{"id":3463,"date":"2012-11-07T20:00:35","date_gmt":"2012-11-07T19:00:35","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=3463"},"modified":"2012-11-07T20:00:35","modified_gmt":"2012-11-07T19:00:35","slug":"racheter-la-mort-des-gestes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=3463","title":{"rendered":"Racheter la mort des gestes"},"content":{"rendered":"<p>Danse | Th\u00e9\u00e2tre de la Ville | <a href=\"http:\/\/www.theatredelaville-paris.com\/spectacle-jeanclaudegallottaracheterlamortdesgestes-499\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"font-size: 12px;\"><strong><em>Racheter la mort des gestes<\/em>, <em>Chroniques chor\u00e9graphiques 1<\/em>, chor\u00e9graphie de Jean-Claude Gallotta au <a href=\"http:\/\/www.theatredelaville-paris.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Th\u00e9\u00e2tre de la Ville<\/a>. <\/strong><\/span><\/p>\n<ul>\n<li><span style=\"font-size: 12px;\"><a href=\"#Cond\u00e9\">La critique de Madly Cond\u00e9<\/a><\/span><\/li>\n<li><span style=\"font-size: 12px;\"><a href=\"#Draveny\">une critique anonyme<\/a><\/span><\/li>\n<li><span style=\"font-size: 12px;\"><a href=\"#Guttierez\">La critique de Yolanda Guttierez<\/a><\/span><\/li>\n<li><span style=\"font-size: 12px;\"><a href=\"#Pasquet\">La critique d&rsquo;Ariane Pasquet<\/a><\/span><\/li>\n<li><span style=\"font-size: 12px;\"><a href=\"#Urrego\">La critique de Maria Stella Urrego<\/a><\/span><\/li>\n<li><span style=\"font-size: 12px;\"><a href=\"#anonyme\">une critique anonyme<\/a><\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><a name=\"Cond\u00e9\"><\/a>Tout semble na\u00eetre de cette question rh\u00e9torique d\u2019Herv\u00e9 Guibert observant le travail de Jean-Claude Gallotta : \u00ab <em>Qui est le chor\u00e9graphe, sinon ce grand fada sacr\u00e9 que la soci\u00e9t\u00e9 semble payer pour le rachat de la mort des gestes ?<\/em> \u00bb<br \/>\nLe spectateur commence par entendre cette remarque en voix off, c\u2019est le point de d\u00e9part, la clef pour comprendre le reste, celle qui ouvre la succession de petites s\u00e9quences qui s\u2019encha\u00eenent. Le spectacle prend la forme du journal intime ce qui permet de varier le rythme et de dynamiser l\u2019ensemble.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\">La sc\u00e8ne devient le lieu de tous les possibles, les moyens employ\u00e9s sont divers : la voix off, la musique, l\u2019image, la danse, la litt\u00e9rature, le cin\u00e9ma, tout appara\u00eet en bribes. Jean-Claude Gallotta s\u2019explique \u00ab <em>Dans ce spectacle, les moments dans\u00e9s s\u2019entrelacent avec des extraits de films, de fiction ou documentaires, des instantan\u00e9s de vie, un dialogue, une performance, un souvenir personnel\u2026 <\/em>\u00bb.<br \/>\nLe fond de la sc\u00e8ne se transforme en ville o\u00f9 se croisent tramway, voitures, pi\u00e9tons, cyclistes et devant ce dispositif anim\u00e9, les danseurs ne sont plus que des ombres en mouvement. On ne distingue pas les visages, tout le monde pourrait se glisser dans leurs gestes. Celui qui danse dans la rue est un fou, Gallotta fait de la sc\u00e8ne cet espace urbain o\u00f9 tout est \u00e0 nouveau possible, o\u00f9 les corps se lib\u00e8rent. Les danseurs se confondent avec \u00ab les non professionnels \u00bb qui se lancent et essaient. On remarque une grande vari\u00e9t\u00e9 de danseurs sur sc\u00e8ne, ils sont tr\u00e8s jeunes, jeunes, plus \u00e2g\u00e9s voire tr\u00e8s \u00e2g\u00e9s, petits, grands, handicap\u00e9s. Ils repr\u00e9sentent tous les \u00e2ges de la vie, tous les hommes, toutes les femmes, tant qu\u2019il y a de la vie, il y a de la danse. Les costumes sont color\u00e9s et peuvent \u00eatre des habits de tous les jours ce qui contribue \u00e0 int\u00e9grer le spectateur.<br \/>\nLa danse rassemble, le spectateur assiste \u00e0 une suite de rencontres auxquelles il participe. Les danseurs sont en solo, en duo \u00e0 plusieurs. Le spectateur se retrouve dans un geste au moins, dans un mouvement, celui qui le touche et lui ressemble. Gallotta fait monter le spectateur sur sc\u00e8ne sans qu\u2019il se l\u00e8ve de son si\u00e8ge. Le spectateur trouve sa place.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\">La musique participe au dynamisme de l\u2019ensemble. Quelques airs bien connus nous entra\u00eenent. Au cours d\u2019une de ces chansons, les danseurs se rassemblent en ronde en effectuant les m\u00eames gestes, c\u2019est un passage tr\u00e8s entrainant. Sur un air de Bashung, le th\u00e9\u00e2tre s\u2019allie \u00e0 la danse, une danseuse mime une femme ivre, seule, errant et chantant dans la nuit. Ce sont bien des sc\u00e8nes de la vie quotidienne qui se jouent sous nos yeux.<br \/>\nUne sc\u00e8ne qui marque, ce cri strident, cet appel sans r\u00e9ponse \u00ab maman ! \u00bb qui rappelle l\u2019enfant en chacun de nous. Ce cri s\u2019ach\u00e8ve sur une pointe d\u2019humour, une r\u00e9ponse \u00e0 cette apostrophe inqui\u00e8te \u00ab je voulais juste savoir o\u00f9 tu \u00e9tais \u00bb. Le rire fait partie du spectacle comme il fait partie de la vie. Comme lorsque cet homme se d\u00e9shabille sur sc\u00e8ne sous pr\u00e9texte que l\u2019exhibitionnisme est un mot invent\u00e9 pour ceux que la nudit\u00e9 g\u00eane. Et la mort de cette femme repr\u00e9sent\u00e9e sur sc\u00e8ne parce que la mort aussi fait partie de la vie.<br \/>\nC\u2019est un tr\u00e8s beau spectacle que nous offre Gallotta qui conclut \u00ab f<em>inalement, il s\u2019agit toujours pour moi de la m\u00eame d\u00e9marche, de contribuer \u00e0 ouvrir en permanence le chant de la danse et de le faire avec le plus d\u2019humanit\u00e9 possible<\/em>. \u00bb \u2014 <strong>Madly Cond\u00e9<\/strong><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><a name=\"Draveny\"><\/a>Jean-Claude Gallotta pr\u00e9sente <em>Racheter la mort des gestes<\/em>, du 31 octobre au 10 novembre, au Th\u00e9\u00e2tre de la Ville.<br \/>\nQui danse ? Sur sc\u00e8ne, des danseurs, des personnes \u00e2g\u00e9es, deux personnes en fauteuils roulants, une petite fille, des gens\u2026dans le d\u00e9cor de la rue vide et nocturne qui revient si souvent,\u00a0 peut-\u00eatre nous. Le nous fig\u00e9 depuis les bancs de l\u2019\u00e9cole.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\">\u00ab<em> Qui est le chor\u00e9graphe, sinon ce grand fada sacr\u00e9 que la soci\u00e9t\u00e9 semble payer pour le rachat de la mort des gestes ?<\/em> \u00bb \u00e9crit Herv\u00e9 Guibert, 1984, alors qu\u2019il suivait le travail du chor\u00e9graphe \u00e0 Grenoble. La toile qu\u2019offre Jean-Claude Gallotta se tisse sur cette phrase.\u00a0 Souffle par souffle, de souvenirs en anecdotes, par tous ces courts instants de vie : \u00ab Chroniques chor\u00e9graphiques \u00bb (sous-titre du spectacle), il nous rend le droit \u00e0 la gesticulation d\u00e9complex\u00e9e.<br \/>\nIl ouvre devant nous la bo\u00eete \u00e0 souvenirs de son parcours dans ce monde : une chanson, une rencontre, une famille, sa m\u00e8re, Maurice B\u00e9jart, Herv\u00e9 Guilbert, une danse\u2026 ce qu\u2019il l\u2019a touch\u00e9, et ses r\u00e9flexions, il se retourne avec simplicit\u00e9, sans pathos. Il nous raconte.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\">\u00ab <em>Je n\u2019ai jamais eu de mauvais rapports avec\u2026<\/em> \u00bb. Chaque fois, la voix de Gallotta nous emm\u00e8ne en chemin, Guide. La mort, le doute\u2026 l\u2019itin\u00e9raire n\u2019est pas sans \u00e9cueils mais, aucun danger, il nous tient par la main tout au long de cette promenade. Et quand vient le moment de la l\u00e2cher, plus fragiles, plus hommes que jamais, nous, spectateurs, ressortons pourtant avec cette force immense : si comme le disent les derniers mots du spectacle, Gallotta a tent\u00e9 de nous faire vivre cette libert\u00e9 envoutante de la vie, beaucoup dehors s\u2019obstinent \u00e0 la d\u00e9truire, la vie ; mais nous \u00e9tions l\u00e0, pr\u00e9sents, tous ensemble, et c\u2019est un immense espoir dans la danse qui nait.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\">De la danse avant toute chose, et pour cela aussi des textes, des brides de films, et bien s\u00fbr de la musique.\u00a0 D\u00e9j\u00e0 dans des spectacles pr\u00e9c\u00e9dents, Jean-Claude Gallotta utilisait tous ces supports, comme il avait aussi d\u00e9j\u00e0 fait danser des non-professionnels sur sc\u00e8ne : la danse s\u2019inscrit dans un univers et multiplie les perspectives. Po\u00e9tique du geste dans l\u2019art du monde. Jamais il n\u2019\u00e9tait apparu avec tant d\u2019\u00e9vidence que le monde sans les gestes perd toute harmonie, peut-\u00eatre tout espoir. \u00ab <em>Vu l\u2019\u00e9tat du monde<\/em>, confie le chor\u00e9graphe \u00e0 France 3 Alpes, <em>avec tout ce qu\u2019on nous fait croire et toutes ces tensions, je me dis finalement ce n\u2019est pas plus mal que d\u2019essayer de faire un peu de danse<\/em> \u00bb. \u2014 <strong>anonyme<\/strong><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><a name=\"Guttierez\"><\/a>Le chor\u00e9graphe Jean-Claude Gallota et son Groupe Emile-Dubois ont pr\u00e9sent\u00e9 leur nouveau spectacle de danse : <em>Racheter la mort des gestes<\/em>. Ce spectacle a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u \u00e0 partir d\u2019un article que le journaliste et \u00e9crivain Herv\u00e9 Guibert, a \u00e9crit sur le travail de Gallota dans Le Monde en 1984.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\">Un d\u00e9cor, simple et d\u00e9pouill\u00e9, ouvre le spectacle : une sc\u00e8ne toute en noir et au fond une grand \u00e9cran qui reproduit, avec une cam\u00e9ra fixe, tout ce qui se passe la nuit dans un parc et une rue de Grenoble : le tramway, les gens qui passent. Parfois, au lieu du parc de la ville, on voit des extraits de films qui font leur apparition dans l\u2019\u00e9cran. On per\u00e7oit comment le d\u00e9cor change au fur et \u00e0 mesure que le spectacle avance et que d\u00e9filent les diff\u00e9rentes successions de chroniques, jou\u00e9es par 27 interpr\u00e8tes. Ces chroniques sont dirig\u00e9es par la voix off de Gallota, nous livrant ses souvenirs et m\u00e9moires de sa vie personnelle et de sa vie en tant qu\u2019artiste.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\">Les chroniques, qu\u2019on peut qualifier de journal intime de la vie de Gallota, sont tr\u00e8s diff\u00e9rentes entre elles. Parfois, on a l\u2019impression d\u2019\u00eatre perdus parmi des pens\u00e9es arbitraires, tr\u00e8s libres, sans coh\u00e9rence, mais on parvient \u00e0 les comprendre \u00e0 travers des personnages qui jouent en sc\u00e8ne et qui nous racontent ces histoires avec leur danse, leurs mots ou simplement leurs gestes.<br \/>\nCes petits passages formant le spectacle sont tr\u00e8s divers :\u00a0 certains sont purement dans\u00e9s, certains provocants et critiques, certains donnent un point de vue socio-politique et d&rsquo;autres sont totalement ouverts et interpellent le spectateur sans lui donner de r\u00e9ponses concr\u00e8tes. Ils ressemblent parfois \u00e0 une plainte ou une pens\u00e9e qui forment une r\u00e9flexion post\u00e9rieure chez le spectateur.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\">En effet, les personnages apparaissent, jouent en sc\u00e8ne, et avec la danse de leurs gestes on commence \u00e0 comprendre ce qu\u2019on voit. Ils transmettent des grandes doses d\u2019humour, de tendresse, de sensualit\u00e9. Ils comptent aussi avec d\u2019autres ressources telles que le cin\u00e9ma, la voix ou la citation d\u2019intellectuels et d\u2019artistes (Deleuze, Truffaut, Frantz Fanon). Cependant un des succ\u00e8s les plus attractifs du spectacle demeure la mixit\u00e9 des interpr\u00e8tes : professionnels, amateurs, invalides, jeunes, \u00e2g\u00e9s. Ils sont l\u2019axe du spectacle et font r\u00e9agir le spectateur dans cette cr\u00e9ation qui n\u2019en a pas fini, comme son titre l&rsquo;indique. \u2014 <strong>Yolanda Guttierez<\/strong><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><a name=\"Pasquet\"><\/a>Avec son nouveau spectacle, <em>Racheter la mort des gestes<\/em> ( en hommage au texte d\u2019Herv\u00e9 Guibert ) pr\u00e9sent\u00e9 au Th\u00e9\u00e2tre de la Ville, Jean-Claude Gallota\u00a0 ouvre le champs de la danse contemporaine au del\u00e0 de la simple question du mouvement. Son spectacle se pr\u00e9sente comme une suite de petites chroniques dans\u00e9es, sans rapport apparent les unes avec les autres, s\u2019entrela\u00e7ant avec des extraits de films, de fiction, de documentaires, de souvenirs personnels. L\u2019image et la parole sont parties int\u00e9grantes de la sc\u00e8ne chor\u00e9graphique ; tous nos sens sont mis en \u00e9veil. Il nous plonge dans son univers, ses souvenirs.<br \/>\nSes s\u00e9quences chor\u00e9graphi\u00e9es d\u00e9cousues parlent de tout, de rien ;\u00a0 elles parlent de lui, d\u2019elle, d\u2019eux, de nous tout simplement. On y rencontre ceux qui dansent, ceux qui ont dans\u00e9 et encore ceux qui aimeraient danser : dans l\u2019une des premi\u00e8re s\u00e9quences deux parapl\u00e9giques se rencontrent et le temps d\u2019une danse ils en oublient leur situation d\u2019invalides pour se laisser aller au rythme du mouvement. Il n\u2019y a pas de musique, juste le silence. L\u2019\u00e9nergie et l\u2019\u00e9l\u00e9gance qui se d\u00e9gagent de leur danse sont fascinantes. Ces \u00eatres en qu\u00eate de libert\u00e9 ont su sortir de leur cages d\u2019acier, ils ont su se lib\u00e9rer de leur paralysie. Tout \u00eatre humain est capable de danser c\u2019est le message que cherche \u00e0 nous faire passer ce grand chor\u00e9graphe grenoblois.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\">Ce patchwork chor\u00e9graphique n\u2019est pas sans rappeler son ballet <em>Trois G\u00e9n\u00e9rations<\/em> : il fait appel \u00e0 des danseurs de tout \u00e2ge et de toute origine ethnique pour r\u00e9v\u00e9ler l\u2019origine du geste, du mouvement. Gallota recherche moins la beaut\u00e9 du geste que l\u2019expression de notre humanit\u00e9 dans ce geste ;\u00a0 faire tomber les masques de la pudeur afin que l\u2019homme retrouve l\u2019origine du mouvement, de la vraie vie, voil\u00e0 en quoi consiste sa d\u00e9marche. Il \u00e9nonce sur sc\u00e8ne l\u2019\u00e9vidence des mots d\u2019Herv\u00e9 Guibert :\u00a0 \u00ab<em> Qui est le chor\u00e9graphe, sinon ce grand fada sacr\u00e9 que la soci\u00e9t\u00e9 semble payer pour le rachat de la mort des gestes ?<\/em>\u00bb ( 1984 dans Le Monde).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\">Au del\u00e0 du mouvement\u00a0 il y a les choses de la vie. La danse de Gallota redonne au geste sa dimension vitale. La danse de Gallota c\u2019est le t\u00e9moignage de l\u2019homme en tant qu\u2019homme de sa vuln\u00e9rabilit\u00e9, de sa condition de mortel : \u00ab<em> J\u2019ai toujours eu de bons rapports avec la fragilit\u00e9 <\/em>\u00bb annonce-t-il au d\u00e9but d\u2019une s\u00e9quence. La danse de Gallota c\u2019est la danse de l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re, de l\u2019imm\u00e9diat, une imm\u00e9diatet\u00e9 qu\u2019il faut savoir saisir en plein vol et contempler car elle est l\u2019expression du combat de l\u2019homme pour la vie, contre la mort.<br \/>\nSon spectacle est plein d\u2019humour, de fantaisie, de farces : un jeune danseur se d\u00e9shabille sur sc\u00e8ne pour d\u00e9noncer la pudeur de chacun d\u2019entre nous, un vieux danseur nous apprend qu\u2019il a de l\u2019arthrose tout en dansant et for\u00e7ant sur ses articulations. Gallota porte un regard amus\u00e9 mais critique sur ce monde absurde dans lequel nous vivons. C\u2019est une tr\u00e8s jolie parenth\u00e8se po\u00e9tique qui nous invite \u00e0 prendre du recul, \u00e0 d\u00e9connecter le temps de quelques danses de ce monde d\u00e9cousu, parfois incompr\u00e9hensible, dans lequel nous vivons.\u00a0 \u00ab <em>vu l\u2019\u00e9tat du monde ce n\u2019est pas plus mal d\u2019essayer de faire un peu de danse<\/em> \u00bb. \u2014 <strong>Ariane Pasquet<\/strong><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><a name=\"Urrego\"><\/a>La mise en sc\u00e8ne de<em> Racheter la mort des gestes<\/em>, du chor\u00e9graphe Jean-Claude Gallota, pr\u00e9sent\u00e9 le 7 novembre au Th\u00e9\u00e2tre de la Ville de Paris, a \u00e9t\u00e9 une des pr\u00e9sentations les plus int\u00e9ressantes de la danse contemporaine. La chor\u00e9graphie de Jean-Claude Gallotta est diff\u00e9rente et \u00e0 partir d\u2019une voix off joue avec le corps, la danse et la gestualit\u00e9 pour nous montrer tous les possibilit\u00e9s autour de l\u2019homme et la femme de nos jours.<br \/>\nL\u2019exploration de beaucoup de rythmes musicaux, de la gestualit\u00e9 \u00e0 travers le mouvement des corps individuels et collectifs, refl\u00e8te divers situations de la vie quotidienne dans les villes. Des relations personnes agressives, les relations d\u2019amour, les relations dans la rue, dans le bureau, mais aussi la possibilit\u00e9 de l\u2019int\u00e9gration sociale ou bien de reconna\u00eetre que les personnes handicap\u00e9es peuvent devenir des sujets avec les m\u00eames droits, les m\u00eames possibilit\u00e9s ou bien devenir comme tous, victimes des perturbations sociaux de nos jours.<br \/>\nAu d\u00e9but, \u00e0 travers la r\u00e9p\u00e9tition d\u2019une parole incoh\u00e9rente, on trouve la parodie entre la vie et les films, des habitudes et des bonnes mani\u00e8res de personnages de la vie publique ridiculis\u00e9s par le corps nus, le corps qui au final demeure l\u2019unique chose commune \u00e0 tous les \u00eatres humains. Mais cette int\u00e9gration sociale est aussi artistique dans cette proposition de Gallota, car les acteurs- danseurs sont tous unis, avec les acteurs amateurs sur la sc\u00e8ne, de la m\u00eame mani\u00e8re que la danse, le th\u00e9\u00e2tre, la po\u00e9sie et le film.<br \/>\nPour conclure,\u00a0 on peut dire que c\u2019est la danse, et dans ce cas la chor\u00e9graphie, qui permet la r\u00e9flexion sur la propre vie, sur l\u2019int\u00e9gration sociale dans un monde moderne difficile \u00e0 vivre et troublant au quotidien. &#8211; <strong>Maria Stella Urrego<\/strong><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><a name=\"anonyme\"><\/a>Avec <em>Racheter la mort des gestes<\/em>, Jean-Claude Gallotta nous livre un spectacle complet et sinc\u00e8re. Sur sc\u00e8ne s&rsquo;allient des bouts de vie, des souvenirs, des chor\u00e9graphies en apparence chaotiques, des extraits de films&#8230; qui disent la construction de la sensibilit\u00e9 et de la r\u00e9flexion de l&rsquo;artiste sur son art. En fait, c&rsquo;est un processus de cr\u00e9ation qui a dur\u00e9 toute une vie que les danseurs-com\u00e9diens-performeurs dessinent sur le plateau.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\">Mais il ne faut pas s&rsquo;y tromper : <em>Racheter la mort des gestes<\/em> n&rsquo;est pas un simple spectacle racontant la nostalgie de moments r\u00e9volus. En revenant sur certains \u00e9pisodes cl\u00e9s de sa vie, Jean-Claude Gallotta construit et questionne l&rsquo;art de la sc\u00e8ne et de la danse. On ressent une volont\u00e9 de se lib\u00e9rer des codes \u00e9tablis par le carcan social : revenir \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;origine, au geste instinctif, amen\u00e9 par une impulsion presque irr\u00e9pressible. En effet, l&rsquo;homme d&rsquo;art est le seul \u00e0 pouvoir exprimer sa folie: hors de la sc\u00e8ne, les autres sont intern\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\">Sous nos yeux, la sc\u00e8ne se transforme en lieu carnavalesque d&rsquo;inversion des r\u00f4les, o\u00f9 se m\u00ealent, dans une belle mixit\u00e9, des danseurs professionnels et d&rsquo;autres, recrut\u00e9s pour le spectacle, dont ce n&rsquo;est pas le m\u00e9tier d&rsquo;origine, des performeurs aux \u00e2ges et conditions physiques diff\u00e9rents.<br \/>\n\u00catre chor\u00e9graphe et homme de sc\u00e8ne, c&rsquo;est dire la sublime folie du monde et se d\u00e9barrasser de la honte d&rsquo;\u00eatre un homme.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Danse | Th\u00e9\u00e2tre de la Ville | En savoir plus Racheter la mort des gestes, Chroniques chor\u00e9graphiques 1, chor\u00e9graphie de Jean-Claude Gallotta au Th\u00e9\u00e2tre de la Ville. La critique de Madly Cond\u00e9 une critique anonyme La critique de Yolanda Guttierez La critique d&rsquo;Ariane Pasquet La [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":10479,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6,5],"tags":[],"class_list":["post-3463","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-danse","category-theatre-de-la-ville"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3463","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3463"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3463\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3463"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3463"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3463"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}