{"id":749,"date":"2016-05-25T20:00:34","date_gmt":"2016-05-25T19:00:34","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/chroniques\/?p=749"},"modified":"2016-05-25T20:00:34","modified_gmt":"2016-05-25T19:00:34","slug":"lucrece-borgia","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=749","title":{"rendered":"Lucr\u00e8ce Borgia"},"content":{"rendered":"<p>Lecture | Th\u00e9\u00e2tre des D\u00e9chargeurs | <a href=\"http:\/\/www.leslivreurs.com\/solotheatre.htm\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant un mois \u2013du 25 mai au 25 juin-, le th\u00e9\u00e2tre \u00ab Les D\u00e9chargeurs \u00bb nous propose en cor\u00e9alisation avec \u00ab Les Livreurs \u00bb : solo th\u00e9\u00e2tre. Tr\u00e8s belle initiative qui invite chaque soir les spectateurs \u00e0 (re)d\u00e9couvrir une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre. Pendant une heure, un interpr\u00e8te nous fait revivre aussi bien Tchekhov que Moli\u00e8re. Dans cette salle intimiste, c\u2019est une unique voix qui nous fait entendre les \u00e9motions, les caract\u00e8res et qui vient peu \u00e0 peu s\u2019effacer pour ne laisser place qu\u2019\u00e0 l\u2019histoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La premi\u00e8re repr\u00e9sentation \u00e9tait <em>Lucr\u00e8ce Borgia <\/em>de Victor Hugo. Un choix audacieux pour les spectateurs qui connaissent souvent tr\u00e8s bien ce texte ou ont pu voir la pi\u00e8ce. Pourtant, la tr\u00e8s jeune et extr\u00eamement juste interpr\u00e8te, arrive \u00e0 donner une tonalit\u00e9 singuli\u00e8re \u00e0 ce texte. Chaque personnage est extr\u00eamement travaill\u00e9 et les coupes effectu\u00e9es dans le texte n\u2019enl\u00e8vent rien \u00e0 l\u2019histoire. Le format tr\u00e8s court et tr\u00e8s rythm\u00e9 de ce \u00ab solo \u00bb permet de ne jamais perdre le spectateur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette interpr\u00e9tation de Lucr\u00e8ce Borgia \u00e9tait tr\u00e8s int\u00e9ressante en ce qu\u2019elle donnait \u00e0 entendre une nouvelle version du texte. Ici, l\u2019aspect dramatique de la pi\u00e8ce s\u2019efface pour laisser la place au comique de celle-ci. Notamment, un comique de r\u00e9p\u00e9tition qui plusieurs fois a d\u00e9clench\u00e9 l\u2019hilarit\u00e9 des spectateurs. Cet effet de comique s\u00e9duit la plupart des spectateurs qui d\u00e9couvrent le texte sous un autre angle mais aussi agace certains qui ne retrouvent pas le drame de la famille des Borgia.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette premi\u00e8re interpr\u00e9tation donne envie de retourner au th\u00e9\u00e2tre \u00ab Les D\u00e9chargeurs \u00bb tout au long de ce mois de \u00ab solo th\u00e9\u00e2tre \u00bb. En effet, la production \u00ab Les Livreurs \u00bb rejette \u00ab \u00e9litisme et herm\u00e9tisme \u00bb et ces interpr\u00e9tations s\u2019adressent \u00e0 un tr\u00e8s large public, nous pourrions m\u00eame dire des spectateurs de 7 \u00e0 77 ans.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Ameziane Bouzid<\/h6>\n<hr \/>\n<p>Le programme Solo Th\u00e9\u00e2tre, pour cette saison au th\u00e9\u00e2tre Les D\u00e9chargeurs, est une s\u00e9rie de repr\u00e9sentations de classiques litt\u00e9raires et dramaturges, par la compagnie Les livreurs. Un com\u00e9dien lit, seul sur sc\u00e8ne, une pi\u00e8ce en une heure. Aucun costume, aucun accessoire, juste une voix et un visage pour interpr\u00e9ter de nombreux personnages. Lucr\u00e8ce Borgia, de Victor Hugo, un peu raccourcie pour l&rsquo;occasion, \u00e9tait lu avec brio par une jeune com\u00e9dienne en robe rouge, qui a su moduler sa voix pour diff\u00e9rencier une multitude de r\u00f4les, notamment toute une gamme de t\u00e9nors masculins, avec m\u00eame un ton r\u00e9serv\u00e9 aux didascalies. On rentre dans la pi\u00e8ce tr\u00e8s vite, et malgr\u00e9 la sc\u00e8ne sobre de ce tout petit th\u00e9\u00e2tre (une vingtaine de places), on se retrouve dans un palazzo v\u00e9nitien entour\u00e9s de soldats. La diction est claire et dynamiques, les voix se distinguent sans probl\u00e8me, l&rsquo;histoire \u00e9crite pas Hugo se retrouve facilement dans cette version \u00e9court\u00e9e. A peine pourrait-on regretter l&rsquo;inconfort des chaises disparates install\u00e9es dans une cave transform\u00e9e en minuscule th\u00e9\u00e2tre, mais la pi\u00e8ce est si courte qu&rsquo;on a peu de temps pour s&rsquo;en rendre compte. On suit avec plaisir les d\u00e9boires de Donna Lucrezia pour r\u00e9v\u00e9ler \u00e0 son fils leur lien de parent\u00e9, sans s&rsquo;en faire ha\u00efr \u00e0 cause de sa terrible r\u00e9putation. Le texte est beau et se suffit \u00e0 lui-m\u00eame : si on ferme les yeux un instant, on est transport\u00e9 dans la grande salle du palais d&rsquo;Alfonse d\u2019Este, o\u00f9 Lucr\u00e8ce est forc\u00e9e d&#8217;empoisonner sont propre fils, ou dans la salle de bal o\u00f9 Gennaro d\u00e9couvre l&rsquo;identit\u00e9 de sa m\u00e8re au moment o\u00f9 elle rend son dernier soupir, poignard\u00e9e de sa main. La pi\u00e8ce en trois actes est rythm\u00e9e simplement par l&rsquo;extinction des lumi\u00e8res \u00e0 la fin de chaque acte, et par la lecture des didascalies et r\u00e9sum\u00e9s rapides des quelques parties laiss\u00e9es de c\u00f4t\u00e9. L&rsquo;atmosph\u00e8re est conviviale et joyeuse, l&rsquo;aspect tragique de la pi\u00e8ce adouci par le sourire de la com\u00e9dienne, et on ressort content, si un peu frustr\u00e9 de la bri\u00e8vet\u00e9 de la repr\u00e9sentation.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Flore Picard<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Th\u00e9\u00e2tre des D\u00e9chargeurs \u00e0 Paris propose de remettre le texte au c\u0153ur des probl\u00e9matiques th\u00e9\u00e2trales aux mois de mai et juin de cette ann\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 un programme nomm\u00e9 Solo Th\u00e9\u00e2tre. L\u2019id\u00e9e est simple et efficace, les com\u00e9diens sont confront\u00e9s \u00e0 un texte. Parfaitement seul en sc\u00e8ne, ils doivent l\u2019interpr\u00e9ter.\u00a0 Ce type de repr\u00e9sentation qui tient de la performance offre une vision diff\u00e9rente de l\u2019espace th\u00e9\u00e2tral. Ainsi, lors de la repr\u00e9sentation du 25 mai dernier, c\u2019est la pi\u00e8ce de Victor Hugo Lucr\u00e8ce Borgia qui a \u00e9t\u00e9 revisit\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Seule en sc\u00e8ne, une jeune com\u00e9dienne lit le texte depuis sa tablette et tente d\u2019exprimer avec justesse le r\u00f4le de chacun des personnages. Sans d\u00e9cor, sans costume et dans une lumi\u00e8re frontale face \u00e0 un public tr\u00e8s r\u00e9duit, elle tente en une heure d\u2019interpr\u00e9ter la pi\u00e8ce.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si l\u2019id\u00e9e de d\u00e9part est int\u00e9ressante, le r\u00e9sultat est d\u00e9cevant. Il est tr\u00e8s difficile de rendre une longue pi\u00e8ce comme Lucr\u00e8ce Borgia en une heure et le texte est donc sauvagement coup\u00e9 ne laissant alors plus que l\u2019image m\u00e9lodramatique de l\u2019action. Lucr\u00e8ce appara\u00eet comme une femme g\u00e9missante, loin de la force r\u00e9elle du personnage. De plus, l\u2019exercice de lecture \u00e9tant loin d\u2019\u00eatre facile, la com\u00e9dienne, si elle rend un tr\u00e8s bon Alphone d\u2019Este, \u00e9poux de Lucr\u00e8ce, elle ne peut \u00eatre juste avec tous et par cons\u00e9quence, Gennaro (le fils cach\u00e9 de Lucr\u00e8ce) semble affaibli, comme d\u00e9nu\u00e9 du caract\u00e8re fougueux de sa jeunesse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il reste que cet exercice est int\u00e9ressant et que chaque com\u00e9dien qui s\u2019y soumet fait preuve d\u2019un courage louable.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Margaux Spruyt<\/h6>\n<hr \/>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Quand Les Livreurs revisitent Hugo\u2026<\/h3>\n<h4 style=\"text-align: justify;\">Lucr\u00e8ce Borgia, version Solo Th\u00e9\u00e2tre<\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le cadre de son cycle Solo Th\u00e9\u00e2tre, le th\u00e9\u00e2tre des D\u00e9chargeurs a invit\u00e9 Les Livreurs, groupe de Lecteurs sonores, \u00e0 prendre la sc\u00e8ne du 25 mai au 25 juin 2016. L\u2019espace de plusieurs soir\u00e9es, tout un floril\u00e8ge d\u2019\u0153uvres th\u00e9\u00e2trales (de Tchekhov \u00e0 Moli\u00e8re, en passant par Shakespeare, Sophocle ou encore Marivaux) est revisit\u00e9 par une personne, seule sur sc\u00e8ne, faisant vivre le texte et ses personnages par sa voix. C\u2019est ainsi que Lucr\u00e8ce\u2019 Borgia, drame romantique de Victor Hugo, s\u2019est trouv\u00e9 \u00eatre adapt\u00e9 et interpr\u00e9t\u00e9 dans la petite cave intimiste des D\u00e9chargeurs le 25 mai dernier.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\">Lucr\u00e8ce, seule face \u00e0 elle-m\u00eame<\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pi\u00e8ce, jou\u00e9e pour la premi\u00e8re fois en 1833, nous plonge dans l\u2019Italie du XVIe si\u00e8cle pour nous conter la tragique histoire de Lucr\u00e8ce Borgia\u2019 et de son fils Gennaro. Digne h\u00e9riti\u00e8re de la riche et puissante famille Borgia, Lucr\u00e8ce est crainte dans toute l\u2019Italie pour son pouvoir de vie ou de mort sur ses concitoyens. Apr\u00e8s le fratricide de l\u2019un ses fr\u00e8res, avec lequel elle donna incestueusement naissance \u00e0 Gennaro, elle cherche \u00e0 nouer contact avec son fils pour lui manifester son existence et lui demander pardon. Ce dernier, brave soldat \u00e9lev\u00e9 loin d\u2019elle dans des conditions modestes, va d\u00e9couvrir que sa m\u00e8re n\u2019est autre que la terrible et cruelle Lucr\u00e8ce Borgia et non la femme bonne et vertueuse qu\u2019il imaginait, augurant une fin tragique.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\">Une personne pour plusieurs r\u00f4les<\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un face-\u00e0-face quasi-direct avec les quelques vingt spectateurs, la com\u00e9dienne alterne, seule, les diff\u00e9rents r\u00f4les de la pi\u00e8ce (tronqu\u00e9e, pour durer une heure environ). Sans d\u00e9cor, avec un simple projecteur braqu\u00e9 sur elle, elle lit le texte \u00e0 voix haute sur sa tablette (qui pourra en d\u00e9ranger certains d\u2019ailleurs, ne serait-ce que pour la lumi\u00e8re qu\u2019elle d\u00e9gage) en variant les gestes, le ton, les mimiques et les postures pour jouer les personnages. La voil\u00e0 qui passe d\u2019un air et d\u2019un ton bonhomme pour jouer Gennaro \u00e0 une posture f\u00e9minine et une voix plus nuanc\u00e9e pour incarner Lucr\u00e8ce. Puis voici qu\u2019elle plisse le front, hausse le ton, baise la t\u00eate pour se mettre dans la peau de tel ou tel personnage. Et change \u00e0 nouveau pour revenir \u00e0 Lucr\u00e8ce\u2026 Une mue plus ou moins fluide et r\u00e9ussie selon les cas, bien qu\u2019int\u00e9ressante d\u2019un point de vue th\u00e9\u00e2tral.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\">Un retour au texte qui donne de l\u2019\u00e9lan au drame<\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec sa voix et sa gestuelle pour seuls alli\u00e9es, la com\u00e9dienne, habill\u00e9e d\u2019une simple robe rouge, incarne le drame en trois tableaux principaux. La pi\u00e8ce \u00e9tant d\u00e9pouill\u00e9e de toute didascalie ou \u00e9l\u00e9ment de d\u00e9cor, l\u2019attention se porte plus que jamais sur le texte. Son \u00e9l\u00e9gance, son rythme, sa profondeur. Et sa densit\u00e9 tragique. Aussi la progression de l\u2019histoire prend ici une autre mesure avec l\u2019incarnation des personnages par une seule et m\u00eame personne. Le fils et la m\u00e8re, le mari et la femme, l\u2019assassin et la victime, la ma\u00eetresse et le servant\u2026 Tous sont jou\u00e9s l\u2019un \u00e0 la suite par la com\u00e9dienne, renfor\u00e7ant la dimension tourment\u00e9e et m\u00e9lodramatique de la pi\u00e8ce. Si l\u2019effet de style peut \u00eatre surprenant au premier abord, il devient captivant par la suite. Un seul lieu, une seule com\u00e9dienne, pas de d\u00e9cor\u2026 N\u00e9anmoins, de quoi voyager en Italie et red\u00e9couvrir la pi\u00e8ce d\u2019Hugo sous un jour nouveau !<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Philip Boisvieux<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au th\u00e9\u00e2tre des D\u00e9chargeurs, jusqu&rsquo;au 25 juin, un lecteur se saisit chaque soir d&rsquo;un grand texte, et en fait vivre \u00e0 lui seul tous les personnages, ce pendant une heure. La premi\u00e8re de ces soir\u00e9es solo th\u00e9\u00e2tre a eu lieu le 25 mai. Une lectrice s&rsquo;est empar\u00e9 de Lucr\u00e8ce Borgia de Victor Hugo. Les Livreurs nous proposent de vivre une exp\u00e9rience originale, conviviale et sans pr\u00e9tention. On descend quelques marches, et on se retrouve dans une cave sombre et fra\u00eeche, sous une vo\u00fbte en pierre, dans une toute petite salle qui compte \u00e0 peine une vingtaine de chaises et quelques petites tables rondes. La sc\u00e8ne ne comporte aucun d\u00e9cor. La lectrice se tient debout devant un iPad. V\u00eatue d&rsquo;une robe rouge qui sied assez bien \u00e0 Lucr\u00e8ce Borgia, elle se saisit des r\u00f4les un \u00e0 un\u00a0: d&rsquo;abord timidement, puis vigoureusement. Elle change de voix, si bien que nous comprenons ais\u00e9ment quel personnage est en train de s&rsquo;exprimer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De l&rsquo;union de la terrible Lucr\u00e8ce Borgia et de son fr\u00e8re Jean Borgia est n\u00e9 Gennaro. Jean Borgia a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 par son fr\u00e8re C\u00e9sar Borgia, lui aussi \u00e9pris de sa s\u0153ur. Gennaro a grandi sans savoir qui \u00e9taient ses v\u00e9ritables parents. Lucr\u00e8ce suit Gennaro et lui parle \u00e0 Venise, cach\u00e9e derri\u00e8re un masque. Alors qu&rsquo;il se laisse s\u00e9duire, ses amis l&rsquo;avertissent. Il s&rsquo;agit de la terrible Lucr\u00e8ce Borgia. Gennaro commet alors un crime de l\u00e8se-majest\u00e9 en effa\u00e7ant le B de Borgia sur la fa\u00e7ade du palais de la duchesse. Don Alphonse, l&rsquo;\u00e9poux de Lucr\u00e8ce, lui donne sa parole\u00a0: l&rsquo;affront sera lav\u00e9 par l&rsquo;ex\u00e9cution du coupable. Lucr\u00e8ce n&rsquo;apprend que trop tard que le coupable n&rsquo;est autre que son fils Gennaro, que son mari soup\u00e7onne d&rsquo;\u00eatre son amant. Elle parvient cependant \u00e0 le sauver en lui remettant un contrepoison. Gennaro h\u00e9site\u00a0avant de le boire : ce que Lucr\u00e8ce lui dit \u00eatre un contrepoison n&rsquo;est-ce pas plut\u00f4t cela m\u00eame qui risque de l&#8217;empoisonner\u00a0? Elle lui demande de quitter Ferrare sans se retourner. Elle sait qu&rsquo;elle ne reverra pas son fils et voudrait entendre de lui une parole aimable\u00a0: apr\u00e8s tout, ne vient-elle pas de lui sauver la vie\u00a0? Gennaro lui demande alors de lui jurer qu&rsquo;elle n&rsquo;est en rien responsable des malheurs de sa m\u00e8re. Lucr\u00e8ce ne peut alors pas lui jurer une telle chose. Au lieu de quitter la ville, Gennaro se rend \u00e0 une f\u00eate. Lucr\u00e8ce y empoisonne les hommes qui l&rsquo;ont calomni\u00e9e \u00e0 Venise. Parmi eux, se trouve Gennaro. Elle le supplie de boire \u00e0 nouveau le contrepoison. Il refuse et veut la tuer pour venger ses amis. Elle lui avoue alors qu&rsquo;il est le fils de Jean Borgia. Gennaro croit un instant que Lucr\u00e8ce est sa tante. Il la transperce d&rsquo;un coup d&rsquo;\u00e9p\u00e9e. Dans un dernier souffle, Lucr\u00e8ce lui dit\u00a0: \u00ab\u00a0Je suis ta m\u00e8re\u00a0!\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La lectrice, dont on peut d\u00e9plorer que le nom ne figure nulle part, passe d&rsquo;un personnage \u00e0 l&rsquo;autre avec une grande fluidit\u00e9. Elle donne du relief aux moments cruciaux en les disant avec lenteur et intensit\u00e9. Son interpr\u00e9tation est fine, sensible, et t\u00e9moigne d&rsquo;une r\u00e9elle envie de faire vivre le texte. Cette proposition minimaliste met en relief la beaut\u00e9 du texte de Victor Hugo. On go\u00fbte chaque mot, puisque aucune repr\u00e9sentation, \u00e0 proprement parler, ne vient nous faciliter la t\u00e2che. L&rsquo;aspect comique de la pi\u00e8ce se trouve amplifi\u00e9. La salle rit aux \u00e9clats quand don Alphonse r\u00e9torque \u00e0 donna Lucrezia : \u00ab\u00a0Les serments, cela est bon pour le peuple.\u00a0\u00bb La dimension tragique de la pi\u00e8ce semble cependant plus difficilement pouvoir se passer d&rsquo;images, et la sc\u00e8ne du matricide peine \u00e0 susciter chez le spectateur tout le trouble que la vue aurait ais\u00e9ment provoqu\u00e9. Quelques rires se font m\u00eame entendre dans la salle lors de cette sc\u00e8ne finale. La lectrice, non sans humour, nous remercie d&rsquo;avoir assist\u00e9 \u00e0 \u00ab\u00a0cette com\u00e9die de Victor Hugo\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">St\u00e9phanie Morel<\/h6>\n<pre style=\"text-align: justify;\">Illustration :\u00a0Costume de Mlle George dans le r\u00f4le de Lucr\u00e8ce Borgia, 1833, via Wikimedia Commons<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Lecture | Th\u00e9\u00e2tre des D\u00e9chargeurs | En savoir plus Pendant un mois \u2013du 25 mai au 25 juin-, le th\u00e9\u00e2tre \u00ab Les D\u00e9chargeurs \u00bb nous propose en cor\u00e9alisation avec \u00ab Les Livreurs \u00bb : solo th\u00e9\u00e2tre. 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