{"id":668,"date":"2011-05-25T20:00:45","date_gmt":"2011-05-25T18:00:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/chroniques\/?p=668"},"modified":"2011-05-25T20:00:45","modified_gmt":"2011-05-25T18:00:45","slug":"cuando-las-piedras-vuelen","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=668","title":{"rendered":"Cuando las piedras vuelen"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: justify\">Informations<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Chor\u00e9graphie <\/strong>Roc\u00edo Molin<strong>a<\/strong><br \/>\n<strong> Musique originale<\/strong> Paco Cruz, Juan Antonio Su\u00e1rez \u00ab\u00a0Cano\u00a0\u00bb<br \/>\n<strong> Direction musicale et arrangements pour le chant <\/strong>Rosario Guerrero \u00ab\u00a0La Tremendita\u00a0\u00bb<br \/>\n<strong> Direction sc\u00e9nique, sc\u00e9nographie, lumi\u00e8res <\/strong>Carlos Marquerie<br \/>\n<strong> R\u00e9alisation vid\u00e9o<\/strong> Daniel Iturbe<br \/>\n<strong> Assistant r\u00e9alisation vid\u00e9o <\/strong>Tito Peraita<br \/>\n<strong> R\u00e9alisation sc\u00e9nographie <\/strong>Carlos Lorenzo<br \/>\n<strong> Direction technique <\/strong>Pablo Pujol<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Danse <\/strong>Roc\u00edo Molina<br \/>\n<strong> Chant <\/strong>Rosario Guerrero \u00ab\u00a0La Tremendita\u00a0\u00bb, Gema Caballero<br \/>\n<strong> Guitares <\/strong>Paco Cruz, Eduardo Trassierra<br \/>\n<strong> Palmas <\/strong>Vanesa Coloma, Laura Gonz\u00e1lez<br \/>\n<strong> Actrices (vid\u00e9o) <\/strong>Basilisa Pellitero, Celia Rendueles, Bailarinas Parab\u00f3licas<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"http:\/\/theatre-chaillot.fr\/danse\/rocio-molina\">En savoir plus.<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\n<hr \/>\n<h1 style=\"text-align: justify\">Chroniques des \u00e9tudiants<\/h1>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Mohammed Chikhi<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Quand les pierres voleront&#8230;<\/em><br \/>\nEst-ce l\u00e0 une m\u00e9taphore habilement adapt\u00e9e au spectacle de Rocio Molina et \u00e0 sa mise en sc\u00e8ne, ainsi qu&rsquo;\u00e0 la qualit\u00e9 de sa danse \u00e0 faire s&rsquo;envoler les pierres ? Ou bien l&rsquo;\u00e9tat second dans lequel le spectateur s&rsquo;enfonce \u00e0 mesure des compas, qui pourraient presque nous faire croire que les pierres s&rsquo;envolent, dans une vision presque irr\u00e9elle ?<br \/>\nDans un \u00e9lan de provocation, bien propre au Flamenco, R. Molina pousse les limites de la tradition : presque d\u00e9nud\u00e9e, elle met en sc\u00e8ne et en \u00e9motions cette nudit\u00e9. Le rapport au corps, fondamental en danse, est exalt\u00e9 : les vides se remplissent, l&rsquo;air sculpte sa silhouette. D&rsquo;un rythme tant\u00f4t nonchalant, tant\u00f4t saccad\u00e9, R. Molina sait nous faire ressentir tension ou langueur, au rythme des palmas.<br \/>\nDe m\u00eame que son espace le plus proche est model\u00e9 de ses mouvements, la sc\u00e9nographie est tout \u00e0 fait coh\u00e9rente. Dans une dynamique diagonale, de l&rsquo;avant vers l&rsquo;arri\u00e8re, on l&rsquo;accompagne d&rsquo;espace en espace. Commen\u00e7ant par un par terre de galets, elle nous emm\u00e8ne sur une plaque m\u00e9tallique ; le son rythm\u00e9 de ses talons est habilement renouvel\u00e9. Puis, toujours dans cette dynamique exp\u00e9rimentale, une installation centrale au sol nous permet un assez large aper\u00e7u de ses prouesses techniques.<br \/>\nEntre le moderne et la tradition, tant au point de vue technique que mat\u00e9riel, R. Molina a su trouver un \u00e9quilibre, qu&rsquo;elle lance au spectateur qui le rattrape tel une pierre en vol&#8230;<\/p>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Lo\u00efc Lesvignes<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Le 25 Mai dernier, la compagnie de Rocio Molina se produisait au Th\u00e9\u00e2tre National de Chaillot avec le spectacle de flamenco <em>Cuando las piedras vuelen<\/em>. N&rsquo;\u00e9tant pas un spectateur averti ou habituel du flamenco, je me cantonnerai au traitement des aspects esth\u00e9tiques de la repr\u00e9sentation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Sur sc\u00e8ne, un d\u00e9cor divis\u00e9 en trois parties diagonalement oppos\u00e9es et, au fond, un \u00e9cran blanc. Ce d\u00e9cor tr\u00e8s sobre fait penser \u00e0 un jardin japonais : la premi\u00e8re partie, la plus proche du public, est une surface rectangulaire qui contient de gros galets ronds. Au milieu, une seconde surface carr\u00e9e semble se d\u00e9velopper sur deux niveaux de profondeur alors qu&rsquo;au bout de la diagonale, la troisi\u00e8me et derni\u00e8re surface pr\u00e9sente un amas de rochers saillants.<br \/>\nRocio Molina g\u00eet sur la premi\u00e8re surface, sur le dos et \u00e9voluera pour finalement parvenir \u00e0 la derni\u00e8re surface, avant de terminer sa performance sous une pluie de lumi\u00e8re.<br \/>\nComme je le disais, j&rsquo;aurais de grandes difficult\u00e9s \u00e0 \u00e9valuer ce spectacle d&rsquo;un point de vue technique. En revanche, sur le plan esth\u00e9tique, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 \u00e9bahi : certes, je n&rsquo;ai pas bien saisi l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de projeter des s\u00e9quences vid\u00e9o de chouettes et hiboux sur l&rsquo;\u00e9cran du fond, mais les deux chanteuses qui fournissaient la mati\u00e8re sonore \u00e9taient tout simplement fabuleuses, l&rsquo;une avec une voix sibylline, l&rsquo;autre avec une voix plus masculine. Dans la derni\u00e8re s\u00e9quence, deux guitaristes ont rejoint la sc\u00e8ne pour rythmer les \u00e9lans de l&rsquo;artiste, cr\u00e9ant un ensemble d&rsquo;une m\u00e9ridionale et d\u00e9licate\u00a0 harmonie.<br \/>\nRocio Molina d\u00e9veloppait donc son art dans cet intervalle, tourbillonnant dans des jeux de lumi\u00e8re savamment orchestr\u00e9s et dans une atmosph\u00e8re feutr\u00e9e. D&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre de la repr\u00e9sentation, jamais je n&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 d\u00e9\u00e7u par des pauses trop importantes, des mouvements r\u00e9p\u00e9titifs ou une mise en sc\u00e8ne hasardeuse. Beaucoup de comp\u00e9tence, d&rsquo;\u00e9l\u00e9gance et de beaut\u00e9 : un grand moment<\/p>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Caroline Pigache<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Un souffle. Un souffle qui transmet l\u2019\u00e9nergie vitale qui va animer la sc\u00e8ne et la salle pendant 1h20, c\u2019est ainsi que commence le dernier spectacle de la danseuse flamenco Rocio Molina, <em>Cuando las piedras vuelen<\/em> (Quand les pierres voleront), repr\u00e9sent\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot le 25 mai 2011.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Tout est dans le titre, mais nul besoin de comprendre l\u2019espagnol tant le langage de la danse est universel. Rocio Molina transforme cette force terrestre dont elle est le vecteur en vibrations, en cri du c\u0153ur, en cri du corps, en cri de vie. Avec quelques \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9cors et un accompagnement musical simple qui ne font plus qu\u2019un avec la danseuse, c\u2019est quelque chose de cette expression primitive qu\u2019est la danse qu\u2019il nous est donn\u00e9 de toucher du doigt.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Seule danseuse sur sc\u00e8ne, Rocio Molina se donne au public qui croit faire l\u2019exp\u00e9rience avec elle de ce rythme envo\u00fbtant du flamenco qui d\u00e9passe les fronti\u00e8res. Le public ne peut que saluer la performance physique et artistique de la danseuse, tout en ayant partag\u00e9 l\u2019espace d\u2019un instant ce qu\u2019\u00e9tait la vie v\u00e9cue dans l\u2019intensit\u00e9 de la danse. Un retour aux sources de l\u2019expression corporelle.<\/p>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Claire Savina<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Imposant un flamenco r\u00e9solument contemporain, Rocio Molina ne se laisse pas encombrer de froufrous&#8230;Et si la sc\u00e8ne est presque exclusivement f\u00e9minine, elle l&rsquo;est en force et en technique. Seuls les jeux de lumi\u00e8re viennent habiller ce spectacle, en plusieurs tableaux, o\u00f9 les pierres tendent \u00e0 devenir oiseaux, incarnant ainsi la double postulation <em>flamenca<\/em> : d&rsquo;un ancrage solide dans la terre \u00e0 une \u00e9l\u00e9vation a\u00e9rienne. La petite pierre qui vole, c&rsquo;est bien Rocio, qui nous offre ici toute l&rsquo;\u00e9tendue d&rsquo;une ma\u00eetrise tr\u00e8s personnelle du flamenco dont les chaussures m\u00eames sont orn\u00e9es d&rsquo;un nouvel attribut: une esp\u00e8ce de <em>toqueador<\/em>, sur le c\u00f4t\u00e9, permettant \u00e0 la danseuse de multiplier les plans et de mettre en ab\u00eeme la verticalit\u00e9 au sein du travail chtonique, lui-m\u00eame.<br \/>\nLe chant est a capella, fort, simple, beau. La guitare, seul \u00e9l\u00e9ment incarn\u00e9 par le masculin sur la sc\u00e8ne, met en beaut\u00e9.<br \/>\nLes lumi\u00e8res -le final, surtout- sont justes&#8230; Cependant, on ne comprend pas bien les vid\u00e9os qui d\u00e9filent au fond, ou plut\u00f4t, faibles en comparaison du spectacle qui est en train d&rsquo;\u00eatre donn\u00e9, elles ne semblent pas trouver leur place&#8230;trop explicites, superflues&#8230;Dommage! Cependant, sans participer de l&rsquo;excellence de la mise en sc\u00e8ne, elles ne parviennent pas \u00e0 la g\u00e2cher et laissent un flamenco \u00e9pur\u00e9 p\u00e9n\u00e9trer le c\u0153ur des spectateurs, curieux ou initi\u00e9s.<\/p>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Pauline Sauve<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">C&rsquo;est au milieu d&rsquo;un lit de pierre, en simple sous-v\u00eatements, que na\u00eet Roc\u00edo Molina, oiseau parmi les pierres. La sc\u00e8ne se divise en trois plus petites plates-formes align\u00e9es en sa diagonale, comme trois espaces de vie distincts. Alors que les voix des chanteuses s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent et font vibrer tout le corps, Roc\u00edo Molina s&rsquo;\u00e9veille peu \u00e0 peu de sa l\u00e9thargie de pierre, et va danser sur la premi\u00e8re sc\u00e8ne. Puis, grandissant, s&rsquo;\u00e9levant, comme les oiseaux que l&rsquo;on voit \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran plac\u00e9 au fond de la sc\u00e8ne, elle s&rsquo;en va sur la sc\u00e9nette du fond pour vibrer au son de la guitare. Puis elle occupe enfin la sc\u00e8ne centrale, trou\u00e9e au milieu, o\u00f9 ses pieds, plus rapides que jamais frappent le sol, si bien que l&rsquo;on ne distingue m\u00eame pas \u00e0 quel moment elle passe dans l&rsquo;ouverture centrale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Apr\u00e8s ces trois actes, comme on pourrait les appeler, Roc\u00edo Molina d\u00e9ploie ses ailes, et occupe enfin l&rsquo;ensemble de la sc\u00e8ne, o\u00f9 l&rsquo;on pourra la voir s&rsquo;envoler litt\u00e9ralement, lorsqu&rsquo;elle danse assise sur une chaise, puisque ses mouvements sont alors a\u00e9riens. Puis, allumant une cigarette, elle transforme le flamenco en un film digne de Audrey Hepburn.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Roc\u00edo Molina r\u00e9invente vraiment le flamenco. Ici pas de robe traditionnelle, mais de simples v\u00eatements : cela commence par des sous-v\u00eatements noirs, pour finir en simple voile en guise de robe. Sa grande pr\u00e9cision en m\u00eame temps que sa fantaisie, sa fragilit\u00e9 et sa force rendent le spectacle magique et donnent l&rsquo;impression que les pierres vont vraiment s&rsquo;animer. Le final magnifique, o\u00f9 des dizaines de petites lampes descendent du ciel, pendant que Roc\u00edo se d\u00e9place lentement mais s\u00fbrement entre elles, sans les effleurer, dessine cet oiseau de pierre qui touche enfin aux sommets.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;histoire est d&rsquo;une grande simplicit\u00e9, d&rsquo;une grande douceur. On peut dire que Roc\u00edo Molina s&rsquo;y met \u00e0 nu en d\u00e9voilant sa vision du flamenco, et l&rsquo;effet qu&rsquo;il a sur elle. L&rsquo;id\u00e9e des petites sc\u00e8nes fait penser \u00e0 la philosophie de Leibniz, qui disait que vivre s&rsquo;\u00e9tait \u00ab\u00a0<em>passer sur un plus grand th\u00e9\u00e2tre<\/em>\u00a0\u00bb. Et c&rsquo;est ce que fait Roc\u00edo, qui s&rsquo;agrandit et s&rsquo;envole au travers de la musique et des pieds qui battent le plancher. Le th\u00e9\u00e2tre Chaillot se transforme pour une soir\u00e9e en ode \u00e0 la vie et \u00e0 l&rsquo;art.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Informations Chor\u00e9graphie Roc\u00edo Molina Musique originale Paco Cruz, Juan Antonio Su\u00e1rez \u00ab\u00a0Cano\u00a0\u00bb Direction musicale et arrangements pour le chant Rosario Guerrero \u00ab\u00a0La Tremendita\u00a0\u00bb Direction sc\u00e9nique, sc\u00e9nographie, lumi\u00e8res Carlos Marquerie R\u00e9alisation vid\u00e9o Daniel Iturbe Assistant r\u00e9alisation vid\u00e9o Tito Peraita R\u00e9alisation sc\u00e9nographie Carlos Lorenzo Direction technique Pablo [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":669,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6,7],"tags":[],"class_list":["post-668","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-danse","category-theatre-national-de-chaillot"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/668","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=668"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/668\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/669"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=668"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=668"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=668"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}