{"id":751,"date":"2016-05-26T20:00:58","date_gmt":"2016-05-26T19:00:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/chroniques\/?p=751"},"modified":"2016-05-26T20:00:58","modified_gmt":"2016-05-26T19:00:58","slug":"isolons-gustave-ubu-roi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=751","title":{"rendered":"Isolons-nous Gustave \/ Ubu roi"},"content":{"rendered":"<p>Lecture | Th\u00e9\u00e2tre des D\u00e9chargeurs | <a href=\"http:\/\/www.leslivreurs.com\/solotheatre.htm\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le solo th\u00e9\u00e2tre qui a eu place aux d\u00e9chargeurs le jeudi 26 Mai \u00e0 19:30 une reformulation de deux pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre <em>Isolons-nous Gustave <\/em>par Andr\u00e9 Mou\u00ebzy-\u00c9on, refaite en 30 min et <em>Ubu roi <\/em>par Alfred Jarry refaite en 40 min. Ce solo th\u00e9\u00e2tre permettait \u00e0 deux d\u00e9butants de recr\u00e9er des pi\u00e8ces et de les pr\u00e9senter devant une audience de vingtaine de personnes, dans une salle de sous-sol d\u2019un th\u00e9\u00e2tre dans le premier arrondissement. Rien que quelques chaises et un microphone, pas de d\u00e9cors, ni des effets, les spectateurs \u00e9taient men\u00e9s \u00e0 r\u00e9agir uniquement selon la voix d\u2019un acteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La mise en sc\u00e8ne \u00e9tait la m\u00eame pour les deux pi\u00e8ces. Pour la premi\u00e8re, le rythme \u00e9tait plut\u00f4t stable avec le seul bouleversement \u00e9tant les orages que l\u2019acteur repr\u00e9sentait tr\u00e8s bien. La progression de l\u2019histoire \u00e9tait chronologique et l\u2019histoire n\u2019avan\u00e7ait pas rapidement. Pour la deuxi\u00e8me pi\u00e8ce, il y avait plus de bouleversement, au niveau de l\u2019histoire et de la repr\u00e9sentation. L\u2019histoire avait aussi une progression chronologique mais avan\u00e7ait plus rapidement que la premi\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c9tant un solo th\u00e9\u00e2tre avec une personne sur sc\u00e8ne imitant les diff\u00e9rents caract\u00e8res et les effets sonores, il n\u2019y avait pas de d\u00e9cor. C\u2019\u00e9tait une petite salle de sous-sol. La pi\u00e8ce aurait pu \u00eatre jou\u00e9e ailleurs avec le m\u00eame effet. Pareillement, il n\u2019y avait pas d\u2019effet visuel non plus. Aucune technique ou media n\u2019\u00e9taient utilis\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La seule variable qui diff\u00e9renciait cette pi\u00e8ce d\u2019une simple lecture \u00e9tait les tons de la voix des acteurs. Le manque de d\u00e9cors, de caract\u00e8res, et des effets sonores et visuels \u00e9taient compens\u00e9s par la mani\u00e8re avec laquelle les acteurs pr\u00e9sentaient les caract\u00e8res et le contexte. C\u2019\u00e9tait plus \u00e9vident dans la premi\u00e8re pi\u00e8ce en particulier ou l\u2019acteur imitait l\u2019orage et changeait de ton entre les trois caract\u00e8res qui dialoguaient. Pour<em> Ubu Roi<\/em>, la t\u00e2che \u00e9tait plus compliqu\u00e9e pour l\u2019acteur qui devrait imiter plusieurs caract\u00e8res, dans de diff\u00e9rents contextes. Cela demandait plus d\u2019attention de la part de l\u2019audience.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Solo th\u00e9\u00e2tre \u00e9tait une recr\u00e9ation d\u2019autres pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre plus ou moins connues. La pr\u00e9sentation \u00e9tant aussi simple avait pour but d\u2019interagir avec l\u2019audience. Il n\u2019y avait pas d\u2019effet qui aidait les acteurs; ils avaient toutes la responsabilit\u00e9 que l\u2019audience soit satisfaite. Le fait que les pi\u00e8ces soient des com\u00e9dies \u00e9tait pour leurs avantages. La r\u00e9action des spectateurs \u00e9tait tr\u00e8s positive et il y avait un sentiment d\u2019appr\u00e9ciation envers cet effort.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Crystel Hajjar<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le solo th\u00e9\u00e2tre du 26 mai 2016 \u00e9tait une lecture \u00e0 haute voix de pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La premi\u00e8re \u0153uvre \u00e9tait <em>Isolons-nous Gustave <\/em>d\u2019Andr\u00e9 Mou\u00ebzy-\u00c9on, \u00e9crivain du XIX\u00e8me si\u00e8cle, aujourd&rsquo;hui oubli\u00e9. La seconde \u0153uvre \u00e9tait <em>Ubu roi <\/em>d\u2019Alfred Jarry. Certains passages avaient \u00e9t\u00e9 coup\u00e9s pour un souci de temps. Les lecteurs \u00e9taient des \u00e9tudiants de la Sorbonne, form\u00e9s \u00e0 la lecture \u00e0 voix haute par les Livreurs. Cette lecture \u00e9tait une premi\u00e8re sur sc\u00e8ne pour eux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les lectures se sont d\u00e9roul\u00e9es dans une petite salle souterraine du th\u00e9\u00e2tre Les D\u00e9chargeurs qui peut accueillir une vingtaine de personnes. L&rsquo;\u00e9clairage tamis\u00e9 sur la pierre brute donnait vraiment une impression de proximit\u00e9 et de convivialit\u00e9. Le principe d&rsquo;une lecture \u00e0 haute voix est de simplement lire le texte pour que la voix rende toutes les impressions que pourrait donner le th\u00e9\u00e2tre. Seule la voix du lecteur peut rendre le texte vivant. L&rsquo;ambiance de la salle \u00e9tait en ad\u00e9quation avec l&rsquo;objectif recherch\u00e9. Il n&rsquo;y avait pas de d\u00e9cors, seulement un pupitre au centre de la sc\u00e8ne avec un projecteur qui l&rsquo;\u00e9clairait. Aucun des gestes du lecteur ne compte, seule sa voix est importante pour rendre son texte vivant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La premi\u00e8re lecture fut h\u00e9sitante. C&rsquo;\u00e9tait la premi\u00e8re fois que le lecteur donnait une repr\u00e9sentation et sa voix fit transpara\u00eetre une certaine angoisse, ce qui nuisit beaucoup \u00e0 la lecture. Le texte \u00e9tait comique et les quelques tremblements de la voix, bien que rares, cass\u00e8rent l&rsquo;ambiance du texte. Le r\u00e9cit portait sur une sc\u00e8ne de m\u00e9nage dans une famille bourgeoise du XIX\u00e8me si\u00e8cle, lors d&rsquo;une nuit d&rsquo;orage. Le lecteur fit toutefois une belle performance en transformant alternativement sa voix pour la faire correspondre \u00e0 chacun des personnages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La deuxi\u00e8me lecture, faite par un lecteur diff\u00e9rent, fut plus assur\u00e9e. Le lecteur d\u2019<em>Ubu roi <\/em>changeait sa voix pour chacun des personnages. Les choix de ton \u00e9taient judicieux. Au d\u00e9but, entendre un homme faire des voix grotesques, parfois des voix de femme, \u00e9tait comique en soi, puis l&rsquo;impression d&rsquo;entendre des personnages diff\u00e9rents est arriv\u00e9e et ce sont les personnages et l&rsquo;histoire qui ont v\u00e9ritablement cr\u00e9\u00e9 le comique. L&rsquo;esprit d\u2019<em>Ubu<\/em><em> roi <\/em>\u00e9tait vraiment l\u00e0. M\u00eame sans d\u00e9cors ni acteurs, les spectateurs \u00e9taient plong\u00e9s dans l&rsquo;histoire.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">L\u00e9na Piveteau<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans une salle au sous-sol, aux murs de pierre et au plafond vo\u00fbt\u00e9, une vingtaine de chaises devant une petite sc\u00e8ne. Il n\u2019y a de place que pour un acteur, et cela tombe bien ! Dans cette originale ambiance informelle, chaleureuse, voire familiale, c\u2019est un v\u00e9ritable <em>solo de th\u00e9\u00e2tre <\/em>qui se pr\u00e9pare. Une pi\u00e8ce et un acteur, une pi\u00e8ce pour un acteur, une pi\u00e8ce par un acteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Seul sur sc\u00e8ne, tout pr\u00e8s et au m\u00eame niveau que le public, le com\u00e9dien interpr\u00e8te une pi\u00e8ce : r\u00e9pliques, bruits, caract\u00e8res, \u00e9motions, rythmes, humour, tout est l\u00e0 ; tout est offert au public, qui alors ne peut que se laisser emporter par l\u2019encha\u00eenement des \u00e9v\u00e9nements et des sensations, par cette voix capable \u00e0 elle seule de cr\u00e9er tout un monde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le concept du <em>Solo Th\u00e9\u00e2tre <\/em>est propos\u00e9 et diffus\u00e9 par Les Livreurs, Lecteurs Sonores. Il s\u2019agit d\u2019un collectif parisien promouvant la diffusion de la litt\u00e9rature \u00e0 travers la lecture \u00e0 voix haute et organisant des laboratoires de formation et des \u00e9v\u00e9nements litt\u00e9raires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le spectacle du 26 mai consistait en deux pi\u00e8ces en raison de leur bri\u00e8vet\u00e9, mais l\u2019esprit et la m\u00e9thode \u00e9taient les m\u00eames : pas de sc\u00e9nographie, pas de costumes, pas de rapports entre com\u00e9diens. \u00c9tudiants, les deux acteurs qui ont respectivement interpr\u00e9t\u00e9 <em>Isolons-nous, Gustave ! <\/em>(1917) et <em>Ubu roi <\/em>(1896)* avaient approfondi, dans le cadre d\u2019un des laboratoires des Livreurs, les enjeux de cette nouvelle typologie de travail, entrecoupant arts vivants, litt\u00e9rature, lecture \u00e0 voix haute, \u00e9tude sonore et musicale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les deux com\u00e9dies, tr\u00e8s diff\u00e9rentes du point de vue du sujet et donc du type de comique, ont \u00e9t\u00e9 admirablement interpr\u00e9t\u00e9es par deux acteurs apparemment tout aussi diff\u00e9rents. Le comique de parole et de situation d\u2019un vieux couple boulevers\u00e9 par un orage \u00e9tait suivi par les aventures satiriques d\u2019un pr\u00e9tendu roi l\u00e2che et peureux. De la m\u00eame mani\u00e8re, le dialogue \u2013 comique justement parce que d\u00e9cal\u00e9 \u2013 entre femme et mari laissait la place dans la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du spectacle \u00e0 une suite d\u2019aventures d\u2019un personnage absolument ridicule.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les deux pi\u00e8ces ont sans aucun doute eu en commun l\u2019irr\u00e9pressible rire du spectateur, n\u2019ayant m\u00eame pas besoin de fermer les yeux pour imaginer les sc\u00e8nes. En effet, la ma\u00eetrise mimique, tonale et rythmique des acteurs rendait la pi\u00e8ce vivante, prenante, pr\u00e9sente : chez le public, alors, aucune autre envie que celle de continuer d\u2019<em>\u00e9couter<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">* Les dates font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la premi\u00e8re repr\u00e9sentation des deux pi\u00e8ces.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Silvia Giudice<\/h6>\n<pre class=\"scene\" style=\"text-align: justify;\">Illustration : Alfred Jarry<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Lecture | Th\u00e9\u00e2tre des D\u00e9chargeurs | En savoir plus Le solo th\u00e9\u00e2tre qui a eu place aux d\u00e9chargeurs le jeudi 26 Mai \u00e0 19:30 une reformulation de deux pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre Isolons-nous Gustave par Andr\u00e9 Mou\u00ebzy-\u00c9on, refaite en 30 min et Ubu roi par Alfred [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":757,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14,48,65],"tags":[],"class_list":["post-751","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives","category-lecture","category-les-dechargeurs"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/751","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=751"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/751\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/757"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=751"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=751"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=751"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}