{"id":568,"date":"2016-03-22T20:00:36","date_gmt":"2016-03-22T19:00:36","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/chroniques\/?p=568"},"modified":"2016-03-22T20:00:36","modified_gmt":"2016-03-22T19:00:36","slug":"sage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=568","title":{"rendered":"Sage"},"content":{"rendered":"<p>Concert | La Cigale | <a href=\"http:\/\/www.lacigale.fr\/spectacle\/sage-2\/\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p>SAGE a-t-il fait chanter La Cigale en ce d\u00e9but de printemps\u00a0?<\/p>\n<p>Comme son nom l\u2019indique, le retour en solo d\u2019Ambroise Willaume du groupe Revolver sous le pseudonyme de SAGE avec son premier album One last star, plus \u00e9lectro que pop, est plut\u00f4t timide lors de ce d\u00e9but de tourn\u00e9e \u00e0 La Cigale au sein de cette formation nouvelle. Mais que cache cette griffe aux allures d\u2019acronyme\u00a0? Le 22 mars 2016, l\u2019artillerie lourde est sortie\u00a0: abondants effets de lumi\u00e8res &#8211; plut\u00f4t r\u00e9ussis malgr\u00e9 quelques agressions stroboscopiques aveuglant le premier rang &#8211; l\u2019ancien pilier de Revolver au synth\u00e9tiseur \u00e0 la voix intense, s\u2019entoure de deux batteries &#8211; de quoi cr\u00e9er rythmes entra\u00eenants et puissants &#8211; et de cordes un peu trop laiss\u00e9es dans l\u2019ombre. Car on aurait appr\u00e9ci\u00e9 entendre la musique seule par moments, qu\u2019elle nous emporte, qu\u2019elle nous emm\u00e8ne plus loin, comme celles des percussions. Et malgr\u00e9 la performance vocale de Willaume, qui r\u00e9ussit \u00e0 jouer sur une large variations de timbres intenses, montant tr\u00e8s haut pour redescendre ensuite tr\u00e8s bas, le rendu du son, mal balanc\u00e9, ne lui a pas facilit\u00e9 la t\u00e2che et les aigus rendus saillants ont certainement d\u00e9rang\u00e9 plus d\u2019un tympan jusque dans le fond de la salle. Certes, la Cigale a vibr\u00e9 ce soir\u2013l\u00e0, mais au d\u00e9triment de certains instruments que beaucoup aurait aim\u00e9 entendre s\u2019envoler lyriquement dans quelques partitions improvis\u00e9es. En effet, peu d\u2019\u00e9cart pour SAGE \u2013 car comme une image, au morceau enregistr\u00e9, il s\u2019y colle &#8211; et peu d\u2019effervescence dans la salle malgr\u00e9 des harmonies \u00e9lectroniques port\u00e9es par des rythmes qui pulsent.<\/p>\n<p>On sent \u00e0 sa mani\u00e8re d\u2019\u00eatre que le jeune homme n\u2019est pas encore tout \u00e0 fait s\u00fbr de lui, qu\u2019il s\u2019accroche \u00e0 ses notes les suivant co\u00fbte que co\u00fbte pour ne pas perdre le fil d\u2019un spectacle un peu trop lisse et net. Alors on se pose la question\u00a0: la version enregistr\u00e9e ne reste-t-elle pas finalement meilleure, car \u00e0 l\u2019origine, dans sa conception solitaire, plus claire, plus cristalline, plus propre car aseptis\u00e9e par la cha\u00eene de production qui lustre les CDs comme de beaux bijoux, lisses et brillants\u00a0? Sur sc\u00e8ne, gu\u00e8re de prises de risque devant un public assez dissip\u00e9 ne sachant pas vraiment \u00e0 quoi s\u2019attendre. Car \u00e0 la Cigale, le compositeur de In between, performe sur sc\u00e8ne pour faire conna\u00eetre son premier album sorti une semaine plus t\u00f4t. Un deuxi\u00e8me concert, les mains moites, le c\u0153ur emball\u00e9, sans doute. Le public est tout de m\u00eame pr\u00e9sent et malgr\u00e9 quelques erreurs techniques, et un c\u00f4t\u00e9 n\u00e9ophyte qui finit par rendre le chanteur touchant. On ne peut pas lui en vouloir, comme il dit, \u00ab\u00a0cela fait longtemps\u00a0\u00bb qu\u2019il n\u2019a pas jou\u00e9\u00a0!<\/p>\n<p>En bref, un opus produit avec le soutien du duo fran\u00e7ais \u00e9lectro The shoes d\u2019une certaine fra\u00eecheur, et un discours fait d\u2019ironie et d\u2019excuses, sauve le chanteur et le concert\u00a0: on lui pardonne. On esp\u00e8re donc que le groupe avec le temps, se salisse un peu plus les mains en proposant des effets moins lisses qui d\u00e9tonnent et que d\u2019irr\u00e9prochable, il passe \u00e0 r\u00e9volt\u00e9\u00a0pour qu\u2019enfin au prochain concert ils soient un peu moins SAGE.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Ana\u00efs Chateauraynaud<\/h6>\n<hr \/>\n<p>SAGE &#8211; \u00e0 prononcer \u00e0 l\u2019anglaise, please. Ce jeune musicien et chanteur, ancien membre du groupe Revolver, se lance en solo. En tourn\u00e9e pour son album \u00e9ponyme, sorti le 11 mars 2016, et apr\u00e8s un premier concert \u00e0 Avignon, Ambroise Willaume pose ses clics et ses clacs (comprendre ses claviers) \u00e0 la Cigale. D\u2019abord seul sur sc\u00e8ne, il interpr\u00e8te un premier morceau tr\u00e8s intimiste, plongeant ainsi le public dans son univers. L\u2019ambiance calme et feutr\u00e9e s\u2019envole avec les derni\u00e8res notes de la premi\u00e8re chanson, et tandis que s\u2019installent les deux batteurs, le concert prend de l\u2019ampleur.<\/p>\n<p>Atmosph\u00e8re \u00e9lectrique et fr\u00e9n\u00e9tique. Les deux batteries pourraient sembler superflues. Au contraire ! Elles se distinguent et se compl\u00e8tent. L\u2019une est acoustique et produit un son assez \u00e9lectronique ; la deuxi\u00e8me est essentiellement constitu\u00e9e de pads qui font na\u00eetre des sons percussifs tr\u00e8s int\u00e9ressants. Ensemble, ces deux instruments cr\u00e9ent des ambiances quasi exotiques aux \u00e9chos tr\u00e8s prononc\u00e9s. Les sonorit\u00e9s recherch\u00e9es, les m\u00e9lodies complexes et les dissonances harmonieuses rappellent le travail de Damon Albarn (le leader de Gorillaz et Blur, entre autres) dans son album solo.<\/p>\n<p>La pr\u00e9sence des instruments \u00e0 corde (violons et violoncelle) apporte \u00e0 la musique une dimension profonde tant sonore que visuelle. Quasi-chor\u00e9graphique, la sc\u00e8ne devient un espace o\u00f9 Sage se r\u00e9approprie ses chansons, quitte \u00e0 les modifier l\u00e9g\u00e8rement de leur version album. Avec lui, le live prend tout son sens. Tout est produit sur sc\u00e8ne, preuve que la musique \u00e9lectronique n\u2019est pas uniquement compos\u00e9e de samplers.<\/p>\n<p>Aux c\u00f4t\u00e9s de la production musicale, on notera \u00e9galement l\u2019importance des jeux de lumi\u00e8res. Le jeune musicien n\u2019est pas dans la demi-mesure ; il n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 accompagner ses morceaux les plus \u00e9nergiques de jets vifs et fugaces. Mais c\u2019est surtout lors de ses musiques les plus calmes qu\u2019on retrouve la personnalit\u00e9 de Sage, avec son c\u00f4t\u00e9 un peu cubiste (une face \u00e9clair\u00e9e puis l\u2019autre). Il parvient presque \u00e0 d\u00e9tourner certaines formes avec son jeu d\u2019ombres et de lumi\u00e8res. Le public assiste \u00e0 une v\u00e9ritable \u0153uvre g\u00e9om\u00e9trique, qui n\u2019est pas sans rappeler sa pochette d\u2019album.<\/p>\n<p>Simple et proche de son public, Sage finit son concert par une reprise de Take a look at me now, de Phil Collins, auquel il emprunte les fameux sons de synth\u00e9, qu\u2019il compte bien remettre au go\u00fbt du jour.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Delphine Morin<\/h6>\n<hr \/>\n<p>Deuxi\u00e8me concert apr\u00e8s sa premi\u00e8re \u00e0 Avignon, premi\u00e8re \u00e0 Paris, Sage \u00e9tait \u00e9mu de retourner sur sc\u00e8ne ce mardi 22 mars 2016 \u00e0 20h00 \u00e0 la Cigale pour nous faire \u00e9couter son premier album EP\u00a0en solo : \u00ab\u00a0In beetween\u00a0\u00bb. Seul cette fois, sans Revolver, groupe dont il \u00e9tait le fondateur en 2006, Ambroise Willaume, alias Sage, propose une pop m\u00e9lodique bas\u00e9e sur la (les) voix et le piano. Ses chansons ont le charme des sons de la pop anglaise, sans que cette influence canonique ne vienne spolier une intensit\u00e9 \u00e9motionnelle inh\u00e9rente \u00e0 son timbre de voix. Accompagn\u00e9 par six musiciens\u00a0: deux batteurs, un guitariste, trois violons et un violoncelle, l\u2019ancien guitariste s\u2019est donc tenu derri\u00e8re le piano\/synth\u00e9 la majorit\u00e9 du concert.\u00a0 Ambroise Guillaume semble avoir trim\u00e9 sa guitare contre le piano, et le revolver contre plus de sagesse. Toutefois, ni la guitare, ni le punch n\u2019ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9laiss\u00e9s. Le jeune chanteur reprend parfois l\u2019instrument en ex-rockeur timide, et, un timing impeccable entre le chanteur et les musiciens dans des mouvements musicaux complexes, leur ont permis d\u2019habilement transiter des chansons calmes et suspendues (In beetween ou Time never lies), mettant en valeur la voix haut perch\u00e9e au timbre singulier,\u00a0et des sonorit\u00e9s plus rock ind\u00e9 (August in Paris). Un son de synth\u00e9 \u00e0 la Phill Collins \u00ab\u00a0un peu ridicule pour certains\u00a0\u00bb comme Ambroise Willaume nous l\u2019a lui-m\u00eame dit mais tr\u00e8s s\u00e9duisant pour d\u2019autres puisqu\u2019il donne une coloration nouvelle \u00e0 ses titres, manquant parfois d\u2019une rythmique originale. En bon humoristique Sage cl\u00f4turera d\u2019ailleurs le concert sur la reprise de \u00ab\u00a0Take a look at me Now\u00a0\u00bb de Phil Collins.<\/p>\n<p>Le public, assez \u00e9clectique, n\u2019\u00e9tait toutefois pas prompt \u00e0 danser au rythme des deux batteries. Davantage dans l\u2019\u00e9coute, il semble difficile de trancher entre d\u00e9ception et \u00e9motion\u00a0: l\u2019\u00e9nergie du groupe insuffisamment contagieuse ou un public \u00e9mu, lui aussi, par le retour du chanteur. J\u2019opterais pour la seconde alternative, aux vues des rappels r\u00e9solus. Un concert sympa, un album sympa, rien de transcendant pour ma part mais l\u2019on passe ind\u00e9niablement un tr\u00e8s bon moment.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">L\u00e9na Delugin<\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Concert | La Cigale | En savoir plus SAGE a-t-il fait chanter La Cigale en ce d\u00e9but de printemps\u00a0? 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