{"id":4089,"date":"2013-12-06T20:00:09","date_gmt":"2013-12-06T19:00:09","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=4089"},"modified":"2013-12-06T20:00:09","modified_gmt":"2013-12-06T19:00:09","slug":"delikatessen","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=4089","title":{"rendered":"Delikatessen"},"content":{"rendered":"<p>Concert &#8211; Orchestre national d&rsquo;\u00cele-de-France | Salle Gaveau | <a href=\"http:\/\/www.orchestre-ile.com\/saison.php?id=333&amp;lang=en#contenu\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Les r\u00eaveries de l&rsquo;auditeur mondain<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">On arrive t\u00f4t \u00e0 la Salle Gaveau pour d\u00e9couvrir ce lieu assez singulier : datant du d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle, la salle semble a une disposition renctangul\u00e8re tr\u00e8s agr\u00e9able \u2013 la sc\u00e8ne est visible de partout \u2013 et une acoustique impressionnante.<br \/>\nMais d\u00e9j\u00e0 les choses commencent : dans le livret, il est question d&rsquo;un r\u00e9cital m\u00ealant Mozart, Schubert et Micahel Tippett, le tout sous-titr\u00e9 \u00ab Fl\u00e2nerie \u00e0 Vienne \u00bb. Peu d&rsquo;explications sont donn\u00e9es, et la plupart concernent les musiciens. On se concentre donc rapidement sur ce qui se passe sur sc\u00e8ne \u2013 et effectivement cela vaut le coup.<br \/>\nLa splendide ouverture des Noces de Figaro est imm\u00e9diatement suivie par un Concerto pour Haubois (en ut majeur, K314) o\u00f9 le soliste s&rsquo;en donne \u00e0 c\u0153ur joie. Son interpr\u00e9tation ne se contente pas d&rsquo;\u00eatre vivante, \u00e9lev\u00e9e, elle est aussi compl\u00e8tement physique : l&rsquo;artiste sautille, fait de grands mouvements de son instrument, fait quelques pas en avant, recule&#8230; C&rsquo;est une pile \u00e9lectrique qui envahit la sc\u00e8ne. Ce prodigieux \u00e9nergum\u00e8ne se nomme Alexe\u00ef Ogrintchouk &#8211; nous apprend le livret \u2013 et c&rsquo;est un russe surr\u00e9compens\u00e9. Avec le petit chef d&rsquo;orchestre, un certain Nicholas Collon, ils forment un duo \u00e9tonnant, puisque le second n&rsquo;a pas l&rsquo;air d&rsquo;avoir plus de 20 ans (on apprendra par la suite qu&rsquo;il a cependant de beaux ant\u00e9c\u00e9dents).<br \/>\nAinsi donc, on a quelque chose \u00e0 voir \u00e0 un r\u00e9cital de musique classique et pas une seconde pour s&rsquo;ennuyer \u2013 c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 beaucoup. Mais viennent rapidement \u2013 apr\u00e8s une entracte \u2013 les composition de Tipett. Plus exp\u00e9rimentales, plus travaill\u00e9es, elles parviennent l&rsquo;effort immense de tenir tout \u00e0 fait la route face \u00e0 Mozart. On ach\u00e8ve le tout en douceur avec une passionnante symphonie de Schubert, \u00e9nergique et ma\u00eetris\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La question qui reste en suspend demeure celle du choix de r\u00e9unir ces trois artistes, pourtant tr\u00e8s diff\u00e9rents. On l&rsquo;avait un peu perdue de vue pendant la repr\u00e9sentation, passionn\u00e9s que nous \u00e9tions par la tension sur la sc\u00e8ne, mais en sortant, on cherche \u00e0 creuser la question : effectivement, l&rsquo;orchestre \u00e9tait r\u00e9duit, sur le mod\u00e8le des orchestres viennois. Les compositions de Schubert et Mozart ont effectivement bien des points communs \u2013 avec celle de Tippett un peu moins.<br \/>\nC&rsquo;est cette derni\u00e8re, surtout, qui aura retenu notre attention : malgr\u00e9 son usage abusif du pizzicato et son rythme particuli\u00e8rement d\u00e9construit, ce Divertimento a parfaitement int\u00e9gr\u00e9 l&rsquo;esprit des musiques viennoises et le restitue avec une force impressionnante. D&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;impression de coh\u00e9rence de l&rsquo;ensemble. Il nous a suffit de nous laisser porter \u2013 on a d\u00e9sormais l&rsquo;impression de sortir d&rsquo;Amadeus, l&rsquo;amertume en moins.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Gauthier Nabavian<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est 20h, le public de la salle Gaveau est confortablement install\u00e9 dans les fauteuils de velours jaunes et tous attendent sagement l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019orchestre et plus particuli\u00e8rement celle du premier hautbois Alexei Ogrintchouk . Ce soir, Mozart, Schubert et Michael Tippett sont \u00e0 l\u2019honneur. Ce programme musicale \u00ab Delikatessen \u00bb nous fait voyager \u00e0 travers le XVIII\u00e8me et XX\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le concert commence doucement avec l\u2019ouverture des Noces de Figaro de Mozart puis quelques minutes plus tard le soliste fait son entr\u00e9e sur sc\u00e8ne pour interpr\u00e9ter Concerto pour hautbois en ut majeur K314. Il se tient debout, droit, rigide, il est impassible mais d\u00e8s lors qu\u2019il joue les premi\u00e8res notes c\u2019est un autre homme qui nous fait face : un homme emport\u00e9 par le mouvement de sa musique.<br \/>\nIl se laisse envo\u00fbter par le son de son instrument et cet envo\u00fbtement est un v\u00e9ritable plaisir pour les yeux. Le public regarde le soliste tout autant qu\u2019il l\u2019\u00e9coute. Tout son corps est en \u00e9veil ; il ne fait plus qu\u2019un avec son instrument ; la symbiose est parfaite. Le concert se transforme en une sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre o\u00f9 le soliste valse litt\u00e9ralement avec son hautbois.<br \/>\nCette \u00e9nergie qui se d\u00e9gage du soliste est toute aussi intense que le son est radieux, l\u00e9ger, volatile. La facilit\u00e9 avec laquelle il cr\u00e9e le son est fascinante, pour reprendre les termes exacts de l\u2019un des plus grands journaux n\u00e9erlandais De Telegraaf : \u00abSon son a exactement la qualit\u00e9 qu&rsquo;un hautbois m\u00e9rite mais poss\u00e8de rarement : il est circulaire, ouvert, stable, color\u00e9, agile et il peut \u00eatre utilis\u00e9 pour exprimer la plus grande palette des \u00e9motions \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le soliste est au centre de l\u2019attention mais il ne faut pas en oublier le chef d\u2019orchestre Nicholas Collon qui dirige \u00e0 perfection l\u2019orchestre national d\u2019\u00eele-de-France. Un sourire aux\u00a0 l\u00e8vres, des boucles qui se d\u00e9cha\u00eenent, il nous entra\u00eene dans son extase et c\u2019est un v\u00e9ritable plaisir de l\u2019y suivre. L\u2019extr\u00eame joie qu\u2019il a \u00e0 guider les musiciens est perceptible et donne \u00e0 ce concert beaucoup de fra\u00eecheur.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Ariane Pasquet<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">La salle Gaveau est d\u2019un luxe, mais l\u2019Orchestre national d\u2019\u00eele de France\u00a0? Peut-\u00eatre pas, et heureusement. Pour la premi\u00e8re, \u00e7a se voit d\u00e8s que l\u2019on est entr\u00e9, salle intime et d\u2019une taille convenant \u00e0 la musique de chambre. Pour le second, je le suppose car j\u2019ai pay\u00e9 seulement 5 euro pour ma place \u2013 m\u00eame pas, c\u2019est la Sorbonne qui a pay\u00e9, et il y a un rang entier d\u2019 enfants assis juste devant moi. Ces deux petits d\u00e9tails, j\u2019interpr\u00e8te, signifient que l\u2019orchestre est v\u00e9ritablement \u00ab\u00a0national\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire accessible \u00e0 tous.<br \/>\nLe programme est extraordinaire \u2013 je veux dire du programme que j\u2019avais \u00e0 la main. Bien s\u00fbr, les quatre morceaux du programme sont tr\u00e8s bien choisis aussi\u00a0: Mozart parce qu\u2019il nous plait toujours\u00a0; Michael Tippett parce qu\u2019il est Britannique, tout comme le directeur et chef de l\u2019orchestre, Nicholas Collon\u00a0; et Schubert, parce qu\u2019il fait le pont entre l\u2019\u00e9poque de Mozart et celle de Tippett. Mais, le programme imprim\u00e9 est exceptionnel\u00a0parce qu\u2019il a un vrai sens p\u00e9dagogique, ce qui est rare et tout \u00e0 fait appropri\u00e9 \u00e0 un orchestre public. D\u2019une mani\u00e8re concise, il donne pour chaque l\u2019\u0153uvre un v\u00e9ritable \u00e9clairage sur le contexte historique aussi bien que la r\u00e9f\u00e9rence biographique du compositeur lorsque l\u2019\u0153uvre a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour la musique, le Figaro fut jou\u00e9 fougueusement, et peut-\u00eatre encore plus par le chef Nicholas Collon que par l\u2019orchestre. Et je me demandais s\u2019il n\u2019y avait pas quelque auditeur distrait par la figure ou l\u2019expression vive et toujours souriante, de ce jeune homme \u2013 pour ma part en g\u00e9n\u00e9ral, je pr\u00e9f\u00e9rai une place obscure de la vue d\u2019orchestre pour \u00e9viter la distraction de mes yeux sur mes oreilles.<br \/>\nLe concerto de hautbois fut la merveille de la soir\u00e9e. Alexe\u00ef Ogrintchouk, le soliste, gagna tellement son public que les enfants devant moi \u00e9taient enfin calm\u00e9s \u2013 auparavant ils s\u2019\u00e9taient tromp\u00e9s deux ou trois fois par le silence dans la partition \u00e0 vouloir \u00eatre chacun d\u2019entre eux le premier \u00e0 applaudir. Le deuxi\u00e8me mouvement andante ma non troppo est presque un solo pour Ogrintchouk, et il le joua avec une finesse majestueuse. Il semblerait que le morceau rappelle une revisite de r\u00eave \u00e0 notre enfance.<br \/>\nTippett, je ne le connaissais pas, et comme Proust disait, on comprend rarement une pi\u00e8ce musicale \u00e0 la premi\u00e8re \u00e9coute, mon indiff\u00e9rence \u00e0 son divertimento on \u2018Selinger\u2019s Round\u2019 pouvait donc \u00eatre per\u00e7ue comme un compliment \u00e0 la complexit\u00e9 de l\u2019\u0153uvre\u00a0! Seulement, s\u2019il est vrai que le deuxi\u00e8me mouvement A lament est une variation de la mort de Didon de Purcell, je soutiendrai que l\u2019original est mieux, tout simplement parce que je pense que ni le style ni le th\u00e8me de ce morceau ne conviennent au violon comme ils conviennent au chant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au final, que peut-on dire de la superbe symphonie du superbe Schubert\u00a0? Bah, v\u00e9ritablement superbe\u00a0! Un concert qui finit sur une note majeure comme celle-l\u00e0 est toujours un bonheur pour les auditeurs, nos esprits s\u2019\u00e9lev\u00e8rent, nous applaud\u00eemes les musiciens chaleureusement et ce f\u00fbt une belle soir\u00e9e qui s\u2019acheva.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Han Zhong<\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Concert &#8211; Orchestre national d&rsquo;\u00cele-de-France | Salle Gaveau | En savoir plus Les r\u00eaveries de l&rsquo;auditeur mondain On arrive t\u00f4t \u00e0 la Salle Gaveau pour d\u00e9couvrir ce lieu assez singulier : datant du d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle, la salle semble a une disposition renctangul\u00e8re tr\u00e8s [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":9034,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[25,26],"tags":[],"class_list":["post-4089","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-concert","category-salle-gaveau"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4089","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4089"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4089\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4089"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4089"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4089"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}