{"id":632,"date":"2011-02-14T20:00:18","date_gmt":"2011-02-14T19:00:18","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/chroniques\/?p=632"},"modified":"2011-02-14T20:00:18","modified_gmt":"2011-02-14T19:00:18","slug":"madame-butterfyl","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=632","title":{"rendered":"Madame Butterfly"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: justify\">Informations<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Musique<\/strong> Giacomo Puccini<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Livret<\/strong> Luigi Illica et Giuseppe Giacosa<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Mise en sc\u00e8ne<\/strong> Robert Wilson<\/p>\n<section class=\"distribution\"><strong>Chef d&rsquo;orchestre<\/strong> Daniele Callegari<strong>Avec Cio-Cio San (Madame Butterfly) :<\/strong> Svetla Vassileva, <strong>Pinkerton :<\/strong> Teodor Ilincai, <strong>Suzuki :<\/strong> Cornelia Oncioiu,<strong> Sharpless :<\/strong> Gabriele Viviani, <strong>Goro :<\/strong> Carlo Bosi,<strong> Le Bonze :<\/strong> Scott Wilde, <strong>Kate Pinkerton :<\/strong> Marianne Crebassa, <strong>Yamadori :<\/strong> Florian Sempey<\/p>\n<\/section>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"http:\/\/www.lejdd.fr\/Culture\/Theatre\/Actualite\/Madame-Butterfly-a-l-opera-Bastille-255777\">En savoir plus.<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<h1 style=\"text-align: justify\">Chroniques des \u00e9tudiants<\/h1>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: justify\">C\u00e9cile Bolle<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Madame Butterfly<\/em>, ou le portrait d\u2019une jeune femme japonaise \u00e9perdue, aveugl\u00e9e par son amour pour un officier am\u00e9ricain en s\u00e9jour au Japon, qui la s\u00e9duit pour passer le temps, puis l\u2019\u00e9pouse et finalement l\u2019abandonne lorsqu\u2019il rentre aux Etats-Unis, la laissant seule \u00e0 attendre son retour. Il ne reviendra que trois ans plus tard, accompagn\u00e9 de \u00ab\u00a0sa v\u00e9ritable \u00e9pouse am\u00e9ricaine\u00a0\u00bb pour lui prendre l\u2019enfant qu\u2019elle a eu de lui et qu\u2019elle a \u00e9lev\u00e9 seule. Butterfly, qui avait v\u00e9cu ces trois derni\u00e8res ann\u00e9es dans l\u2019espoir fou de son retour en refusant d\u2019ouvrir les yeux sur ce qui paraissait clair \u00e0 tous, r\u00e9alise enfin sa situation, et se suicide.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Charg\u00e9e d\u2019\u00e9motion, la musique de Puccini se fait de plus en plus raffin\u00e9e, chaude et color\u00e9e au fur et \u00e0 mesure que se d\u00e9roule l\u2019implacable intrigue, laissant apparaitre \u00e7a et l\u00e0 des touches exotiques de musique japonaise traditionnelle. L\u2019interpr\u00e9tation des superbes chanteurs, toute en \u00e9motion contenue, fait \u00e9clater toute son intensit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La mise en sc\u00e8ne japonisante, d\u00e9pouill\u00e9e de Robert Wilson laisse toute la place \u00e0 une gestuelle symbolique tr\u00e8s travaill\u00e9e, avec des faisceaux de lumi\u00e8re crue qui s\u2019attachent aux visages et aux corps sans jamais les quitter, intensifiant ainsi toutes les passions en jeu dans cette \u00ab\u00a0trag\u00e9die japonaise\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette mise en sc\u00e8ne de <em>Madame Butterfly<\/em> rend de suite l\u2019op\u00e9ra plus accessible \u00e0 tous ceux qui ne sont pas habitu\u00e9s \u00e0 fr\u00e9quenter ses salles (dont moi!).\u00a0 On en prend plein les yeux et les oreilles. Un grand moment. Merci au service culturel de la Sorbonne!<\/p>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Gabrielle Chamouleau<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Nagasaki, 1904 : un jeune marin Am\u00e9ricain de passage, B. F. Pinkerton \u00e9pouse une geisha de quinze ans, Cio-Cio-San, dite Butterfly. Elle lui est un \u00e9ph\u00e9m\u00e8re \u00e9pisode sentimental et exotique, mais sera pr\u00eate \u00e0 renier ses conventions sociales et sa famille pour d\u00e9poser son destin et sa vie \u00e0 ses pieds. Son d\u00e9part, apr\u00e8s lui avoir fait un enfant, la plongera dans une attente contemplative et m\u00e9lancolique, la poussant \u00e0 rester farouchement fid\u00e8le et \u00e0 d\u00e9cliner les propositions d&rsquo;union d&rsquo;autres pr\u00e9tendants. Pinkerton lui reviendra trois ans plus tard, accompagn\u00e9 de sa nouvelle \u00e9pouse am\u00e9ricaine. Quand Butterfly comprend la situation, elle leur laissera son enfant, avant de se donner la mort en se poignardant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La version de cette opus lyrique par Robert Wilson pr\u00e9valut, pour la premi\u00e8re fois, en novembre 1993, \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra Bastille. La direction musicale avait alors \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e \u00e0 Myung-Whun Chung, avec Diana Soviero, Nicoletta Curiel, Johan Botha et William Stone dans les r\u00f4les principaux. C&rsquo;est cette production qui fut derni\u00e8rement propos\u00e9e, mais avec Maurizio Benini \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;orchestre national de Paris, Micaela Carosi dans le r\u00f4le de Cio-Cio San, ainsi que James Valenti pour interpr\u00e9ter l&rsquo;officier Pinkerton.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour rendre pleinement compte de l\u2019un des portraits de femme les plus touchants de l\u2019histoire de l\u2019op\u00e9ra, Robert Wilson nous a offert une mise en sc\u00e8ne immacul\u00e9e, \u00e9pur\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;extr\u00eame, dont la simplicit\u00e9 \u00e9tait d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment destin\u00e9e \u00e0 laisser la primaut\u00e9 \u00e0 l&rsquo;interpr\u00e9tation des personnages, et plus particuli\u00e8rement de notre Butterfly . Le jeu des lumi\u00e8res, par une savante alternance entre des diffusions de couleurs primaires et bien plus estomp\u00e9es, r\u00e9sonnait comme la retranscription, en fond de sc\u00e8ne, des mouvements de l&rsquo;\u00e2me de la jeune geisha. De m\u00eame, sa robe \u00e0 la coupe asym\u00e9trique, tant\u00f4t immacul\u00e9e, au premier acte, tant\u00f4t noire , d\u00e8s le deuxi\u00e8me en vue de figurer que la perte de son innocence fait parfaitement \u00e9cho \u00e0 l&rsquo;\u00e9loignement g\u00e9ographique de l&rsquo;homme de sa vie, constitue un autre \u00e9l\u00e9ment qui participe \u00e0 la logique adopt\u00e9e par ce metteur en sc\u00e8ne, pour qui la directive que sugg\u00e8re un choix pr\u00e9cis d&rsquo;indications sc\u00e9niques doit tendre \u00e0 co\u00efncider avec les th\u00e8mes contenus dans l&rsquo;intrigue d&rsquo;un livret d&rsquo;op\u00e9ra ( ce dernier est ici tir\u00e9 d&rsquo;une pi\u00e8ce de David Belasco, adapt\u00e9e d&rsquo;une nouvelle de John Luther Long).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le spectateur obtient ainsi le r\u00e9cit d\u2019une humiliation et d\u2019une tromperie qui m\u00e8nent \u00e0 la mort, et dont l&rsquo;esquisse s&rsquo;incarne dans toute sa v\u00e9racit\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 la musique. Micaela Carosi, r\u00e9v\u00e9l\u00e9e \u00e0 Paris dans Andrea Ch\u00e9nier, un op\u00e9ra en quatre actes d&rsquo;Umberto Giordano (inspir\u00e9 de la vie du po\u00e8te Andr\u00e9 Ch\u00e9nier), incarne cette jeune femme \u00e9perdue avec une diction et un chant habit\u00e9s par la pudeur et la retenue. C&rsquo;est \u00e0 une lente, plaintive, timide et po\u00e9tique complainte de l&rsquo;\u00e2me \u00e9plor\u00e9e d&rsquo;une jeune amoureuse \u00e9conduite que nous avons fait face sans chercher \u00e0 \u00e9conomiser nos dispositions sensorielles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab Butterfly reni\u00e9e \u00bb nous apprend-t-elle \u00e0 la fin du premier acte. Avant d&rsquo;ajouter \u00ab mais Butterfly heureuse \u00bb , pour ne pas nous laisser oublier quels rapports n&rsquo;ont jamais cess\u00e9 d&rsquo;entretenir la joie et la douleur, le d\u00e9sespoir et l&rsquo;exaltation, l&rsquo;affection et le rejet.<\/p>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Lor\u00e8ne Didier<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">La repr\u00e9sentation de <em>Madame Butterfly<\/em>, mise en sc\u00e8ne par Robert Wilson, a toutes les caract\u00e9ristiques de l&rsquo;op\u00e9ra moderne. Un d\u00e9cor minimaliste, une sc\u00e8ne \u00e9pur\u00e9e, des lumi\u00e8res pastelles, des toges et des tuniques pour les costumes, &#8230; On peut retrouver dans ce choix un parti pris pour l&rsquo;esth\u00e9tisme qui s&rsquo;accorde d&rsquo;ailleurs avec la tradition japonaise autant dans les d\u00e9cors que dans l&rsquo;action m\u00eame, souvent r\u00e9duite \u00e0 une gestuelle lente.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Mais, comme le t\u00e9moigne de nombreuses r\u00e9actions \u00e0 la fin de la repr\u00e9sentation, on peut penser que <em>Madame Butterly<\/em> s&rsquo;oublie dans cette mise en sc\u00e8ne simpliste, qui aurait pourtant pu la mettre en valeur. La froideur de la sc\u00e8ne n&rsquo;est en effet pas compens\u00e9e par l&rsquo;\u00e9motion du drame qui se joue devant nous. On aurait pourtant d\u00fb \u00eatre facilement touch\u00e9 par Madame Butterfly, geisha qui tombe amoureuse et \u00e9pouse Pinkerton un am\u00e9ricain de passage pour qui elle renie sa famille et ses valeurs sociales, refusant de nombreuses propositions de mariage pour rester fid\u00e8le \u00e0 l&rsquo;homme qui l&rsquo;a pourtant abandonn\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Si on est impressionn\u00e9 autant par l&rsquo;orchestre et les voix, que par la justesse et la maitrise, l&rsquo;ensemble s&rsquo;harmonise mal. La distribution semblait pourtant parfaite autant pour Madame Butterfly et Pinkerton que pour les seconds r\u00f4les, notamment les deux personnages de Goro et Sharpless longuement salu\u00e9s en fin de repr\u00e9sentation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Malgr\u00e9 une affiche prometteuse, l&rsquo;\u00e9motion ne passe pas, et on sort en r\u00eavant d&rsquo;une repr\u00e9sentation plus passionn\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Informations Musique Giacomo Puccini Livret Luigi Illica et Giuseppe Giacosa Mise en sc\u00e8ne Robert Wilson Chef d&rsquo;orchestre Daniele CallegariAvec Cio-Cio San (Madame Butterfly) : Svetla Vassileva, Pinkerton : Teodor Ilincai, Suzuki : Cornelia Oncioiu, Sharpless : Gabriele Viviani, Goro : Carlo Bosi, Le Bonze : [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":633,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8,3],"tags":[],"class_list":["post-632","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-opera","category-opera-national-de-paris"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/632","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=632"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/632\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/633"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=632"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=632"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=632"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}