{"id":618,"date":"2016-04-01T20:00:51","date_gmt":"2016-04-01T19:00:51","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/chroniques\/?p=618"},"modified":"2016-04-01T20:00:51","modified_gmt":"2016-04-01T19:00:51","slug":"bittersweet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=618","title":{"rendered":"Bittersweet"},"content":{"rendered":"<p>Th\u00e9\u00e2tre | Th\u00e9\u00e2tre de M\u00e9nilmontant | <a href=\"http:\/\/www.jokle.org\/#!bittersweet\/ipn4g\">En savoir plus.<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><strong>Bittersweet, une pi\u00e8ce surprenante aux accents oxymoriques dont le titre refl\u00e8te \u00e0 merveille une pi\u00e8ce haletante et surprenante.<\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jou\u00e9e par une troupe de jeunes \u00e9tudiants qui font br\u00fbler les planches du M\u00e9nilmontant, cette \u00ab\u00a0vir\u00e9e hallucinatoire \u00e0 la campagne dans l&rsquo;ombre du narcotrafic\u00a0\u00bb, remporte le prix de la mise en sc\u00e8ne et deux prix d&rsquo;interpr\u00e9tation au Festival du Rideau Rouge.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A la mani\u00e8re des grandes trag\u00e9dies, cette pi\u00e8ce du collectif <em>Jokle<\/em> au texte dont l&rsquo;intensit\u00e9 laisse un go\u00fbt \u00e0 la fois doux et amer, vient bousculer et saisir le spectateur qui en ressort presque vid\u00e9 de toutes passions. Haletant et hurlant sur fond de musique transe et fum\u00e9e toxique \u00e9manant de leur atelier de production de coca\u00efne, les personnages sont bris\u00e9s. Les gestes sont brutaux, les danses d\u00e9sarticul\u00e9es, mais des bribes de douceur viennent parfois ponctuer le jeu sc\u00e9nique des com\u00e9diens. Mise en sc\u00e8ne par Victor Inisan, la sc\u00e8ne est habill\u00e9e de lumi\u00e8res criardes qui viennent sublimer ces corps rong\u00e9s par leurs d\u00e9sirs ardents. A la recherche d&rsquo;une harmonie impossible, tour \u00e0 tour ils s&rsquo;ouvrent par le biais de longues tirades ou monologues marqu\u00e9s par la violence de leurs passions. Que ce soit l&rsquo;amour et la soif de libert\u00e9 du jeune romantique incarn\u00e9 par Adrien Madinier, la jalousie d\u00e9vorante de sa partenaire jou\u00e9e par Giuilia de Sian qui s&rsquo;offre toute enti\u00e8re au dealeur millionnaire, rong\u00e9 et pourri par sa soif de puissance. Pour lui tout s&rsquo;ach\u00e8te. Il y a aussi cette jeune coca\u00efnomane, qui trouve refuge dans les affres des paradis artificiels, jou\u00e9e par Pauline Olmedo. Muette durant tout le d\u00e9but de la pi\u00e8ce, d\u00e9laiss\u00e9e par son amant, tremblante et d\u00e9lirante, elle d\u00e9verse son mal-\u00eatre existentiel dans une tirade d\u00e9chirante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout y est alors douleur, sexe, passion, amour, plaisir, haine, violence, et drogue. Dans ce concert corrosif au milieu de ballons color\u00e9s, de n\u00e9ons \u00e0 la lumi\u00e8re aveuglante bleue ou fuchsia et de cette poup\u00e9e gonflable, le pi\u00e8ge se referme doucement sur ces 4 jeunes gens&#8230;<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Anouchka Crocqfer<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Difficile de rendre compte de ce spectacle du Collectif <em>Jokle<\/em> tant le contenu se r\u00e9sume \u00e0 peu de choses. <em>Bittersweet<\/em>, mis en sc\u00e8ne par Victor Inisan-Le Gl\u00e9au au th\u00e9\u00e2tre de M\u00e9nilmontant, c\u2019est l\u2019histoire de l\u2019intrusion d\u2019un millionnaire et de son amante dans la vie d\u2019un jeune couple de dealers. Les enjeux sont pos\u00e9s d\u00e8s les premi\u00e8res minutes, le milliardaire essaie de convoler la femme du dealer qui lui s\u2019\u00e9prend de son amante, sans qu\u2019il n\u2019y ait d\u2019\u00e9volution ou de soubresauts dans la narration si bien que l\u2019on s\u2019ennuie tr\u00e8s vite. Les premi\u00e8res minutes (ou peut-\u00eatre la premi\u00e8re) avaient pourtant \u00e9veill\u00e9 notre curiosit\u00e9\u00a0: dans une ambiance hallucinatoire, la sc\u00e8ne et le public \u00e9taient alors plong\u00e9s dans un brouillard opaque par lequel filtraient quelques lumi\u00e8res vives, le tout accompagn\u00e9 d\u2019une bande son \u00e9lectro. Mais au fil des r\u00e9pliques, la lassitude nous gagne. Le texte, \u00e0 quatre voix, est extr\u00eamement maladroit, les personnages passent le plus clair de leur temps \u00e0 se lamenter sur leur sort face au public, usant de m\u00e9taphores balourdes et inconsistantes. On peut tout de m\u00eame relever, comme note positive, le jeu des deux acteurs masculins qui parviennent parfois \u00e0 composer avec leur personnage mais ils ont trop peu \u00e0 dire pour que la pi\u00e8ce d\u00e9colle. A la fin, on h\u00e9site entre encourager les acteurs ou railler l\u2019\u00e9criture. Il faut toutefois noter que l\u2019ambition de cette pi\u00e8ce est tr\u00e8s modeste, m\u00eame si l\u2019on a tr\u00e8s peu appr\u00e9ci\u00e9.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Paul Facomprez<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019entre dans la salle de th\u00e9\u00e2tre. Une fum\u00e9e jaune flotte, la musique est languissante. Elle donne le ton : la pi\u00e8ce sera tragique. Pendant que le public s\u2019installe, les deux couples, chacun main dans la main, se font face. Le d\u00e9cor est unique, un laboratoire compos\u00e9 de fioles, d\u2019une table\u2026 Doucement, la lumi\u00e8re s\u2019\u00e9teint\u2026 et annonce l\u2019ouragan. Une fille snife, jusqu\u2019\u00e0 ce que le souffle lui manque, la poudre blanche \u00e9tal\u00e9e sur la table. C\u2019est pour voir, tacher de comprendre pourquoi son amant l\u2019a vendu \u00e0 un dealer millionnaire et sa copine coca\u00efnomane. Pourquoi a t-il accept\u00e9 de se s\u00e9parer d\u2019elle ? Etait-il contraint ? Ou soulag\u00e9 d\u2019abandonner celle qui l\u2019\u00e9touffait, avec son amour trop fort, trop grand ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Bittersweet<\/em> est une vir\u00e9e hors du monde, hors du temps, dans un monde hallucin\u00e9 et hallucinant. Nous ne d\u00e9tachons pas une seule fois nos yeux des quatre personnages, deux jeunes couples, interpr\u00e9t\u00e9s avec brio par les membres du collectif <em>Jockle<\/em>. Le c\u0153ur battant au rythme de la musique techno, les yeux \u00e9blouis par un jeu de lumi\u00e8re hypnotisant, nous p\u00e9n\u00e9trons dans leur enfer. Les textes sont beaux et \u00e9mouvants. Les m\u00e9taphores s\u2019enchainent accompagnant la chor\u00e9graphie des personnages. Leurs corps se meuvent dans tout l\u2019espace mais ils restent emprisonn\u00e9s dans le laboratoire. Les spectateurs \u00e9touffent sans un bruit avec eux dans cet huis-clos cauchemardesque. Des sursauts, des cris, et parfois, des rires se font entendre, face \u00e0 la cruaut\u00e9, le burlesque tragique de la situation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019intrigue reste difficile \u00e0 saisir. <em>Bittersweet<\/em> est un condens\u00e9 d\u2019\u00e9motions les plus extr\u00eames. \u00c7a hurle, \u00e7a pleure, \u00e7a rit jusqu\u2019\u00e0 l\u2019hyst\u00e9rie, parfois \u00e0 l\u2019exc\u00e8s. Les personnages sont fous. Cette folie se dessine sur le visage hilare de la coca\u00efnomane, sur le rire du dealer, sur la pr\u00e9cipitation de la jeune vendue \u00e0 se droguer, dans les tirades d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es de l\u2019amant face \u00e0 la poup\u00e9e gonflable qu\u2019il croit \u00eatre sa femme\u2026 la folie atteint son apog\u00e9e dans le geste final, terrifiant, atterrant, fatal. La condamnation des deux amants est sign\u00e9e d\u00e8s la transaction, comme si l\u2019amant avait conclu un pacte avec le diable. Un po\u00e8me brumeux, d\u00e9lirant, onirique nait de cette folie orchestr\u00e9e par Victor Inisan le Gl\u00e9au.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je sors de la salle sous le choc, heureuse de respirer l\u2019air frais, essouffl\u00e9e apr\u00e8s cette course avec la folie et la mort.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Tara Mollet<\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Th\u00e9\u00e2tre | Th\u00e9\u00e2tre de M\u00e9nilmontant | En savoir plus. Bittersweet, une pi\u00e8ce surprenante aux accents oxymoriques dont le titre refl\u00e8te \u00e0 merveille une pi\u00e8ce haletante et surprenante. 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