{"id":7393,"date":"2016-04-15T20:45:44","date_gmt":"2016-04-15T19:45:44","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/chroniques\/?p=616"},"modified":"2016-04-15T20:45:44","modified_gmt":"2016-04-15T19:45:44","slug":"tres-excellente-lamentable-tragedie-de-romeo-juliette","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=7393","title":{"rendered":"La Tr\u00e8s Excellente et Lamentable Trag\u00e9die de Rom\u00e9o et Juliette"},"content":{"rendered":"<p>Th\u00e9\u00e2tre \/ Danse | Th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot | <a href=\"http:\/\/theatre-chaillot.fr\/danse\/la-tres-excellente-et-lamentable-tragedie-de-romeo-et-juliette\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Du 7 au 15 avril 2016, le Th\u00e9\u00e2tre National de Chaillot vous fait d\u00e9couvrir la sensualit\u00e9 br\u00fblante d\u2019une \u0153uvre d\u00e9licate avec\u00a0<em>La Tr\u00e8s Excellente et Lamentable Trag\u00e9die de Rom\u00e9o et Juliette<\/em>. C\u2019est une pi\u00e8ce totalement atypique associant \u00e0 la fois une esth\u00e9tique tr\u00e8s moderne \u00e0 des \u00e9l\u00e9ments plus anciens du <em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em> de Shakespeare. Voguant entre th\u00e9\u00e2tre et danse ce spectacle met en sc\u00e8ne, deux personnages qui reprennent, d\u00e9forment et transforment \u00e0 l\u2019infini la sc\u00e8ne mythique de la mort des amants. En effet, incarn\u00e9s par Clara Furey et Francis Ducharme, dont la complicit\u00e9 est hypnotisante, ils repr\u00e9sentent le tr\u00e8s c\u00e9l\u00e8bre duo de Shakespeare et de Prokofiev, le couple d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui. Entre les murs de cette chambre ferm\u00e9e au reste du monde se mat\u00e9rialise l\u2019interdit de leur relation\u00a0: un amour ludique et charnel qui \u00e9chappe \u00e0 l\u2019agitation du dehors et qui semble ne pouvoir \u00eatre v\u00e9cu que dans l\u2019enfermement. Seulement, ils n\u2019ont qu\u2019une nuit pour vivre et revivre leur amour dont nous connaissons l\u2019issue. Dans cette chambre, c\u2019est l\u2019Amour dans toute sa complexit\u00e9 qui nous est donn\u00e9 de voir. Catherine Gaudet et J\u00e9r\u00e9mie Niel, les metteurs en sc\u00e8nes, transposent la l\u00e9gende shakespearienne en un huis-clos aussi sensuel que m\u00e9lancolique. Pour J\u00e9r\u00e9mie Niel cette pi\u00e8ce repr\u00e9sente \u00ab la flamboyance de l\u2019amour, nos pulsions et inhibitions qui infusent leurs corps universels\u00a0\u00bb.\u00a0Tout au long de cette \u0153uvre sensible, chor\u00e9graphie et texte dialoguent pour donner naissance \u00e0 une d\u00e9construction ou une actualisation de ce mythe selon les points de vue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La mise en sc\u00e8ne est tr\u00e8s atypique mais poignante par moment. En effet, le public est immerg\u00e9 au c\u0153ur de la sc\u00e8ne. A l\u2019arriv\u00e9e, il faut enlever ses chaussures puis aller s\u2019assoir sur des escaliers donnant dans la chambre. Dans cette promiscuit\u00e9, nous sommes compl\u00e8tement happ\u00e9s par ce couple auquel nous nous identifions. Leurs \u00e9motions nous atteignent, nous transpercent, nous d\u00e9rangent. Plus que jamais, nous sommes les\u00a0t\u00e9moins intimes\u00a0des tribulations d\u2019un amour passionnel et condamn\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai beaucoup aim\u00e9 cette pi\u00e8ce, car elle est tr\u00e8s esth\u00e9tique. Les deux danseurs-com\u00e9diens sont \u00e9poustouflants tant du point de vue technique que th\u00e9\u00e2trale. Ce qui est tr\u00e8s int\u00e9ressant c\u2019est la relecture de ce couple mythique, ou l\u2019amour n\u2019a plus rien d\u2019un clich\u00e9 mais se vit plut\u00f4t comme, \u00e0 la fois, une lutte et un refuge. D\u2019ailleurs cela est illustr\u00e9 non seulement \u00e0 travers le d\u00e9cor de cette chambre o\u00f9 r\u00e8gne le chaos mais aussi dans le jeu d\u00e9cousu des acteurs entre bonheur et d\u00e9mence illustrant la dualit\u00e9 de ce sentiment. La seule\u00a0 chose que je peux reprocher \u00e0 cette pi\u00e8ce c\u2019est que parfois, dans l\u2019optique de l\u2019esth\u00e9tique contemporaine, certaines r\u00e9pliques sont totalement d\u00e9nu\u00e9es de sens et n\u2019ont aucun rapport avec ce qui se d\u00e9roule sur sc\u00e8ne. C\u2019est dommage car cela provoque une distanciation entre le spectateur et la pi\u00e8ce en rompant le charme. Celui-ci s\u2019\u00e9loigne, le temps de quelque instant, de l\u2019essence de la pi\u00e8ce. Cependant, c\u2019est un spectacle vraiment tr\u00e8s complet et tr\u00e8s int\u00e9ressant car aux textes se m\u00ealent la danse, la musique, les effets sonores et les jeux de lumi\u00e8re.\u00a0 C\u2019est une v\u00e9ritable \u0153uvre d\u2019art \u00e0 elle toute seule.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Agathe Saulnier De Praingy<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">A la r\u00e9ception des billets, je m\u2019attendais \u00e0 voir une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre plut\u00f4t classique, avec une petite touche de contemporain, c\u2019est-\u00e0-dire que je pensais que j\u2019assisterai \u00e0 une pi\u00e8ce o\u00f9 les acteurs danseraient, tout en r\u00e9citant les r\u00e9pliques de la pi\u00e8ce de William Shakespeare. Je ne m\u2019\u00e9tais pas renseign\u00e9e sur la pi\u00e8ce, ni sur ses acteurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La salle Maurice B\u00e9jart du th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot o\u00f9 se d\u00e9roula la pi\u00e8ce est une petite salle o\u00f9 il faut passer par plusieurs couloirs sombres avant d\u2019y acc\u00e9der. A l\u2019entr\u00e9e de la salle, plusieurs ouvreurs ont demand\u00e9 aux spectateurs d\u2019enfiler des sortes de chaussettes transparentes au-dessus de nos propres chaussures, mais bon, je suppose que c\u2019\u00e9tait pour que nous ne salissions pas la salle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque nous, spectateurs, sommes rentr\u00e9s dans la salle, de nombreux objets \u00e9taient dispos\u00e9s \u00e0 terre : des magazines, des tee-shirts, des peluches etc. La salle avait \u00e9t\u00e9 transform\u00e9e en chambre. En face de nous, le com\u00e9dien Francis Ducharme \u00e9tait en train de se laver dans une autre pi\u00e8ce, et nous pouvions le voir gr\u00e2ce \u00e0 une vitre. Quant \u00e0 Clara Furey, elle \u00e9tait allong\u00e9e sur un lit, qui \u00e9tait dispos\u00e9 en face des spectateurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Durant la pi\u00e8ce, il \u00e9tait tr\u00e8s facile de voir que le couple \u00e9tait fusionnel, on avait l\u2019impression qu\u2019ils partageaient tout : leur langage ne faisait qu\u2019un, ainsi que leurs mouvements de danse. D\u2019ailleurs, la pi\u00e8ce \u00e9tait plut\u00f4t \u00e9rotis\u00e9e. Bien que le jeu des com\u00e9diens f\u00fbt int\u00e9ressant, je n\u2019ai pas vraiment aim\u00e9 la pi\u00e8ce, que j\u2019ai trouv\u00e9e plut\u00f4t sp\u00e9ciale. J\u2019ai s\u00fbrement un peu de mal \u00e0 me d\u00e9tacher de la version classique de la pi\u00e8ce de Shakespeare. La danse est ce que j\u2019ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 : les mouvements des com\u00e9diens \u00e9taient sensuels et arrivaient \u00e0 nous transporter. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 la danse que j\u2019ai r\u00e9ellement pu observer l\u2019amour et la passion des deux personnages.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Anne-Sophie Jordier<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mis en sc\u00e8ne et chor\u00e9graphi\u00e9 par Catherine Gaudet et J\u00e9r\u00f4me Niel, ce huis-clos des plus \u00e9quivoques oscillant entre sensualit\u00e9 et m\u00e9lodrame, m\u00ealant verbes et chor\u00e9graphie, donne un coup de neuf \u00e0 la l\u00e9gendaire trag\u00e9die shakespearienne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La m\u00f4me des Capulet aime celui des Montaigu. Nous connaissons tous l&rsquo;histoire de ce couple mythique issue de deux familles condamn\u00e9es \u00e0 ne pas pouvoir s&rsquo;aimer. La pi\u00e8ce initiale n&rsquo;est pas reprise dans son int\u00e9gralit\u00e9. Niel et Gaudet transposent la derni\u00e8re sc\u00e8ne du dernier acte de Rom\u00e9o et Juliette. Le couple se retrouve pour une derni\u00e8re nuit d&rsquo;amour, loin de la violence et de l&rsquo;hostilit\u00e9 du monde qui va suivre \u00e0 leur suicide, point culminant de l&rsquo;\u0153uvre de Shakespeare. Nos deux metteurs en sc\u00e8ne issues de deux univers diff\u00e9rents, viennent tordre le classicisme des vers \u00e9lisab\u00e9thains de Shakespeare dans un texte vibrant et puissant, m\u00eal\u00e9 aux mouvements des corps de deux danseurs professionnels. Clara Furey et Francis Duharme endossent le r\u00f4le de ces amants maudits anim\u00e9s par la pulsion de leur d\u00e9sir ardent \u00e0 merveille. Ils viennent faire vibrer la petite salle du th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot qui devient une chambre d&rsquo;h\u00f4tel minutieusement reconstitu\u00e9e. Le spectateur devient voyeur et entre dans leur intimit\u00e9 entre bouteilles de vins et linge sale jet\u00e9 en boule par-dessus le lit. La pi\u00e8ce se d\u00e9tache de toutes repr\u00e9sentations romantiques lisses et conventionnelles qui ont pu \u00eatre faites auparavant pour s&rsquo;ancrer dans une temporalit\u00e9 plus actuelle. Leur amour interdit est mat\u00e9rialis\u00e9 par ce d\u00e9cor qui constitue un huis-clos saisissant accentuant la tension grandissante de l&rsquo;action. Les pas des com\u00e9diens sont emprunts de sensualit\u00e9, de force, ils se chuchotent des mots doux, maudissent leur situation. Sur les notes du ballet de Prokokiev, ils s&rsquo;enlacent tendrement puis se d\u00e9battent violemment, faisant rejaillir tout ce qu&rsquo;ils d\u00e9tiennent de plus primitif. Rom\u00e9o et Juliette s&rsquo;abandonneront \u00e0 leurs pulsions dont nous connaissons l&rsquo;issue fatale.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Anouchka Crocqfer<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">La production de Catherine Gaudet et J\u00e9r\u00e9mie Neil, interpr\u00e9t\u00e9e par Clara Furey et Francis Ducharme, s\u2019inspire tr\u00e8s librement de <em>Rom\u00e9o et Juliette <\/em>de Shakespeare. <em>La Tr\u00e8s Excellente et Lamentable Trag\u00e9die de Rom\u00e9o et Juliette <\/em>se rapproche plus de la performance que du th\u00e9\u00e2tre<em>.<\/em> L\u2019exp\u00e9rience est immersive\u00a0; le spectateur gagne sa place en sur-chaussures en passant par le d\u00e9cor, une chambre d\u00e9sordonn\u00e9e. Des v\u00eatements et magazines jonchent jusqu\u2019aux si\u00e8ges en gradins \u2013 sur le mien une paire de lunettes de plong\u00e9e et un tee-shirt jaune. Aucun fil narratif pr\u00e9cis ne gouverne la repr\u00e9sentation, qui alterne r\u00e9citation du texte shakespearien, langue moderne, indications en voix-off, et dance par Clara et Francis, nos Juliette et Rom\u00e9o modernes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pi\u00e8ce de Shakespeare, selon le prospectus, ne parle pas d\u2019amour. Assertion anticonformiste voire a priori absurde qui se compl\u00e8te par l\u2019affirmation que cette pi\u00e8ce doit son succ\u00e8s \u00e0 ce qu\u2019elle a pour v\u00e9ritable sujet la vie humaine. C\u2019est l\u2019orientation qui semble avoir \u00e9t\u00e9 choisie pour cette interpr\u00e9tation, qui tente de repr\u00e9senter l\u2019universel de l\u2019existence humaine. Clara\/Juliette meurt ainsi ind\u00e9finiment, tandis que Francis\/Rom\u00e9o cri de d\u00e9sespoir. Feindre de mourir en tombant \u00e9tendu sur le lit se transforme en jeu d\u2019amoureux, suscitant tant\u00f4t l\u2019amusement enfantin des deux amants, tant\u00f4t l\u2019effroi de Francis\/Rom\u00e9o. Si Clara\/Juliette affirme tout au long de la performance \u00eatre souffrante, ce doit \u00eatre de la maladie de m\u00e9lancolie, qui affecte traditionnellement les amoureux, et remplace ici le poison qui conduit \u00e0 leur mort.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Volontairement provocateurs, les acteurs parfois \u00e0 moiti\u00e9 nus m\u00e9langent langage moderne, la plupart du temps familier ou vulgaire, et texte shakespearien. Ce dernier est, de fa\u00e7on int\u00e9ressante, r\u00e9cit\u00e9 \u00e0 certains moments de fa\u00e7on ironique, Francis endossant un costume de Rom\u00e9o et se lan\u00e7ant brusquement dans un discours \u00e0 l\u2019\u00e9loquence d\u00e9tonante, et \u00e0 d\u2019autres moments, particuli\u00e8rement \u00e0 la fin de la pi\u00e8ce, avec une sinc\u00e9rit\u00e9 confondante. Clara et Francis, qui sont et ne sont pas Juliette et Rom\u00e9o, montrent ainsi alternativement le ridicule de l\u2019amour et l\u2019\u00e9ternelle actualit\u00e9 du sentiment d\u00e9crit par Shakespeare.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les paroles sont cependant assez rares et laissent leur place aux gestes. S\u2019il faut attribuer \u00e0 la performance une ligne narrative, nous la d\u00e9crirons comme le cheminement des amants vers un baiser interdit. Se rapprochant plus d\u2019une pi\u00e8ce de Beckett que de Shakespeare (tous deux modernes), la performance commence par le d\u00e9sespoir. M\u00eame si Fabrice\/Rom\u00e9o tente d\u2019apporter de l\u2019espoir par quelques jeux d\u2019amoureux, Clara\/Juliette ne cesse de replonger dans la m\u00e9lancolie. Comme dans <em>En attendant Godot<\/em>, les personnages disent partir et ne partent pas, disent mourir et ne meurent pas, savent qu\u2019ils ne vont pas se sortir de cette situation. Simplement, \u00e0 la fin, lorsque le baiser est enfin conclu, la mort vient. Si une progression a eu lieu dans la pi\u00e8ce pour leur permettre d\u2019atteindre cette d\u00e9livrance, c\u2019est par la danse.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">C\u00e9line Dupret<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\">Install\u00e9 dans un lieu clos, la chambre de Rom\u00e9o et Juliette, le spectateur est invit\u00e9 \u00e0 partager l&rsquo;intimit\u00e9 des deux amants maudits (alias J\u00e9r\u00e9mie Niel et Catherine Gaudet) le temps du spectacle. Malheureusement cette sc\u00e9nographie est bien plus d\u00e9corative que n\u00e9cessaire \u00e0 de v\u00e9ritables enjeux corporels. La salle de bain avec sa vitre pour laisser les corps apparents, le beau bordel de magazines et autres bouteilles et verres, le grand lit ne sont que des \u00e9l\u00e9ments statiques, jamais vraiment int\u00e9gr\u00e9s au jeu. Les deux com\u00e9diens-danseurs \u00e9voluent dans l&rsquo;espace, s&rsquo;enlacent, se s\u00e9parent, esquissent un jeu amoureux, un chant, une danse, entrem\u00ealent le texte de Shakespeare avec du texte contemporain&#8230; Bien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\">Mais on ne peut alors s\u2019emp\u00eacher de se demander quelle est la n\u00e9cessit\u00e9 de ce qui se passe sur ce plateau. En d&rsquo;autres termes, que veut on me dire ou me faire ressentir\u00a0? Ce spectacle m&rsquo;a sembl\u00e9 se d\u00e9rouler sans qu&rsquo;aucun enjeux n&rsquo;affleurent \u2013 ce qui se passe n&rsquo;est pas laid, mais sans la beaut\u00e9 non plus d&rsquo;un pur tableau, donc le seul point de vue esth\u00e9tique ne le sauve pas. Le rythme est sans coh\u00e9rence, les \u00e9v\u00e9nements anecdotiques s&rsquo;encha\u00eenent. Ils ne sont pas d\u00e9plaisants en soi, et certains sont m\u00eame int\u00e9ressants, avec du mime ou l&rsquo;invention d&rsquo;autres espaces, mais c&rsquo;est trop parcellaire pour donner un souffle global au spectacle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\">Faute de mieux, je me suis donc pench\u00e9e sur la brochure fournie \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e. Voici une note d&rsquo;intention des metteurs en sc\u00e8ne, Fran\u00e7ois Ducharme et Clara Furey\u00a0: \u00ab\u00a0L&rsquo;amour est un pr\u00e9texte. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs un sentiment trop changeant \u00e0 travers les \u00e2ges et les continents pour devenir le fondement d&rsquo;un mythe. [\u2026] Nous avons donc abord\u00e9 notre pi\u00e8ce comme une histoire de sacrifice plut\u00f4t qu&rsquo;une histoire d&rsquo;amour.\u00a0\u00bb Si c&rsquo;est plut\u00f4t la mani\u00e8re de l&rsquo;exprimer et de le vivre que l&rsquo;amour lui m\u00eame qui semble changeant (et lui refuser le statut de fondement d&rsquo;un mythe semble pour le moins \u00e9trange), il n&rsquo;y a pas non plus sacrifice dans cette pi\u00e8ce. Interdite aux moins de 16 ans, elle n&rsquo;en demeure pas moins \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9e de toute violence ou trash, un moment convenu et d\u00e9cousu, sans originalit\u00e9, sans souffle et sans passion parce que rien ne semble jamais n\u00e9cessaire dans ce qui se passe sur sc\u00e8ne. Pas m\u00eame la futilit\u00e9 ou la fra\u00eecheur des amants de quatorze ans que sont Rom\u00e9o et Juliette.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\">C&rsquo;est donc une forme anecdotique qui se pr\u00e9sente \u00e0 nous, que certains appr\u00e9cieront peut \u00eatre pour les moments de danse, mais qui semble bien vide\u00a0: ni tr\u00e8s excellente, tr\u00e8s tragique ou m\u00eame tr\u00e8s lamentable.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Marie Gu\u00e9<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les deux enfants maudits du th\u00e9\u00e2tre se retrouvent le temps d\u2019une nuit dans une chambre, enferm\u00e9s, fuyant la violence du monde. Une nuit pour les plus tristes h\u00e9ros, un temps bien court pour vivre l\u2019amour de sa vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les Qu\u00e9b\u00e9cois Catherine Gaudet et J\u00e9r\u00e9mie Niel ont compos\u00e9 ce duo sous les figures tut\u00e9laires de Shakespeare et de Prokofiev : les danseurs, Clara Furey et Francis Ducharme, r\u00e9citent des extraits du texte classique tout en s\u2019\u00e9battant sur l\u2019illustrissime \u00ab Danse des chevaliers \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De l\u2019\u0153uvre de Shakespeare, on a \u00f4t\u00e9 la politique pour ne faire place qu\u2019\u00e0 la passion. Une passion, certes \u00e0 certains moments \u00e9rotiques, mais qui n\u2019explique en rien la mention \u00ab\u00a0d\u00e9conseill\u00e9 aux moins de 16 ans\u00a0\u00bb. (L\u2019association Promouvoir se contenant aux salles de cin\u00e9ma fort heureusement).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot nous invite donc dans un huis clos pour revivre ce douloureux r\u00e9cit \u00e9ternellement suspendu entre extase et trag\u00e9die. La danse et le travail sur le corps offrent des moments d\u2019exception \u00e0 ces deux amants tant dans la sensualit\u00e9 que dans la destruction amoureuse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une intense bataille de pulsions et d\u2019abandons, parfois un peu confuse. En effet, le m\u00e9lange constant entre sinc\u00e9rit\u00e9 et d\u00e9rision perd le spectateur. Ce choix, pourtant int\u00e9ressant et audacieux\u00a0 (en ce qu\u2019il traduit l\u2019essence m\u00eame de Shakespeare) n\u2019est pas convaincant. Ceci est peut \u00eatre d\u00fb \u00e0 la proposition de mise en sc\u00e8ne qui finit par \u00eatre un assemblage d\u00e9cousu de sc\u00e8nes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans cette tr\u00e8s excellente et lamentable trag\u00e9die, Rom\u00e9o et Juliette ne sont plus des enfants maudits, ils sont des adultes qui \u00e0 force de trop penser ont oubli\u00e9 quelque chose\u00a0: les spectateurs.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Marion Crub\u00e9zy<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">La transposition de <em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em> par Catherine Gaudet et J\u00e9r\u00e9mie Niel se fait sous le signe du m\u00e9lange, du contraste, \u00e0 la confluence de la danse et du th\u00e9\u00e2tre. De la prose shakespearienne, vous ne glanerez que quelques r\u00e9pliques, au d\u00e9tour d\u2019une phrase, qui fonctionnent comme une sorte de piq\u00fbre de rappel. Le reste du dialogue qu\u2019entretiennent les deux personnages semble marqu\u00e9 \u00e0 la fois par la g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9, celle d\u2019une parole quotidienne, \u00e0 laquelle tout le monde a acc\u00e8s, et \u00e0 l\u2019inverse par un processus d\u2019exclusion du spectateur par la connivence. On ne comprend pas tout, on ne peut acc\u00e9der totalement \u00e0 cette bulle de passion. Si l\u2019amour coupe du monde, nous sommes aussi, en tant que spectateurs, coup\u00e9s du monde des amoureux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019univers de Rom\u00e9o, de Juliette, se m\u00eale \u00e0 celui de Francis et de Clara, personnages aussi bien que com\u00e9diens. L\u2019usage de leurs vrais pr\u00e9noms rend flou la fronti\u00e8re entre r\u00e9alit\u00e9 et fiction. Par l\u00e0-m\u00eame est sign\u00e9e l\u2019appropriation du mythe, son incarnation. Shakespeare respir\u00e9 et v\u00e9cu par Francis et Clara, c\u2019est l\u2019histoire du mythe dans sa nudit\u00e9\u00a0: amour, angoisse, mort.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ici, pas de famille pour faire obstacle \u00e0 l\u2019amour. L\u2019obstacle est comme inh\u00e9rent \u00e0 la relation qu\u2019entretiennent les deux personnages. Il jaillit \u00e0 chaque seconde. Les instants d\u2019unisson, d\u2019harmonie sont ceux des corps mouvants des danseurs, qui accomplissent des gestes mim\u00e9tiques dans une sorte de jouissance fr\u00e9n\u00e9tique. C\u2019est sur la musique de Prokofiev que l\u2019amour prend corps, qu\u2019il se fait presque enti\u00e8rement sensualit\u00e9, sexualit\u00e9. Mais \u00e0 tout moment, l\u2019harmonie peut \u00eatre rompue\u00a0: l\u2019un peut cesser de trouver le jeu amusant. L\u2019un peut abandonner l\u2019autre. Et l\u2019abandon, dans ce monde ferm\u00e9 de la sc\u00e8ne, ne peut passer que par la mort. Entre jonction et disjonction, amour et abandon, l\u2019on suit donc, avec une empathie qui force la souffrance, les soubresauts d\u2019un amour cru.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le spectateur se voit somm\u00e9 de p\u00e9n\u00e9trer dans une intimit\u00e9. En entrant dans la salle dite du \u00ab\u00a0studio\u00a0\u00bb, on vous demande d\u2019enlever vos chaussures. Apr\u00e8s avoir parcouru un mince corridor\u00a0: une pi\u00e8ce d\u2019appartement. Le sol est recouvert de moquette, la moquette jonch\u00e9e de v\u00eatements plus ou moins sales et d\u2019objets en tout genre. Au fond de la pi\u00e8ce, quelques gradins. En vous y asseyant, vous avez vue sur un lit, \u00e0 gauche de la pi\u00e8ce. Derri\u00e8re le lit, une baie vitr\u00e9e, celle de la douche, \u00e0 droite du lit, coll\u00e9s au mur, une table, une armoire. Une jeune femme est \u00e0 moiti\u00e9 couch\u00e9e sur le lit, son buste coll\u00e9 aux draps, les genoux au sol. Elle est habill\u00e9e. Dans la douche, un homme nu. Vous avez beau ne pas faire de bruit, sans vos chaussures, vous avez beau garder le silence, votre regard transperce violemment cette intimit\u00e9. Le d\u00e9sordre qui r\u00e8gne dans la pi\u00e8ce vous indique bien que vous n\u2019\u00e9tiez pas invit\u00e9. Le spectateur se fait plus voyeur que jamais. Sans le vouloir, la sc\u00e8ne s\u2019impose \u00e0 vous, la g\u00eane s\u2019impose \u00e0 vous, et vous ne pouvez plus sortir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On pourrait d\u00e9crire la performance comme une suite de tressaillements.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019angoisse succ\u00e8de au rire, mais \u00e0 ce rire absurde, qui peut glacer le sang, qui nous rappelle Ionesco. Retournements, corps qui s\u2019entrem\u00ealent et s\u2019enlacent, joie fugace, plaisirs fulgurants, mort. L\u2019amour est passion, \u00e0 la fois plaisir et souffrance. La premi\u00e8re \u00e0 sembler mourir est Clara. Tout d\u2019un coup, elle ne bouge plus. Francis crie, empoigne avec d\u00e9sespoir son corps sans vie. La repr\u00e9sentation n\u2019a pas commenc\u00e9 depuis dix minutes, on se dit que d\u00e9cid\u00e9ment, \u00e7a a \u00e9t\u00e9 rapide. Mais ce n\u2019\u00e9tait qu\u2019une fausse alerte, elle est de nouveau en vie. Puis c\u2019est au tour de Francis de sembler mort. A Clara l\u2019abandon, la souffrance, la solitude. Et le motif de se r\u00e9p\u00e9ter, en alternance avec des sc\u00e8nes de danse dont ressort toute la violence de la jouissance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les deux com\u00e9diens et danseurs nous livrent donc une performance qui m\u00eale Shakespeare \u00e0 leur intimit\u00e9, \u00e0 leur corps. C\u2019est la Passion destructrice qui danse sur cette sc\u00e8ne. Cruaut\u00e9 et fr\u00e9n\u00e9sie en sont les ma\u00eetres-mots.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Marl\u00e8ne Lafont<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai assist\u00e9 \u00e0 la pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre tr\u00e8s avant-gardiste <em>La Tr\u00e8s Excellente et Lamentable Trag\u00e9die de Rom\u00e9o et Juliette <\/em>mise en sc\u00e8ne par J\u00e9r\u00e9mie Niel et Catherine Gaudet, dans le splendide Th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot. Enferm\u00e9s dans une chambre, deux enfants maudits fuient la violence du monde. Ils n\u2019ont qu\u2019une nuit pour eux. Une nuit c\u2019est court quand il s\u2019agit d\u2019y vivre l\u2019amour de sa vie. Catherine Gaudet et J\u00e9r\u00e9mie Niel transposent la l\u00e9gende shakespearienne en un huis-clos aussi sensuel que m\u00e9lancolique. Clara Furey et Francis Ducharme incarnent des Rom\u00e9o et Juliette foudroyants et magn\u00e9tiques, \u00e9ternels amours, suspendus entre extase et trag\u00e9die. Chor\u00e9graphie et texte s\u2019entrecroisent dans cette \u0153uvre sensible inspir\u00e9e de la pi\u00e8ce de William Shakespeare, du ballet de Sergue\u00ef Prokofiev, et de l\u2019histoire vraie de Clara Furey et Francis Ducharme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout commence lors qu\u2019apr\u00e8s avoir chauss\u00e9 des sur-chaussures, nous p\u00e9n\u00e9trons dans la chambre de Clara et Francis, dans l\u2019intimit\u00e9 d\u2019une chambre d\u2019adolescent des temps modernes o\u00f9 se m\u00eale un joyeux d\u00e9sordre, nous prenons place sur les moquettes et divers coussins. Clara est l\u00e0, \u00e9tendu sur son lit, Francis est nu dans la douche\u2026. Le spectacle commence est nous plongeons dans un univers hors du temps, Clara suffoque puis c\u2019est au tour de Francis, le spectateur est un peu perdu. La pi\u00e8ce se poursuit avec l\u2019omnipr\u00e9sence de la mort et le pressentiment de la fin tragique qui les attend. Tout s\u2019entrem\u00eale et s\u2019emm\u00eale entre citations de <em>Rom\u00e9o et Juliette <\/em>de Shakespeare, chor\u00e9graphie de danse, l\u2019un meurt puis c\u2019est l\u2019autre et puis ils s\u2019amusent et ensuite ils meurent \u00e0 nouveaux dans de long passage sans r\u00e9elle \u00e9motion qu\u2019un simple d\u00e9j\u00e0 vu. Nous sommes dans un pr\u00e9sent, un pr\u00e9sent hors du temps. Peut-il s\u2019agir d\u2019une mise en abyme ? Surement puisque les Clara et Francis sont par instant les Rom\u00e9o et Juliette de la l\u00e9gende Shakespearienne puis redeviennent Clara et Francis, perdant ainsi le spectateur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>La tr\u00e8s excellente et lamentable trag\u00e9die de Rom\u00e9o et Juliette <\/em>est une pi\u00e8ce r\u00e9solument moderne mais des r\u00e9miniscences plus sombres qui parviennent du Rom\u00e9o et Juliette de Shakespeare la traverse, multipliant les couches de lectures et nous enfon\u00e7ant de plus en plus profond\u00e9ment dans le drame. Plus la pi\u00e8ce avance, plus les personnages de Clara et Francis ressemblent \u00e0 ceux de Rom\u00e9o et Juliette et plus le spectateur peine \u00e0 se rep\u00e9rer\u2026 La pi\u00e8ce est cens\u00e9e se conclure par la mort des deux personnages, mais lorsqu\u2019on les a vu mourir tout au long de la pi\u00e8ce ceci n\u2019est point pertinent et nous laisse dans une incompr\u00e9hension totale et avec une envie de sortir au plus vite de cet univers oppressant dans lequel on est mal \u00e0 l\u2019aise mais sans pour autant avoir tout de m\u00eame appr\u00e9ci\u00e9 une performance artistique originale et remarquable.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Amandine Merighi<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le vendredi 15 avril 2016, apr\u00e8s s\u2019\u00eatre par\u00e9s de sur-chaussures, les spectateurs sont invit\u00e9s \u00e0 entrer sur la sc\u00e8ne de la salle Maurice B\u00e9jart du Th\u00e9\u00e2tre National de Chaillot. Sur le plateau, transform\u00e9 en chambre, dont le sol est recouvert de divers objets, Clara\/Juliette est allong\u00e9e sur le lit, le regard dans le vide et Francis\/Rom\u00e9o est sous la douche. Pendant une heure et demie, les spectateurs vont assister de tr\u00e8s pr\u00e8s \u00e0 la derni\u00e8re soir\u00e9e de ce couple, puisque <em>La Tr\u00e8s Excellente et Lamentable Trag\u00e9die de Rom\u00e9o et Juliette <\/em>de Catherine Gaudet et J\u00e9r\u00e9mie Niel est un huis clos dans lequel les spectateurs, assis dans la chambre au milieu de v\u00eatements \u00e9tendus au sol, font compl\u00e8tement partie du plateau. Cette pi\u00e8ce est compos\u00e9e par d\u2019extraits des lettres du v\u00e9ritable couple Clara Furey etFrancis Ducharme, mais aussi de <em>Rom\u00e9o et Juliette <\/em>de William Shakespeare ainsi que des bribes de <em>La Danse des Chevaliers <\/em>de Prokofiev et des instants dans\u00e9s. Elle montre l\u2019assimilation progressive du couple Clara\/Francis au plus c\u00e9l\u00e8bre couple shakespearien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toutefois, les allers-retours entre les couples Clara\/Francis et Juliette\/Rom\u00e9o sont plus exclusifs qu\u2019ouverts au public, le spectateur est ainsi rel\u00e9gu\u00e9 au statut de simple observateur. De plus la proximit\u00e9 cr\u00e9\u00e9e par cet huis clos \u00e9tait bien souvent plus \u00e9touffante qu\u2019int\u00e9ressante, notamment lorsque les com\u00e9diens hurlaient.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les instants chor\u00e9graphiques ins\u00e9r\u00e9s dans cette pi\u00e8ce apportaient une touche de po\u00e9sie, qui contrebalan\u00e7ait la grossi\u00e8ret\u00e9 de certains passages, m\u00eame si ces derniers voulaient repr\u00e9senter la futilit\u00e9 et l\u2019exc\u00e8s, ils n\u2019ont apport\u00e9 qu\u2019une rudesse assez ennuyeuse. Finalement la danse suffisait \u00e0 montrer la complexit\u00e9 et l\u2019identification des deux personnages aux h\u00e9ros de la pi\u00e8ce de Shakespeare, d\u2019autant plus que la mise en danse de ces deux corps tr\u00e8s oppos\u00e9s, aux po\u00e9tiques corporelles propres, \u00e9tait non seulement d\u2019une grande justesse, mais agr\u00e9able \u00e0 regarder. L\u2019int\u00e9r\u00eat de cette mise en sc\u00e8ne et son enjeu restent, somme toute, incertains. En effet, si plusieurs \u00e9l\u00e9ments \u00e9taient int\u00e9ressants, beaucoup d\u2019autres \u00e9taient tr\u00e8s simplistes et n\u2019apportaient que peu de relief au couple, ce qui explique peut-\u00eatre le d\u00e9part pr\u00e9cipit\u00e9 d\u2019un spectateur au cours de la repr\u00e9sentation en appelant \u00ab Au secours ! \u00bb.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Tatiana Bray<\/h6>\n<pre class=\"scene\" style=\"text-align: justify;\">Photo : Claudia Chan Tak<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Th\u00e9\u00e2tre \/ Danse | Th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot | En savoir plus Du 7 au 15 avril 2016, le Th\u00e9\u00e2tre National de Chaillot vous fait d\u00e9couvrir la sensualit\u00e9 br\u00fblante d\u2019une \u0153uvre d\u00e9licate avec\u00a0La Tr\u00e8s Excellente et Lamentable Trag\u00e9die de Rom\u00e9o et Juliette. 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