{"id":2683,"date":"2012-05-17T20:00:17","date_gmt":"2012-05-17T18:00:17","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=2683"},"modified":"2012-05-17T20:00:17","modified_gmt":"2012-05-17T18:00:17","slug":"cesena","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=2683","title":{"rendered":"Cesena"},"content":{"rendered":"<p>Danse | Th\u00e9\u00e2tre de la Ville | <a href=\"http:\/\/www.theatredelaville-paris.com\/spectacle-anneteresadekeersmaeker-379\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"font-size: 12px\"><strong><em>Cesena<\/em>, un spectacle d&rsquo;Anna Teresa de Keersmaeker et <\/strong><\/span><strong><span style=\"font-size: 12px\">Bj\u00f6rn Schmelzer, cr\u00e9\u00e9 et interpr\u00e9t\u00e9 par la compagnie Rosas et l&rsquo;ensemble Graindelavoix<\/span><\/strong><span style=\"font-size: 12px\"><strong><strong>\u00a0<\/strong> au <a href=\"http:\/\/www.theatredelaville-paris.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Th\u00e9\u00e2tre de la Ville<\/a>. <\/strong><\/span><\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"#isaeva\"><span style=\"font-size: 12px\">La critique de Victoria Isaeva<\/span><\/a><\/li>\n<li><span style=\"font-size: 12px\"><a href=\"#Pilorget\">La critique de Julie Pilorget<\/a><\/span><\/li>\n<li><span style=\"font-size: 12px\"><a href=\"#Tirard\">La critique de L\u00e9a Tirard<\/a><\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\"><a name=\"isaeva\"><\/a>La fameuse chor\u00e9graphe Belge Anne Teresa De Keersmaeker a pr\u00e9sent\u00e9 au public parisien le 17 mai 2012 son spectacle <em>Cesena<\/em> qui avait connu son premier succ\u00e8s au Festival d\u2019Avignon 2011. <em>Cesena<\/em> a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en collaboration avec Bj\u00f6rn Schmelzer qui a r\u00e9ussi \u00e0 redonner la vie aux chants religieux du XIV<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. En effet ce spectacle repr\u00e9sente une merveilleuse combinaison de la danse et du chant. Treize danseurs et six chanteurs fusionnent dans un mouvement. Les danses particuli\u00e8res chaotiques et dynamiques se remplacent par les chants d\u2019une puret\u00e9 et douceur extraordinaire. Dans l\u2019air on sent une tension \u00e9motionnelle permanente. L\u2019action du spectacle nous renvoie \u00e0 l\u2019Italie du Moyen Age.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cesena, petite ville au nord de l\u2019Italie, \u00e9tait longtemps contest\u00e9e par les papes et les empereurs du Saint-Empire romain Germanique. L\u2019atroce massacre de 1377 o\u00f9 plus de 2500 habitants r\u00e9volt\u00e9s furent tu\u00e9s par le Cardinal de Gen\u00e8ve, a obtenu dans l\u2019histoire le nom \u00ab\u00a0Cesena Bloodbath\u00a0\u00bb. C\u2019est cet \u00e9pisode qui est au c\u0153ur du sujet du spectacle. L\u2019action commence dans le noir et\u00a0 on ne peut distinguer les artistes que par leurs voix et par les bruits de leurs courses. Peu \u00e0 peu la lumi\u00e8re apparait et d\u00e9couvre une sc\u00e8ne vide et noire avec un cercle de sable blanc au milieu. Les danseurs courent et sautent \u00e0 travers ce cercle et dans leurs mouvement se r\u00e9v\u00e8le une douleur insoutenable\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Je pense que <em>Cesena<\/em> est un spectacle qu\u2019il faut absolument voir. La virtuosit\u00e9 avec laquelle il est cr\u00e9\u00e9 ne laissera pas indiff\u00e9rent. Les chants sereins <em>a capella<\/em> \u00e0 six voix et les mouvements souples et en m\u00eame temps brusques et tr\u00e8s \u00e9motionnels des danseurs vous font sentir le drame historique qui a eu lieu au XIV<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, et s\u2019adressent \u00e0 vos sentiments. &#8211; <strong>Victoria Isaeva<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><a name=\"Pilorget\"><\/a>Pour sa nouvelle cr\u00e9ation, la chor\u00e9graphe belge Anne Teresa De Keersmaeker renoue avec l\u2019<em>Ars Subtilor<\/em>, mouvement musical du sud de la France apparu au XIV<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, d\u00e9j\u00e0 au centre de sa pr\u00e9c\u00e9dente cr\u00e9ation <em>En Attendant<\/em>, \u00e9galement pr\u00e9sent\u00e9 au Th\u00e9\u00e2tre de la Ville en 2011. Evoluant autour d\u2019un cercle parfait de sable clair, danseurs et chanteurs m\u00ealent leur art dans un corps \u00e0 corps tr\u00e8s prenant,\u00a0 mais duquel ressort \u00e9galement une crainte, une tension toujours palpable renvoyant sans doute \u00e0 l\u2019histoire de la ville dont la chor\u00e9graphie tire son nom, Cesena. Les habitants r\u00e9volt\u00e9s de cette petite ville du nord de l\u2019Italie furent assi\u00e9g\u00e9s puis massacr\u00e9s par Robert de Gen\u00e8ve en 1377 quand celui-ci n\u2019\u00e9tait pas encore devenu le pape avignonnais Cl\u00e9ment VII, grand d\u00e9fenseur des arts \u00e0 la cour pontificale.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">La symbiose entre les danseurs de la compagnie <em>Rosas<\/em> et les chanteurs de l\u2019ensemble vocal <em>Graindelavoix<\/em> est telle qu\u2019on ne parvient pas toujours \u00e0 distinguer les deux types d\u2019artistes. Dans une polyphonie d\u2019un autre temps, ils nous transportent dans un univers emprunt de m\u00e9ditation, d\u2019une dimension spirituelle forte souvent pr\u00e9sente dans les cr\u00e9ations d\u2019Anne Teresa De Keersmaeker que l\u2019on sait vers\u00e9e dans les cosmogonies orientales.\u00a0 Rarement au sol, le regard hargard, les danseurs dirigent leurs mouvements vers le ciel. Le d\u00e9cor tr\u00e8s \u00e9pur\u00e9 de la sc\u00e8ne, le jeu sur la lumi\u00e8re blanche \u2013 qui retranscrit le cr\u00e9puscule de la cour d\u2019Avignon o\u00f9 fut pr\u00e9sent\u00e9 pour la premi\u00e8re fois le ballet &#8211; et la figure g\u00e9om\u00e9trique accentuent la dimension philosophique de l\u2019ensemble.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">Une extr\u00eame douceur et s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 ressort de cette cr\u00e9ation. La virtuosit\u00e9 et la gr\u00e2ce des danseurs, la d\u00e9licatesse et la puret\u00e9 du chant des membres de l\u2019ensemble vocal dirig\u00e9 par Bj\u00f6rn Schmelzer invitent de le spectateur le temps de la repr\u00e9sentation \u00e0 un voyage hors du temps. &#8211; <strong>Julie Pilorget <\/strong><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><a name=\"Tirard\"><\/a>Dans <em><a name=\"Tirard\"><\/a>Cesena, <\/em>spectacle cr\u00e9\u00e9 par Anne Teresa de Keersmaeker et Bj\u00f6rn Schmelzer, chanteurs\u00a0 et danseurs prennent part \u00e0 une communion sacr\u00e9e de chor\u00e9graphie contemporaine et de chant religieux m\u00e9di\u00e9val. Anne Teresa dit dans son interview par Maxime Fleuriot pour le festival d\u2019Avignon \u201cJe n\u2019avais jamais os\u00e9 aborder la musique ant\u00e9rieure \u00e0 Monteverdi. J\u2019\u00e9tais r\u00e9ticente parce que je pensais que cette musique \u00e9tait avant tout une musique sacr\u00e9e et cela me faisait peur, me g\u00eanait.\u201d Or nous ne doutons pas que l\u2019exp\u00e9rience <em>Cesena <\/em>aura inverti son appr\u00e9hension, car c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment la sacralit\u00e9 qui dans ce spectacle conquiert l\u2019attention et les sens du spectateur.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">La sacralit\u00e9 dans <em>Cesena, <\/em>c\u2019est la communion des participants mis en mouvement comme un seul chant anim\u00e9 par le corps : chanteurs dansent et danseurs chantent au sein d\u2019une m\u00eame p\u00e9nombre enceintre de t\u00e9n\u00e8bres, jusqu\u2019\u00e0 ce que la lumi\u00e8re ouvre l\u2019espace aux dimensions enti\u00e8res de la sc\u00e8ne \u00e0 partir de la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du spectacle. C\u2019est le chant : l\u2019ensemble graindelavoix r\u00e9unit des solistes splendides. Cette musique m\u00e9di\u00e9vale bourdonnante valorise la puret\u00e9 des timbres cocoon\u00e9s par les harmoniques et basses qui emplissent le registre medium, tout en se d\u00e9roulant avec vivacit\u00e9 dans des figures contra-puntiques exquises, l\u00e9g\u00e8res et hypnotisantes de r\u00e9gularit\u00e9 et de vari\u00e9t\u00e9, v\u00e9ritables chants d\u2019oiseaux \u00e0 variations ind\u00e9finies et procurant une sensation de bercement constant. L\u00e0 tient la sacralit\u00e9 du chant m\u00e9di\u00e9val, dans cette r\u00e9gularit\u00e9 ber\u00e7ante des harmoniques cependant aviv\u00e9es d\u2019ornements infinis, et soutenue par des chanteurs au sein de leur son. Ce m\u00eame son mettait en vibration les corps, aux mouvements certes gu\u00e8res d\u00e9chiffrables pour un spectateur non averti, mais non moins harmonieux et pleins de vitalit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">On regrette peut-\u00eatre l\u2019absence de r\u00e9cit et de sentiments de ce genre spectacle qui plonge les spectateurs dans une inertie \u00e9motionnelle v\u00e9cue comme ennuyeuse par certains, et l\u2019absence totale d\u2019humour. Mais depuis quand le sacr\u00e9 a t-il de l\u2019humour ? <em>Cesena <\/em>est une authentique exp\u00e9rience spirituelle et de contemplation sonore et visuelle, \u00e0 voir ! &#8211; <strong>L\u00e9a Tirard<\/strong><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Danse | Th\u00e9\u00e2tre de la Ville | En savoir plus Cesena, un spectacle d&rsquo;Anna Teresa de Keersmaeker et Bj\u00f6rn Schmelzer, cr\u00e9\u00e9 et interpr\u00e9t\u00e9 par la compagnie Rosas et l&rsquo;ensemble Graindelavoix\u00a0 au Th\u00e9\u00e2tre de la Ville. 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