{"id":626,"date":"2011-02-05T20:00:09","date_gmt":"2011-02-05T19:00:09","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/chroniques\/?p=626"},"modified":"2011-02-05T20:00:09","modified_gmt":"2011-02-05T19:00:09","slug":"surena","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=626","title":{"rendered":"Sur\u00e9na"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: justify\">Informations<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify\"><span class=\"show-distrib-roleartiste-titre-theatre\"><strong>de<\/strong> <\/span>Corneille<br \/>\n<strong><span class=\"show-distrib-roleartiste-titre-theatre\">mise en sc\u00e8ne <\/span><\/strong>Brigitte Jaques-Wajeman<br \/>\n<span class=\"show-distrib-roleartiste-titre-theatre\"><strong>assistant<\/strong> <\/span>Pascal Bekkar<br \/>\n<span class=\"show-distrib-roleartiste-titre-theatre\"><strong>dramaturgie<\/strong> <\/span>Fran\u00e7ois Regnault, Alice Z\u00e9niter<br \/>\n<span class=\"show-distrib-roleartiste-titre-theatre\"><strong>sc\u00e9nographie<\/strong> <strong>et lumi\u00e8res<\/strong> <\/span>Yves Collet<br \/>\n<span class=\"show-distrib-roleartiste-titre-theatre\"><strong>assistant<\/strong> <\/span>Nicolas Faucheux<br \/>\n<span class=\"show-distrib-roleartiste-titre-theatre\"><strong>musique<\/strong> <\/span>Marc-Olivier Dupin<br \/>\n<span class=\"show-distrib-roleartiste-titre-theatre\"><strong>assistante<\/strong> <\/span>St\u00e9phanie Gibert<br \/>\n<span class=\"show-distrib-roleartiste-titre-theatre\"><strong>costumes<\/strong> <\/span>Annie Tiburce Melza<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span class=\"show-distrib-roleartiste-titre-theatre\"><strong>maquillages<\/strong> <\/span>Catherine Saint Sever<br \/>\n<strong><span class=\"show-distrib-roleartiste-titre-theatre\">objets de sc\u00e8ne <\/span><\/strong>Fanck Lagaroge<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span class=\"show-distrib-roleartiste-titre-theatre\"><strong>musique originale compos\u00e9e et dirig\u00e9e par<\/strong> <\/span>Marc-Olivier Dupin<br \/>\n<span class=\"show-distrib-roleartiste-titre-theatre\"><strong>\u00e9diteur<\/strong> <\/span>Fr\u00e9d\u00e9ric Leibovitz<br \/>\n<span class=\"show-distrib-roleartiste-titre-theatre\"><strong>piano<\/strong> <\/span>Susan Laiter<br \/>\n<strong><span class=\"show-distrib-roleartiste-titre-theatre\">vibraphone et crotales <\/span><\/strong>Gabriel Benlolo<br \/>\n<span class=\"show-distrib-roleartiste-titre-theatre\"><strong>harpe<\/strong> <\/span>Sylvain Blassel<br \/>\n<span class=\"show-distrib-roleartiste-titre-theatre\"><strong>cymbalum<\/strong> <\/span>Lurie Morar<br \/>\n<span class=\"show-distrib-roleartiste-titre-theatre\"><strong>clarinette<\/strong> <\/span>Vincent Penot<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span class=\"show-distrib-roleartiste-titre-theatre\"><strong>avec<\/strong> <\/span>Bertrand Suarez-Pazos, Rapha\u00e8le Bouchard, Pierre-St\u00e9fan Montagnier, Thibault Perrenoud, Pascal Bekkar, Sophie Daull, Aurore Paris, Marc Arnaud<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"http:\/\/www.theatredelaville-paris.com\/spectacle-surenabrigittejaques-363\">En savoir plus.<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<h1 style=\"text-align: justify\">Chroniques des \u00e9tudiants<\/h1>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Lionel Arsac<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">De mani\u00e8re tr\u00e8s surprenante, cette trag\u00e9die, que l&rsquo;on s&rsquo;attendrait \u00e0 voir dans le d\u00e9cor grandiose d&rsquo;une Rome imp\u00e9riale, se d\u00e9roule autour d&rsquo;une grande table. Charg\u00e9e de fruits, de plats qu&rsquo;apportent sans cesse des serviteurs, elle ressemble \u00e9trangement aux r\u00e9ceptions officielles contemporaines offertes par la R\u00e9publique \u00e0 ses h\u00f4tes de marque, pr\u00e9sidents ou souverains \u00e9trangers et autres dictateurs.<br \/>\nC&rsquo;est bien tout le propos de cette mise en sc\u00e8ne de Brigitte Jacques-Wajeman : confronter, autour de l&rsquo;apparence d&rsquo;une r\u00e9ception officielle, les r\u00e9actions de gens de pouvoir, entre vie publique et vie priv\u00e9e. Le r\u00e9sultat est toujours \u00e0 la limite de la trag\u00e9die, sans pour autant y sombrer totalement, et l&rsquo;on arrive \u00e0 rire de certaines sc\u00e8nes.<br \/>\nPourtant le sujet est bien noir : c&rsquo;est celui d&rsquo;un mariage forc\u00e9 permettant l&rsquo;alliance entre les Parthes et les Arm\u00e9niens. Des larmes donc, mais aussi des d\u00e9clarations d&rsquo;amour, des haines, des bassesses, des mensonges, et puis la mort qui r\u00f4de partout.<br \/>\nLes com\u00e9diens sont surprenants, intenses, et d\u00e9clament dans des vers toujours aussi percutants par leur beaut\u00e9 des sentiments qui ne peuvent que nous toucher : les amants finiront par triompher.<\/p>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Guilhem Besan\u00e7on<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Sur\u00e9na<\/em> est une des pi\u00e8ces les moins connues de Corneille, et c\u2019est pourtant, comme nous avons pu le d\u00e9couvrir lors de cette repr\u00e9sentation, une des plus belles. Derni\u00e8re pi\u00e8ce qu\u2019il a \u00e9crite, en 1674 (donc dix ans sa mort, alors qu\u2019il vit d\u00e9sormais dans l\u2019ombre de Racine), elle est son poignant chant du cygne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette pi\u00e8ce \u00e9tait jou\u00e9e au th\u00e9\u00e2tre des Abbesses en m\u00eame temps que <em>Nicom\u00e8de<\/em> (\u00e9crite, elle, en 1651), avec laquelle elle constituait une sorte de diptyque. Toutes deux \u00e9taient mises en sc\u00e8ne par Brigitte Jacques-Wajeman, qui lit et monte Corneille depuis de longues ann\u00e9es. Ces deux pi\u00e8ces appartiennent selon elle au cycle des pi\u00e8ces \u00ab\u00a0coloniales\u00a0\u00bb, qui, dit-elle, \u00ab\u00a0se d\u00e9roulent aux confins de l\u2019empire romain\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0analysent l\u2019ambivalence des rapports de domination que Rome entretient avec ses alli\u00e9s.\u00a0\u00bb Dans la pi\u00e8ce qui nous concerne plus directement, Orode, roi des Parthes, doit son pouvoir \u00e0 son lieutenant Sur\u00e9na, dette insupportable dont il ne pourra jamais s\u2019acquitter, ce qui le forcera \u00e0 se montrer ingrat au point de le faire assassiner\u00a0: Corneille donne ici une brillante illustration des id\u00e9es de Machiavel sur l\u2019ingratitude des princes. Mais les fils de cette intrigue politique sont fort heureusement tress\u00e9s \u00e0 ceux d\u2019une histoire de passion amoureuse, celle qui lie Sur\u00e9na et Eurydice, et donne \u00e0 la pi\u00e8ce sa v\u00e9ritable force\u00a0: Orode a envahi l\u2019Arm\u00e9nie, et Eurydice, fille du roi Arm\u00e9nien, est le prix de la paix, conclue par un trait\u00e9 qui la donne en mariage \u00e0 Pacorus, fils d\u2019Orode. Prix qu\u2019Eurydice et Sur\u00e9na ne sont pas pr\u00eats \u00e0 payer\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La sc\u00e8ne, tr\u00e8s sobre, est travers\u00e9e par une longue table, qui peut \u00e9voquer les grandes f\u00eates de famille comme les plus aust\u00e8res r\u00e9unions politiques. On comprend donc tout de suite que la primaut\u00e9 sera comme il se doit laiss\u00e9e au monde sonore, celui du texte, plut\u00f4t qu\u2019au visuel. Un morceau m\u00e9lancolique aux l\u00e9gers accents orientaux habille \u00e9l\u00e9gamment la sc\u00e8ne et nous rappelle que ce drame se joue \u00e0 S\u00e9leucie, sur l\u2019Euphrate. (D\u2019ailleurs il est \u00e0 noter que la musique, enti\u00e8rement compos\u00e9e par Marc-Olivier Dupin, collaborateur de longue date de Brigitte Jacques-Wajeman, est une r\u00e9ussite du d\u00e9but \u00e0 la fin.) Les com\u00e9diens font alors leur entr\u00e9e. On appr\u00e9cie vite l\u2019ing\u00e9nieuse intemporalit\u00e9 de leurs costumes, qui va de pair avec celle de la sc\u00e8ne, et plus vite encore la fluidit\u00e9 et la pr\u00e9cision de leur diction. Rien dans l\u2019alexandrin corn\u00e9lien qui ne p\u00e8se ou pose \u00e0 nos oreilles de spectateurs du XXI\u00e8me si\u00e8cle, ce qui pouvait sembler, a priori, une v\u00e9ritable gageure. Si bien que cette langue sinueuse, \u00e0 la syntaxe dense et serr\u00e9e, souvent riche de sous-entendus \u00a0(on se prend du coup, par contraste, \u00e0 avoir un peu honte de la pauvret\u00e9 de notre langue \u00e0 nous&#8230;), bien que nous donnant un peu de fil \u00e0 retordre au d\u00e9but, nous emporte tr\u00e8s vite dans son imp\u00e9tueux flot musical. De plus, la gestuelle des com\u00e9diens, tr\u00e8s convaincante de naturel, ne force pas une seule fois le texte, mais le rend au contraire plus vibrant encore. C\u2019est \u00e9tonnant comme on se sent l\u2019\u00e2me agrandie en sortant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Un grand bravo aux com\u00e9diens, et un grand merci au Service Culturel de la Sorbonne\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>\u00a0<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Informations de Corneille mise en sc\u00e8ne Brigitte Jaques-Wajeman assistant Pascal Bekkar dramaturgie Fran\u00e7ois Regnault, Alice Z\u00e9niter sc\u00e9nographie et lumi\u00e8res Yves Collet assistant Nicolas Faucheux musique Marc-Olivier Dupin assistante St\u00e9phanie Gibert costumes Annie Tiburce Melza maquillages Catherine Saint Sever objets de sc\u00e8ne Fanck Lagaroge musique originale [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":627,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4,5],"tags":[],"class_list":["post-626","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-theatre","category-theatre-de-la-ville"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/626","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=626"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/626\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/627"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=626"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=626"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=626"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}