{"id":629,"date":"2011-02-11T20:00:23","date_gmt":"2011-02-11T19:00:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/chroniques\/?p=629"},"modified":"2011-02-11T20:00:23","modified_gmt":"2011-02-11T19:00:23","slug":"magifique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=629","title":{"rendered":"Magifique"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: justify\">Informations<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify\"><b>chor\u00e9graphie <\/b>Thierry Malandain<b><br \/>\nma\u00eetres de ballet <\/b>Fran\u00e7oise Dubuc, Richard Coudray<b><br \/>\nmusique <\/b>Piotr Ilitch Tcha\u00efkovski<b><br \/>\ncomposition additionnelle <\/b>Nicolas Dup\u00e9roir<b><br \/>\nd\u00e9cor et costumes <\/b>Jorge Gallardo<b><br \/>\nconception lumi\u00e8re <\/b>Jean-Claude Asqui\u00e9<b><br \/>\nr\u00e9alisation costumes <\/b>V\u00e9ronique Murat<b><br \/>\nr\u00e9alisation masques<\/b> Annie Onchalo<b><br \/>\nr\u00e9alisation d\u00e9cor <\/b>Alain Cazaux<b><br \/>\navec<\/b> Ione Miren Aguirre, Aur\u00e9lien Alberge, Giuseppe Chiavaro, Olivier Co\u00ebffard, Ellyce Daniele, Frederik Deberdt, C\u00e9dric Godefroid, Aureline Guillot, Miyuki Kanei, Fabio Lopes, Silvia Magalhaes, Arnaud Mahouy, Jos\u00e9phine Pra, Magali Praud, Nathalie Verspecht, Daniel Vizcayo<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"http:\/\/theatre-chaillot.fr\/danse\/magifique\">En savoir plus.<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<h1 style=\"text-align: justify\">Chroniques des \u00e9tudiants<\/h1>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Laure Demougin<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Vendredi 11 f\u00e9vrier 2011, au th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot, Thierry Malandain pr\u00e9sentait de 20h30 \u00e0 22h son ballet <em>Magifique<\/em>, cr\u00e9\u00e9 en septembre 2010 \u00e0 Biarritz. Le directeur du Ballet Biarritz appara\u00eetra sur sc\u00e8ne au moment des saluts, entour\u00e9 de ses vingt danseurs et danseuses\u00a0; pour le reste, <em>Magifique<\/em> reprend les grands classiques du ballet que sont <em>Casse-Noisette<\/em>, <em>La Belle au bois dormant <\/em>et <em>Le Lac des Cygnes<\/em>, jouant avec la musique de Tcha\u00efkovski et la chor\u00e9graphie cr\u00e9\u00e9e par Petipa il y a plus d\u2019un si\u00e8cle. Et c\u2019est en ce sens qu\u2019il appara\u00eet aussi dans cette \u0153uvre qu\u2019il qualifie volontiers d\u2019autobiographique \u2013 jusqu\u2019au titre qui reprend un de ses mots d\u2019enfant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Les danseurs \u00e9voluent sur sc\u00e8ne dans des costumes couleur chair et au milieu de grands blocs, miroirs d\u00e9polis qui participent \u00e0 la beaut\u00e9 de la chor\u00e9graphie, qui sont manipul\u00e9s, renvers\u00e9s et entra\u00een\u00e9s selon les mouvements du ballet. Ce sont ces blocs qui forment une \u00e9bauche de salle de danse dans le premier tableau\u00a0: accompagn\u00e9s par la barre que tout n\u00e9ophyte pourrait identifier, ils reconstruisent un espace \u00e0 partir duquel la chor\u00e9graphie va pouvoir \u00e9merger, le point de d\u00e9part d\u2019une passion pour les corps et la danse. Ils fondent par la suite un espace mobile qui multiplie les corps et joue avec la lumi\u00e8re des projecteurs, prenant une ampleur que l\u2019on verrait bien \u00e9gale \u00e0 celle de la musique de Tcha\u00efkovski \u2013 malheureusement enregistr\u00e9e et diffus\u00e9e\u00a0: pas d\u2019orchestre pour rendre plus palpable l\u2019alliance qui se r\u00e9alise entre la chor\u00e9graphie des corps et celle de la partition. Trois tableaux se succ\u00e8dent, et chacun contient diff\u00e9rents moments, faisant intervenir diff\u00e9rentes associations de danseurs, du solo \u00e0 une totalit\u00e9 form\u00e9e par une dizaine de danseurs. On ne sait trop s\u2019il faut lire un encha\u00eenement logique, chronologique, voire historique dans cette succession\u00a0; mais on per\u00e7oit au mieux cette atmosph\u00e8re r\u00eaveuse, nostalgique et fascin\u00e9e par le monde du ballet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le n\u00e9ophyte qui ne conna\u00eetrait pas les versions originelles des ballets \u2013 et j\u2019en suis \u2013 peut avoir du mal \u00e0 juger des r\u00e9\u00e9critures ou des variations complices effectu\u00e9es sur ces pas si connus\u00a0: reste que Malandain parvient \u00e0 rendre accessible \u00e0 tous la beaut\u00e9 des corps qu\u2019il met en mouvement. Perch\u00e9 en haut de la salle Jean Vilar \u00e0 Chaillot, surplombant toute une salle qui plonge vers la sc\u00e8ne, le spectateur a l\u2019impression que les danseurs se meuvent dans une quasi-nudit\u00e9\u00a0; fascin\u00e9 par le jeu sur les doubles et les reflets, par ces corps qu\u2019on devine dissemblables malgr\u00e9 leur ensemble, il reste souvent bouche b\u00e9e \u2013 non par la surprise, mais par un sentiment plus fort. La beaut\u00e9, la gr\u00e2ce m\u00eame des corps se lit dans certaines pauses m\u00e9nag\u00e9es par la chor\u00e9graphie\u00a0; dans certains duos qui laissent les spectateurs fixer leurs regards sur une r\u00e9conciliation entre l\u2019animalit\u00e9 de ces corps presque \u00e0 nu et le dessein artistique qui les fait se mouvoir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Mais ce n\u2019est pas l\u00e0 la seule r\u00e9action qu\u2019obtient Malandain par le rythme qu\u2019il a imprim\u00e9 \u00e0 sa chor\u00e9graphie\u00a0: quelques francs rires surgissent \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une utilisation inattendue d\u2019un bloc-miroir couch\u00e9, supportant les pieds des danseurs\u00a0; quelques regards \u00e9tonn\u00e9s par l\u2019emprunt de mouvements clairement \u00e9trangers \u00e0 la version originale. Un danseur poursuivi par le reste de la troupe, l\u2019apparition de mouvements qui ne sont pas sans rappeler la gestuelle des morts-vivants\u00a0; la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 n\u2019est pas absente de cette reprise d\u2019\u0153uvres majeures. L\u2019humour semble se r\u00e9v\u00e9ler indissociable de l\u2019\u00e9motion\u00a0; on navigue entre l\u2019un et l\u2019autre, on applaudit souvent. En somme, on semble bien loin ici de l\u2019esth\u00e9tique fig\u00e9e que le pr\u00e9jug\u00e9 pr\u00eate au ballet\u00a0: vers\u00e9 ou non dans les arts de la danse, on peut se sentir \u00e0 l\u2019aise, on peut se sentir ravi \u2013 l\u2019on aimerait pr\u00e9ciser que c\u2019est au sens premier du terme \u2013 par ce qui s\u2019offre au regard. Certes le public est assis, et sagement assis\u00a0; certes il est tenu \u00e0 distance de la sc\u00e8ne\u00a0; mais surgit quelque chose qui d\u00e9passe cette barri\u00e8re de la sc\u00e8ne, quelque chose qui fait jouer un art de l\u2019admiration et une proximit\u00e9 entre les danseurs mag(n)ifiques [1] et leur public.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il est des spectacles qui peuvent plaire aux novices parce qu\u2019ils ne les \u00e9crasent pas\u00a0; qui peuvent plaire aux amateurs parce qu\u2019ils leur rappellent un amour commun du spectacle\u00a0:\u00a0nous dirions que \u00ab\u00a0Magifique\u00a0\u00bb est de ceux-l\u00e0. Sortir de la salle Jean Vilar avec une admiration profonde du corps humain et de ce que l\u2019art en fait et voir, par la grande vitre du foyer, la tour Eiffel qui scintille\u00a0: il y avait quelque chose de magnifique et de magique en effet dans cette repr\u00e9sentation. Le point de vue qui est le n\u00f4tre est peut-\u00eatre fauss\u00e9 par une \u2013 tr\u00e8s \u2013 mauvaise connaissance du monde de la danse\u00a0: mais il n\u2019en reste pas moins qu\u2019il est rare de trouver un spectacle qui puisse manier autant d\u2019\u00e9motions et susciter autant de r\u00e9flexions. R\u00e9flexions diverses sur le corps, mais aussi sur l\u2019enfance, l\u2019admiration et la mani\u00e8re de traiter les classiques dans quelque art que ce soit. Car \u00ab\u00a0Magifique\u00a0\u00bb r\u00e9ussit \u00e0 \u00eatre une \u0153uvre personnelle sans \u00eatre une \u0153uvre \u00e9gocentrique\u00a0: on suit Malandain o\u00f9 il nous m\u00e8ne, et il r\u00e9ussit \u00e0 s\u2019effacer magnifiquement de la sc\u00e8ne pour laisser parler la danse et la musique. La facilit\u00e9 du spectacle r\u00e9side peut-\u00eatre dans cette utilisation d\u2019une partition extr\u00eamement connue, et d\u2019une base chor\u00e9graphique connue elle aussi\u00a0; mais on se prend \u00e0 r\u00eaver que tous les arts puissent avoir leur Malandain et ce m\u00eame amour contagieux de leur discipline.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">[1] Il nous fallait sacrifier \u00e0 la tentation du jeu de mots.<\/p>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Andrea Kratzer<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Le Malandain Ballet Biarritz, mis en sc\u00e8ne par Thierry Malandain au Th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot le 11 f\u00e9vrier 2011, combinait la musique du 19<sup>i\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle avec des \u00e9l\u00e9ments modernes de notre \u00e9poque. Malandain avait choisi la musique du Tcha\u00efkovski pour agr\u00e9menter les danses gracieux. Les danseurs, en grande partie des hommes, adaptaient leurs mouvements \u00e0 la musique d\u2019une mani\u00e8re extraordinaire. J\u2019admirais la facilit\u00e9 avec laquelle les danseurs se d\u00e9pla\u00e7aient. Ce qui ne me plaisait pas, c\u2019\u00e9tait la sc\u00e8ne qui \u00e9tait tr\u00e8s moderne et sur laquelle il n\u2019avait que neufs bo\u00eetes en argent comme d\u00e9cors. Celui qui attendait un ballet classique \u00e9tait d\u00e9\u00e7u, puisque les danses \u00e9taient \u00e9galement tr\u00e8s modernes, parfois m\u00eame si comiques que le public devaient en rire. En conclusion, je dois y ajouter que la performance \u00e9tait pourtant convaincante, puisqu\u2019elle \u00e9tait d\u2019une bonne qualit\u00e9.<\/p>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Sarah Stelzl<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Le Ballet Biarritz dirig\u00e9 par Thierry Malandain pr\u00e9sentait du 9 au 11 f\u00e9vrier 2011 la pi\u00e8ce <em>Magifique <\/em>au Th\u00e9\u00e2tre National de Chaillot. C\u2019\u00e9tait un m\u00e9lange des \u00e9l\u00e9ments classiques et modernes, accompagn\u00e9 par la musique de Tcha\u00efkovski. Pendant que le d\u00e9cor (des caisses avec des miroirs qui ont \u00e9t\u00e9 plusieurs fois d\u00e9plac\u00e9s par les danseurs) et les costumes (tous en couleur chair) \u00e9taient plut\u00f4t simples, la pi\u00e8ce fascinait par le pouvoir des danseurs et la synchronie des leurs mouvements avec la musique. Ce qui \u00e9tait frappant, c\u2019\u00e9tait que la moiti\u00e9 des danseurs \u00e9taient des hommes. De plus, il y avait des \u00e9l\u00e9ments comiques (certains mouvements des danseurs \u00e9taient un peu bizarres) qui ont produit des rires dans le public. A mon avis, c\u2019est une pi\u00e8ce tr\u00e8s divertissante si on n\u2019attend pas un ballet traditionnel et classique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Informations chor\u00e9graphie Thierry Malandain ma\u00eetres de ballet Fran\u00e7oise Dubuc, Richard Coudray musique Piotr Ilitch Tcha\u00efkovski composition additionnelle Nicolas Dup\u00e9roir d\u00e9cor et costumes Jorge Gallardo conception lumi\u00e8re Jean-Claude Asqui\u00e9 r\u00e9alisation costumes V\u00e9ronique Murat r\u00e9alisation masques Annie Onchalo r\u00e9alisation d\u00e9cor Alain Cazaux avec Ione Miren Aguirre, Aur\u00e9lien [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":630,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6,7],"tags":[],"class_list":["post-629","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-danse","category-theatre-national-de-chaillot"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/629","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=629"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/629\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/630"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=629"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=629"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=629"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}