{"id":802,"date":"2016-10-10T20:00:58","date_gmt":"2016-10-10T19:00:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/chroniques\/?p=802"},"modified":"2016-10-10T20:00:58","modified_gmt":"2016-10-10T19:00:58","slug":"yann-tiersen-solo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=802","title":{"rendered":"Yann Tiersen solo"},"content":{"rendered":"<p>Concert | Philharmonie de Paris | <a href=\"http:\/\/philharmoniedeparis.fr\/fr\/activite\/concert\/16922-yann-tiersen-solo\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur le programme re\u00e7u \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de la salle, il est \u00e9crit que Yann Tiersen va jouer \u00ab\u00a0Eusa\u00a0\u00bb, son nouvel album, enregistr\u00e9 il y a quelques temps dans le studio d&rsquo;Abbey Road. Les morceaux ont \u00e9t\u00e9 compos\u00e9s suite \u00e0 son voyage dans le parc californien de Sinkyone Wilderness.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourtant, d\u00e8s les premi\u00e8res notes, on comprend qu&rsquo;il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire de conna\u00eetre les paysages de ce parc pour se sentir touch\u00e9 par la musique. D&rsquo;abord h\u00e9sitantes, quelques notes de piano et une voix enregistr\u00e9e nous pr\u00e9parent \u00e0 la travers\u00e9e musicale qui suit, et qui coule subitement des doigts du pianiste. Un \u00e0 un, les morceaux s&rsquo;encha\u00eenent. Les notes au piano apaisent, transportent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est toujours tr\u00e8s d\u00e9licat de faire la critique d&rsquo;un spectacle musical. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;intrigue comme une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre et tout se joue sur les sentiments, sur les sensations que ressent l&rsquo;auditeur. Impossible de d\u00e9crire la m\u00e9lodie, et de nommer un par un les morceaux. C&rsquo;est en effet une des caract\u00e9ristiques de ce spectacle\u00a0: on entend des variations, qui indiquent les diff\u00e9rents d\u00e9cors qu&rsquo;a travers\u00e9s Yann Tiersen, mais les morceaux offrent une incroyable continuit\u00e9\u00a0: on ne peut pas imaginer couper le spectacle en plein milieu, car chaque note en appelle une autre, chaque morceau trouve sa r\u00e9sonance dans le pr\u00e9c\u00e9dent et semble annoncer le suivant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les m\u00e9lodies sont tour \u00e0 tour joyeuses, entra\u00eenantes, m\u00e9lancoliques. Mais ce qui est sur, c&rsquo;est que le son laisse entrevoir une palette musicale incroyablement riche, qui invite chacun \u00e0 se replonger dans ses propres voyages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au cours du spectacle, Yann Tiersen alterne le piano avec le violon, pour des m\u00e9lodies plus saccad\u00e9es et plus intenses\u00a0; il joue aussi d&rsquo;un piano jouet, dont le son rappelle celui du xylophone\u00a0: les morceaux se teintent alors d&rsquo;une dimension presque f\u00e9erique\u00a0: il est \u00e9tonnant de voir de pareilles m\u00e9lodies sortir d&rsquo;un instrument aux sons aussi l\u00e9gers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais le piano reste tout de m\u00eame dominant\u00a0; on sent que Yann Tiersen excelle \u00e0 composer des m\u00e9lodies harmonieuses sur cet instrument.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut aussi parler de Yann Tiersen lui-m\u00eame. Il arrive, discret, salue rapidement, puis commence \u00e0 jouer. Tr\u00e8s vite, l&rsquo;homme s&rsquo;efface et se confond avec sa musique. Sa discr\u00e9tion permet de se concentrer plus intens\u00e9ment aux notes qui s&rsquo;\u00e9chappent des diff\u00e9rents instruments.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, un dernier mot pour la salle\u00a0: on ne peut pas aller \u00e0 la Philharmonie sans \u00eatre impressionn\u00e9 par l&rsquo;architecture, ext\u00e9rieure tout d&rsquo;abord, puis int\u00e9rieure, lorsqu&rsquo;on p\u00e9n\u00e8tre dans une salle arrondie, \u00e0 l&rsquo;acoustique agr\u00e9able.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce qui ressort de ce spectacle, c&rsquo;est l&rsquo;apaisement qu&rsquo;il procure\u00a0: les m\u00e9lodies sont hors du temps, et touchent chacun des auditeurs\u00a0: le caract\u00e8re intimiste de la sc\u00e8ne plong\u00e9e dans le noir, avec un simple projecteur braqu\u00e9 sur le piano fait oublier la grandeur imposante de la salle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour finir, ce spectacle fut incroyable\u00a0: une heure et demie qui \u00e9tait bien trop courte\u00a0: on aurait voulu que les m\u00e9lodies apaisantes ne s&rsquo;arr\u00eatent jamais et que Yann Tiersen continue encore longtemps \u00e0 nous faire voyager aux confins de nos souvenirs. Il n&rsquo;y a qu&rsquo;\u00e0 entendre le tonnerre d&rsquo;applaudissement qui salue la prestation de l&rsquo;artiste, pour comprendre que Yann Tiersen est devenu l&rsquo;un des musiciens les plus appr\u00e9ci\u00e9s et talentueux de notre \u00e9poque.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Clarisse Beno\u00eet<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Connu pour ses compositions dans <em>Le Fabuleux destin d\u2019Am\u00e9lie Poulain<\/em>, c\u2019est devant un public parisien d\u00e9j\u00e0 conquis que Yann Tiersen jouait ce lundi 10 octobre. La r\u00e9cente structure de la Philharmonie de Paris promettait une acoustique parfaite pour le concert d\u2019un musicien polyvalent classique. On ne fait plus la pr\u00e9sentation de Yann Tiersen, \u00e0 la fois pianiste mais \u00e9galement violoniste. Ce soir-l\u00e0, il nous interpr\u00e9tait aussi bien des compositions issues de son dernier album <em>EUSA<\/em> sorti une semaine avant que des compositions mythiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le concert \u00e9tait divis\u00e9 en trois parties. La premi\u00e8re partie, exclusivement consacr\u00e9e au piano, pouvait para\u00eetre un peu longue. J\u2019ai cependant beaucoup appr\u00e9ci\u00e9 la douceur que le d\u00e9cor instaurait. Les bobines, repr\u00e9sentant la bande sonore qui accompagnait Yann Tiersen, rappelaient l\u2019univers du cin\u00e9ma qui avait propuls\u00e9 sa carri\u00e8re. J\u2019\u00e9tais tr\u00e8s impressionn\u00e9e par Yann Tiersen, qui ne semblait faire plus qu\u2019un avec le piano. Etant donn\u00e9 que le musicien alternait les instruments, il \u00e9tait difficile de s\u2019ennuyer lors de la seconde partie. J\u2019ai davantage appr\u00e9ci\u00e9 la derni\u00e8re partie, celle apr\u00e8s le rappel de l\u2019artiste. En effet, les musiques \u00e9taient beaucoup plus \u00e9nergiques. Chaque instrument \u00e9tait jou\u00e9 avec passion. La grande salle con\u00e7ue pour mettre en avant la singularit\u00e9 de chaque note accentuait cette ferveur. Le changement de lumi\u00e8re entre les deux premi\u00e8res parties et le fait que le musicien se d\u00e9place pour atteindre chaque instrument, cr\u00e9aient une sorte de rupture dans la routine instaur\u00e9e lors de la premi\u00e8re partie ce qui \u00e9tait plus qu\u2019appr\u00e9ciable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La seule chose n\u00e9gative que je pourrais trouver \u00e0 cette repr\u00e9sentation est assur\u00e9ment sa bri\u00e8vet\u00e9, \u00e0 savoir 1h30. Chacun percevra ce concert diff\u00e9remment. Pour ma part, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s \u00e9mue, jusqu\u2019\u00e0 en avoir les larmes aux yeux. Chose qui ne m\u2019\u00e9tait encore jamais arriv\u00e9e pour de la musique, je ne peux \u00eatre qu\u2019encore plus fascin\u00e9e par Yann Tiersen. La Philharmonie de Paris est un \u00e9difice plus qu\u2019impressionnant qui ne peut que rendre justice \u00e0 l\u2019artiste.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Julia Bos<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand l\u2019on arrive depuis le m\u00e9tro, la Philharmonie de Paris ressemble \u00e0 un vaisseau \u00e9trange et prometteur. En s\u2019acheminant vers la salle, on constate que tout est fait pour rappeler que l\u2019on est l\u00e0 pour le plaisir des oreilles, pour l\u2019harmonie de la musique. Les plafonds et les murs sont tels des vagues d\u2019ondes sonores. L\u2019int\u00e9rieur de la salle quant \u00e0 lui est surprenant, fait de grosses pi\u00e8ces ressemblant \u00e0 des vagues. On se dit que l\u2019acoustique doit \u00eatre incroyable. Elle ne l\u2019ai pas. C\u2019est d\u2019ailleurs la seule d\u00e9ception que j\u2019ai par rapport \u00e0 ce spectacle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Yann Tiersen \u00e9tait \u00e9blouissant sur sc\u00e8ne. C\u2019est une personne qui n\u2019aime pas les foules, cela se sent. Il est presque g\u00ean\u00e9 par les applaudissements non-retenus de la salle, et esquisse un simple \u00ab\u00a0merci\u00a0\u00bb au micro. Il est monsieur tout le monde, celui qui se pr\u00e9sente devant une salle comble avec un pull tricot\u00e9 de laine. Yann Tiersen c\u2019est la simplicit\u00e9. Et sa musique s\u2019en ressent. Elle fait parfois du beau pour le beau davantage que de la conception technique extr\u00eamement pouss\u00e9e, mais cela plait toujours au spectateur. C\u2019est une musique simple, harmonieuse en tous points, qui reste dans une certaine retenue, pour ne pas c\u00e9der \u00e0 cette passion qui vous appelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il semble que l\u2019on puisse distinguer deux temps durant la performance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la premi\u00e8re partie du spectacle, Yann Tiersen interpr\u00e8te des morceaux de piano sur un fonds sonores de bruitages animaliers, d\u2019enregistrements r\u00e9alis\u00e9s en pleine nature. La notice explicative du d\u00e9but du spectacle explique que ce sont des sons tir\u00e9s en partie de son dernier album, enregistr\u00e9 en int\u00e9gralit\u00e9 en pleine nature. Il cherche l\u2019harmonie, la simplicit\u00e9. Le piano, \u0153uvre de l\u2019homme, tente de se fondre dans le paysage sonore naturel. Et c\u2019est r\u00e9ussi ! Ce rapprochement musical a un effet extr\u00eamement apaisant, l\u2019auditoire \u00e9tait comme berc\u00e9. Les cris d\u2019oiseaux, le sac et ressac des vagues, toutes ces parcelles de nature \u00e9taient import\u00e9es dans la salle, avec beaucoup de soin. Tant de soin d\u2019ailleurs que lorsque le coassement d\u2019un corbeau a retentit, ma voisine a cru qu\u2019il y avait un vrai corbeau coinc\u00e9 dans les plafonds de la salle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans une seconde partie, les bruits naturels se sont tus et Tiersen a interpr\u00e9t\u00e9 des morceaux plus classiques au piano, dans son style bien \u00e0 lui. Cette partie est r\u00e9v\u00e9latrice d\u2019une p\u00e9riode &#8211; peut \u00eatre r\u00e9volue pour lui &#8211; qui plait toujours autant au public. C\u2019est la p\u00e9riode \u2018Am\u00e9lie Poulain\u2019 la p\u00e9riode que tout le monde a assimil\u00e9 \u00e0 Montmartre, \u00e0 ses ruelles parisiennes. Dans ce deuxi\u00e8me temps, il s\u2019emploie \u00e0 varier les instruments, passant du violon, au clavecin, au piano de nouveau etc. Il faut noter qu\u2019en jouant du violon, il s\u2019abandonne davantage \u00e0 ses m\u00e9lodies, et joue \u00e0 toute vitesse, tape du pied en m\u00eame temps, bref, rend tout cela tr\u00e8s vivant. Cette puissance se ressent plus au violon qu\u2019au piano ou au clavecin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour en revenir \u00e0 l\u2019acoustique de la salle, je d\u00e9plore que toute la performance ait \u00e9t\u00e9 sous micros. Lorsque Yann Tiersen jouait \u2018fort\u2019, si l\u2019on peut dire, un \u00e9cho sonore (certainement largement amoindri par l\u2019architecture de la salle &#8211; qui \u00e9tait tr\u00e8s grande) se faisait entendre et g\u00eanait quelque peu l\u2019oreille.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il n\u2019emp\u00eache que Yann Tiersen est un virtuose : il joue avec passion du violon, au point de rompre quelques cordes \u00e0 son archer ; fait courir ses doigts sur une sorte de clavecin, bref c\u2019est un personnage peu commun de la musique fran\u00e7aise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">M\u00eame si l\u2019on pense Tiersen comme le compositeur des musiques de films tr\u00e8s connus comme Good Bye Lenin ! ou Am\u00e9lie Poulain, ce spectacle a montr\u00e9 une nouvelle facette de son art. Il retourne davantage \u00e0 ses origines, \u00e0 la c\u00f4te bretonne, sauvage et indompt\u00e9e ; et s\u2019\u00e9loigne petit \u00e0 petit de cette excellence qui le caract\u00e9rise pour se laisser aller \u00e0 de nouvelles exp\u00e9riences, innovantes, plus proches de la nature.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il semblerait assez peu compr\u00e9hensible que Yann Tiersen ne passe dans la post\u00e9rit\u00e9 : personne ne peut \u00eatre indiff\u00e9rent aux m\u00e9lodies qu\u2019il compose.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">El\u00e9onore Bosse<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce lundi 10 octobre 2016 au soir, pendant que certains se remettaient du WEI, je suis all\u00e9e voir Yann Tiersen \u00e0 la Philharmonie de Paris. Il fait parti de ces artistes \u00e0 \u00ab\u00a0\u00e9tiquette\u00a0\u00bb\u00a0: beaucoup de mes amis ne connaissaient pas son nom, mais d\u00e8s que je leur ai parl\u00e9 du film <em>Le Fabuleux Destin d\u2019Am\u00e9lie Poulain <\/em>de Jean-Pierre Jeunet, l\u00e0, ils ont rapidement identifi\u00e9 la musique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le concert \u00e9tait \u00e0 20h30, mais je suis arriv\u00e9e plus t\u00f4t pour d\u00e9couvrir ce lieu si futuriste. Le spectacle se tenait dans la grande salle, et j\u2019\u00e9tais plut\u00f4t bien situ\u00e9e car j\u2019\u00e9tais dans le parterre. J\u2019\u00e9tais ni trop pr\u00e8s, ni trop loin, l\u2019id\u00e9al pour pouvoir profiter pleinement de la musique. Sur sc\u00e8ne, le piano \u00e0 queue dominait. A sa droite il y avait un ancien magn\u00e9tophone, et dispers\u00e9 un peu de partout sur sc\u00e8ne, des ampoules \u00e0 filament et deux lampes style \u00ab\u00a0bateau\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les lumi\u00e8res s\u2019abaissent, l\u2019homme tant attendu arrive. Il s\u2019installe \u00e0 son piano, dos \u00e0 nous, et dis doucement dans le micro \u00ab\u00a0En fait tout est enregistr\u00e9\u00a0\u00bb, puis va allumer le magn\u00e9tophone. Petit trait d\u2019humour qui a bien fait glousser la salle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le fond sonore en marche, il retourne s\u2019installer derri\u00e8re son piano et commence \u00e0 jouer. Pendant les cinq premi\u00e8res minutes environ, le d\u00e9cor s\u2019installe\u00a0: une voix de femme qui semble parler breton, avec, des sons de nature, principalement des bruits de la mer, qui l\u2019accompagnent. Yann Tiersen enrichit cet enregistrement de notes de piano. La voix s\u2019arr\u00eate. L\u2019artiste nous montre enfin tout son potentiel, et juste waouh\u00a0! Que c\u2019\u00e9tait beau, que c\u2019\u00e9tait intense\u00a0! Je ne connaissais pas les airs des morceaux, mais on reconnait toujours tr\u00e8s bien les sonorit\u00e9s qui lui sont si particuli\u00e8res. La bande son en arri\u00e8re-plan rajoute vraiment quelque chose de fantastique qui permet de nous transporter dans un autre monde. Ces m\u00e9lodies font parties de son nouvel album, <em>EUSA<\/em>, qui est sorti que tr\u00e8s r\u00e9cemment (le 30 septembre 2016 ). Le magn\u00e9tophone s\u2019arr\u00eate.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A partir de ce moment, il alternera entre violon, xylophone et piano. C\u2019est ce que j\u2019appellerai la deuxi\u00e8me partie de son concert. Il interpr\u00e9ta des morceaux de ses pr\u00e9c\u00e9dents albums, dont ceux du film d\u2019Am\u00e9lie Poulain (ce qui provoquait syst\u00e9matiquement des g\u00e9missements chez ma voisine de derri\u00e8re d\u00e8s qu\u2019elle reconnaissait la musique\u2026). Je dois bien avouer que je n\u2019ai pas \u00e9t\u00e9 fan d\u2019un morceau au xylophone, car trop strident \u00e0 mes oreilles. Mis \u00e0 part cela, ce fut tr\u00e8s plaisant de pouvoir fredonner (dans ma t\u00eate) en m\u00eame temps qu\u2019il jouait. Enfin, Yann Tiersen termine son concert avec le morceau \u00ab\u00a0Sur un fil\u00a0\u00bb pour finir en apoth\u00e9ose\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai trouv\u00e9 que cet artiste \u00e9tait une personne assez r\u00e9serv\u00e9e, mais que finalement, c\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre \u00e7a la clef de son succ\u00e8s musical.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Charlotte Dutron<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Venu interpr\u00e9ter son nouvel album sur sc\u00e8ne, on ne pr\u00e9sente plus Yann Tiersen, auteur-compositeur et interpr\u00e8te fran\u00e7ais. Multi-instrumentiste et musicien clairvoyant, po\u00e8te et aventurier, il nous r\u00e9v\u00e8le sa nouvelle cr\u00e9ation, fa\u00e7onn\u00e9e atours d&rsquo;un \u00e9l\u00e9ment dans lequel il se retrouve: la nature. L&rsquo;artiste diss\u00e9mine dans <em>Eusa<\/em>, ce v\u00e9ritable recueil musical et po\u00e9tique un leitmotiv lancinant et \u00e9mouvant, et nous invite sans d\u00e9tour \u00e0 d\u00e9couvrir l&rsquo;\u00eele d\u2019Ouessant, dont il nous pr\u00e9sente la beaut\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors que l\u2019\u00e9paisse brume suspendue au-dessus des spectateurs se dissipe, les lumi\u00e8res se tamisent peu \u00e0 peu dans la salle. La mise en sc\u00e8ne est modeste. Un piano \u00e0 queue noir se dresse au centre, \u00e9clair\u00e9 par un seul projecteur et trois grandes ampoules dirait-on vol\u00e9es \u00e0 la chambre d\u2019un enfant. Pr\u00e8s de l\u2019instrument une derni\u00e8re lanterne est suspendue \u00e0 un lampadaire, apportant un effet intime et pictural \u00e0 l\u2019atmosph\u00e8re. Enfin, un imposant magn\u00e9tophone tr\u00f4ne au milieu de l\u2019espace, pr\u00eat \u00e0 d\u00e9marrer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tiersen, tout au long de son interpr\u00e9tation dresse un \u00e9quilibre entre fragilit\u00e9 et prise de position. Pour l&rsquo;ouverture, une voix de femme d\u00e9clamant un po\u00e8me en breton \u00e9mane du magn\u00e9tophone qui joue un r\u00f4le d\u2019acteur \u00e0 part enti\u00e8re. Tant\u00f4t l\u00e9gers et frais, tant\u00f4t sombres et tortueux, les tons des ballades r\u00e9sonnent dans un silence presque religieux. L&rsquo;artiste nous ouvre avec sinc\u00e9rit\u00e9 les portes du monde qui l&rsquo;habite. Des chants d\u2019oiseaux, le bruit des vagues, la pluie, autant de touches sonores qui viennent se m\u00ealer \u00e0 la composition musicale formant un tout, un t\u00e9moignage vivant et sensoriel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alternant piano, violon puis piano-jouet, Tiersen livre une prouesse fine et d\u00e9licate en toute simplicit\u00e9. Au violon, l\u2019artiste est m\u00e9connaissable, une pointe d\u2019acharnement presque violente s\u2019\u00e9chappe des notes, marquant une coupure br\u00e8ve avec la douceur du piano. Ces allers- retours incessants entre violon et piano t\u00e9moignent ainsi de la dualit\u00e9 des sentiments de l&rsquo;artiste et de la complexit\u00e9 de ceux-ci. Comme un t\u00e9moignage sensible de ses craintes,\u00a0 souvenirs, joies et tristesses. C\u2019est enfin un dialogue qu\u2019il noue avec le spectateur, jouant des lignes m\u00e9lodiques oniriques et profondes, fragments de beaut\u00e9 pure qui \u00e9gr\u00e8nent en chacun de nous, spectateur, notre pass\u00e9 enfui, nos images propres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au fur et \u00e0 mesure que la lumi\u00e8re d\u00e9cline en un violet presque bleu, nous sentons que l&rsquo;artiste est sur le point de tirer sa r\u00e9v\u00e9rence. Mais c&rsquo;est alors qu&rsquo;il nous plonge une derni\u00e8re fois dans un d\u00e9dale de souvenirs. Un parfum d\u2019enfance ressurgit lorsque, assis sur le devant de la sc\u00e8ne, il entonne au piano-jouet les premi\u00e8res notes de La dispute d\u2019Am\u00e9lie Poulain. Morceau embl\u00e9matique de sa carri\u00e8re et qu&rsquo;il choisira pour cl\u00f4turer son concert,\u00a0 comme un clin d\u2019\u0153il touchant \u00e0 son propre pass\u00e9.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Estelle Magnieux<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lundi 10 Octobre 2016, Yann Tiersen pr\u00e9sentait ses derni\u00e8res compositions, issues de son nouvel album EUSA, \u00e0 la philharmonie de Paris. Connu du grand public pour la composition de la bande originale d&rsquo;Am\u00e9lie Poulain, film r\u00e9alis\u00e9 par Jean-Pierre Jeunet, ce grand m\u00e9lomane nous transporte ici dans un autre univers, proche de ses origines, et nous montre l&rsquo;\u00e9tendue de ses comp\u00e9tences musicales. Yann Tiersen ouvre ainsi le spectacle par plusieurs morceaux au piano et alterne ensuite avec du violon et m\u00eame un piano-jouet. Le tout est accompagn\u00e9 d&rsquo;une bande-son sur laquelle on peut entendre une voix f\u00e9minine parler breton ainsi que les bruits de la nature. La sp\u00e9cificit\u00e9 de cet album consiste en effet en ce qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 en ext\u00e9rieur, en communion m\u00eame avec la nature, plac\u00e9e au centre de ce spectacle. Yann Tiersen nous emm\u00e8ne ainsi, au travers de ses diverses compositions, dans sa Bretagne originelle. Le d\u00e9cor choisi confirme d&rsquo;ailleurs ce d\u00e9sir\u00a0: quelques lumi\u00e8res de jardin, un m\u00e2t auquel pend une lanterne&#8230; tout nous rappelle \u00e0 la nature.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les compositions pr\u00e9sent\u00e9es au piano sont tr\u00e8s belles et d\u00e9montrent encore une fois le g\u00e9nie de ce grand m\u00e9lomane, capable de cr\u00e9er un univers propre et de nous y emmener avec lui. On remarquera d&rsquo;ailleurs la patte de l&rsquo;artiste dans les sch\u00e9mas de construction de ces nouveaux morceaux\u00a0: la cr\u00e9ation d&rsquo;un th\u00e8me premier sur lequel se greffent des variations nombreuses allant crescendo. Les compositions au violon font moins grand effet, car souvent moins \u00e9labor\u00e9es, ne laissant pas \u00e0 la m\u00e9lodie le temps de s&rsquo;\u00e9tendre et de s&rsquo;approfondir. Quant au piano-jouet, Yann Tiersen manie avec brio cet instrument peu commun et sait profiter de la l\u00e9g\u00e8re dissonnance qui en \u00e9mane.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le spectacle dans son ensemble est remarquable par sa sobri\u00e9t\u00e9, qui n&rsquo;est pas sans rappeler la simplicit\u00e9 de l&rsquo;homme lui-m\u00eame. Celui-ci se pr\u00e9sente \u00e0 nous en tenue ordinaire pour jouer sans plus attendre. Par sa simplicit\u00e9, Yann Tiersen nous d\u00e9voile une musique authentique, capable de nous faire presque oublier la grande et magistrale salle de la Philharmonie de Paris et de nous emmener en pleine nature. On regrettera cependant le manque de contact entre le compositeur, un peu taciturne, et le public, pourtant tr\u00e8s enthousiaste. Dans l&rsquo;ensemble, je recommande ce spectacle aux amateurs de piano ainsi qu&rsquo;aux fid\u00e8les de Yann Tiersen, qui ne manqueront pas d&rsquo;y retrouver le brio de celui-ci.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">L\u00e9a Paufique<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l\u2019occasion de son passage \u00e0 la cit\u00e9 de la musique de Paris, Yann Tiersen a choisi de jouer des morceaux extraits de son dernier album <em>Eusa,<\/em> enregistr\u00e9 en ext\u00e9rieur sur l\u2019\u00eele d\u2019Ouessant dont il est originaire. En dressant une carte musicale de ce lieu qui lui est cher, il d\u00e9cloisonne le spectateur, l\u2019entra\u00eenant dans un voyage musical des plus \u00e9mouvants. C\u2019est une histoire d\u2019amour en langage sonore, symbole d\u2019une relation fusionnelle entre l\u2019homme et son milieu d\u2019origine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le d\u00e9cor est simple, \u00e0 l\u2019image du musicien. La sc\u00e8ne est \u00e9clair\u00e9e par un projecteur de cin\u00e9ma, tourn\u00e9 vers le piano, et par une lanterne \u00e0 hublots qui \u00e9voque l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un navire. L\u2019ombre du piano qui se d\u00e9tache dans la lumi\u00e8re dessine un voilier. Tout est mis en place pour inviter le spectateur au voyage. Yann Tiersen actionne un magn\u00e9tophone \u00e0 bandes avant de s\u2019asseoir \u00e0 son piano. L\u2019aventure peut enfin commencer\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La voix d\u2019une femme, des cris d\u2019animaux sauvages, le bruit des vagues s\u2019\u00e9crasant sur les rochers, le chant des oiseaux, des aboiements\u2026 Ce sont autant d\u2019\u00e9l\u00e9ments, associ\u00e9s au piano, qui nous projettent dans un univers cristallin o\u00f9 l\u2019homme m\u00e9dite face \u00e0 l\u2019immensit\u00e9 de la nature. Yann Tiersen alterne entre calme, suspension, et emballement avec l\u2019intrusion du violon et du piano-jouet. Son po\u00e8me unique m\u00e9lange les genres classique, folk et \u00e9lectronique. La musique sculpte l\u2019air et p\u00e9n\u00e8tre les esprits. Chaque \u00e9motion trouve sa note sur le clavier du piano. Les c\u0153urs vibrent sur les cordes du violon. La musique de Yann Tiersen, teinte d\u2019une m\u00e9lancolie qui lui est propre, nous conte des moments de joie, de tristesse et de solitude.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Yann Tiersen prouve bien que son talent ne s\u2019arr\u00eate pas \u00e0 Am\u00e9lie Poulain.\u00a0 Il transcende son public en lui procurant un sentiment de bien-\u00eatre et de perdition. L\u2019esprit virevolte dans l\u2019air, caressant les paysages vertigineux de la Bretagne, bravant le vent et la mer d\u00e9cha\u00een\u00e9e. Lorsque la musique s\u2019arr\u00eate, il faut alors se r\u00e9soudre \u00e0 revenir \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9\u2026 Je n\u2019ai pas pu m\u2019emp\u00eacher de penser \u00e0 Laurie Anderson, artiste exp\u00e9rimentale am\u00e9ricaine, qui a r\u00e9alis\u00e9 une performance unique en son genre \u00e0 l\u2019occasion du Festival de Brighton intitul\u00e9e <em>Song Conversation<\/em>. De la m\u00eame mani\u00e8re,\u00a0 Laurie Anderson a entrain\u00e9 son public dans un voyage hors du temps en faisant intervenir les \u00e9l\u00e9ments naturels, dompt\u00e9s par les notes du piano et du violon et en jouant sur des effets de lumi\u00e8res. Mais \u00e0 la diff\u00e9rence de Yann Tiersen, Laurie Anderson parle \u00e0 son public. Elle lui confie ses peurs, ses r\u00eaves, sa difficult\u00e9 \u00e0 \u00e9crire\u2026 Elle se penche sur la pens\u00e9e humaine dans toute sa complexit\u00e9 tandis que Yann Tiersen effectue un retour aux origines, une r\u00e9trospective de sa vie que seule la musique \u00e9tait capable d\u2019exprimer.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Audrey Ravet<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Yann Tiersen solo\u00a0\u00bb \u00e0 la philharmonie de Paris, une soir\u00e9e sous le signe de la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9, des r\u00eaves et de la\u00a0r\u00e9flexion. Pendant une heure et demie, le public quitte la vie quotidienne et le stress de la ville pour faire un voyage de r\u00eave en Bretagne et pour se relaxer profond\u00e9ment.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au fil du concert Yann Tiersen, qui est \u00e0 la fois le compositeur et l&rsquo;interpr\u00e8te de ce concert, pr\u00e9sente dix nouveaux morceaux qui pr\u00e9sentent sa r\u00e9gion d\u2019origine, l&rsquo;\u00cele d&rsquo;Ouessant en Bretagne. Tour \u00e0 tour, il joue du piano, du violon, le jouet piano ou bien la m\u00e9lodica et montre ainsi qu&rsquo;il a plusieurs cordes \u00e0 son arc.\u00a0 En fond sonore, des bruits de la nature tels que le clapotis de la mer et le cri des mouettes \u00e9manent d&rsquo;un vieux magn\u00e9tophone.\u00a0\u00a0\u00a0 .<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le b\u00e2timent o\u00f9 a lieu le concert est tr\u00e8s impressionnant et s&rsquo;accorde bien avec le programme de la soir\u00e9e. La mer et les vagues d\u00e9crites dans la musique se retrouvent dans le d\u00e9cor sur sc\u00e8ne, dans les instruments sous la lumi\u00e8re bl\u00eame et mystique des projecteurs, et de quelques lampions vieillots.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;artiste entre sur sc\u00e8ne habill\u00e9 d&rsquo;un pull-over en laine, et un verre de l\u2019eau \u00e0 la main. Malgr\u00e9 la renomm\u00e9e qu&rsquo;il a acquise en composant la bande originale du film \u00a0\u00bbLe fabuleux destin d&rsquo;Am\u00e9lie Poulain\u00a0\u00bb, il reste\u00a0 modeste. Il se concentre sur la musique et renonce \u00e0 toute forme de mise en sc\u00e8ne superflue. Il salue bri\u00e8vement le public qui l&rsquo;applaudit entre les diff\u00e9rents morceaux et les encha\u00eene\u00a0 sans transition.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le programme nous \u00e9claire davantage sur ce qu&rsquo;a voulu exprimer l&rsquo;artiste par sa musique. Il permet au public d&rsquo;en savoir plus sur les \u0153uvres de Yann Tiersen et sur la philosophie g\u00e9n\u00e9rale derri\u00e8re sa musique, ainsi que\u00a0 sur les compositions pr\u00e9sent\u00e9es pendant le concert.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Les morceaux se composent des s\u00e9quences r\u00e9p\u00e9titives et peu vari\u00e9es \u00e0 l&rsquo;image du style habituel de Yann Tiersen. Cela permet de se laisser bercer par la musique et de se laisser porter. L&rsquo;accessibilit\u00e9 de cette musique se refl\u00e8te aussi dans la composition du public. Yann Tiersen attire un public jeune et parvient \u00e0 les passionner de musique classique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien que la constance de la musique apporte au public une certaine s\u00e9r\u00e9nit\u00e9, cela\u00a0 peut en plonger certains dans l&rsquo;ennui. L&rsquo;intrigue manque de suspense.\u00a0 Le premier morceau ressemble beaucoup aux suivants \u00e0 tel point qu&rsquo;\u00e0 la fin du concert on est un petit peu satur\u00e9. Malgr\u00e9 ce petit b\u00e9mol, la visite de ce concert reste recommandable.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Johanna Rohde<\/h6>\n<hr \/>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em>Eusa<\/em>, une invitation au voyage<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est face \u00e0 un Yann Tiersen seul en sc\u00e8ne que s&rsquo;est retrouv\u00e9 le public de la Philharmonie de Paris ce lundi 10 octobre. Le d\u00e9pouillement est total. Au centre, un piano que vient \u00e9clairer un cand\u00e9labre \u00e0 la lumi\u00e8re \u00e0 la fois blafarde et apaisante. A c\u00f4t\u00e9, un grand magn\u00e9tophone. Tout pr\u00e8s, un violon et des carillons. Un \u00e9pais brouillard a envahi la grande salle de la Philharmonie, le m\u00eame que l&rsquo;on voit parfois \u00e0 l&rsquo;approche d&rsquo;Ouessant, et qui nous laisse \u00e0 peine distinguer le rivage de l&rsquo;\u00eele. Ouessant, <em>Eusa <\/em>en breton, le titre de l&rsquo;album qu&rsquo;est venu nous pr\u00e9senter Yann Tiersen.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0<em>Gortosit an nos ewid lavared eo bet k\u00e0er an deiz\u00a0<\/em>\u00bb dit-on en Bretagne, soit \u00ab\u00a0\u00a0<em>Attendez la nuit pour dire que le jour a \u00e9t\u00e9 beau.\u00a0<\/em>\u00bb La nuit se profile \u00e0 l&rsquo;horizon, le concert commence. Yann Tiersen entre en sc\u00e8ne, v\u00eatu d&rsquo;un simple pull en laine. Il a l&rsquo;air g\u00ean\u00e9 que tant de monde se soit d\u00e9plac\u00e9 pour lui. Heureux mais g\u00ean\u00e9. Alors, il met en route le magn\u00e9tophone puis s&rsquo;assoit au piano. Un chant breton fend le silence, puis, avec lenteur, quelques notes r\u00e9sonnent, fragiles. Ce sont soudain des go\u00e9lands qui p\u00e9n\u00e8trent dans la salle, le sel de la mer, les embruns. Le vent s&rsquo;engouffre et nous nous appr\u00eatons \u00e0 partir. Il y a plusieurs fa\u00e7ons de partir en voyage, Yann Tiersen a choisi l&rsquo;invitation. Il aimerait nous emmener avec lui, mais ne nous y contraindra pas. Il tend la main, mais ne nous promet rien. Son voyage n&rsquo;est pas une partie de plaisir, qui a d\u00e9j\u00e0 fait la travers\u00e9e pour aller \u00e0 Ouessant le sait bien. Alors, quand on accepte de faire ce chemin avec lui, le rythme s&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re et nous sommes partis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le voyage commence avec <em>Pern<\/em>, premi\u00e8re \u00e9tape d&rsquo;un parcours qui en comptera dix. Le ton se veut enjou\u00e9, fluide et simple. Pourtant, c&rsquo;est la m\u00e9lancolie qui transpire \u00e0 chaque note. M\u00eame lorsque la joie affleure, dans un emballement soudain, plein d&rsquo;une beaut\u00e9 fugace, le piano n&rsquo;oublie pas que tout cela ne durera qu&rsquo;un temps. C&rsquo;est ce que nous rappelle <em>Porz Goret<\/em>, le deuxi\u00e8me morceau, aux notes bien plus aigu\u00ebs. Chaque moment musical correspond \u00e0 un emplacement g\u00e9ographique de l&rsquo;\u00eele d&rsquo;Ouessant. Nous nous promenons ainsi \u00e0 travers les chemins escarp\u00e9s de cette \u00eele sise au bout du monde, et Yann Tiersen nous guide. Mais nous guide-t-il vraiment\u00a0? Rien n&rsquo;est moins s\u00fbr. En r\u00e9alit\u00e9, tout cet album h\u00e9site, il t\u00e2tonne, et c&rsquo;est nous qui cherchons notre chemin \u00e0 travers l&rsquo;\u00eele. Comme si pour trouver notre chemin nous devions d&rsquo;abord nous perdre \u00e0 travers les m\u00e9lodies enlev\u00e9es de notre barde d&rsquo;un jour.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a quelques ann\u00e9es maintenant que notre compositeur est venu s&rsquo;installer sur son \u00eele avec sa femme Emilie Quinquis. C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il conserve les seuls souvenirs de son p\u00e8re. La vie est dure ici, mais elle peut \u00eatre belle. Yann Tiersen nous le rappelle. Quelle belle m\u00e9taphore que cet album. Un caillou inhospitalier balay\u00e9 par les flots et le courant le plus puissant d&rsquo;Europe, en proie \u00e0 la fureur des \u00e9l\u00e9ments. Et pourtant, c&rsquo;est un lieu o\u00f9 il fait bon vivre et o\u00f9 l&rsquo;\u00e9claircie n&rsquo;est jamais loin, comme dans Roc&rsquo;h ar Vugale. Yann Tiersen assume la m\u00e9lancolie de ses airs, c&rsquo;est ce qui rend cet album si grand. Lorsque le voyage prend fin, avant qu&rsquo;il ne nous rappelle quelques-uns de ses fameux morceaux qui l&rsquo;ont rendu c\u00e9l\u00e8bre, il remercie le public, g\u00ean\u00e9 \u00e0 nouveau. La nuit est d\u00e9j\u00e0 bien entam\u00e9e, Yann Tiersen en a rehauss\u00e9 l&rsquo;\u00e9clat.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Hugo Toudic<\/h6>\n<pre class=\"scene\" style=\"text-align: justify;\">Photo : G. Evelin<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Concert | Philharmonie de Paris | En savoir plus Sur le programme re\u00e7u \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de la salle, il est \u00e9crit que Yann Tiersen va jouer \u00ab\u00a0Eusa\u00a0\u00bb, son nouvel album, enregistr\u00e9 il y a quelques temps dans le studio d&rsquo;Abbey Road. 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