e0 <a href=\"http:\/\/www.louvre.fr\/la-joute%C2%A0-la-musique-adoucit-les-meurtres\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">l&rsquo;Auditorium du Mus\u00e9e du Louvre<\/a>.\u00a0 <\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<ul>\n<li><span style=\"font-size: 12px\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif\"><a href=\"#evans\">La critique de Delphine Evans <\/a><\/span><\/span><\/li>\n<li><span style=\"font-size: 12px\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif\"><a href=\"#hua\">La critique de Luo Hua<\/a><\/span><\/span><\/li>\n<li><span style=\"font-size: 12px\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif\"><a href=\"#zwer\">La critique d&rsquo;Eta\u00efnn Zwer<\/a><\/span><\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p><span style=\"font-size: 12px\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif\"><a name=\"evans\"><\/a><strong><em>Dis-moi comment tu chantes, je te dirai qui tu es\u00a0!<\/em><\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif\"><strong>Nous voici encore une fois r\u00e9unis \u00e0 l\u2019auditorium du Louvre pour assister \u00e0 la derni\u00e8re s\u00e9ance de la s\u00e9rie \u00ab\u00a0Clip &amp; Clap\u00a0\u00bb de cette saison 2011-2012. <\/strong>A travers des extraits de film provenant des archives de l\u2019INA, pr\u00e9sent\u00e9s par Edouard Four\u00e9 Caul-Futy et Christian Labrande et ponctu\u00e9s par\u00a0 des intervalles de musique\u00a0<em>live<\/em> fournie par Caroline Rose (guitare et chant) accompagn\u00e9e de Bassem Ajaltouni (batterie et chant), nous explorons ce soir le th\u00e8me des ambigu\u00eft\u00e9s de la voix. Un th\u00e8me inspir\u00e9 en partie par une \u0153uvre litt\u00e9raire : le po\u00e8me <em>Contralto <\/em>de Th\u00e9ophile Gaulthier, extrait de <em>Emaux et carn\u00e9es<\/em>, dans lequel le po\u00e8te se fascine du charme ambigu de cette voix\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Que tu me plais, <\/em><em>\u00f4 timbre \u00e9trange\u00a0! Son double, homme et femme \u00e0 la fois \/ Contralto, bizarre m\u00e9lange \/ Hermaphrodite de la voix\u00a0!<\/em>\u00a0\u00bb Ce po\u00e8me aurait \u00e9t\u00e9 \u00e0 son tour \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9 par un mod\u00e8le artistique tr\u00e8s proche de nous ce soir\u00a0: la sculpture <em>Hermaphrodite endormi<\/em> de l\u2019\u00e9poque romaine imp\u00e9riale (II<sup>e <\/sup>si\u00e8cle apr\u00e8s J.-C.), qui fait partie de la collection du mus\u00e9e du Louvre.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif\">Alors qu\u2019en est-il des ambigu\u00eft\u00e9s de la voix\u00a0?\u00a0 Ce ph\u00e9nom\u00e8ne humain repr\u00e9sente tr\u00e8s souvent pour nous un moyen d\u2019identifier ou de classifier une personne selon leur genre, leur sexualit\u00e9, ou leurs origines. Comme les animateurs ont soulign\u00e9 au d\u00e9but du spectacle, les d\u00e9bats du <em>gender studies<\/em>&#8211; fili\u00e8re d\u2019\u00e9tudes qui est depuis plusieurs ann\u00e9es int\u00e9gr\u00e9e dans la discipline de la musicologie, et qui figure sur le curriculum des cursus universitaires dans le domaine des arts et des lettres- s\u2019articulent justement autour de cette question. Dans la musique, le r\u00f4le de la voix a toujours \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s complexe, parce qu\u2019il n\u2019est pas toujours si \u00e9vident de situer une voix chant\u00e9e (ou bien parl\u00e9e) en termes de l\u2019identit\u00e9 du locuteur\u00a0; par exemple, on peut penser \u00e0 la premi\u00e8re fois que nous avons entendu la voix de Tracy Chapman\u00a0: <em>Est-ce un homme\u00a0? Est-ce une femme\u00a0?<\/em> Au cours de l\u2019histoire et dans tous les genres musicaux, des compositeurs et des interpr\u00e8tes ont diversement exploit\u00e9 cette ambigu\u00eft\u00e9, action qui remet constamment en question nos habitudes d\u2019\u00e9coute, nos attentes, et nos pr\u00e9jug\u00e9s. Ainsi, face \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience bouleversante d\u2019entendre une personne chanter sans savoir s\u2019il s\u2019agit r\u00e9ellement d\u2019un homme ou d\u2019une femme, la puissance de la musique se d\u00e9tourne sur nous\u00a0: d\u00e9sormais, c\u2019est l\u2019interpr\u00e8te qui nous interpelle et qui nous interroge directement.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif\">Dans la classification des voix en musique, nous retrouvons certaines cat\u00e9gories, qui sont d\u00e9termin\u00e9es par la notion du registre\u00a0: la basse, le t\u00e9nor, l\u2019alto et la soprane sont les plus communs.\u00a0 Toutefois il existe d\u2019autres registres moins communs, qui d\u00e9tiennent souvent une certaine fascination d\u00fb \u00e0 leur raret\u00e9\u00a0: le contre-t\u00e9nor (un t\u00e9nor qui chante effectivement dans le m\u00eame registre qu\u2019un alto)\u00a0; le falsetto (une voix d\u2019homme tr\u00e8s aigu, qui se sert notamment de la voix de t\u00eate)\u00a0; et finalement, les voix d\u2019enfants\u00a0: ce sont surtout celles des gar\u00e7ons qui sont c\u00e9l\u00e9br\u00e9es, gr\u00e2ce \u00e0 leur qualit\u00e9 temporaire et d\u00e9licate! Ces derni\u00e8res voix ont jou\u00e9 un grand r\u00f4le dans la musique religieuse, o\u00f9, jusqu\u2019\u00e0 la fin du 18<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, les femmes n\u2019avaient pas le droit de chanter dans l\u2019\u00e9glise. Ainsi est n\u00e9e la tradition, en Angleterre notamment, de former des hommes \u00e0 chanter dans un registre aigu d\u00e9velopp\u00e9. De nombreux clips ce soir ont illustr\u00e9 les effets curieux cr\u00e9\u00e9s par de telles voix\u00a0: le chanteur Alain Vanzo utilisant sa voix \u2018mixte\u2019 (entre la voix de t\u00eate et la voix de poitrine) lors de son interpr\u00e9tation des <em>P\u00eacheurs de perles<\/em> de Bizet\u00a0; les \u00e9tranges timbres des contre-t\u00e9nors tels que Alfred Deller et Klaus Nomi, chantant des airs de Dowland et Purcell.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif\">Un autre aspect de la voix ambig\u00fce est la flirtation avec l\u2019androgynie, et la manipulation subtile des notions de masculinit\u00e9 et f\u00e9minit\u00e9, ce qui peut aussi \u00eatre renforc\u00e9 visuellement par l\u2019ambig\u00fcit\u00e9 \u00e9voqu\u00e9e par les habilles des interpr\u00e8tes. Voici une notion exploit\u00e9e dans sa pl\u00e9nitude par des artistes pop tels que Prince, chantant dans une voix eff\u00e9min\u00e9e aigue et portant une moustache, tout en \u00e9mettant un <em>sex appeal<\/em> ind\u00e9niable\u00a0; et aussi par ces femmes chanteuses de blues, par exemple Big Mama Thornton, qui puise dans un registre bas tout en s\u2019habillant de fa\u00e7on presque masculine. Cette m\u00eame id\u00e9e est \u00e9voqu\u00e9e par la voix seule du chanteur flamenco Pepe Marchena, qui joue savamment avec la zone m\u00e9diane entre voix basse et voix aig\u00fce, sans pour autant renoncer \u00e0 sa forte masculinit\u00e9, qui est confirm\u00e9e par son apparence.\u00a0 De fait, dans cette tradition espagnole, le mot macho\u00a0signifie la cadence vocale virtuose\u00a0!<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif\">Le rapport des ambig\u00fcit\u00e9s de la voix avec les aspects visuels et auditifs de l\u2019interpr\u00e9tation est d\u2019importance centrale, ce qui a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s bien illustr\u00e9 au cours de la soir\u00e9e o\u00f9 notre perception de l\u2019identit\u00e9 d\u2019un chanteur est renforc\u00e9e par l\u2019appui visuel fourni par la pr\u00e9sence de l\u2019\u00e9cran. Par contre, une fois que cet appui nous est enlev\u00e9 et que nous faisons face \u00e0 la musique seulement, nous sommes souvent confront\u00e9s \u00e0 une exp\u00e9rience d\u2019\u00e9coute troublante qui provoque un certain malaise. Ainsi, le moment du spectacle o\u00f9 les pr\u00e9sentateurs ont pass\u00e9 des extraits de musique et ont invit\u00e9 \u00e0 l\u2019assistance de lever les mains s\u2019ils consid\u00e9raient que la voix appartenait \u00e0 un homme ou \u00e0 une femme, \u00e9tait une exp\u00e9rience tr\u00e8s r\u00e9v\u00e9latrice. Dans la plupart des cas, l\u2019audience \u00e9tait divis\u00e9e largement en deux, ce qui dit long sur nos vraies capacit\u00e9s de jugement quand on s\u2019appuie uniquement sur l\u2019\u00e9coute\u00a0!<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif\">Cependant, les belles d\u00e9couvertes de cette soir\u00e9e int\u00e9ressante n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 malheureusement men\u00e9es \u00e0 une fin tout \u00e0 fait satisfaisante\u00a0: en effet, le dernier clip qui semblait aborder le th\u00e8me des ambigu\u00eft\u00e9s du langage des signes- de ceux qui ne se relient pas sur la \u2018voix\u2019 vocale- \u00e9tait incongru dans le contexte de ce qui pr\u00e9c\u00e9dait et inutilement grossier dans son contenu, ce qui n\u2019est pas grave en soi, mais cette vid\u00e9o ne semblait pas compl\u00e9ter le reste du spectacle et elle n\u2019a pas termin\u00e9 la soir\u00e9e sur une bonne note. On s\u2019est m\u00eame demand\u00e9 si les cr\u00e9ateurs n\u2019avaient pas ajout\u00e9 ce clip au programme \u00e0 la derni\u00e8re minute, faute de mieux\u00a0! De la m\u00eame fa\u00e7on,\u00a0le concert <em>live<\/em> de Caroline Rose \u00e9tait r\u00e9ussi, mais sa musique n\u2019avait rien de vraiment original et on n\u2019a pas pu s\u2019emp\u00eacher de se demander si un autre artiste, d\u2019un style plus insolite peut-\u00eatre, aurait pu mieux illustrer l\u2019id\u00e9e centrale de ce sujet captivant, celle des ambigu\u00eft\u00e9s de la voix. &#8211;<br \/>\n<strong>Delphine Evans<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<blockquote>\n<div style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif\"><a name=\"hua\"><\/a>\u00abLes ambigu\u00eft\u00e9s de la voix : p\u00e9pites visuelles, interviews, clips et un concert live pr\u00e9sent\u00e9s par Christian Labrande et Edouard Four\u00e9 Caul-Futy. <em>Dis-moi comment tu chantes, je te dirai qui tu es !<\/em> Th\u00e9ophile Gautier se disait fascin\u00e9 par le charme ambigu des voix d\u2019alto. Ce pouvoir si particulier de la voix, romantis\u00e9 jusqu\u2019aux nombreux \u00e9vanouissements qui sont l\u00e9gion dans le film Farinelli, ne permettrait-il pas de toucher au sublime en repoussant ses propres limites\u2026physiques ? Questions de genres, oui. Mais surtout de cultures\u2026.du genre. \u00bb<\/span><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify\"><\/div>\n<\/blockquote>\n<div style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif\"><strong>Cette introduction, pr\u00e9sent\u00e9e dans le programme du concert et sur le site du Louvre, peut nous donner une id\u00e9e de ce concert.<\/strong> On dit concert, mais c&rsquo;est plut\u00f4t un concert organis\u00e9 sur un sujet de recherche \u00a0\u00bbLes ambigu\u00eft\u00e9 de la voix\u00a0\u00bb, c&rsquo;est un concert anim\u00e9 par deux animateurs, c&rsquo;est un moment de partage sur leur recherche, c&rsquo;est des moments de partage et souvenir sur les grands chanteur(se)s qui ont la voix ambigue (c&rsquo;est-\u00e0-dire la voix des hommes comme la voix des femmes, ou \u00e0 l&rsquo;inverse), et qui chantent bien, et qui ont eu grand succ\u00e8s dans leurs carri\u00e8res. Ils ont une grande influence dans leur \u00e9poque. D&rsquo;abord, je trouve que ce sujet est tr\u00e8s int\u00e9ressant, c&rsquo;est un ph\u00e9nom\u00e8ne courant qu&rsquo;on peut sentir, mais ce sujet a peu \u00e9t\u00e9 trait\u00e9 par les sp\u00e9cialistes ou les musicologues.<\/span><\/span><\/div>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif\">Je suis all\u00e9e \u00e0 ce concert, il y a aussi une autre raison, parce que j&rsquo;avais assist\u00e9 le concert de \u00a0\u00bbClip &amp; Clap\u00a0\u00bb \u2013 La joute : la musique adoucit les meurtres , c&rsquo;\u00e9tais impressionnant pour moi, j&rsquo;avais beaucoup appr\u00e9ci\u00e9 ce concert, leur travail, et la bonne pr\u00e9sentation de l&rsquo;animateur Edouard Four\u00e9 Caul-Futy.<br \/>\nCe concert intitul\u00e9 <em>La voix au masculin et au f\u00e9minin &#8211; Musique film\u00e9e<\/em>, est tr\u00e8s bien organis\u00e9 comme l&rsquo;autre fois, la recherche est bien faite, l&rsquo;ambiance est aussi bien active et dynamique. Les spectateurs \u00e9coutent d&rsquo;abord l&rsquo;analyse et le commentaire de l&rsquo;animateur, et puis ils regardent les films du concert en live. Les extraits du film sur les musiques qu&rsquo;ils exposent rappelent la souvenir du spectateur, les spectateurs r\u00e9agissent tr\u00e8s vite quand ils voient les chanteur(se) qu&rsquo;ils les connaissent ou non, les appr\u00e9cient ou non. Simultan\u00e9ment, ils donnent aussi des appr\u00e9ciations ou des critiques eux-m\u00eame sur les concerts, sur les chanteur(se)s, ou bien sur l&rsquo;analyse de l&rsquo;animateur.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12px\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif\">Sauf la musique film\u00e9e, on a vu aussi un concert en live de chanteuse fran\u00e7aise-allemande Caroline Rose, un concert de rock assez impressionant. Une voix de femme mais assez grave, et puissante, un spectacle remarquable pour les sepctateurs.<br \/>\nIl y a une autre partie assez int\u00e9ressante, c&rsquo;est un \u00a0\u00bbjeu\u00a0\u00bb qui fait ensemble par l&rsquo;animateur et les spectateurs : l&rsquo;animateur donne des extraits des chanteur(se)s, nous devinons si ce sont des voix de femme ou homme. Ce \u00a0\u00bbjeu\u00a0\u00bb a beaucoup attis\u00e9 l&rsquo;attention des spectateurs, y compris moi bien s\u00fbr, tout le monde participait dans ce \u00a0\u00bbjeu\u00a0\u00bb. La plupart de gens ont devin\u00e9 correctement, malgr\u00e9 la\u00a0 la confusion par une grande ambigu\u00eft\u00e9 de voix. C&rsquo;\u00e9tait tr\u00e8s amusant.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12px\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif\">Comme l&rsquo;autre fois, j&rsquo;ai pass\u00e9 des tr\u00e8s bon moments pendant ce concert. J&rsquo;ai d\u00e9couvert des voix extr\u00eamement remarquableq (par exemple : Nina Simone, Farinelli, et Big Mama Thornton) par leur film, j&rsquo;ai pris des connaissances sur certains chanteur(se) que je ne connaissais pas auparavant,<br \/>\nj&rsquo;ai bien aim\u00e9 le spectacle de Caroline Rose, et j&rsquo;ai particip\u00e9 volontairement dans le \u00a0\u00bbjeu\u00a0\u00bb, etc. Mais, en comparant les analyses du film, et la pr\u00e9sentation de Edouard Four\u00e9, je trouve personnellement qu&rsquo;il est moins remarquable que l&rsquo;autre fois. En conclusion, ce f\u00fbt un moment agr\u00e9able ! &#8211; <strong>Luo Hua <\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif\"><strong><a name=\"zwer\"><\/a>Difficile de r\u00e9sumer ce long marathon d\u2019extraits vid\u00e9os qui tenait lieu de programme \u00e0 la derni\u00e8re session du cycle <em>Clip &amp; Clap <\/em>au Louvre\u00a0: <a href=\"http:\/\/ow.ly\/ak4E8\">http:\/\/ow.ly\/ak4E8.<\/a><\/strong> Pr\u00e9sent\u00e9 comme original et ludique, ce rendez-vous entend \u00ab\u00a0dynamiter \u00e0 partir de mots cl\u00e9s th\u00e9matiques, la notion de genre musical\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0dresser des ponts \u00e0 travers les si\u00e8cles\u00a0\u00bb. Chaque session de 90 minutes explore une s\u00e9rie d\u2019archives (concerts et op\u00e9ras film\u00e9s, interviews, documentaires et fictions), ponctu\u00e9e d\u2019un concert live. \u00ab\u00a0Les ambigu\u00eft\u00e9s de la voix\u00a0\u00bb \u2013 la s\u00e9ance du 30 mars, promettait beaucoup. Et s\u2019est av\u00e9r\u00e9e d\u00e9cevante.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif\">Si l\u2019on a eu l\u2019occasion de lever un petit pan inconnu de musique classique et de d\u00e9couvrir quelques voix (le chanteur de flamenco Pepe Marchena dont le style ornement\u00e9 a <em>fait<\/em> genre, donnant le <em>marchenismo<\/em>), du c\u00f4t\u00e9 \u00ab\u00a0moderne\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0pop\u00a0\u00bb, la surprise \u00e9tait mince parmi toutes ces figures archi-connues \u2013 bien qu\u2019aim\u00e9es et toujours impressionnantes\u00a0: Klaus Nomi, Nina Hagen (la vraie\u00a0: <a href=\"http:\/\/ow.ly\/ak1Rt\">http:\/\/ow.ly\/ak1Rt<\/a>, pas la Nena de \u00ab\u00a099 Luftballons\u00a0\u00bb), Joplin, Nina Simone ou Prince. Trois \u00ab\u00a0p\u00e9pites visuelles\u00a0\u00bb except\u00e9es\u00a0: Big Mama Thornton et son \u00ab\u00a0Hound Dog\u00a0\u00bb (non, Elvis n\u2019en est pas l\u2019auteur, \u00e0 C\u00e9sar, etc.)\u00a0; le duo comique Charpini et Brancato moquant les grands airs d\u2019op\u00e9ra\u00a0; et le blusy \u00ab\u00a0Seamus\u00a0\u00bb des Pink Floyd (<em>Live at Pompeii)<\/em> : <a href=\"http:\/\/ow.ly\/al3hi\">http:\/\/ow.ly\/al3hi<\/a> sur lequel Nobes, la chienne de Madonna Bouglione, jappe en harmonie.<br \/>\nLe mal serait b\u00e9nin, si le discours des deux intervenants, Christian Labrande et Edouard Four\u00e9 Caul-Futy, explicitait en profondeur, apportait un v\u00e9ritable socle th\u00e9orique, <em>situait <\/em>(dans leur contexte historique-social-culturel-politique) chacun de ces extraits pour en saisir la port\u00e9e \u2013 prouesse, audace, rupture de telle ou telle voix. Il ne suffit pas d\u2019\u00e9voquer en introduction, et d\u2019une toute petite phrase, combien les <em>gender studies<\/em> ont r\u00e9volutionn\u00e9 la pens\u00e9e du genre (sic)<a title=\"\" href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Il aurait fallu, pr\u00e9cis\u00e9ment, donner du <em>corps<\/em> \u00e0 un expos\u00e9 vieux monde qui se bornait souvent \u00e0 constater, r\u00e9duit \u00e0 une compilation d\u2019exemples.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif\">Certes, \u00ab\u00a0les ambigu\u00eft\u00e9s\u00a0\u00bb ce n\u2019est pas \u00ab\u00a0le genre\u00a0\u00bb. Et l\u2019objectif av\u00e9r\u00e9 \u00e9tait plut\u00f4t, semble-t-il, de donner un petit frisson d\u2019\u00ab\u00a0exotisme\u00a0\u00bb et d\u2019<em>entertainment<\/em> au grand public. (Sinon pourquoi ce terrifiant quart d\u2019heure quizz\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c0 la voix, c\u2019est une femme ou un homme d\u2019apr\u00e8s vous\u00a0?\u00a0Levez la main&#8230; Et non, rat\u00e9&#8230; \u00bb. Et ce p\u00e9nible <em>live<\/em> musical\u00a0?) Mais qu\u2019a-t-on dit, apr\u00e8s cela ?<br \/>\nMontrer <em>Farinelli <\/em>sans aborder le fantasme de la castration qui pose \u00e9videmment la question du sexe (fort \/ faible), de la s\u00e9duction et de la voix en musique\u00a0; sans souligner aussi le travail sp\u00e9cifique de reconstitution, pour ce film, de la voix soprano du \u00ab\u00a0castrat des Lumi\u00e8res\u00a0\u00bb par un \u00e9tonnant jeu ou plut\u00f4t pi\u00e8ge musical<a title=\"\" href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>.<br \/>\nFaire \u00e9couter la contre-alto \u00ab\u00a0de couleur\u00a0\u00bb Marian Anderson sans rappeler l\u2019Am\u00e9rique s\u00e9gr\u00e9gationniste des ann\u00e9es 40 qui lui refusa les salles d\u2019Op\u00e9ra prestigieuses qu\u2019appelait son talent ni m\u00eame son concert historique de 1939 devant le Lincoln Memorial. Quid de la question \u00ab\u00a0pouvoir, race et voix en musique\u00a0\u00bb, de l\u2019ill\u00e9gitimit\u00e9 alors des Noirs \u00e0 chanter la culture \u00ab\u00a0dominante\u00a0\u00bb, ce patrimoine europ\u00e9en\u00a0?<br \/>\nEt le \u00ab\u00a0chant\u00a0\u00bb de gorge des femmes inuites (des vocables gutturaux, rythmiques, d\u00e9routants), que dit-il sinon que les ambigu\u00eft\u00e9s de la voix sont culturelles\u00a0? Qu\u2019est-ce que l\u2019on entend par \u00ab\u00a0Elle chante comme un homme\u00a0\u00bb\u00a0? Quelles valeurs sexuelles v\u00e9hicule la musique\u00a0?<a title=\"\" href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a><br \/>\nQuels glissements entre voix ambigu\u00ebs, repr\u00e9sentation et revendication\u00a0? La voix et les costumes de Klaus Nomi cr\u00e9ent <em>ensemble<\/em> cette cr\u00e9ature extra-terrestre, fluide; les personnages androgynes de Desireless, de Eurythmics, les voix machines des 80\u2019s, la voix hypnose de Daho, le 3<sup>e<\/sup> sexe \u00e9mo d\u2019Indochine (\u00ab\u00a0un gar\u00e7on au f\u00e9minin, une fille au masculin\u00a0\u00bb)&#8230; La voix dans ses ambigu\u00eft\u00e9s raconte aussi un espace d\u2019<em>empowerment <\/em>th\u00e9\u00e2tralis\u00e9, qui questionne le genre (le d\u00e9sir) ou tente de le d\u00e9passer.\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif\">Pourquoi alors ne pas ouvrir le propos sur des exemples franchement contemporains, aborder la posture des chanteurs trans- (la gagnante de l\u2019Eurovision 98 Dana International, le rappeur Rocco Katastrophe), le processus de <em>passing<\/em> et l\u2019importance de la voix dans l\u2019identit\u00e9 et l\u2019image sociale per\u00e7ue\u00a0? Voil\u00e0 un angle extr\u00eamement int\u00e9ressant du sujet, oubli\u00e9 ici.<br \/>\nDifficile donc de parler des ambigu\u00eft\u00e9s de la voix sans se pencher franchement sur les notions de masculin et de f\u00e9minin, sans interroger nos pr\u00e9jug\u00e9s m\u00eames\u00a0; sans convoquer ni l\u2019histoire de la musicologie<a title=\"\" href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a> et des repr\u00e9sentations ni les sciences sociales ni les \u00e9tudes linguistiques ni le sexe ni la politique. Difficile de parler de voix sans parler de r\u00e9volutions&#8230;<br \/>\nSoyons honn\u00eates, on aurait \u00e9t\u00e9 bien plus inspir\u00e9 en restant chez soi, \u00e0 (re)lire l\u2019extraordinaire roman de Richard Powers, <em>Le temps o\u00f9 nous chantions.<\/em> &#8211; <strong>Eta\u00efnn Zwer<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<div>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div id=\"ftn1\">\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif\"><a title=\"\" href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Surtout que, curieusement, l\u2019articulation genre et voix reste un objet peu \u00e9tudi\u00e9 par les \u00e9tudes de genre. Voir les recherches du r\u00e9seau \u00ab\u00a0Genre et langage\u00a0\u00bb de l\u2019universit\u00e9 Sorbonne Nouvelle Paris 3<br \/>\n.<a title=\"\" href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Il n\u2019existe pas d\u2019enregistrement de la voix de Farinelli, on l\u2019imagine. Le com\u00e9dien Stefano Dionisi chante r\u00e9ellement mais dans sa tessiture\u00a0; il est doubl\u00e9 par un enregistrement \u00e9lectroniquement rehauss\u00e9 et associant la voix d\u2019un contre-t\u00e9nor et celle d\u2019une soprano colorature.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Voir l\u2019excellent essai de Nicholas Cook, <em>Musique, une tr\u00e8s br\u00e8ve introduction<\/em>, dont le chapitre 7 est consacr\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 \u00ab\u00a0la musique et le genre\u00a0\u00bb\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.editions-allia.com\/fr\/livre\/412\/musique-une-tres-breve-introduction\">http:\/\/ow.ly\/ak342<\/a> (\u00e9ditions Allia, trad. Nathalie Gentili, 2006).<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> L\u2019id\u00e9ologie romantique du g\u00e9nie, d\u2019une musique abstraction avec ses canons vs son versant critique qui r\u00e9inscrit la musique comme fait social et <em>performance<\/em>, une (d\u00e9)construction<\/span>.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Concert | Auditorium du Mus\u00e9e du Louvre | En savoir plus Cycle CLIP&amp;CLAP : Une exploration de la musique en images Les ambigu\u00eft\u00e9s de la voix, 30 mars \u00e0 20h30 \u00e0 l&rsquo;Auditorium du Mus\u00e9e du Louvre.\u00a0 La critique de Delphine Evans La critique de Luo [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":10572,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[25,33],"tags":[],"class_list":["post-2457","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-concert","category-musee-du-louvre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2457","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2457"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2457\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2457"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2457"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2457"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}