{"id":4765,"date":"2013-04-13T20:00:58","date_gmt":"2013-04-13T18:00:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=4765"},"modified":"2013-04-13T20:00:58","modified_gmt":"2013-04-13T18:00:58","slug":"ozoon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=4765","title":{"rendered":"Ozoon"},"content":{"rendered":"<p>Danse | Th\u00e9\u00e2tre Jean Vilar (Vitry-sur-Seine) | <a href=\"http:\/\/www.artistikrezo.com\/spectacle\/critiques\/danse\/josef-nadj-biennale-de-danse-du-val-de-marne-2013.html\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">OZOON! Est-ce le cri de ralliement d&rsquo;\u00e9cologistes souffrant d&rsquo;un coup de soleil? Est-ce une exclamation marquant le m\u00e9contentement dans la tribu Caduveo au Br\u00e9sil? Ou est-ce le nom d&rsquo;un nouveau forfait de la RATP? Ozoon, d&rsquo;apr\u00e8s ce que nous savons, est plut\u00f4t un spectacle in\u00e9dit du danseur et chor\u00e9graphe Josef Nadj, donn\u00e9 au Th\u00e9\u00e2tre Jean-Vilar \u00e0 Vitry-sur-Seine. Command\u00e9e pour l&rsquo;ouverture de la 17e Biennale de la danse en Val de Marne, la cr\u00e9ation Ozoon incarne ses deux th\u00e8mes : bestiaire et fantasmagories. Josef Nadj s&rsquo;est inspir\u00e9 du travail de Charles Fr\u00e9ger, photographe itin\u00e9rant, qui a captur\u00e9 l&rsquo;image d&rsquo;\u00e9tranges cr\u00e9atures dans de myst\u00e9rieux paysages, \u00e0 savoir les \u00ab\u00a0Wilde M\u00e4nner\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0hommes sauvages\u00a0\u00bb), des paysans qui se d\u00e9guisent en b\u00eates pour c\u00e9l\u00e9brer le printemps.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur la sc\u00e8ne circulaire, cern\u00e9e par les spectateurs (effet Colis\u00e9e miniature assur\u00e9), deux musiciens qui se font face touchent un peu \u00e0 tous les instruments qui les environnent : des tambours, un xylophone, un violoncelle mal d\u00e9grossi, des clochettes, un saxophone basse&#8230; Apr\u00e8s quelques minutes de ce jeu-l\u00e0, trois \u00e9normes cr\u00e9atures enchapeaut\u00e9es arm\u00e9es de violons, sorte de bibendum Michelin se pr\u00e9parant pour un concerto, entrent sur sc\u00e8ne en roulant sur eux-m\u00eames puis, une fois fermes sur leurs pattes, tirent un brillant stridentum de leurs instruments&#8230;<br \/>\nL&rsquo;introduction ne manque pas de panache ! Elle a de quoi surprendre. On ne nous la fait pas : ceci est de l&rsquo;art \u00e9th\u00e9r\u00e9, de l&rsquo;esth\u00e9tique moderniste, de l&rsquo;avant-garde outranci\u00e8re ! Peut-\u00eatre Josef \u00ab\u00a0nagje\u00a0\u00bb en plein d\u00e9lire. Il faut lire le programme pour en \u00eatre assur\u00e9 : la sc\u00e8ne devient un \u00ab\u00a0cercle d\u00e9ambulatoire et expiatoire\u00a0\u00bb, les cinq figurants sont les \u00ab\u00a0boucs \u00e9missaires de nos petits arrangements humains\u00a0\u00bb. On a plut\u00f4t l&rsquo;impression que les spectateurs sont les boucs \u00e9missaires d&rsquo;une exp\u00e9rimentation parfaitement vaine. Encore vaillant apr\u00e8s les stridences du violon, le spectateur commence \u00e0 p\u00e2lir lorsque les danseurs soufflent de toutes leurs forces dans des cornes de brume, puis vacille sous le ridicule quand il les voit, pieds nus et v\u00eatus de noir, m\u00e2chonner tranquillement une brindille sur sc\u00e8ne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce n&rsquo;est pas tant le c\u00f4t\u00e9 exp\u00e9rimental qui est g\u00eanant, mais plut\u00f4t l&rsquo;impression que tout est laiss\u00e9 au hasard. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 des musiciens \u00e0 l&rsquo;aise et en symbiose dans la partition rythmique, les danseurs semblent improviser leurs mouvements. Les effets de beau ou de sublime, \u00e0 notre sens l&rsquo;essentiel d&rsquo;un spectacle et de l&rsquo;art, ne peuvent pas \u00eatre provoqu\u00e9s par l&rsquo;incertitude et la complaisance des interpr\u00e8tes. De plus, sur la sc\u00e8ne \u00e9triqu\u00e9e d\u00e9j\u00e0 envahie par tout l&rsquo;attirail instrumental, la danse n&rsquo;est que l&rsquo;\u00e9bauche d&rsquo;un geste. Une rencontre avec l&rsquo;homme de la soir\u00e9e \u00e9tait organis\u00e9e \u00e0 l&rsquo;issue du spectacle. Un public d\u00e9boussol\u00e9 tentait des interpr\u00e9tations raisonnables. Tr\u00e8s peu concern\u00e9, l&rsquo;artiste myst\u00e9rieux r\u00e9pondait par monosyllabes.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">anonyme<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le cadre de la 17\u00e8me Biennale de Danse du Val-de-Marne, Josef Nadj pr\u00e9sente Ozoon pour une soir\u00e9e exceptionnelle en pr\u00e9sence d&rsquo;Ir\u00e8ne Filiberti. La soir\u00e9e se d\u00e9roule au Th\u00e9\u00e2tre Jean Vilar de Virty-sur-Seine, le 13 avril 2013. Ozoon est une commande sur le th\u00e8me \u00ab\u00a0Bestiaire &amp; Fantasmagories\u00a0\u00bb. Un motif cher, \u00e0 Josef Nadj, pr\u00e9sent dans un grand nombre de ses cr\u00e9ations. En 2010, au Festival d&rsquo;Avignon In il avait jou\u00e9 sa pi\u00e8ce Les Corbeaux accompagn\u00e9e d&rsquo;une exposition de ses dessins sur le m\u00eame sujet. Pour ainsi dire, avec le th\u00e8me choisi cette ann\u00e9e, Josef Nadj est dans son \u00e9l\u00e9ment de pr\u00e9dilection. Cette nouvelle cr\u00e9ation est \u00e9galement inspir\u00e9e d&rsquo;une exposition de photographies intitul\u00e9e Wilder Mann de Charles Fr\u00e9ger au Mus\u00e9e d&rsquo;art contemporain du Val-de-Marne.<br \/>\nPour ce spectacle, la configuration de la sc\u00e8ne est peu habituelle. La plateau est rond. Une sc\u00e8ne en forme de globe. Sur les c\u00f4t\u00e9s ouest et est de la sc\u00e8ne sont install\u00e9s des percussions pour deux musiciens dont le compositeur Akosh Szelev\u00e9nyi et Gildas Etevenard. Pour lancer le spectacle, les trois com\u00e9diens-danseurs dont le chor\u00e9graphe du spectacle Josef Nadj, puis Ivan Fatjo et Eric Fessenmeyer, empruntent la m\u00eame entr\u00e9e que le public. Ce qui leur donne une dimension d&rsquo;une autre sorte comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait de visiteurs \u00e9tranges venus bousculer les habitudes du public. L&rsquo;entr\u00e9e de ses \u00eatres peu communs est tr\u00e8s r\u00e9ussie car il est impossible de deviner la suite de leurs actions et ce sentiment perdure tout au long du spectacle. Ils tiennent le public en haleine du d\u00e9but \u00e0 la fin du spectacle, sans jamais baisser l&rsquo;attention de celui-ci.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce qui concerne Ozoon, l&rsquo;expression com\u00e9diens-danseurs est plus ad\u00e9quate que le simple terme danseur. Ce trio est bien plus que des simples danseurs, qui ex\u00e9cutent des mouvements de mani\u00e8re rythmique et esth\u00e9tique. Ils habitent chaque geste avec une intensit\u00e9, qui rend chaque mouvement unique. Et, m\u00eame lorsque le mouvement se r\u00e9p\u00e8te avec une l\u00e9g\u00e8re variante, tout \u00e9volue sans fin. Il n&rsquo;y a rien d&rsquo;\u00e9tonnant en cela puisque Josef Nadj est avant tout un mime. Il a \u00e9t\u00e9 form\u00e9 aux meilleurs \u00e9coles de cet Art, d&rsquo;abord chez \u00c9tienne Decroux, le ma\u00eetre incontest\u00e9 du mime au vingti\u00e8me si\u00e8cle puis chez Marcel Marceau. Josef Nadj se situe dans la lign\u00e9e de ses deux grands mimes et il le prouve bien ce soir avec sa cr\u00e9ation Ozoon. Mais il y a aussi quelque chose de Grotowski dans l&rsquo;aspect rituel et la mani\u00e8re dont le com\u00e9dien se donne comme en sacrifice. ..<br \/>\nEn respect du th\u00e8me, il ne tombe pas dans l&rsquo;imitation pure mais au contraire ils \u00e9voquent les animaux. Les instruments de musique excellent en cela donnant l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre en pleine savane entre lions et \u00e9l\u00e9phants. En reprenant les gestes de l&rsquo;animalit\u00e9 de l&rsquo;homme, qu&rsquo;ils explorent, l&rsquo;homme et l&rsquo;animal se confondent. Ces trois cr\u00e9atures se pr\u00e9sentent d&rsquo;abord devant le public portant une combinaison noire tr\u00e8s ample et rembourr\u00e9e d&rsquo;\u00e9paisses couches de tissues comme une protection contre les menaces de ce monde. Leur mani\u00e8re d&rsquo;explorer l&rsquo;espace peut entrainer le public de voir en eux, l&rsquo;apparition des trois derniers survivants apr\u00e8s une catastrophe nucl\u00e9aire. A la d\u00e9couverte de ce nouveau monde, ils cherchent \u00e0 rejoindre la terre promise, qui a connu les plus beaux animaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une s\u00e9rie d&rsquo;objets viennent agr\u00e9menter leurs mouvements. Il existe un jeu avec la vertical et l&rsquo;horizontal extr\u00eamement bien \u00e9voqu\u00e9 par une tige puis des sortes de tronc d&rsquo;arbres crus, qui servent pour le sc\u00e8ne finale. Ceux-ci se transforment en arc de no\u00e9 puis en sorte de cano\u00e9 mais ils n\u2019atteignent pas la terre promise de l\u2019extr\u00eame austral de l&rsquo;Afrique, o\u00f9 se trouve une multitude d\u2019animaux. En court de route en plein mer, ils se trouvent arr\u00eat\u00e9s dans leur p\u00e9riple. Apr\u00e8s cette p\u00e9trification des corps, ce qui suit est la descente d&rsquo;un aquarium rond\u00a0; illumin\u00e9 et comprenant un mimi-terrain de jeux, peupl\u00e9 par les souris blanches. Est-ce le reflet de l&rsquo;homme qui nous est projet\u00e9 ou sommes nous que des joueurs sur ce globe terrestre, s&rsquo;il en existe encore un\u2026.<br \/>\nDans Ozoon, un \u00e9l\u00e9ment venu de l&rsquo;est se fait ressentir dans ce spectacle. L&rsquo;atmosph\u00e8re bestiaire renvoie au roman de Kafka, M\u00e9tamorphoses. Et, Josef Nadj aime aussi montrer des \u00eatres tourment\u00e9s, qui se tordent le corps, tout de noir v\u00eatus. Avec cette forme d&rsquo;expression, il plonge le public dans les ann\u00e9es soixante-dix, avant son d\u00e9part pour la France, dans un pays de l&rsquo;est au temps de la guerre froide. Josef Nadj n&rsquo;a jamais r\u00e9ellement quitt\u00e9 sa Serbie natale et la ville de ses \u00e9tudes , Budapest. L&rsquo;univers de cette \u00e9poque resurgit dans l&rsquo;ensemble de ses cr\u00e9ations&#8230;<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Bernadette Plageman<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le samedi 14 avril, \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019ouverture de la Briqueterie et dans le cadre de la 17\u00e8me biennale de danse du Val de Marne, le Th\u00e9\u00e2tre Jean-Vilar de Vitry-sur-Seine accueillait une repr\u00e9sentation du chor\u00e9graphe serbe Joseph Nadj, Ozoon. Lorsque le public entre dans la salle, il est surpris de voir deux musiciens sur la sc\u00e8ne entour\u00e9s de toutes sortes d\u2019instruments venus d\u2019Europe (des cloches de Bulgarie) ou d\u2019Afrique. Durant toute la repr\u00e9sentation, ils ont une mani\u00e8re bien originale d\u2019utiliser leurs instruments (par exemple en faisait glisser leur archet de violon sur des cymbales ou de souffler de mani\u00e8re discontinue dans un saxophone) et de provoquer ainsi des sons tout droits sortis du monde animalier. Car c\u2019est bien l\u00e0 le c\u0153ur de l\u2019\u0153uvre cr\u00e9\u00e9e par Josef Nadj, de retrouver l\u2019animalit\u00e9 qui nous habite. La repr\u00e9sentation rassemble ainsi un ensemble de rites : tout d\u2019abord ce sont trois gros hommes masqu\u00e9s (dont Josef Nadj lui-m\u00eame) qui entrent sur sc\u00e8ne faisant comme un clin d\u2019\u0153il aux ob\u00e8ses contemporains. Puis se d\u00e9livrant de leur surcharge, ils se laissent chacun aller \u00e0 leur devenir animal en tournant sur cette sc\u00e8ne que le chor\u00e9graphe a con\u00e7ue comme un immense tambour, un cercle de 8 m\u00e8tres de diam\u00e8tre, lieu de tous les rites.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La repr\u00e9sentation se conclut sur l\u2019image de souris pr\u00e9sentes dans une cage suspendue au milieu de la sc\u00e8ne. Apr\u00e8s le spectacle, dans le cadre d\u2019une rencontre avec le metteur en sc\u00e8ne, Josepf Nadj a justifi\u00e9 ce choix en expliquant que les souris \u00e9taient tr\u00e8s r\u00e9ceptives \u00e0 la musique qui les entouraient et participaient elles-m\u00eames \u00e0 la danse contrairement aux rats par exemple qui d\u2019apr\u00e8s ses essais, restaient immobiles par peur ou par paresse.<br \/>\nCette repr\u00e9sentation, \u00e0 laquelle a assist\u00e9 la Ministre de la Culture, \u00e9tait ma premi\u00e8re exp\u00e9rience de danse contemporaine et si j\u2019ai pu \u00eatre fort surpris par les poses originales des corps dans les danses rituelles et les sons inhabituels des instruments, je dois dire que cette recherche d\u2019animalit\u00e9 a provoqu\u00e9 chez moi un certain rejet, peut-\u00eatre d\u00fb \u00e0 mon manque de raffinement pour go\u00fbter une telle \u0153uvre, ou peut-\u00eatre car la sensibilit\u00e9 de l\u2019auteur dans son \u0153uvre m\u2019\u00e9tait \u00e9trang\u00e8re.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">J\u00e9r\u00e9mie Viel<\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Danse | Th\u00e9\u00e2tre Jean Vilar (Vitry-sur-Seine) | En savoir plus OZOON! 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