{"id":409,"date":"2015-10-20T20:00:09","date_gmt":"2015-10-20T19:00:09","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/chroniques\/?p=409"},"modified":"2015-10-20T20:00:09","modified_gmt":"2015-10-20T19:00:09","slug":"motian-in-motion","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=409","title":{"rendered":"Motian in Motion"},"content":{"rendered":"<p>Concert | Chapelle des Lombards | <a href=\"http:\/\/www.soleartprod.com\/jean-marc-padovani.php\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Rythmes endiabl\u00e9s, m\u00e9lodies multiples et improvisations \u00e0 la vol\u00e9e, voil\u00e0 le <em>Sol\u00e9art fest&rsquo;<\/em> lanc\u00e9 par le \u00ab\u00a0Jean-Marc Padovani quintet\u00a0\u00bb. L&rsquo;id\u00e9e est de Padovani, tout comme celle du festival\u00a0: r\u00e9arranger en hommage au batteur Paul Motian ses compositions. Pour ce faire, le quintet s&rsquo;inspire de l&rsquo;univers propre au batteur, jusqu&rsquo;\u00e0 ses origines natales, l&rsquo;Arm\u00e9nie, gr\u00e2ce au doudouk, instrument typique du pays que joue Didier Malherbe. S&rsquo;il vaut mieux \u00eatre initi\u00e9 \u00e0 ce style de jazz pour ne pas s&rsquo;y perdre, les musiciens eux ont le tempo dans la peau, les yeux et oreilles grand ouverts, pr\u00eats \u00e0 en d\u00e9coudre au signal du saxophoniste. L&rsquo;\u00e9coute reste primordiale, et la limite est mince entre une pseudo harmonie interne et la cacophonie g\u00e9n\u00e9rale. En effet, avec un jeu de questions-r\u00e9ponses entre le saxophone et la contrebasse, cinq m\u00e9lodies aux notes d\u00e9ferlantes et aux variations \u00e0 l&rsquo;infini, des impros qui s&rsquo;entrem\u00ealent et s\u2019encha\u00eenent, les cris d&rsquo;un batteur d\u00e9cha\u00eene, il est difficile de trouver un point d&rsquo;ancrage. Heureusement pour nous, la reprise cyclique d&rsquo;un premier mouvement apr\u00e8s le climax musical donne un retour au calme suffisant pour soulager nos oreilles, et l&rsquo;on parvient m\u00eame \u00e0 trouver une pulsation. Padovani va jusqu&rsquo;\u00e0 nous accorder un morceau moins fr\u00e9n\u00e9tique, \u00ab\u00a0Arabesque\u00a0\u00bb, avec sa base claire donn\u00e9e par le contrebassiste Claude Tchamitchian. La cr\u00e9ativit\u00e9 du musicien ne s&rsquo;en verra pas att\u00e9nu\u00e9e, au regard de sa sublime improvisation finale et \u00e0 l&rsquo;incroyable voyage sensoriel et imaginaire qu&rsquo;elle g\u00e9n\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une grande libert\u00e9 transpara\u00eet au travers des membres du quintet et rejaillit sur le public pour inviter, sinon \u00e0 la cr\u00e9ation artistique, du moins au plaisir et transport auditif.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Clim\u00e8ne Perrin<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au milieu d&rsquo;une rue anim\u00e9e donnant sur la Bastille, dans le jazz-bar de la Chapelle des Lombards, le saxophoniste Jean-Marc Padovani a d\u00e9cid\u00e9 de nous interpr\u00e9ter en cette soir\u00e9e de 21 octobre son \u0153uvre \u00ab\u00a0<em>Motian in Motion<\/em>\u00ab\u00a0. Celle-ci rend hommage \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre \u00ab\u00a0<em>Monk in Motion<\/em>\u00a0\u00bb de feu Paul Motian, son ami batteur avec qui il a jou\u00e9 pendant quelques ann\u00e9es dans un quartet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;apr\u00e8s son ancien acolyte, Paul Motian a marqu\u00e9 l&rsquo;histoire du jazz, ayant \u00e9t\u00e9 un grand compositeur et un des protagonistes du trio de Bill Evans avec Scott Lafaro. Accompagn\u00e9 par Paul Brousseau au piano, Claude Tchamitchian \u00e0 la contrebasse, Ramon Lobez \u00e0 la batterie &amp; Didier Malherbe au doudouk (fl\u00fbte arm\u00e9nienne), Jean-Marc Padovani supervise son petit orchestre musical, le regard bienveillant. Le doudouk, instrument ancestral, repr\u00e9sente ici les racines arm\u00e9niennes de Paul Motian, tr\u00e8s attach\u00e9 \u00e0 cette culture.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est donc dans un lieu plut\u00f4t intimiste \u00e0 l&rsquo;esprit jazz-bar, sur fond de Bossa Nova &amp; d&rsquo;Avishai Cohen que l&rsquo;on s&rsquo;installe sur de grandes banquettes en cuir. A ma plus grande surprise je d\u00e9couvre, en parlant \u00e0 mon voisin de table, une vieille branche baba cool, chapeau viss\u00e9 sur la t\u00eate et foulard rouge, qu&rsquo;il est Didier Malherbe, le joueur de doudouk du groupe. Celui-ci a eu la gentillesse de m&rsquo;accorder une petite interview.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le sourire aux l\u00e8vres et le verre \u00e0 la main, l&rsquo;on d\u00e9couvre un groupe aux accents divers et vari\u00e9s, m\u00ealant le jazz classique, la musique arm\u00e9nienne et l&rsquo;improvisation. Je me laisse envo\u00fbter par ces notes qui deviennent un v\u00e9ritable voyage sur des airs \u00e0 la fois traditionnels et contemporains. La technique utilis\u00e9e ici est la \u00ab\u00a0rapsodie\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire la \u00ab\u00a0couture\u00a0\u00bb d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments musicaux disparates, dans le but d&rsquo;ouvrir vers de nouvelles formes musicales. Eparpill\u00e9s sur la sc\u00e8ne, sous une lumi\u00e8re tamis\u00e9e, les musiciens r\u00e9interpr\u00e8tent la pi\u00e8ce de Paul Motion dans un jazz rempli d&rsquo;\u00e9motions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sous nos regards perplexes, les rires, blagues et commentaires fusent sur sc\u00e8ne entre les m\u00e9lomanes, comme si nous \u00e9tions invisibles. Le batteur, dans l&rsquo;hilarit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, a m\u00eame d\u00e9clam\u00e9 un \u00ab\u00a0Si tu me fais pas de signes, moi je pars tout seul et j&rsquo;te fais un slow\u00a0\u00bb. En effet, dans leurs vestes et chemises simples, ces jazzmen, tr\u00e8s d\u00e9tendus imposent l&rsquo;esprit de la soir\u00e9e: on se relaxe et on s&rsquo;\u00e9clate. Un seul et m\u00eame but pour les artistes: on d\u00e9veloppe et on \u00e9change ensemble en respectant les r\u00e9f\u00e9rences et les envies de tous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On se souviendra du doux <em>Birds song<\/em> ou encore d&rsquo;<em>Arabesque<\/em>, leur petite fiert\u00e9. Par <em>It is<\/em>, petit set compos\u00e9 de deux pi\u00e8ces arm\u00e9niennes tr\u00e8s rythm\u00e9es, le concert se termine. Et oui, d\u00e9j\u00e0. Mais rassurez-vous, Jean-Marc Padovani sera bient\u00f4t \u00e0 la 16e \u00e9dition du festival des villes des Musiques du Monde, en automne 2015, avec pour bagage son \u0153uvre <em>Bab Cartilenes<\/em>.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">\u00c9lodie de Freitas<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est dans le cadre intimiste de la Chapelle des Lombards, dans le 11e arrondissement de Paris, que Jean-Marc Padovani a lanc\u00e9 avec son quintet son nouvel album <em>Motian in Motion<\/em> le 20 octobre dernier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ce nouveau disque, et dans les trois concerts de pr\u00e9sentation (les 20, 21 et 22 octobre) qui accompagnent son lancement, le groupe rend hommage \u00e0 Paul Motian, batteur arm\u00e9nien r\u00e9cemment disparu, en reprenant certaines de ses compositions avec l\u2019arrangement de Jean-Marc Padovani (qui l\u2019a rencontr\u00e9 et a jou\u00e9 avec lui au Festival de N\u00eemes en 1997).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sous l\u2019influence du musicien arm\u00e9nien se retrouve dans le quintet un duduk, jou\u00e9 par Didier Malherbe, avec une composition jazz plus classique constitu\u00e9e de Jean-Marc Padovani au saxophone, Paul Brousseau au piano, Claude Tchamitchian \u00e0 la contrebasse et Ramon Lopez \u00e0 la batterie. \u00c0 20h, d\u00e9but du concert : les musiciens arrivent sur la petite sc\u00e8ne du bar, devant une salle quasi-remplie plong\u00e9e dans la p\u00e9nombre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s le premier morceau, la virtuosit\u00e9 enflamm\u00e9e du batteur et du groupe ne manquera pas de se faire remarquer. Une batterie tr\u00e8s pr\u00e9sente, un jeu d\u00e9brid\u00e9 : l\u2019\u00e9coute pourra \u00eatre difficile pour des amateurs non-\u00e9clair\u00e9s. Toutefois, apr\u00e8s une entr\u00e9e mati\u00e8re prenante, la deuxi\u00e8me partie du morceau fera entrevoir les douceurs du duduk et la finesse des m\u00e9langes avec le saxophone et les autres instruments, davantage dans l\u2019accompagnement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si la rencontre entre le jazz et le duduk arm\u00e9nien pourra surprendre au premier abord, on pourra vite se raccrocher au style tr\u00e8s jazz de certains passages entre piano, basse et batterie. Ou \u00e0 quelques tr\u00e8s belles envol\u00e9es rythmiques et m\u00e9lodiques au piano, \u00e0 un solo de basse ph\u00e9nom\u00e9nal dans l\u2019avant-dernier morceau, \u00e0 une batterie tr\u00e8s \u2014 parfois trop \u2014 dynamique, et \u00e0 la grande musicalit\u00e9 de Didier Malherbe et de Jean-Marc Padovani (duduk et saxophone). On pourra juste parfois regretter l\u2019absence de pulsation ou de m\u00e9lodie auxquelles se raccrocher.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au fil du concert, Paul Motian se fera rappeler \u00e0 travers son univers musical marqu\u00e9 par des dissonances et des progressions harmoniques surprenantes, dans une originalit\u00e9 autant d\u00e9concertante que fascinante. Certains th\u00e8mes am\u00e8neront une sonorit\u00e9 orientale, avec de merveilleuses \u00e9chapp\u00e9es belles du duduk, accompagn\u00e9 par une basse pos\u00e9e et un piano subtil. Tandis que d\u2019autres se pr\u00eateront davantage \u00e0 des improvisations aux accents tr\u00e8s improvisation-jazz, dans lesquels le duduk aura plus ou moins de facilit\u00e9 \u00e0 trouver sa place, au profit de la batterie, du saxophone et de la basse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Arabesque et Suite arm\u00e9nienne resteront probablement les deux th\u00e8mes qui font le mieux le pont entre le jazz et la musique traditionnelle arm\u00e9nienne. S\u2019y exprimeront \u00e0 la fois l\u2019\u00e9nergie cr\u00e9ative de l\u2019improvisation-jazz et la douceur m\u00e9lancolique du duduk, dans une alternance entre passages rythm\u00e9s passionn\u00e9s et passages m\u00e9lodiques (voire lyriques). On y retrouvera des boucles rythmiques envo\u00fbtantes au piano et \u00e0 la basse, une grande finesse de jeu au duduk, des duos \u00e0 la tierce tr\u00e8s harmonieux avec le saxophone, de beaux jeux \u00e0 l\u2019unisson avec la basse (\u00e0 l\u2019archet), et une batterie plus en arri\u00e8re-plan que dans les autres th\u00e8mes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En somme, \u00e0 travers <em>Motion in Motian<\/em>, Jean-Marc Padovani et son quintet font se rencontrer deux univers qui parfois r\u00e9sonnent, et parfois s\u2019entrechoquent. Si l\u2019amateur pourra vite se lasser de certaines improvisations jazz et de la batterie tr\u00e8s pr\u00e9sente, il pourra aussi se laisser envo\u00fbter par la subtilit\u00e9 du duduk et des m\u00e9langes propos\u00e9s entre jazz et musique arm\u00e9nienne. Le duduk apportera de la fra\u00eecheur autant dans ses passages m\u00e9lodiques que dans l\u2019accompagnement de th\u00e8mes jazz. Et les arrangements de Jean-Marc Padovani sauront mettre en valeur le reste du quintet au fil des morceaux. Le tout apportant un souffle original et singulier aux compositions de Paul Motian.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Philippe Boisvieux<\/h6>\n<pre style=\"text-align: justify;\">Photo : <a href=\"https:\/\/commons.wikimedia.org\/wiki\/File:Jean-marc-padovani-wikip%C3%A9dia.jpg?uselang=fr\">Padovania, via Wikimedia Commons<\/a><\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Concert | Chapelle des Lombards | En savoir plus Rythmes endiabl\u00e9s, m\u00e9lodies multiples et improvisations \u00e0 la vol\u00e9e, voil\u00e0 le Sol\u00e9art fest&rsquo; lanc\u00e9 par le \u00ab\u00a0Jean-Marc Padovani quintet\u00a0\u00bb. 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