{"id":5590,"date":"2013-10-23T20:00:32","date_gmt":"2013-10-23T18:00:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=5590"},"modified":"2013-10-23T20:00:32","modified_gmt":"2013-10-23T18:00:32","slug":"retrospective-trisha-brown","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=5590","title":{"rendered":"R\u00e9trospective Trisha Brown"},"content":{"rendered":"<p>Danse | Th\u00e9\u00e2tre de la Ville | <a href=\"http:\/\/www.festival-automne.com\/edition-2013\/trisha-brown-trisha-brown-dance-company-2-programmes#2378\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur sc\u00e8ne deux danseurs portant des justaucorps rouges, sont dos au public. Un troisi\u00e8me danseur cours m\u00e9caniquement. D\u2019autres danseurs apparaissent et s\u2019int\u00e8grent au tableau. On entend des bruits de trafic, un accordage de piano, une bo\u00eete en fer-blanc qui roule dans une rue. L\u2019accompagnement classique de la musique manque mais les danseurs parviennent \u00e0 suivre un rythme en groupe et \u00e0 construire une entit\u00e9. La chor\u00e9graphie, la sc\u00e9nographie et les costumes sont cr\u00e9\u00e9s par Trisha Brown. Cette premi\u00e8re partie montre pendant une trentaine de minutes des mouvements inspir\u00e9s directement de la vie quotidienne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans Homemade (1966) une seule danseuse (Vicky Shick) porte sur elle un appareil bizarre comme un sac \u00e0 dos. Apr\u00e8s un court instant de confusion, le public r\u00e9alise qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un vid\u00e9oprojecteur. La projection r\u00e9p\u00e8te la danse comme un miroir, qui se trouve tour \u00e0 tour d\u00e9pass\u00e9e par son original. La danseuse para\u00eet venir d\u2019un monde vide et froid. Ce vide est accentu\u00e9 par l\u2019absence de musique \u2013 except\u00e9 le gr\u00e9sillement de l\u2019appareil. La vid\u00e9o aussi vient d\u2019un autre temps, \u00e0 savoir 1966. Elle a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9e avec Babette Mangolte \u00a0d\u2019apr\u00e8s un film de Trisha Brown et Robert Whitman.<br \/>\nLa troisi\u00e8me partie pr\u00e9sente un jeu de couleurs. V\u00eatus de justaucorps gris, deux danseurs bougent respectivement sur un bruit d\u00e9rangeant, devant un fond de sc\u00e8ne aux couleurs vives, oscillant de bleu \u00e0 jaune \u00e0 vert. Les d\u00e9placements de l\u2019ensemble des danseurs, qui \u00e9volue en quinconce, demeurent difficilement pr\u00e9visibles. La danse est vive et dynamique, chaque petit geste du quotidien gagne de l\u2019importance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les chor\u00e9graphies utilisent tout l\u2019espace de la sc\u00e8ne. Chaque coin a son importance. Le public pourrait \u00eatre tent\u00e9 de ne regarder qu\u2019une partie de la danse puisque les danseurs vont et viennent de chaque c\u00f4t\u00e9 de la sc\u00e8ne. La fronti\u00e8re entre sc\u00e8ne et salle est bris\u00e9e dans la pi\u00e8ce Homemade, quand la projection de la vid\u00e9o \u00e9blouit l\u2019audience. Le spectateur lui-m\u00eame se retrouve sous les projecteurs et ne peut plus se cacher dans l\u2019obscurit\u00e9.Chaque partie poss\u00e8de son propre suspens, qui se construit dans l\u2019alternance du nombre de danseurs et dans le rythme de la chor\u00e9graphie. En outre, quelques fois la danse est doubl\u00e9e par un danseur qui se d\u00e9marque. \u00a0A aucun moment, le spectateur n&rsquo;est tent\u00e9 de regarder sa montre. Il ne faut pas s\u2019attendre ici \u00e0 un spectacle classique de danse, sous peine d\u2019\u00eatre d\u00e9\u00e7u. La Trisha Brown Dance Company va vers autre chose\u00a0: tranquillement, \u00a0tel un exercice \u2013 avec beaucoup de r\u00e9p\u00e9titions, de bruits et de mouvements \u2013 la danse ne s\u2019impose pas. \u00a0Au lieu de cela, elle donne au spectateur la possibilit\u00e9 d\u2019observer la vie quotidienne \u00e0 travers l\u2018art.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Marie Baron<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Indiscutablement, le spectacle de Trisha Brown est d\u00e9routant. D\u00e9routant par ce qu\u2019il nous fait voir et ce qu\u2019il nous laisse seulement entrevoir, d\u00e9routant par ses choix peu habituels, la d\u00e9construction de ses chor\u00e9graphies, la gestuelle singuli\u00e8re des danseurs, par sa structure elle-m\u00eame, et plus g\u00e9n\u00e9ralement, par le vaste bouleversement esth\u00e9tique qu\u2019il op\u00e8re. L\u2019incipit du spectacle \u00e0 lui seul ne peut que susciter l\u2019incompr\u00e9hension des spectateurs : un danseur cours sur la sc\u00e8ne, en long, en large et en travers, d\u00e9finissant des espaces vides, et circulant autour de deux autres danseurs immobiles, dos au public. On imagine ais\u00e9ment que ce parti pris, \u00e0 l\u2019image de tant d\u2019autres, f\u00fbt longuement r\u00e9fl\u00e9chi, et est sans doute charg\u00e9 de sens ; la difficult\u00e9 est de savoir de quel \u00absens\u00bb il s\u2019agit. Le probl\u00e8me de l\u2019art contemporain en g\u00e9n\u00e9ral, et de la danse en particulier, c\u2019est que, pour nous autres incultes, il nous manque tr\u00e8s souvent certaines clefs de compr\u00e9hension n\u00e9cessaires \u00e0 l&rsquo;appr\u00e9hension d\u2019une oeuvre dans son enti\u00e8re dimension. Et c\u2019est le cas pour le spectacle de Trisha Brown, dont l\u2019explication de la d\u00e9marche artistique est \u00e0 peine esquiss\u00e9e dans le programme distribu\u00e9 \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de la salle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La danse contemporaine serait elle donc r\u00e9serv\u00e9e aux avertis ? Pas si l\u2019on se donne la peine d\u2019y r\u00e9fl\u00e9chir un tant soit peu. Par ailleurs, on peut toujours se limiter \u00e0 admirer la beaut\u00e9 des corps et des chor\u00e9graphies, m\u00eame si l\u2019on passe ainsi \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019essentiel de la r\u00e9flexion que propose le spectacle. Car c\u2019est bien une r\u00e9flexion que m\u00e8ne ici la chor\u00e9graphe, une r\u00e9flexion sur la danse, sur le mouvement. Trisha Brown nous propose une m\u00e9ditation sur le mouvement pur : son oeuvre d\u00e9nud\u00e9e, sans d\u00e9cors ni costumes, agr\u00e9ment\u00e9e d\u2019un fond sonore qu\u2019on peine \u00e0 qualifier de musique, donne toute sa place \u00e0 l\u2019expression des corps. Le silence fr\u00e9quent, la sobri\u00e9t\u00e9 de la sc\u00e9nographie, ne sont l\u00e0 que pour magnifier le geste, au centre de tout. La d\u00e9marche de Trisha Brown est originale : son spectacle, d\u00e9coup\u00e9 en trois partie, en \u00e9tonnera plus d\u2019un. Les choix chor\u00e9graphiques eux-m\u00eames sont inhabituels : ici, les hommes se font porter par les femmes, on n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 jouer de la dissym\u00e9trie, les gestes sont souvent \u00e0 peine esquiss\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La deuxi\u00e8me partie met en sc\u00e8ne une danseuse soliste, au dos de laquelle est fix\u00e9 un vid\u00e9oprojecteur qui projette des images de sa propre chor\u00e9graphie. D\u00e9routant ? Oui. Original ? Certainement. Dans la troisi\u00e8me partie, des panneaux de couleurs immenses servent \u00e0 la fois d\u2019\u00e9cran et de fonds color\u00e9s, cloisonnant l\u2019espace et dissimulant les danseurs qui disparaissent et ressurgissent sans cesse. Dans cette m\u00eame partie, deux duos magnifiques donnent les quelques instants de sensualit\u00e9 tactile qui manquait au spectacle, tandis qu\u2019une note sourde continue, r\u00e9guli\u00e8rement coup\u00e9e brutalement, fait office de musique. \u00c9trange ? On ne peut plus. Des bruits de rue, quelques rares m\u00e9lodies au piano, et surtout le silence. Et le mouvement.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Gauthier Boivineau<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le programme de Trisha Brown pr\u00e9sent\u00e9 au Th\u00e9\u00e2tre de la Ville est compos\u00e9 de trois parties\u00a0:M.G.: The Movie, Homemade and Newark (Niweweorce). Il s\u2019agit d\u2019une danse contemporaine, moderne et athl\u00e9tique. L\u2019atmosph\u00e8re qui s\u2019en d\u00e9gage est \u00a0imp\u00e9n\u00e9trable, \u00e9nigmatique et myst\u00e9rieuse. La premi\u00e8re partie, \u00a0For M.G.: The Movie, est dans\u00e9e par sept danseurs (hommes et femmes). La chor\u00e9graphie, sc\u00e9nographie et les costumes sont r\u00e9alis\u00e9s par Trisha Brown. La musique d\u2019Alvin Curran, \u00abOne Step Too\u00bb, soutient \u00a0l\u2019atmosph\u00e8re myst\u00e9rieuse. Le \u00abM. G.\u00bb dans le titre se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 Michel Guy qui a command\u00e9 le spectacle. L\u2019autre partie du titre est \u00abThe Movie\u00bb. La sc\u00e8ne est souvent utilis\u00e9e comme une cam\u00e9ra. Aux limites de la sc\u00e8ne, on aper\u00e7oit parfois seulement certaines parties du corps des danseurs, comme dans les films o\u00f9 la cam\u00e9ra montre seulement un extrait de la sc\u00e8ne. Les costumes, des justaucorps rouges, figurant une silhouette audacieuse, accentuent les gestes et mouvements tr\u00e8s pr\u00e9cis. Au d\u00e9but deux danseurs, une femme et un homme, sont debout et tournent le dos au public. Ils paraissent anonymes et neutres. L\u2019homme en particulier reste dans cette position pendant presque toute la chor\u00e9graphie. Son identit\u00e9 n\u2019est donc pas \u00e9vidente, il pourrait s\u2019agir de n\u2019importe qui. Le passage du temps est l\u2019un des motifs principaux du spectacle.<br \/>\nParfois il y a beaucoup de mouvements sur sc\u00e8ne et, \u00e0 d\u2019autres moments, c\u2019est tr\u00e8s calme et lent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La deuxi\u00e8me partie est le solo Homemade, dans\u00e9 par Vicky Shick. Il n\u2019y a pas de musique. C\u2019est une danse qui me parait impalpable et insondable. Sur le dos de la danseuse est projet\u00e9e une s\u00e9quence film\u00e9e de sa danse. \u00a0On voit la danse en temps r\u00e9el et en m\u00eame temps une vid\u00e9o de la m\u00eame danse. Quand la danseuse bouge, la vid\u00e9o est projet\u00e9e sur l\u2019un ou l\u2019autre face ou vers l\u2019audience. La troisi\u00e8me partie s\u2019appelle Newark (Niweweorce). Elle est dans\u00e9e par sept danseurs, tout comme la premi\u00e8re partie. La chor\u00e9graphie est de Trisha Brown, la sc\u00e9nographie et le concept sonore de Donald Judd et l\u2019orchestration sonore et la r\u00e9alisation de Peter Zummo avec Donald Judd. Les danseurs portent des justaucorps gris. Le d\u00e9cor de th\u00e9\u00e2tre est compos\u00e9 de rideaux de diff\u00e9rentes couleurs fortes, qui s\u2019abaissent ou remontent. La musique est une alternance entre silence et tonalit\u00e9s, mais l\u2019effet produit est incommode et contrariant. Danse et musique paraissent comme deux entit\u00e9s s\u00e9par\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En conclusion on peut dire que ce spectacle est tr\u00e8s moderne, int\u00e9ressant et attachant. Les danseurs jouent avec le temps et l\u2019espace. Gr\u00e2ce aux costumes, on voit tr\u00e8s clairement les mouvements. La musique est inhabituelle et moderne. Les deux premi\u00e8res parties, en particulier, concordent bien parce que la premi\u00e8re s\u2019appelle The Movie se pr\u00e9sente comme un film, que l\u2019on retrouve dans la deuxi\u00e8me partie. \u00a0Il s\u2019agit d\u2019un programme tr\u00e8s remarquable, en particulier pour ceux qui sont int\u00e9ress\u00e9s par la danse moderne et contemporaine.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Laura Engelhardt<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour la 42\u00e8me \u00e9dition du Festival d&rsquo;Automne \u00e0 Paris, le Th\u00e9\u00e2tre de la Ville accueillait encore une fois la Trisha Brown Dance Company. J&rsquo;ai pu assister au premier programme lors d&rsquo;une soir\u00e9e m\u00e9morable. M\u00e9morable pour les initi\u00e9s de la Compagny mais surtout pour les spectateurs ordinaires. Car s&rsquo;approcher de la danse postmoderne n&rsquo;est pas toujours ais\u00e9 la premi\u00e8re fois. Un regard habitu\u00e9 aux canons acad\u00e9miques de la danse o\u00f9 l&rsquo;aura, la beaut\u00e9 est souvent \u00e0 toucher du doigt peut se sentir heurt\u00e9, telle une \u00e9corce qu&rsquo;on arrache, avant de voir le plaisir s&rsquo;installer peu \u00e0 peu. Plaisir et non \u00e9motion. Celle-ci, est ailleurs. Il faut aller la chercher. Elle ne s&rsquo;impose pas d&rsquo;elle-m\u00eame. En effet, l&rsquo;une des caract\u00e9ristiques de la Trisha Brown Dance Company est de vous transporter intellectuellement et non \u00e9motionnellement. Elle vous invite \u00e0 vous poser des questions, \u00e0 interroger chaque chor\u00e9graphie o\u00f9 le jeu se porte sur la r\u00e9flexion et non sur l&rsquo;\u00e9motion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les sc\u00e9nographies de la Trisha Brown Dance Comapny, surtout celles auxquelles j&rsquo;ai pu assister dans ce premier programme sont somptueuses, avec des jeux d&rsquo;ombre et de lumi\u00e8re. Mais, la musique m\u00e9tallique qui agrandit ou r\u00e9duit l&rsquo;espace selon l&rsquo;\u00e9volution des danseurs peut parfois \u00eatre dysphorique. Cependant, elle participe \u00e0 l&rsquo;accomplissement de l&rsquo;ensemble et est compl\u00e9mentaire des mouvements. Mouvement, c&rsquo;est de cela qu&rsquo;il s&rsquo;agit surtout. Trisha Brown le dit pur. Parce qu&rsquo;il est d&rsquo;abord libre. For M.G : The Movie (1991), la chor\u00e9graphie d&rsquo;ouverture, fut pour moi assez d\u00e9concertante, abstraite. Pourtant, d&rsquo;apr\u00e8s Diane Madden, danseuse et directrice artistique, c&rsquo;est le plus beau solo de Trisha Brown o\u00f9 elle fait appara\u00eetre des sch\u00e8mes de fuite, d&rsquo;infinitudes, r\u00e9it\u00e9r\u00e9es tout au long de la sc\u00e9nographie. Le premier danseur s&rsquo;\u00e9lance en silence, revient sur son angle de d\u00e9part comme s&rsquo;il voulait tater les dimensions de la sc\u00e8ne, en saisir les extr\u00e9mit\u00e9s, puis revient comme pour comprendre l&rsquo;\u00e9tendue de ses limites, chercher une possibilit\u00e9 d&rsquo;ouverture, puis insufle aux autres danseur le d\u00e9sir et l&rsquo;\u00e9nergie. Mais o\u00f9 est la limite quand chaque mouvement semble symboliser l&rsquo;infini ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Homemade, avec un film en abyme, rejoint For MG dans le jeu sur la r\u00e9flexion et la d\u00e9construction de l&rsquo;art. Newark (1987) est bouleversant de fluidit\u00e9, de force et de synth\u00e8se : \u00e0 nous d&rsquo;inventer la parole. Faire na\u00eetre une narration. Car les danseurs en appellent fortement \u00e0 l&rsquo;intensit\u00e9 de la participation du spectateur. Devant ce faisceau de mouvements, cette fr\u00e9n\u00e9sie de torsions du corps, de cadences, on est certes dans l&rsquo;\u00e9merveillement mais surtout dans la r\u00e9flexion car tout est intellectualis\u00e9 et le spectateur est invit\u00e9 \u00e0 une communion de pens\u00e9e. L&rsquo;art est \u00e0 penser. Il faut aller chercher en soi quelque chose qui soit \u00e0 la hauteur d&rsquo;un tel ph\u00e9nom\u00e8ne. Je fus heureuse \u00e0 la fin du spectacle de voir tant des visages extasi\u00e9s, et dans quelques regards, quelques touches d&rsquo;enchantement estampill\u00e9es. Je me dis alors que je venais d&rsquo;assister \u00e0 un grand bonheur que je n&rsquo;arrivais pas encore \u00e0 me repr\u00e9senter tout \u00e0 fait.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Marl\u00e8ne Lafond<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je suis l\u00e0 o\u00f9 tu ne m\u2019attends pas. C\u2019est, je crois, ce qu\u2019aurait pu dire Trisha Brown \u00e0 propos de sa fa\u00e7on de chor\u00e9graphier. La Trisha Brown Compagny est une compagnie de danse contemporaine n\u00e9e en 1970, d\u00e9sormais dirig\u00e9e par deux directrices artistiques choisies par Trisha Brown elle-m\u00eame, Diane Madden et Carolyn Lucas. Trois chor\u00e9graphies ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9es ce soir-l\u00e0. Il est compr\u00e9hensible que les spectateurs peu avertis aient \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s surpris par ces danses hors du temps\u00a0; derri\u00e8re le terme de \u00ab\u00a0danse contemporaine\u00a0\u00bb se cache bien de multiples d\u00e9finitions\u2026 probablement autant que le nombre de chor\u00e9graphes\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La premi\u00e8re pi\u00e8ce s\u2019intitulait For M.G\u00a0: The Movie (1991). Que les amateurs de l\u2019esth\u00e9tisme, du raffinement et de l\u2019\u00e9l\u00e9gance du ballet classique prennent sur eux. Ici, rien de tout cela. Le rideau s\u2019ouvre sur une sc\u00e8ne sans d\u00e9cors. Seul deux danseurs, immobiles, v\u00eatus de justaucorps qui couvrent toutes leur peau, sont pr\u00e9sents. Un troisi\u00e8me arrive et court. Il court de mani\u00e8re circulaire, avec quelques variantes parfois\u2026 pour se remettre \u00e0 nouveau dans son cercle qui, rapidement, nous \u00e9tourdi. Je me demande alors pourquoi. Pourquoi nous, spectateurs, regardons cet homme au justaucorps brun, d\u00e9crire des cercles en courant, le tout sur un fond de bruits \u00e9tranges et familiers, comme une porte qui claque ou le lointain fredonnement d\u2019une discussion en cours\u00a0? Il est \u00e9vident qu\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019un ballet classique dans lequel d\u00e9filent de belles princesses en tutu et de charmants princes aux cheveux gomin\u00e9s, l\u2019intention du chor\u00e9graphe est de loin diff\u00e9rente. Mais en est-elle moins po\u00e9tique pour autant\u00a0? Finalement, en se laissant porter par ce jeune homme qui court, accompagn\u00e9 par la suite d\u2019autres danseurs qui se mettent \u00e0 d\u00e9crire des formes g\u00e9om\u00e9triques, on finit par ressentir un sens \u00e0 cette chor\u00e9graphie. A la fin de la repr\u00e9sentation, j\u2019ai entendu un spectateur derri\u00e8re moi\u00a0: il disait avoir eu la sensation de voir des personnes en prison. J\u2019ai trouv\u00e9 que c\u2019\u00e9tait une belle interpr\u00e9tation. Dans cet univers math\u00e9matique d\u00e9crit, Trisha Brown nous propose une vision de la r\u00e9alit\u00e9 qu\u2019elle nous fait partager. Et cette r\u00e9alit\u00e9 n\u2019a pas toujours \u00e0 \u00eatre belle ou agr\u00e9able \u00e0 regarder. C\u2019est ainsi qu\u2019elle per\u00e7oit le monde, du moins, dans cette pi\u00e8ce.\u00a0 A chacun de se laisser prendre au jeu sur les sensations qu\u2019il re\u00e7oit par cette proposition.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Homemade (1996) fut la seconde chor\u00e9graphie pr\u00e9sent\u00e9e. Une jeune femme, seule sur sc\u00e8ne, sans musique. Dans son dos, un \u00e9trange sac-\u00e0-dos\u00a0: c\u2019est un petit vid\u00e9oprojecteur qui nous invite \u00e0 regarder par le biais de l\u2019image la m\u00eame chor\u00e9graphie qui se d\u00e9roule sous nos yeux. Toutefois, ce visionnage est mis \u00e0 mal\u00a0: comme elle porte l\u2019appareil sur son dos, l\u2019image se d\u00e9place autant que la danseuse se meut. Au bout de quelques minutes, je me dis que, d\u00e9cid\u00e9ment, tout est vraiment possible\u00a0! Quelle id\u00e9e g\u00e9niale\u00a0! De plus, je m\u2019interroge sur la port\u00e9e de ces mouvements effectu\u00e9s sans musique. En effet, qu\u2019est-ce qui distingue le geste m\u00e9canique du corps et le mouvement effectu\u00e9 par le danseur\u00a0? La r\u00e9ponse me vient rapidement en observant cet \u00e9trange personnage\u00a0: toute la diff\u00e9rence r\u00e9side dans l\u2019\u00e2me que donne le danseur au d\u00e9placement de son corps. C\u2019est incroyable comme une si courte chor\u00e9graphie peut autant questionner sur le sens que l\u2019on donne au monde et \u00e0 l\u2019homme.<br \/>\nEnfin, je ne dirai que quelques mots sur la derni\u00e8re pi\u00e8ce\u00a0: Newark (Niweweorce) (1987). Si le d\u00e9cor ne se r\u00e9sume qu\u2019\u00e0 une succession de toiles, color\u00e9es de mani\u00e8re vives et descendues \u00e0 diff\u00e9rentes avanc\u00e9es de la sc\u00e8ne tout au long de la chor\u00e9graphie, la performance des danseurs est splendide. Jusqu\u2019\u00e0 ce stade du spectacle, je n\u2019avais pas ressenti de v\u00e9ritable \u00e9lan me porter. Il aura fallu attendre les derni\u00e8res minutes pour que cela se r\u00e9alise. Sur sc\u00e8ne, deux couples de danseurs, toujours en long justaucorps. Il se produit alors une incroyable alchimie\u00a0; chacun des deux danseurs qui forment un couple effectue les m\u00eames pas de danses, mais chacun des deux couples a une chor\u00e9graphie diff\u00e9rente. Toutefois, ils entrent en interaction les uns envers les autres par leurs d\u00e9placements dans l\u2019espace qui sans cesse les met tous en relation. A nouveau, Trisha Brown \u00e9voque un beau sujet qu\u2019est l\u2019\u00eatre humain, dans sa relation \u00e0 lui-m\u00eame, \u00e0 l\u2019autre, au groupe. C\u2019est sur cette tr\u00e8s belle note que le spectacle s\u2019ach\u00e8ve\u00a0; charg\u00e9e de toutes ces questions pos\u00e9es par Trisha Brown, je regagne dans la nuit les rues de Paris.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Diane Loichot<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">La rel\u00e8ve de Trisha Brown a vu le jour ou plut\u00f4t la nuit pour la deuxi\u00e8me fois sur la sc\u00e8ne parisienne. Sous la direction de deux femmes, \u00e9troitement li\u00e9es \u00e0 la Trisha Brown Dance Company, car elles-m\u00eames danseuses dans cet ensemble artistique. Il s\u2019agit de Diane Madden, directrice des r\u00e9p\u00e9titions \u00e0 partir de 1984 et de Carolyn Lucas qui se dit sid\u00e9r\u00e9e par la danse de Trisha Brown depuis l\u2019\u00e2ge de 19 ans. Le spectacle est divis\u00e9 en trois parties\u00a0: la premi\u00e8re intitul\u00e9e For M.G.\u00a0: The\u00a0Movie , cr\u00e9\u00e9e en 1991, dure une quarantaine de minutes. En revanche, la partie interm\u00e9diaire, portant le nom d\u2019Homemade et qui date de 1966 ne comporte que 5 minutes. Le final avec le titre Newark est d\u2019apr\u00e8s moi la partie la plus r\u00e9ussie, avait presque la m\u00eame longueur que le d\u00e9but. Le spectacle commence par le mouvement d\u2019un homme qui court sans cesse sur les tr\u00e9teaux \u00a0en demi-cercles, ce qui pourrait repr\u00e9senter le symbole de l\u2019infini. Ces signes g\u00e9om\u00e9triques et abstraits sont d\u2019ailleurs pr\u00e9sents tout au long de spectacle, avec pour but, d\u2019apr\u00e8s moi, d\u2019agir sur les sentiments existentiels de l\u2019homme et d\u2019\u00e9voquer en lui des questions m\u00e9taphysiques du type\u00a0: Quel est le sens de l\u2019\u00eatre humain dans le monde\u00a0? Qu\u2019est-ce que les gens font dans le monde\u00a0? Pourquoi sont-ils toujours si press\u00e9s\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019autres id\u00e9es me sont venues \u00e0 l\u2019esprit en regardant cet artiste en train de courir d\u2019autant plus que la musique qui l\u2019accompagnait n\u2019\u00e9tait souvent rien du plus que le bruit de voitures dans la rue. A la diff\u00e9rence de ce coureur si \u00e9nergique, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la sc\u00e8ne, nous avons pu remarquer deux personnes debout pendant tr\u00e8s longtemps, ayant l\u2019air de ne pas \u00eatre concern\u00e9es par cette h\u00e2te incessante et insens\u00e9e.Dans un moment particulier, du coup, tout s\u2019est arr\u00eat\u00e9 \u00e0 cause d\u2019une sonnerie tr\u00e8s intensive qui a perc\u00e9e la salle, \u00e9voquant un accident mortel dans la rue. Cet \u00e9branlement n\u2019a dur\u00e9 que quelques brefs instants, et puis tout est rentr\u00e9 sans probl\u00e8me dans l\u2019ordre oubliant imm\u00e9diatement la trag\u00e9die. Cette attitude me rappelle vivement le monde contemporain qui est bas\u00e9 avant tout sur l\u2019individualisme, le pragmatisme et l\u2019\u00e9go\u00efsme. Ceux qui sont concern\u00e9s par une trag\u00e9die en resteront marqu\u00e9s toute leur vie, d\u2019autres, par contre, souvent essaient de fermer les yeux, de boucher les oreilles et d\u2019en sortir le plus vite possible. La soci\u00e9t\u00e9 d\u2019aujourd\u2019hui manque beaucoup de compassion et de compr\u00e9hension entre les individus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce qui concerne la partie interm\u00e9diaire, je ne l\u2019ai pas trouv\u00e9e tr\u00e8s int\u00e9ressante. Une femme qui danse avec un film projet\u00e9 sur son dos, c\u2019est peut-\u00eatre une manifestation de l\u2019art conceptuel mais je n\u2019en ai pas tr\u00e8s bien compris le sens. La projection de soi m\u00eame dans les yeux d\u2019autrui est la seule explication qui m\u2019est arriv\u00e9e \u00e0 l\u2019esprit. Dans la derni\u00e8re phase participent sept danseurs, le m\u00eame nombre que dans la premi\u00e8re. Cette partie a certains traits en commun avec le d\u00e9but, mais le spectateur peut \u00e9galement remarquer quelques sp\u00e9cificit\u00e9s qui sont, de mon point de vue, tr\u00e8s int\u00e9ressantes et particuli\u00e8rement r\u00e9ussies. La coop\u00e9ration entre les couples qui ex\u00e9cutent des figures gymnastiques, voire acrobatiques sans la moindre faute, est impressionnante. J\u2019ai beaucoup appr\u00e9ci\u00e9 la capacit\u00e9 des danseurs \u00e0 travailler l\u2019\u00e9lasticit\u00e9 des corps, pour r\u00e9ussir \u00e0 ne faire plus qu\u2019un. \u00a0Il s\u2019agit de la manifestation de la n\u00e9cessit\u00e9 de l\u2019homme d\u2019\u00eatre entour\u00e9 et en contact avec d\u2019autres hommes qui justifient ainsi son existence. Ce final est accompagn\u00e9 de bruits bizarres et de chutes de \u00a0rideaux dont la superposition r\u00e9duit progressivement l\u2019espace d\u2019\u00e9volution des danseurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour conclure, ce spectacle m\u2019a fait d\u00e9couvrir un domaine nouveau et a r\u00e9ussi \u00e0 susciter ma r\u00e9flexion, ce qui semble en \u00eatre le but principal. Cependant, je l\u2019ai trouv\u00e9 un peu ennuyeux et je n\u2019ai pas l\u2019impression d\u2019avoir r\u00e9ellement compris le message transmis par cette danse. De plus, il m\u2019a sembl\u00e9 que les danseurs n\u2019\u00e9taient pas des danseurs mais plut\u00f4t des athl\u00e8tes en train de s\u2019entra\u00eener, du fait de la typologie de la chor\u00e9graphie et des costumes si modestes. La prochaine fois, je pense que je m\u2019orienterais vers un r\u00e9pertoire plus traditionnel.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Klara Nemeckova<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Th\u00e9\u00e2tre de la Ville, mercredi 23 Octobre, 20h30. Le rideau se l\u00e8ve sur un homme et une femme tournant le dos \u00e0 des spectateurs\u00a0 concentr\u00e9s. C\u2019est \u00e0 une premi\u00e8re chor\u00e9graphie hautement intellectuelle qu\u2019ils sont venus assister \u2013 en tout cas pour les plus avertis d\u2019entre eux. Un troisi\u00e8me danseur entre en sc\u00e8ne\u00a0: par ses gestes quasi athl\u00e9tiques voire anatomiques, il entre dans un mouvement r\u00e9p\u00e9titif et mesur\u00e9. S\u2019installe alors un climat d\u2019attente et de lenteur, propice \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e des autres danseurs, tous v\u00eatus de la m\u00eame combinaison orange donnant \u00e0 voir chaque atome de mouvement.<br \/>\nLa deuxi\u00e8me chor\u00e9graphie, men\u00e9e par une femme seule sur sc\u00e8ne \u2013 ou plut\u00f4t accompagn\u00e9e de son double \u2013, semble encore plus conceptuelle\u00a0: la danseuse reproduit \u00e0 l\u2019infini les pas de son propre reflet film\u00e9 au pr\u00e9alable et diffus\u00e9 par un r\u00e9troprojecteur enfil\u00e9 comme un sac \u00e0 dos\u00a0! Mais cette complexit\u00e9 n\u2019en demeure pas moins int\u00e9ressante, elle semble vouloir jouer avec le public. Les concordances et les d\u00e9calages entre la danseuse et son double filmique, le fait que l\u2019image disparaisse et r\u00e9apparaisse au fil des pas r\u00e9ellement trac\u00e9s devant nous, entrant parfois \u00e0 proprement parler \u00e0 notre contact, donne \u00e0 cette cr\u00e9ation une originalit\u00e9 certaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Entracte. Les r\u00e9actions semblent partag\u00e9es. Danse exag\u00e9r\u00e9ment \u00ab\u00a0intello\u00a0\u00bb ou subtilement g\u00e9niale\u00a0? Et la sensualit\u00e9 dans tout \u00e7a\u00a0? Une chose est sure\u00a0: Trisha Brown ne laisse personne indiff\u00e9rent.<br \/>\nLa troisi\u00e8me et derni\u00e8re chor\u00e9graphie r\u00e9unira peut-\u00eatre les avis divergents\u00a0: \u00e0 la fois charnelle et c\u00e9r\u00e9brale, lisse et vallonn\u00e9e, simple et infiniment complexe, elle exhibe avant tout le mouvement lui-m\u00eame. On ne peut rien ignorer des gestes \u00e0 fleur de peau de ces hommes et ces femmes en combinaisons moulantes, qui se m\u00ealent, r\u00e9pondent aux chocs par des chocs, au contact par des sauts et des port\u00e9s rondement men\u00e9s. Les tableaux de couleurs qui tombent successivement\u00a0 et viennent r\u00e9duire l\u2019espace de danse ponctuent les pas des danseurs et viennent souligner, en guidant le regard, l\u2019adresse des pieds nus sur la sc\u00e8ne.\u00a0 Un spectacle de qualit\u00e9 qui donne \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir\u00a0!<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Ma\u00ebvane Royer<\/h6>\n<pre>Photo : Samantha Siegel<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Danse | Th\u00e9\u00e2tre de la Ville | En savoir plus Sur sc\u00e8ne deux danseurs portant des justaucorps rouges, sont dos au public. Un troisi\u00e8me danseur cours m\u00e9caniquement. D\u2019autres danseurs apparaissent et s\u2019int\u00e8grent au tableau. 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