{"id":3097,"date":"2012-10-07T20:00:59","date_gmt":"2012-10-07T18:00:59","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=3097"},"modified":"2012-10-07T20:00:59","modified_gmt":"2012-10-07T18:00:59","slug":"les-noces-de-figaro","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=3097","title":{"rendered":"Les Noces de Figaro"},"content":{"rendered":"<p>Op\u00e9ra | Op\u00e9ra national de Paris | <a href=\"https:\/\/www.opera-online.com\/items\/productions\/les-noces-de-figaro-opera-national-de-paris-bastille-2012\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"font-size: 12px\"><strong>Op\u00e9ra buffa en quatre actes, musique de W.A. Mozart, livret de Lorenzo Da Ponte d&rsquo;apr\u00e8s <em>Le Mariage de Figaro<\/em> de Beaumarchais, mise en sc\u00e8ne Giorgio Strehler sous la direction musicale d&rsquo;Evelino Pido, \u00e0 l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.operadeparis.fr\/\">Op\u00e9ra national de Paris<\/a>. <\/strong><\/span><\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><a href=\"#Belouneh\">La critique de Marie-Nour Belouneh<\/a><\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><a href=\"#Bernat\">La critique de Laurent Bernat<\/a><\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><a href=\"#Blanc\">La critique de Pascale Blanc<\/a><\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: justify\"><a href=\"#Chehade\"><span style=\"font-size: 12px\">La critique de Nora Chehade<\/span><\/a><\/li>\n<li style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><a href=\"#Dawod\">La critique de Mona Dawod<\/a><\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><a href=\"#Marliere\">La critique de Pierre Marli\u00e8re<\/a><\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><a href=\"#Pasquet\">La critique d&rsquo;Ariane Pasquet<\/a><\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><a href=\"#Renauld\">La critique de Sophie Renauld<\/a><\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><a name=\"Belouneh\"><\/a>La repr\u00e9sentation a eu lieu le dimanche 7 octobre \u00e0 14h30 \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ra Bastille. <em>Les Noces de Figaro<\/em> est un op\u00e9ra Buffa en quatre actes datant de 1786. La musique a \u00e9t\u00e9 compos\u00e9e par Wolfgang Amadeus Mozart sur un livret r\u00e9dig\u00e9 par Lorenzo Da Ponte d&rsquo;apr\u00e8s la com\u00e9die \u00ab Le Mariage de Figaro \u00ab de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais. Cet op\u00e9ra est le premier des trois issus de la collaboration entre Mozart et Da Ponte, les deux autres \u00e9tant Don Giovanni et Cos\u00ec fan tutte.<br \/>\nL\u2019action se d\u00e9roule pr\u00e8s de S\u00e9ville au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Figaro et Susanna, respectivement valet et cam\u00e9riste du Comte et de la Comtesse Almaviva, doivent se marier. Mais leur bonheur risque d\u2019\u00eatre troubl\u00e9 par les manigances du Comte qui essaye de s\u00e9duire Susanna. Aid\u00e9s de la Comtesse, d\u00e9laiss\u00e9e par son mari frivole, Figaro et Susanna devront faire preuve d\u2019imagination pour d\u00e9jouer ses pi\u00e8ges ainsi que ceux de Marcellina (gouvernante), Bartolo (m\u00e9decin) et Basilio (ma\u00eetre de musique) et utiliser au mieux les maladresses de Ch\u00e9rubino, jeune page enflamm\u00e9 amoureux de la comtesse. L\u2019histoire sera rythm\u00e9e par de nombreux quiproquos et rebondissements si caract\u00e9ristiques de l\u2019op\u00e9ra Buffa.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12px\">Cette production des <em>Noces de Figaro<\/em> mise en sc\u00e8ne par Giorgio Strehler sous la direction musicale de Evelino Pido est une v\u00e9ritable r\u00e9ussite. Comme Beaumarchais l\u2019avait fait dans sa pi\u00e8ce, Mozart a respect\u00e9 les trois unit\u00e9s : caract\u00e9ristiques du th\u00e9\u00e2tre classique de la seconde moiti\u00e9 du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. L\u2019unit\u00e9 de temps tout d\u2019abord ; l\u2019op\u00e9ra se d\u00e9roule sur une seule journ\u00e9e. Il d\u00e9bute le matin dans la chambre de Susanna et Figaro pr\u00e9parant leur mariage et s\u2019ach\u00e8ve dans le jardin, l\u00e0 o\u00f9 les masques tombent et les manigances sont d\u00e9voil\u00e9es. L\u2019unit\u00e9 de lieu ensuite : bien que nous ayons plusieurs d\u00e9cors, tous appartiennent au ch\u00e2teau Almaviva. L\u2019unit\u00e9 d\u2019action enfin : pr\u00e9sente d\u00e8s le titre, c\u2019est bien du mariage de Figaro dont il sera question tout le long de l\u2019histoire.<br \/>\nLes personnages occupent tout l\u2019espace, rendant l\u2019action dynamique et fluide. Les d\u00e9cors viennent de la fameuse Scala de Milan ; nous avons quatre tableaux : un pour chaque acte. Le premier repr\u00e9sente la chambre de Figaro et de Susanna, le second la chambre de la comtesse, le troisi\u00e8me la salle du mariage et le dernier un jardin.<br \/>\nNous passons ainsi d\u2019un environnement priv\u00e9 \u00e0 un espace public en plein air. Ce changement de d\u00e9cor illustre \u00e9galement le bouleversement de l\u2019intimit\u00e9 entre Figaro et Susanna, jeunes fianc\u00e9s que tout le monde veut emp\u00eacher de se marier. Les costumes quant \u00e0 eux refl\u00e8tent parfaitement la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 li\u00e9e au comique de situation omnipr\u00e9sent dans l\u2019op\u00e9ra sans oublier quelques teintes sombres pour les personnages plus myst\u00e9rieux comme Marcellina par exemple. Giorgio Strehler joue \u00e9galement beaucoup sur les \u00e9clairages avec des effets d\u2019ombre et de lumi\u00e8re et de clair obscur atteignant leur apog\u00e9e lors de l\u2019acte IV dans le jardin, appuyant les effets de myst\u00e8re et de suspense. Les chanteurs quant \u00e0 eux expriment tout le lyrisme du texte avec justesse et profondeur pour le plus grand plaisir des spectateurs.<br \/>\nConclusion : Une performance r\u00e9alis\u00e9e par une main de ma\u00eetre pour ce qui restera l\u2019un des op\u00e9ras les plus c\u00e9l\u00e8bres de Mozart ! &#8211; <strong>Marie-Nour Belouneh<\/strong><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><a name=\"Bernat\"><\/a>Que le spectateur \u00e9pris de mises en sc\u00e8ne novatrices et iconoclastes des op\u00e9ras du patrimoine se garde d\u2019aller \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Paris pour y voir les<em> Noces de Figaro<\/em> de Mozart<a title=\"\" href=\"#_edn1\" name=\"_ednref1\">[i]<\/a>\u00a0! Il s\u2019agit d\u2019une mise en sc\u00e8ne de l\u2019\u0153uvre qu\u2019on pourrait dire \u00ab\u00a0classique\u00a0\u00bb. On n\u2019y trouvera pas en tout cas de transposition de l\u2019action en un autre lieu ou en un autre temps. Nous sommes bien \u00e0 S\u00e9ville et Figaro et Suzanne sont bien les serviteurs du Comte Almaviva et de son \u00e9pouse la Comtesse. L\u2019intrigue \u2013 fid\u00e8le \u00e0 la com\u00e9die de Beaumarchais<a title=\"\" href=\"#_edn2\" name=\"_ednref2\">[ii]<\/a> \u2013 r\u00e9sum\u00e9e au plus simple est la suivante\u00a0: le Comte a l\u2019intention de profiter du droit de cuissage sur Suzanne qui va se marier avec Figaro. Evidemment, les serviteurs de m\u00eame que la Comtesse n\u2019y entendent pas de cette oreille. Le projet du Comte sera finalement d\u00e9jou\u00e9.<br \/>\nFigaro, qui devrait \u00eatre expert en manigances et intrigues (comme en t\u00e9moigne son air du premier acte \u00ab\u00a0Se vuol ballare\u00a0\u00bb), se r\u00e9v\u00e8le moins habile que sa promise Suzanne tout en fra\u00eecheur, en habilet\u00e9 instinctive \u2013 on ne peut pas s\u2019emp\u00eacher de l\u2019adorer. Comme l\u2019\u00e9crit Jean Starobinsky, \u00ab\u00a0en chacun des actes (\u2026) Suzanne occupe une position centrale.\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_edn3\" name=\"_ednref3\">[iii]<\/a>. C\u2019est elle qui, souvent, fait avancer l\u2019intrigue de mani\u00e8re d\u00e9cisive. On pr\u00e9tend parfois que cet op\u00e9ra, fruit de la collaboration entre Mozart et Da Ponte, aurait perdu sa port\u00e9e politique et sociale par rapport \u00e0 la pi\u00e8ce dont il est tir\u00e9. On peut lire, par exemple\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019intention satyrique et sociale de la com\u00e9die a \u00e9t\u00e9 quelque peu trahie par le librettiste, mais l\u2019op\u00e9ra y gagne en charme et en fra\u00eecheur.\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_edn4\" name=\"_ednref4\">[iv]<\/a> Le spectateur pourra se rendre compte que les<em> Noces<\/em> ne sont pas sans force critique\u00a0: nous avons d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9 le premier air de Figaro qui n\u2019est pas sans rappeler les r\u00e9flexions de Mozart lui-m\u00eame\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est le c\u0153ur qui rend l\u2019homme noble, et si je ne suis pas comte j\u2019ai peut-\u00eatre plus d\u2019honneur chevill\u00e9 au corps que bien des comtes\u00a0; et valet ou comte, du moment qu\u2019il m\u2019insulte, c\u2019est une canaille\u00a0\u00bb (1781)<a title=\"\" href=\"#_edn5\" name=\"_ednref5\">[v]<\/a>. La sc\u00e8ne finale o\u00f9 la servante et sa ma\u00eetresse \u00e9changent leurs v\u00eatements afin de pi\u00e9ger le Comte ne conduit-elle pas \u00e0 se repr\u00e9senter qu\u2019en somme elles sont \u00e9gales\u00a0? Et l\u2019\u00e9galit\u00e9 n\u2019est-elle pas la notion motrice des r\u00e9volutions de la fin de XVIII\u00b0 si\u00e8cle<a title=\"\" href=\"#_edn6\" name=\"_ednref6\">[vi]<\/a>\u00a0(dont celle qui se pr\u00e9pare subrepticement alors en France) ?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">La mise en sc\u00e8ne de ce chef d\u2019\u0153uvre \u2013 qui est chef d\u2019\u0153uvre gr\u00e2ce au livret tout aussi bien qu\u2019\u00e0 la musique \u2013 date en fait des ann\u00e9es 1970 et est sign\u00e9e Giorgio Strehler (1921-1997). Du coup, assister aux <em>Noces<\/em> \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra Bastille, c\u2019est aussi pouvoir avoir un t\u00e9moignage de l\u2019histoire de la mise en sc\u00e8ne. Strehler \u00e9tait anim\u00e9 par l\u2019id\u00e9e d\u2019un certain th\u00e9\u00e2tre\u00a0: \u00ab\u00a0Cette id\u00e9e, transmise de Copeau jusqu\u2019\u00e0 Vilar \u00e9tait celle d\u2019un th\u00e9\u00e2tre populaire.\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_edn7\" name=\"_ednref7\">[vii]<\/a><br \/>\nGr\u00e2ce \u00e0 cette mise en sc\u00e8ne, les personnages nous sont accessibles et leurs pr\u00e9occupations, leurs sentiments, leurs \u00e9garements passionn\u00e9s ont \u00e0 voir avec les n\u00f4tres. Strehler disait\u00a0: \u00ab\u00a0Il y a une universalit\u00e9 chez Mozart qui doit appara\u00eetre sur la sc\u00e8ne\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_edn8\" name=\"_ednref8\">[viii]<\/a>. M\u00eame le Comte n\u2019est pas jet\u00e9 dans une distance de \u00ab\u00a0classe\u00a0\u00bb, comme l\u2019ennemi \u00e0 abattre, loin des mouvements communs des c\u0153urs. A son \u00e9gard, Strehler affirmait\u00a0: \u00ab\u00a0le Comte est un homme qui na\u00eet dans une certaine soci\u00e9t\u00e9, au seuil de la R\u00e9volution fran\u00e7aise. (\u2026) le Comte d\u00e9borde ces probl\u00e8mes de classe pour incarner l\u2019humain. Nous tous, nous nous trompons, nous sommes tromp\u00e9s, nous tous, nous sommes illogiques, jaloux\u2026\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_edn9\" name=\"_ednref9\">[ix]<\/a>.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">La musique de Mozart est \u00e0 la fois savante et \u00ab\u00a0populaire\u00a0\u00bb ou, pour \u00eatre plus pr\u00e9cis, disons qu\u2019elle autorise une authentique <em>mise en commun<\/em> puisque ses airs contiennent des m\u00e9lodies que l\u2019on retient, que l\u2019on peut \u00ab\u00a0emporter\u00a0\u00bb avec soi par cons\u00e9quent, et se les chanter \u00e0 loisir hors de l\u2019op\u00e9ra. Merveilleux art que l\u2019op\u00e9ra qui permet une <em>appropriation<\/em> par le spectateur au plus intime de lui-m\u00eame\u00a0: de sa m\u00e9moire, de son imagination, de son d\u00e9sir. Le d\u00e9sir justement trouve une incarnation attachante dans le personnage de Ch\u00e9rubin rallum\u00e9 par n\u2019importe quelle pr\u00e9sence f\u00e9minine, ce qui donne lieu \u00e0 l\u2019un de ces airs inoubliable\u00a0: \u00ab\u00a0Non so pi\u00f9 cosa son\u00a0\u00bb (acte I). Mozart est sans le savoir parfaitement en phase avec les exigences de Jean-Jacques Rousseau concernant l\u2019op\u00e9ra\u00a0: \u00ab\u00a0Apr\u00e8s un bel <em>Air<\/em>, on est satisfait, l\u2019oreille ne d\u00e9sire plus rien\u00a0; il reste dans l\u2019imagination, on l\u2019emporte avec soi, on le r\u00e9p\u00e8te \u00e0 volont\u00e9\u00a0; sans pouvoir en rendre une seule Note on l\u2019ex\u00e9cute dans son cerveau tel qu\u2019on l\u2019entendit au Spectacle\u00a0; on voit la Scene [sic], l\u2019Acteur, le Th\u00e9\u00e2tre\u00a0; on entend l\u2019accompagnement, l\u2019applaudissement.\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_edn10\" name=\"_ednref10\">[x]<\/a> Mozart cultive aussi les ensembles o\u00f9, comme cela ne peut avoir lieu dans le th\u00e9\u00e2tre parl\u00e9 sans invraisemblance (le texte de chacun ne se superpose g\u00e9n\u00e9ralement pas \u00e0 celui de l\u2019autre), les chanteurs chantent souvent en parall\u00e8le les uns des autres, formant harmonie avec des textes \u2013 et des intentions \u2013 dissemblables. Mozart n\u2019aurait-il pas saisi au plus juste \u2013 par la musique \u2013 l\u2019\u00e9trange cacophonie et la gesticulation, auxquelles nous ne cessons de donner lieu,\u00a0r\u00e9unies pourtant dans un \u00ab\u00a0ensemble\u00a0\u00bb social\u00a0?<br \/>\nLors du spectacle en tout cas, on appr\u00e9cie le geste juste des chanteurs, la lisibilit\u00e9 parfaite de l\u2019\u0153uvre et de son intrigue. L\u2019op\u00e9ra est parfaitement chant\u00e9. Une mention sp\u00e9ciale pour la chanteuse Emma Bell dans le r\u00f4le de la Comtesse dont la voix sonore semble remplir miraculeusement l\u2019espace de sa chaleur. On a globalement affaire \u00e0 des chanteurs-acteurs \u2013 ce que requiert l\u2019op\u00e9ra mozartien qui n\u2019est nullement destin\u00e9 \u00e0 la seule mise sc\u00e8ne de belles voix valant pour elles-m\u00eames. L\u2019orchestre de l\u2019op\u00e9ra de Paris, dans la fosse, dirig\u00e9 par Evelino Pido, d\u00e9roule sa sonorit\u00e9 velout\u00e9e sans cultiver des contrastes accus\u00e9s. Le spectacle est fortement applaudi par les spectateurs finalement reconnaissants de ce beau moment de th\u00e9\u00e2tre et de musique. &#8211;<strong> Laurent Bernat<\/strong><\/span><\/p>\n<div>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div id=\"edn1\">\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 11px\"><a title=\"\" href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\">[i]<\/a> Cr\u00e9ation\u00a0: 1786.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ednref2\" name=\"_edn2\">[ii]<\/a> <em>Le Mariage de Figaro<\/em>, 1784. Le livret des <em>Noces de Figaro<\/em>, en italien, est sign\u00e9 Lorenzo da Ponte.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ednref3\" name=\"_edn3\">[iii]<\/a> Starobinsky Jean, \u00ab\u00a0Sur la circulation des personnages et des objets dans les <em>Nozze di Figaro<\/em>\u00a0\u00bb, programme des <em>Noces de Figaro<\/em> \u00e9dit\u00e9 par l\u2019Op\u00e9ra de Paris, saison 2012-2013, p. 66.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ednref4\" name=\"_edn4\">[iv]<\/a> <em>Le Petit Robert des noms propres<\/em>, \u00e9dition revue de 2004, article \u00ab\u00a0<em>Les noces de Figaro<\/em>\u00a0\u00bb.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ednref5\" name=\"_edn5\">[v]<\/a> Programme des <em>Noces de Figaro<\/em> \u00e9dit\u00e9 par l\u2019Op\u00e9ra de Paris, saison 2012-2013, p. 52.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ednref6\" name=\"_edn6\">[vi]<\/a> 1783\u00a0: fin de la guerre d\u2019ind\u00e9pendance aux Etats-Unis. 1789\u00a0: R\u00e9volution fran\u00e7aise, dont le Mariage agite certaines des id\u00e9es comme dans une pr\u00e9paration non consciente.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ednref7\" name=\"_edn7\">[vii]<\/a> Strehler, Giorgio, \u00ab\u00a0Mozart, universel et humain\u00a0\u00bb, programme des <em>Noces de Figaro<\/em> \u00e9dit\u00e9 par l\u2019Op\u00e9ra de Paris, saison 2012-2013, p. 37.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ednref8\" name=\"_edn8\">[viii]<\/a> Programme des <em>Noces de Figaro<\/em> \u00e9dit\u00e9 par l\u2019Op\u00e9ra de Paris, saison 2012-2013, p. 38.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ednref9\" name=\"_edn9\">[ix]<\/a> programme des <em>Noces de Figaro<\/em> \u00e9dit\u00e9 par l\u2019Op\u00e9ra de Paris, saison 2012-2013, p. 38.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ednref10\" name=\"_edn10\">[x]<\/a> Rousseau, Jean-Jacques, <em>Dictionnaire de musique<\/em>, article \u00ab\u00a0Air\u00a0\u00bb (Volume V des <em>\u0152uvres compl\u00e8tes<\/em> dans la collection de la Pl\u00e9iade).<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"edn10\">\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><a name=\"Blanc\"><\/a>Pour celui ou celle qui est novice dans le monde de l&rsquo;Op\u00e9ra, que r\u00eaver de mieux que d&rsquo;aller voir, pour la premi\u00e8re fois, <em>Les Noces de Figaro<\/em> de Mozart. Que des \u00ab tubes \u00bb pourrait-on dire que l&rsquo;on a d\u00e9j\u00e0 entendus ici et l\u00e0, des airs tellement m\u00e9lodieux, et pourtant d&rsquo;apparence si simple, qu&rsquo;on se surprend \u00e0 les fredonner&#8230; Un autre op\u00e9ra accessible serait <em>Le Barbier de S\u00e9ville<\/em> de Rossini qui se trouve \u00eatre d&rsquo;ailleurs la \u00ab prequel \u00bb du sus-nomm\u00e9. De la Trilogie de Beaumarchais, Mozart a effet choisi le deuxi\u00e8me \u00ab \u00e9pisode \u00bb&#8230; et n&rsquo;a obtenu l&rsquo;autorisation d&rsquo;en cr\u00e9er l&rsquo;oeuvre \u00e0 Vienne, devant l&rsquo;Empereur Joseph II, qu&rsquo;\u00e0 la condition d&rsquo;en expurger tous les (nombreux) \u00e9l\u00e9ments de \u00ab provocation politique \u00bb. La pi\u00e8ce fran\u00e7aise fut cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Paris en 1784, \u00e0 la veille de la R\u00e9volution. L&rsquo;op\u00e9ra correspondant, avec un livret italien de Lorenzo da Ponte, deux ans plus tard. Quatre actes, presque quatre heures de spectacle. Mozart a travaill\u00e9 tr\u00e8s vite !<br \/>\nParmi la quinzaine de personnages du livret, deux couples sont particuli\u00e8rement sur le devant de la sc\u00e8ne. Le Comte Almaviva et sa femme Rosina, son r\u00e9gisseur Figaro qui s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 prendre pour \u00e9pouse Suzanna (femme de chambre de la pr\u00e9c\u00e9dente). L&rsquo;op\u00e9ra se d\u00e9roule pendant la folle journ\u00e9e des pr\u00e9paratifs. Le Comte qui aimerait bien r\u00e9tablir le droit de cuissage pour Suzanna (!) se voit contrer par les trois autres personnages, soud\u00e9s&#8230; Et les quatre protagonistes sont entra\u00een\u00e9s dans des intrigues secondaires et dans de nombreux rebondissements comiques. Une fin heureuse (le mariage) laisse tout de m\u00eame un go\u00fbt amer (la frivolit\u00e9 du Ma\u00eetre de maison) et, quoi qu&rsquo;on en dise, malgr\u00e9 la censure imp\u00e9riale, le Seigneur qui s&rsquo;est pos\u00e9 en rival de son serviteur a le dessous !<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">Ce spectacle \u00e0 Bastille proposait la reprise de la mise en sc\u00e8ne historique de Giorgio Strehler associ\u00e9 \u00e0 son d\u00e9corateur-costumier Ezio Frigerio. Cette production, acclam\u00e9e par la critique et le public, date de l&rsquo;\u00e8re du Directeur de l&rsquo;Op\u00e9ra Garnier, Rolf Liebermann (1973-1980). La premi\u00e8re version strehlerienne fut mont\u00e9e en 1973, puis reprise lors de saisons ult\u00e9rieures, jusqu&rsquo;aux plus r\u00e9centes \u00e0 Bastille en 2010 et 2012. Le service culturel de Paris IV nous offrait donc d&rsquo;assister \u00e0 la 186\u00e8me repr\u00e9sentation de la s\u00e9rie !<br \/>\nCelui qu&rsquo;on a c\u00e9l\u00e9br\u00e9 comme un des grands metteurs en sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre du XX\u00e8me si\u00e8cle, sp\u00e9cialiste de Goldoni, a voulu, pour cette journ\u00e9e particuli\u00e8re, mettre en valeur \u00e0 travers la sc\u00e9nographie et les d\u00e9placements des personnages, la psychologie de ceux-ci : les d\u00e9cors et costumes sont inspir\u00e9s de la peinture du XVIII\u00e8me si\u00e8cle, avec, a-t-on pu dire, une \u00ab dramaturgie des couleurs \u00bb et des jeux d&rsquo;ombre, de lumi\u00e8re aux r\u00e9glages tr\u00e8s pr\u00e9cis. Pour les chambres \u00e0 coucher, de grands murs moulur\u00e9s cr\u00e8me avec des fen\u00eatres hautes laissent p\u00e9n\u00e9trer une lumi\u00e8re dor\u00e9e tombant sur quelques accessoires r\u00e9duits \u00e0 l&rsquo;essentiel (lit, fauteuil, placard, malle)&#8230; Les teintes, chaleureuses, s&rsquo;harmonisent avec les beiges, ocres, bruns des costumes, et cr\u00e9ent des sc\u00e8nes d&rsquo;int\u00e9rieur, d&rsquo;intimit\u00e9. Le troisi\u00e8me acte, avec son salon de r\u00e9ception tout en profondeur, dont le sol est rythm\u00e9 par de longues bandes de lumi\u00e8re (provenant des immenses fen\u00eatres \u00e0 grands carreaux sur le c\u00f4t\u00e9), accueille des costumes de repr\u00e9sentation, velours rouge vif, marron sombre. La derni\u00e8re partie bascule dans les couleurs froides. La nuit, dans le parc, avec un \u00ab clair de lune \u00bb central peint, omnipr\u00e9sent, et des bosquets qui structurent l&rsquo;espace, figur\u00e9s par des cubes peints de feuillages bleu sombre et vert. L&rsquo;on sent bien qu&rsquo;\u00e0 la lumi\u00e8re succ\u00e8de l&rsquo;obscurit\u00e9, dangereuse, celle qui peut briser le destin des personnages.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">Le Milanais n&rsquo;\u00e9tant plus de ce monde pour r\u00e9gler cette \u00e9ni\u00e8me production, il a \u00e9t\u00e9 \u00ab second\u00e9 \u00bb par Humbert Camerlo qui a donc repris \u00e9galement les d\u00e9cors et costumes de Ezio Frigerio. La cr\u00e9ation du Ma\u00eetre a-t-elle \u00e9t\u00e9 scrupuleusement respect\u00e9e, c&rsquo;est la question que nous pourrions nous poser&#8230; De m\u00eame pourrions-nous nous interroger sur la pertinence d&rsquo;une mise en sc\u00e8ne qui laisse beaucoup de place au \u201cvide\u201d et donc au jeu des personnages, \u00e0 leurs mouvements, mimiques, \u00e0 leur vie int\u00e9rieure et \u00e0 leurs conversations, dans un espace aussi vaste que celui de Bastille&#8230;<br \/>\nEn ce qui concerne la distribution, un changement de derni\u00e8re minute a pu inqui\u00e9ter : Camilla Tilling, la soprano qui jouait Suzanna \u00e9tant souffrante, a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e \u00ab au pied lev\u00e9 \u00bb nous a-t-on bien sp\u00e9cifi\u00e9, par Ekaterina Syurina (justement interpr\u00e8te du r\u00f4le en 2010 dans la m\u00eame mise en sc\u00e8ne de Strehler !). Et celle-ci s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e parfaite, vive, piquante, enjou\u00e9e, espi\u00e8gle, rus\u00e9e, dans les chants et \u00e9galement dans les si difficiles r\u00e9citatifs. Celle qui personnifiait la Comtesse, la soprano Emma Bell, fut \u00e9galement magnifique avec ses aigus chauds et enveloppants, souples et ma\u00eetris\u00e9s, et cette tension dramatique qui a rendu ses apparitions tr\u00e8s fortes. Quelle merveille que son aria \u00ab Porgi amor \u00bb en d\u00e9but d&rsquo;Acte II ! Le r\u00f4le du grand Seigneur constituait un d\u00e9fi puisqu&rsquo;il \u00e9tait chant\u00e9 par le baryton Luca Pisaroni, d\u00e9j\u00e0 excellent Figaro, mobile et malin, dans la version de 2010. Bien que techniquement tr\u00e8s au point, ce dernier n&rsquo;a pas encore enti\u00e8rement convaincu, manquant peut-\u00eatre encore plus d&rsquo;autorit\u00e9, de morgue et de puissance dramatique. Quant au valet sur lequel repose une grande partie de l&rsquo;action, c&rsquo;est justement le pr\u00e9c\u00e9dent, Luca Pisaroni, qu&rsquo;il nous aurait encore fallu ! Le baryton Alex Esposito, dont la voix \u00e9tait difficilement audible, m\u00e9riterait \u00e9galement de travailler encore son jeu de sc\u00e8ne et l&rsquo;occupation de l&rsquo;espace. Le petit page Cherubino, r\u00f4le travesti interpr\u00e9t\u00e9 par la mezzo-soprano Anna Grevelius, a d\u00e9livr\u00e9 avec fra\u00eecheur et exaltation les deux airs qui sont sans doute les plus c\u00e9l\u00e8bres de l&rsquo;oeuvre, \u00ab Non so pi\u00f9 cosa son, cosa faccio \u00bb et \u00ab Voi che sapete \u00bb. Les r\u00f4les secondaires furent \u00e9galement bien choisis. A noter un Don Basilio (Carlos Chausson) et une Barberina (Zoe Nicolaidou) aux timbres s\u00e9duisants, et une Marcellina (Mary McLaughlin), tr\u00e8s joueuse, tr\u00e8s com\u00e9dienne&#8230; Evelino Pido dirigeait l&rsquo;Orchestre et le Choeur de l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris avec entrain et allant, la gaiet\u00e9 en fut communicative.<br \/>\nFinalement, un spectacle total d&rsquo;une tr\u00e8s grande beaut\u00e9 (qu&rsquo;on imaginerait avec gourmandise dans l&rsquo;espace plus intime de l&rsquo;Op\u00e9ra de Versailles par exemple). Une musique merveilleuse, tout \u00e0 tour entra\u00eenante, \u00e9mouvante, joyeuse ou m\u00e9lancolique. Des airs de solistes, mais aussi des duos, trios, quatuors&#8230; jusqu&rsquo;au fameux ensemble \u00e0 neuf voix ! Des merveilles qui nous p\u00e9n\u00e8trent et nous rendent heureux ! &#8211; <strong>Pascale Blanc<\/strong> <\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><a name=\"Chehade\"><\/a>L&rsquo;on pourrait presque entendre les accents r\u00e9volutionnaires de Figaro dans la lettre de Mozart de 1781\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0C&rsquo;est le c\u0153ur qui fait la noblesse de l&rsquo;homme. Et m\u00eame si je ne suis pas comte, j&rsquo;ai plus de dignit\u00e9 personnelle que bien des comtes.\u00a0\u00bb Pourtant, la tirade de Figaro, \u00e0 l&rsquo;acte V de la pi\u00e8ce de Beaumarchais, est fortement r\u00e9duite dans le livret de Da Ponte, qui \u00e9limine les phrases les plus satiriques, tel que \u00ab\u00a0Parce que vous \u00eates un grand seigneur, vous vous croyez un grand g\u00e9nie\u00a0\u00bb, ou bien \u00ab\u00a0vous vous \u00eates donn\u00e9 la peine de na\u00eetre, et rien de plus\u00a0\u00bb, ne laissant subsister principalement que l\u2019indignation envers la duplicit\u00e9 f\u00e9minine. N\u00e9anmoins, il n&rsquo;abandonne pas la r\u00e9volte du valet contre son ma\u00eetre, pr\u00e9sentant m\u00eame ce motif d\u00e8s l&rsquo;acte I, o\u00f9 le \u00ab\u00a0Se vuol ballare\u00a0\u00bb place l&rsquo;ensemble de l&rsquo;op\u00e9ra sous le signe du d\u00e9fi. D\u00e9fi de Figaro envers le Comte Almaviva\u00a0; d\u00e9fi de Suzanne envers Figaro, dans l&rsquo;\u00a0\u00ab\u00a0Air des marronniers\u00a0\u00bb, o\u00f9 elle laisse intentionnellement son nouvel \u00e9poux la soup\u00e7onner d&rsquo;infid\u00e9lit\u00e9\u00a0; d\u00e9fi de la Comtesse envers son mari, se jouant de lui mais ch\u00e9rissant tout de m\u00eame l&rsquo;espoir de voir changer son c\u0153ur ingrat. L&rsquo;op\u00e9ra, avec ses quiproquos et ses romances d\u00e9jou\u00e9es, se place sous le signe de la com\u00e9die\u00a0: la gravit\u00e9 fait finalement toujours place \u00e0 la gaiet\u00e9, comme le montre la sc\u00e8ne du pardon final.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">La production de Giorgio Strehler, donn\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris cette ann\u00e9e, allie \u00e0 la\u00a0 virtuosit\u00e9 des chanteurs lyriques et des musiciens la beaut\u00e9 du d\u00e9cor et des costumes. Chaque chanteur interpr\u00e8te son r\u00f4le avec vitalit\u00e9 et enthousiasme, soutenus par une m\u00e9lodie mozartienne pleine de subtiles nuances. Anna Grevelius, en Ch\u00e9rubin enjou\u00e9, l\u00e9ger, na\u00efvement espi\u00e8gle, courtisant la Comtesse et d\u00e9robant son ruban, peut aussi nous toucher lorsqu\u2019elle entonne le \u00ab\u00a0Non so pi\u00f9\u00a0\u00bb de la passion adolescente, d\u00e9sordonn\u00e9e et r\u00eaveuse. C\u2019est toutefois la Comtesse qui nous touche le plus, interpr\u00e9t\u00e9e par Emma Bell, dont le timbre fait vibrer le \u00ab\u00a0Dove sono\u00a0\u00bb plein de souvenirs m\u00e9lancoliques, tandis que l\u2019orchestre entame un Andantino. L\u2019on peut saluer l\u2019interpr\u00e8te de Suzanne, rempla\u00e7ante de Camille Tilling pour un jour, dont la voix, plus faible que les autres chanteurs, se trouve compens\u00e9e par une jovialit\u00e9 certaine\u00a0; au contraire de la prestation de Figaro, que l\u2019on regrette trop s\u00e9rieuse, effac\u00e9e, manquant de verve comique et d\u2019ironie. A l\u2019inverse, ce sont les seconds r\u00f4les qui nous \u00e9gaient le plus\u00a0: Ch\u00e9rubin\u00a0; le Comte, \u00e0 la carrure imposante et grave, constamment bern\u00e9 par ses proches\u00a0; mais \u00e9galement Marceline, amusante en matrone grivoise. &#8211; <strong>Nora Chehade<\/strong><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><a name=\"Dawod\"><\/a>Quoi voir pour un bapt\u00eame d&rsquo;op\u00e9ra, sinon Les Noces de Figaro ? Ce doit \u00eatre l&rsquo;\u0153uvre de Mozart et de son ami Lorenzo Da Ponte, qui comporte le plus de compositions connues et qui ne saurait nous perdre. Le rendez-vous est donc pris \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra Bastille, le dimanche 7 octobre. A peine install\u00e9e, l&rsquo;orchestre entame l&rsquo;ouverture de la pi\u00e8ce puis les rideaux d\u00e9voilent les chanteurs incarnant le valet Figaro et sa future, Susanna.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">La mise en sc\u00e8ne de 1973 de Giorgio Strehler, reprenant le texte d&rsquo;origine en langue italienne, tient toutes ses promesses de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et d&rsquo;efficacit\u00e9 : quatre tableaux sc\u00e9nographiques, tant\u00f4t \u00e9pur\u00e9s, tant\u00f4t romantiques, sont alternativement port\u00e9s \u00e0 la sc\u00e8ne. Ainsi, l&rsquo;exposition situe l&rsquo;action dans une sorte d&rsquo;antichambre, lieu de passage o\u00f9 les diff\u00e9rents personnages pr\u00e9sentent les ennuis et vell\u00e9it\u00e9s ext\u00e9rieures qui ne manqueront pas de venir contrarier le mariage annonc\u00e9. Le ton de la com\u00e9die est donn\u00e9, les chanteurs occupent avec aisance tout l&rsquo;espace sc\u00e9nique et jouent autant du rapport avec le public que du comique de r\u00e9p\u00e9tition avec des jeux de miroir savoureux entre laquais et seigneur, jeune et vieille amoureuses de Figaro.<br \/>\nL&rsquo;axe r\u00e9solument tourn\u00e9 vers le sentiment pour cette adaptation de la pi\u00e8ce de Beaumarchais, nous fait ensuite entrer dans la chambre de la Comtesse, \u00e9plor\u00e9e d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9laiss\u00e9e par son \u00e9poux en mal de s\u00e9duction, courant apr\u00e8s sa femme de chambre autant qu&rsquo;apr\u00e8s les soubrettes de la maison. En parall\u00e8le et comme virevoltant entre les sc\u00e8nes, Cherubino, personnage amoureux de toutes et amoureux tout court, redouble avec une d\u00e9concertante facilit\u00e9 et innocence les n\u0153uds de l&rsquo;intrigue, tel une figure po\u00e9tique de la complexit\u00e9 des rapports homme-femme, amant-ma\u00eetresse, seigneur-dame. La salle retient m\u00eame son souffle quand enfin, la chanteuse travestie en ce cher ange entonne le fameux \u00ab Voi che sapete \u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">Avec l&rsquo;imbroglio des int\u00e9r\u00eats et des retournements de situation, l&rsquo;espace sc\u00e9nique s&rsquo;agrandit et gagne en profondeur dans une sorte de point de fuite qui axe notre attention au premier comme \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re plan sur l&rsquo;appareil musical. Un piano \u00e0 queue \u00e0 l&rsquo;avant et un pupitre d&rsquo;orchestre au loin meublent en effet la sc\u00e8ne comme pour signifier que la musique reste le fil conducteur de l&rsquo;op\u00e9ra et qu&rsquo;elle ne manquera pas de nous faire assister aux noces, quoique mille fois mises en p\u00e9ril. Apr\u00e8s le r\u00e8glement de la part proprement mon\u00e9taire du mariage, l&rsquo;acte final cumule les quiproquos amoureux par le biais du d\u00e9guisement entre ma\u00eetresse et servante. Au b\u00e9n\u00e9fice d&rsquo;un jeu de cache-cache entrepris dans le bucolique jardin figur\u00e9 sur sc\u00e8ne, la nuit tombe et la lumi\u00e8re du jaune chaleureux de la soir\u00e9e passe au bleu intimiste et myst\u00e9rieux. Sans r\u00e9pit, nous sommes tenus en haleine jusqu&rsquo;\u00e0 la d\u00e9couverte finale qui nous rendra certains du mariage imminent de Figaro et Susanna.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">Aucune fausse note pour cette repr\u00e9sentation ! La reconnaissance successive des airs d&rsquo;op\u00e9ra qui, sans vraiment savoir comment, ont fait partie de notre culture musicale \u00e9veille une certaine excitation de les voir revivre sur sc\u00e8ne. L&rsquo;objet-accessoire, respectueux de l&rsquo;esth\u00e9tique XVIII<sup>e<\/sup>, sans surcharge, essentialise l&rsquo;esprit historique de l&rsquo;\u0153uvre. Les chanteurs-com\u00e9diens portent formidablement les personnages en coh\u00e9rence avec leur statut social. Le public, visiblement habitu\u00e9, s&rsquo;observe et rit tout \u00e0 la fois : un savant m\u00e9lange entre le plaisir d&rsquo;un spectacle total sur sc\u00e8ne et un th\u00e9\u00e2tre du monde qui se joue dans les gradins. &#8211; <strong>Mona Dawod<\/strong><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><a name=\"Marliere\"><\/a>L\u2019Op\u00e9ra Bastille et son cadre contemporain ont parfaitement \u00e9pous\u00e9\u00a0 les <em>Noces de Figaro<\/em>. Cette \u0153uvre majeure de Mozart a su capter soigneusement l&rsquo;intelligence du public et la conserver pendant pr\u00e8s de 4 heures. V\u00e9ritable prouesse si on prend en toile de fond le climat d&rsquo;ultra-rapidit\u00e9 de notre temps.\u00a0 Est-ce d\u00fb \u00e0 l&rsquo;ing\u00e9niosit\u00e9 de Mozart et Da Ponte qui sont parvenus, l&rsquo;un dans la musique, l&rsquo;autre dans le langage, \u00e0 pr\u00e9server l&rsquo;effervescence et la fluidit\u00e9 rocailleuse du texte de Beaumarchais? Ou bien la repr\u00e9sentation donn\u00e9e \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra Bastille a-t-elle su r\u00e9pondre aux attentes du spectateurs?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">En ce qui concerne le dispositif sc\u00e9nique, le metteur en sc\u00e8ne a apparemment opt\u00e9 pour la tradition formelle. Rien de surprenant au lever de rideau\u00a0; les costumes sont d&rsquo;\u00e9poque, l&rsquo;environnement de m\u00eame. Coup de baguette magique, la France du XVIII<sup>e<\/sup> ressuscite au XXI<sup>e<\/sup>. H\u00e9las, le foisonnement et la bigarrure fleurie qui imprim\u00e8rent cet \u00e2ge en moins. En un mot, nous avons affaire \u00e0 du traditionalisme \u00e9pur\u00e9. La repr\u00e9sentation\u00a0 r\u00e9pond scrupuleusement \u00e0 la projection mentale que nous nous faisons spontan\u00e9ment de l&rsquo;ancien r\u00e9gime\u00a0; la surprise ne se trouve pas du c\u00f4t\u00e9 de la mise en sc\u00e8ne. On pourrait croire que l&rsquo;\u00e9conomie sur le d\u00e9cor est consentie afin de mettre en lumi\u00e8re un jeu sc\u00e9nique plus nourri. Et bien non. il y a de grands vides sc\u00e9niques. Il faut cependant noter certaines trouvailles de la part du metteur en sc\u00e8ne qui donnent une vraie profondeur au spectacle. (la salle de bal de l&rsquo;acte III).\u00a0 Est-ce pour autant dommageable? Je ne le crois pas, au contraire m\u00eame;\u00a0 la nouveaut\u00e9 pour la nouveaut\u00e9, l&rsquo;originalit\u00e9 \u00e0 tout prix, aboutissent parfois \u00e0 des singeries laborieuses et des grimaces ineptes. Surtout, la mise en sc\u00e8ne, quoique peu originale, pr\u00e9serve n\u00e9anmoins un point cardinal de l&rsquo;esprit des Lumi\u00e8res\u00a0: la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. \u00a0\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">C\u00f4t\u00e9 musique, v\u00e9ritable plaisir. L&rsquo;orchestre nous a fait partager et savourer le g\u00e9nie de Mozart. La rempla\u00e7ante pour le r\u00f4le de Susanna se montra plut\u00f4t\u00a0\u00e0 la hauteur. Par ailleurs, mention sp\u00e9ciale pour la comtesse qui fut la seule \u00e0 provoquer une cascade d\u2019applaudissements, en fin de sc\u00e8ne et non d&rsquo;acte, avant m\u00eame que l&rsquo;orchestre ne se t\u00fbt. En ce qui concerne l\u2019acoustique, on ne peut gu\u00e8re demander plus \u00e0 une infrastructure de cette ampleur&#8230; Figurez-vous un seul et unique orchestre pour 2700 spectateurs, il y a de facto des privil\u00e9gi\u00e9s.<br \/>\nD&rsquo;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, il en ressort une interpr\u00e9tation gracieuse et touchante, quoique humble et formel. Nous vivons avec les personnages leur badinage amoureux. Mais il manque selon moi, l&rsquo;ambiance bouillante et fol\u00e2tre de ce qui doit \u00eatre, ne l&rsquo;oublions pas, <em>la folle journ\u00e9e<\/em>.\u00a0 &#8211; <strong>Pierre Marli\u00e8re<\/strong><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><a name=\"Pasquet\"><\/a><em>Les Noces De Figaro<\/em>, l\u2019op\u00e9ra-bouffe de Mozart repr\u00e9sent\u00e9 pour la premi\u00e8re fois le 1er Mai 1786, s\u2019inspire de la com\u00e9die tr\u00e8s controvers\u00e9e de Beaumarchais Le Mariage de Figaro \u00e9crite en 1778. En 1973, Strehler disait \u00e0 l\u2019occasion de la repr\u00e9sentation des Noces de Figaro au Palais Garnier : \u00ab Je ne crois pas au metteur en sc\u00e8ne qui veut faire des choses \u00e9blouissantes ou \u00e9tranges. Qu\u2019il se contente de r\u00e9v\u00e9ler les motivations claires et profondes de l\u2019ouvrage ! \u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">Et en effet, cette mise en sc\u00e8ne, reste tr\u00e8s fid\u00e8le aux livrets de Da ponte et \u00e0 l\u2019esprit de Mozart ; on ne trouve aucune transposition temporelle ni d\u2019incoh\u00e9rence avec le texte et le tout est expos\u00e9 avec une grande limpidit\u00e9 (un d\u00e9fi pour un op\u00e9ra comique regroupant autant d\u2019intrigues).\u00a0 A la sortie, nombreux sont les spectateurs qui se disent enchant\u00e9s, \u00e9merveill\u00e9s par la repr\u00e9sentation, certains ont m\u00eame du mal \u00e0 quitter la salle. D\u00e8s le premier acte, le metteur en sc\u00e8ne, nous plonge dans l&rsquo;univers bouillonnant et frivole de la noblesse du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Strehler joue remarquablement bien avec les contrastes : le spectateur passe du rire aux larmes (contraste entre des personnages frivoles, l\u00e9gers tels que Figaro ou Cherubino et des personnages plus graves, nobles comme la comtesse), les d\u00e9cors valsent entre ombres et lumi\u00e8res sur fond de musique mozartienne, tout cela cr\u00e9ant une ambiance envo\u00fbtante, po\u00e9tique qui nous fait presque regretter, \u00e0 nous citoyens du XXI<sup>e <\/sup>si\u00e8cle, ce temps de l\u2019\u00e9l\u00e9gance, des mani\u00e8res, des Lumi\u00e8res.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">La performance des chanteurs est \u00e9poustouflante, on regrette l\u2019absence de Camille Tilling en ce dimanche apr\u00e8s midi (l\u2019interpr\u00e8te officielle de Susanna) qui, si j\u2019en crois les soupirs autour de moi, \u00e9tait la r\u00e9v\u00e9lation de cette repr\u00e9sentation. Toutefois, la pr\u00e9sence d\u2019Emma Bell (La Comtesse d\u2019Almaviva) sur sc\u00e8ne nous remet vite du baume au coeur. Ses solos \u00ab Porgi, amor, qualche ristoro \u00bb (Acte II) et surtout \u00ab E Susanna non vien&#8230; Dove sono \u00bb (Acte III) qui \u00e9voque la nostalgie d&rsquo;un amour heureux, sont \u00e0 mes yeux les moments les plus bouleversants de l\u2019op\u00e9ra.\u00a0 D\u00e8s que la soprano appara\u00eet sur sc\u00e8ne le silence s&rsquo;installe, le public est subjugu\u00e9&#8230; Tout en gardant sa part de gravit\u00e9, sa douleur se fait douce, po\u00e9tique. On est sous le charme de sa sensibilit\u00e9, de l&rsquo;intensit\u00e9 de ses sentiments dans cet air d&rsquo;une grande virtuosit\u00e9. Son d\u00e9sespoir est sublime. Mes deux autres coups de coeur seraient : Luca Pisaroni qui cr\u00e9e un Comte tr\u00e8s amoureux de Suzanne, formidable baryton, d&rsquo;une tr\u00e8s belle pr\u00e9sence, et d&rsquo;un aplomb incroyable, et Anna Grevelius (Cherubino) qui a conquis tous les coeurs avec le fameux \u00a0\u00bb Voi Che Sapete\u00a0\u00bb de Mozart. &#8211; <strong>Ariane Pasquet<\/strong><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\"><a name=\"Renauld\"><\/a>Quand Wolfgang Amadeus Mozart d\u00e9cide en 1687 d\u2019adapter la pi\u00e8ce de Beaumarchais en un op\u00e9ra-bouffe, il ignore que ce choix audacieux provoquera un tournant dans sa carri\u00e8re et dans le monde musical. Encore aujourd\u2019hui cet op\u00e9ra reste en effet une r\u00e9f\u00e9rence dans l\u2019histoire de la musique classique, mais aussi dans des univers bien plus contemporains. Giorgio Strehler est donc de remettre au go\u00fbt du jour ce monument de l\u2019op\u00e9ra tout en respectant la ligne originelle de l\u2019\u0153uvre. Les plus c\u00e9l\u00e8bres airs de cet op\u00e9ra ont en effet \u00e9t\u00e9 mainte fois repris par des r\u00e9alisateurs et des publicitaires. Le d\u00e9fi du metteur en sc\u00e8ne<br \/>\nChacun se souviens de la sc\u00e8ne culte des <em>\u00c9vad\u00e9es<\/em> o\u00f9 le personnage d\u2019Andy Dufresne, interpr\u00e9t\u00e9 par Tim Robbins, d\u00e9cide de faire \u00e9couter \u00e0 tout le p\u00e9nitencier,\u00a0 le c\u00e9l\u00e9brissime duo de Sull\u2019Aria gr\u00e2ce \u00e0 des haut-parleurs. Mais il existe aussi une autre sc\u00e8ne tout aussi c\u00e9l\u00e8bre et \u00e9mouvante que celle-ci. Elle\u00a0 relate d\u2019ailleurs la gen\u00e8se de cet op\u00e9ra. Il s\u2019agit d\u2019un des passages du film <em>Amadeus<\/em> r\u00e9alis\u00e9 par Milos Forman. On y voit Mozart qui tente de convaincre l\u2019empereur de le laisser interpr\u00e9ter ces noces qui font pol\u00e9miques. Pour cela le compositeur prodige d\u00e9cide de lui mimer le d\u00e9but de l\u2019acte I o\u00f9 le h\u00e9ros Figaro mesure sa future chambre d\u2019homme mari\u00e9. <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 12px\">La cour de Prusse avait en effet vu d\u2019un mauvais \u0153il cette pi\u00e8ce o\u00f9 l\u2019on y voit le serviteur s\u2019activait \u00e9nergiquement \u00e0 prot\u00e9ger sa jolie fianc\u00e9e Susanna contre les avances de leur maitre, le comte di Almaviva. Cet op\u00e9ra qui allie avec virtuosit\u00e9 performance vocale et farce \u00e0 l\u2019Italienne aurait tr\u00e8s bien pu se nommer \u00ab\u00a0Les Noces de Susanna\u00a0\u00bb. Car cette jeune suivante intelligente et intr\u00e9pide est bien en r\u00e9alit\u00e9 le protagoniste principal de cette intrigue amoureuse. On peut d\u2019ailleurs saluer la prestation exceptionnelle d&rsquo;Ekaterina Syurina qui apporte une vitalit\u00e9 \u00e0 chacune de ces apparitions. Pendant plus de trois heures, le spectateur est plong\u00e9 dans un d\u00e9cor digne des plus belles peintures de genre de Goya ou de Fragonard. La d\u00e9coration g\u00e9n\u00e9rale de chaque acte se focalise sur une lumi\u00e8re chaude et tamis\u00e9e. L\u2019\u00e9quipe de l\u2019op\u00e9ra Bastille a su raviver l\u2019esprit d\u00e9suet, mais toujours sensuel des \u0153uvres figuratives de la fin du XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. La pi\u00e8ce est avant tout un v\u00e9ritable plaisir \u00e0 \u00e9couter et voir. Il faut enfin signaler le v\u00e9ritable pouvoir comique de cet op\u00e9ra. Les interpr\u00e8tes excellent non seulement vocalement, mais aussi en tant que com\u00e9dien. <em>Les Noces de Figaro<\/em> n&rsquo;est pas seulement un grand op\u00e9ra c\u2019est un somptueux divertissement. &#8211; <strong>Sophie Renauld<\/strong><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Op\u00e9ra | Op\u00e9ra national de Paris | En savoir plus Op\u00e9ra buffa en quatre actes, musique de W.A. 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