{"id":809,"date":"2016-10-30T20:00:55","date_gmt":"2016-10-30T19:00:55","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/chroniques\/?p=809"},"modified":"2016-10-30T20:00:55","modified_gmt":"2016-10-30T19:00:55","slug":"dienibelungen","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=809","title":{"rendered":"Die Nibelungen"},"content":{"rendered":"<p>Cin\u00e9-concert | Th\u00e9\u00e2tre du Ch\u00e2telet | <a href=\"http:\/\/chatelet-theatre.com\/fr\/event\/die-nibelungen\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au summum de la virtuosit\u00e9, au comble de l\u2019art, le cin\u00e9-concert <em>Die Nibelungun <\/em>n\u2019a pas laiss\u00e9 quiconque indiff\u00e9rent. Dimanche 30 octobre, les spectateurs s\u2019\u00e9taient donn\u00e9 rendez-vous \u00e0 16 heures au Th\u00e9\u00e2tre du Ch\u00e2telet pour visionner ce film muet allemand r\u00e9alis\u00e9 par Fritz Lang et sorti en 1924. Ce cin\u00e9-concert \u00e9tait orchestr\u00e9 par le compositeur et pianiste improvisateur Jean-Fran\u00e7ois Zygel, qui a men\u00e9 la danse pendant pas moins de quatre heures\u00a0! La salle, presque comble, s\u2019est tue lorsque les projecteurs ont tournoy\u00e9 \u00e0 la lev\u00e9e du rideau, pour laisser place au pianiste. Costume noir et micro en main, il a pr\u00e9sent\u00e9 le film, divis\u00e9 en deux parties. La premi\u00e8re, d\u2019une dur\u00e9e de 2h25, raconte <em>La Mort de Siegfried.<\/em> Siegfried est le fils du roi Siegmund de Xanten et vainqueur d\u2019un puissant dragon lors de son trajet pour Worms, la capitale des Burgondes, o\u00f9 il souhaite conqu\u00e9rir Kriemhild, s\u0153ur du roi Gunther. A la fin de cette premi\u00e8re partie, il est tu\u00e9 par Hagen de Tronje, l\u2019un des vassaux du roi. La seconde partie, intitul\u00e9e <em>La vengeance de Kriemhild <\/em>et longue de deux heures, retrace la vengeance de Kriemhild, l\u2019\u00e9pouse de Siegmung. Elle finira par tuer Gunther et par elle-m\u00eame rendre son dernier souffle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le film, en lui-m\u00eame, a montr\u00e9 quelques longueurs. Il est difficile, en effet, de rester d\u2019une grande attention durant l\u2019enti\u00e8re premi\u00e8re partie, o\u00f9 parfois l\u2019action s\u2019est fait d\u00e9sirer. A noter cependant que pour les deux parties, la progression de l\u2019intrigue, lin\u00e9aire, \u00e9tait claire et sans difficult\u00e9 de compr\u00e9hension pour les spectateurs. Les costumes des acteurs \u00e9taient simples et originaux \u00e0 la fois, sans tomber dans l\u2019extravagance. On peut \u00e9galement signifier l\u2019effort de mise en sc\u00e8ne du r\u00e9alisateur, avec l\u2019utilisation d\u2019effets visuels r\u00e9ussis, comme lorsque Siegmund prend l\u2019apparence de Gunther dans la premi\u00e8re partie ou encore lorsqu\u2019il devient subitement invisible. En revanche, et cela est aussi d\u00fb aux moyens de l\u2019\u00e9poque, d\u2019autres r\u00e9alisations sont plus grossi\u00e8res, comme le faux \u0153il aveugle d\u2019Hagen de Tronje. Le jeu des acteurs, du fait de leur participation \u00e0 un film muet, donnaient une grande importance aux expressions du visage, les yeux \u00e9carquill\u00e9s, l\u2019air joyeux ou apeur\u00e9, en ajoutant \u00e0 cela une riche mimique gestuelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">S\u2019il faut retenir quelque chose de ce spectacle, ce n\u2019est pas tant le film en lui-m\u00eame, bien r\u00e9alis\u00e9 et qui nous emm\u00e8ne dans un monde parall\u00e8le, mais bien la performance du pianiste. En effet, Jean-Fran\u00e7ois Zygel a fait preuve d\u2019une \u00e9tonnante endurance pendant ces quatre heures de visionnage. Une impression de facilit\u00e9, de tranquillit\u00e9 se lisait sur son visage, alors que l\u2019exercice est pour le moins difficile. Le pianiste a su donner de la voix \u00e0 ce film muet, acc\u00e9l\u00e9rant ou d\u00e9c\u00e9l\u00e9rant le rythme de sa musique au gr\u00e8s des rebondissements, mimant les sons de cloches, les courses de chevaux, les cris de panique ou les \u00e9clats de joie. Une r\u00e9ussite.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Liane Court\u00e9<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Die Nibelungen est un diptyque muet r\u00e9alis\u00e9 par Fritz Lang, la r\u00e9interpr\u00e9tation du mythe fondateur germanique qu\u2019est la Chanson des Nibelungen, le premier texte attest\u00e9 en langue allemande. Les deux films qui composent ce dytique forment une \u0153uvre de grande unit\u00e9, bien que contrastants l\u2019un par rapport \u00e0 l\u2019autre. Siegfried est r\u00e9flexion, La revanche de Krimhield est passion. L\u2019or est t\u00e9n\u00e9breux, le noir est lumineux et c\u2019est ce vaste tout qui a inspir\u00e9 Jean-Fran\u00e7ois Zygel : ce dernier a improvis\u00e9 au piano pendant cinq heures pour cr\u00e9er une bande originale, comme s\u2019il s\u2019\u00e9tait charg\u00e9 de nous faire vivre le film \u00e0 sa fa\u00e7on et de nous faire comprendre cette \u0153uvre extraordinaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Beaucoup de ceux qui ont vu les Nibelungen auront n\u00e9cessairement \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9s par les ressemblances l\u2019unissant avec l\u2019Odyss\u00e9e. Il y a Siegfried, le h\u00e9ros dont on suit les aventures dans le premier volet et son \u00e9pouse Krimhield, qui cherchera \u00e0 le venger. Les films sont eux-m\u00eames divis\u00e9s en chants et certaines expressions ne sont pas sans rappeler les \u00e9pith\u00e8tes hom\u00e9riques\u2026 Beaucoup d\u2019autres parall\u00e8les sont \u00e0 faire, mais ainsi se construit l\u2019identit\u00e9 germanique : sur les vastes et admirables traces des antiques. Le clair-obscur et la force absolue des contrastes de Lang mettent cependant en exergue ce qui est propre \u00e0 la culture allemande et r\u00e9v\u00e8lent une tradition \u00e9mancip\u00e9e. Le cin\u00e9aste, ses acteurs et l\u2019\u00e9norme production concourent \u00e0 rendre une l\u00e9gende allemande vraisemblable, tout en \u00e9tant fantastique et psychologiquement r\u00e9aliste, ce qui n\u2019est possible ni au th\u00e9\u00e2tre ni \u00e0 l\u2019op\u00e9ra en tant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un film qui veut rendre la l\u00e9gende dans sa totalit\u00e9, sans la trahir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est cette recherche de vraisemblance et de v\u00e9rit\u00e9 qui justifie le r\u00e9alisme des personnages : les rois sont l\u00e2ches et ce sont bien les femmes qui incarnent le plus les valeurs antiques de force, de passion et de libert\u00e9. Une courte d\u00e9cennie apr\u00e8s la fin de la premi\u00e8re guerre mondiale, le premier volet, son optimisme, sa magie et sa beaut\u00e9 graphique connurent un immense succ\u00e8s. La lumi\u00e8re et le cadrage sont au firmament de l\u2019expressivit\u00e9 du cin\u00e9ma muet qui dispara\u00eetra cinq ans apr\u00e8s la sortie du film et soulignent l\u2019unit\u00e9 du peuple allemand qui se retrouve dans ces aventures. L\u00e0 aussi est le mythe re\/fondateur : dans cette r\u00e9\/affirmation de modernit\u00e9 et de libert\u00e9. Mais ce sont les passions que joue Jean-Fran\u00e7ois Zygel. Sa musique marche peu avec la fable des premi\u00e8res minutes mais acquiert son efficacit\u00e9 \u00e0 mesure que Krimhield s\u2019affirme comme le personnage-squelette des Nibelungen et que le spectateur saisit l\u2019essence du film. Jamais cette musique n\u2019a \u00e9t\u00e9 descriptive et c\u2019est sans doute ce qui fait que cette repr\u00e9sentation a \u00e9t\u00e9 exceptionnelle. Le pianiste a fait ressortir les contrastes en jouant sur une palette expressive restreinte, aussi restreinte que la palette technique du r\u00e9alisateur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Source d\u2019\u00e9merveillement et de questionnements sur les racines de nos soci\u00e9t\u00e9s, cette repr\u00e9sentation restera assur\u00e9ment en m\u00e9moire comme la rencontre de deux artistes finalement contemporains. Pour- quoi cette l\u00e9gende des Nibelungen est-elle un mythe fondateur ? Parce que c\u2019est un chant du tout. Les valeurs originelles, les rites et la mythologie, la vie \u00e0 plusieurs \u00e9chelles y sont. L\u2019image de Lang est intemporelle et sa vision universelle. Mais c\u2019est Zygel qui, \u00e9pousant la d\u00e9raison de Krimhield, liant le fond et la forme, nous a fait saisir l\u2019immuable sobri\u00e9t\u00e9 de l\u2019\u0153uvre.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Antoine Hugounet<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">La repr\u00e9sentation s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9e le dimanche 30 Octobre au th\u00e9\u00e2tre du ch\u00e2telet. Elle commen\u00e7a assez t\u00f4t, \u00e0 16h, mais la dur\u00e9e justifiait ce choix d&rsquo;horaire un peu surprenant : le spectacle devait en effet durer 4h30, avec une inter-mission d&rsquo;1 heure entre les deux parties. Cette repr\u00e9sentation \u00e9tait de fait un cin\u00e9-concert. Les deux films choisis \u00e9taient \u00ab La mort de Siegfried \u00bb et \u00ab La revanche de Krimhield \u00bb formant le \u00ab Die Nibelungen \u00bb de Fritz Lang. Ces deux films sont de c\u00e9l\u00e8bres films muets mis en musique \u00e0 divers reprises par diff\u00e9rents compositeurs et orchestres symphoniques. Ils sortirent en 1924, et sont des films en noir et blanc repr\u00e9sentant les l\u00e9gendes nordiques des nibelungen et la c\u00e9l\u00e8bre histoire de Siegfried. Jean-Fran\u00e7ois Zygel, c\u00e9l\u00e8bre pianiste improvisateur et compositeur, mit en musique ces films en direct lors de la repr\u00e9sentation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le premier film raconte la l\u00e9gende de Siegfried, le grand h\u00e9ros l\u00e9gendaire, fils du roi Sigmund. Elev\u00e9 par de forgerons, Siegfried les quitta apr\u00e8s avoir forg\u00e9 une lame si tranchante qu&rsquo;elle d\u00e9coupa la plume que son ma\u00eetre (ou p\u00e8re adoptif) posa dessus. Il partit ainsi sur son cheval blanc \u00e0 la recherche du ch\u00e2teau de la belle Krimhield dont les forgerons lui avaient parl\u00e9. En chemin, il se retrouve nez \u00e0 nez avec un dragon qui habitait dans la for\u00eat. Apr\u00e8s un f\u00e9roce combat, Siegfried tua le dragon et se baigna dans son sang sur la recommandation d&rsquo;un oiseau qui regardait la sc\u00e8ne. Bien lui en prit, car ce sang lui conf\u00e9ra l&rsquo;invuln\u00e9rabilit\u00e9. Cependant, une feuille de tilleul se posa sur son \u00e9paule lors de son bain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Puis, Siegfried reprit son chemin et rencontra le roi des Nibelungen. Il devint, gr\u00e2ce \u00e0 cette rencontre, le possesseur du tr\u00e9sor des nibelungen et prit au roi son heaume magique qui avait le pouvoir de rendre invisible et de permettre \u00e0 son propri\u00e9taire toutes les m\u00e9tamorphoses. Devenu un prince riche et ayant une multitude de vassaux sous ses ordres, Siegfried arriva au ch\u00e2teau qu&rsquo;habitait la princesse Krimhield. Cependant, lorsque le h\u00e9ros demanda la main de la princesse, son fr\u00e8re, le roi Gunther, lui posa une condition : le jeune prince devait d&rsquo;abord lui permettre d&rsquo;obtenir la main de la princesse Brunehild. Cette farouche princesse avait jur\u00e9 n&rsquo;\u00e9pouser que l&rsquo;homme qui r\u00e9ussirait \u00e0 la battre \u00e0 trois \u00e9preuves : le lancer de pierre, le saut en longueur, et le lancer de javelot. Siegfried, gr\u00e2ce \u00e0 son heaume d&rsquo;invisibilit\u00e9, permit au roi de vaincre la princesse et de l&rsquo;\u00e9pouser. Un double mariage fut alors c\u00e9l\u00e9br\u00e9. N\u00e9anmoins, des disputes inspir\u00e9es par la jalousie de Brunehild \u00e9clat\u00e8rent tr\u00e8s vite entre les deux \u00e9pouses, et la v\u00e9rit\u00e9 fut d\u00e9voil\u00e9e au grand jour. Furieuse d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 dup\u00e9e, Brunehild voulut se venger et exigea la mort de Siegfried. Sous l&rsquo;ordre du roi, Hagen de Tronje, sa main droite, assassina Siegfried en lui enfon\u00e7ant une lance \u00e0 l&rsquo;endroit o\u00f9 la feuille de tilleul s&rsquo;\u00e9tait pos\u00e9e. Folle de d\u00e9sespoir, la princesse Kriemhield jura de se venger de Hagen de Tronje. Sa vengeance est pr\u00e9sent\u00e9e dans le deuxi\u00e8me film, faisant appara\u00eetre par ailleurs le chef des Huns, le grand Attila, mythifi\u00e9 de fa\u00e7on symblolique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le film de Fritz Lang s&rsquo;attache surtout aux d\u00e9tails : il se rattache en effet plus \u00e0 l&rsquo;art de la photographie qu&rsquo;aux films d&rsquo;action. De gros plans sur les visages sont effectu\u00e9s mettant en valeur leurs expressions d&rsquo;effroi, de surprise, de col\u00e8re&#8230; Les yeux \u00e9carquill\u00e9s des personnages sont frappants par les sentiments profonds et tragiques qu&rsquo;ils expriment. L&rsquo;absence de paroles nous permet d&rsquo;accentuer notre attention sur le jeu th\u00e9\u00e2tral des personnages. Pourtant, il est int\u00e9ressant de noter que malgr\u00e9 la contrainte du son, les personnages sont tout de<br \/>\nm\u00eame film\u00e9s en train de parler entre eux m\u00eame si le spectateur n&rsquo;entend rien. Ce n&rsquo;est que gr\u00e2ce \u00e0 quelques ellipses pr\u00e9sentant les dialogues \u00e9crits que l&rsquo;on peu suivre l&rsquo;avancement des discours. De m\u00eame, la pr\u00e9sentation des d\u00e9cors est tr\u00e8s soign\u00e9e. Nous sommes en face de magnifique paysages montagneux, de ch\u00e2teaux imposants ou de for\u00eats inqui\u00e9tantes&#8230; Malgr\u00e9 l&rsquo;absence d&rsquo;effets sp\u00e9ciaux, le spectateur est plong\u00e9 dans l&rsquo;action et ne peut s&#8217;emp\u00eacher de se mettre \u00e0 la place des personnages. L&rsquo;apparition du dragon par exemple, qui est sans doute fait de paille et autres mat\u00e9riaux semble assez r\u00e9aliste dans ses d\u00e9placements et ses crachements de flamme. De m\u00eame, l&rsquo;absence de couleurs ne pose pas de probl\u00e8mes gr\u00e2ce aux nuances fines du sepia et au soin apport\u00e9 \u00e0 la technique de la camera. Tandis que le film se d\u00e9roulait sous nos yeux de spectateurs, Jean-Fran\u00e7ois Zygel \u00e9tait assis \u00e0 son piano sur l&rsquo;avant gauche de la sc\u00e8ne. La premi\u00e8re question que je me suis pos\u00e9e fut : sa mise en musique sera-t-elle une composition ou une improvisation ? A priori, la r\u00e9ponse est la seconde : aucune partition n&rsquo;\u00e9tait en effet pos\u00e9e sur le pupitre ; chacun des films durant 2 heures, il aurait \u00e9t\u00e9 \u00e9tonnant qu&rsquo;il m\u00e9morise tout le contenu, fut-il \u00e9crit de sa main. Cependant, sa performance s&rsquo;accordait tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment avec les images qui d\u00e9filaient , ce qui implique une planification oblig\u00e9e du style abord\u00e9 et de l&rsquo;ambiance voulue pour chaque sc\u00e8ne. Lors de l&rsquo;apparition de l&rsquo;oiseau par exemple, le style de Messiaen utilis\u00e9 pour son catalogue d&rsquo;oiseau fut clairement mis en \u00e9vidence. Puis, lors du mariage, une \u00e9criture tr\u00e8s verticale symbolisant le domaine du sacr\u00e9 fut exploit\u00e9e par Zygel. Cependant, l&rsquo;ambiance g\u00e9n\u00e9rale de la musique \u00e9tait sombre et troubl\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;utilisation du registre grave du piano noy\u00e9 dans la p\u00e9dales, ainsi que de tremolos expressifs. Ma premi\u00e8re pens\u00e9e pour cette adaptation du film de Fritz Lang fut : Wagner sera-t-il mis \u00e0 l&rsquo;honneur ? En effet, pour un amateur de musique, les nibelungen rappellent imm\u00e9diatement la tr\u00e8s c\u00e9l\u00e8bre tetralogie de Wagner. Je connaissais Zygel pour ces \u00e9missions de vulgarisation musicale o\u00f9 il d\u00e9montra \u00e0 plus d&rsquo;une occasion son talent d&rsquo;improvisateur. Une de ces \u00e9missions fut, entre autres, attribu\u00e9e \u00e0 la musique de film. Je fus ainsi agr\u00e9ablement surprise de son adaptation du film : en effet, ce fut une mise en musique tr\u00e8s personnelle et en parfaite correspondance avec ce que nous inspire les images fortes que nous pr\u00e9sente le r\u00e9alisateur.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Oph\u00e9lie Lacondemine<\/h6>\n<hr \/>\n<p>Je suis all\u00e9 voir Die Nibelungen, un film allemand datant de 1924 par Fritz Lang. Ce spectacle est sp\u00e9cial car il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;un cin\u00e9 concert dans le Th\u00e9\u00e2tre du Ch\u00e2telet, la musique est interpr\u00e9t\u00e9e par le c\u00e9l\u00e8bre Jean \u2013 Fran\u00e7ois Zygel, un pianiste de talent. Pourquoi vouloir r\u00e9interpr\u00e9ter un tel chef d\u2019\u0153uvre qui n&rsquo;a plus ses preuves \u00e0 faire\u00a0? Zygel l&rsquo;explique lui m\u00eame d\u00e8s le d\u00e9but du spectacle\u00a0: 20 ans plus t\u00f4t il est all\u00e9 voir lui m\u00eame Die Nibelungen, et bien qu&rsquo;il ai beaucoup aim\u00e9 le film, la musique beaucoup moins \u00e0 son grand \u00e9tonnement. Ce qui est dommage, car dans un film muet la musique \u00e0 d&rsquo;autant plus d&rsquo;importance. Il d\u00e9cide donc de composer lui m\u00eame la musique, en fonction de ce qu&rsquo;il ressent \u00e0 chaque passage, et le moins que l&rsquo;on puisse dire, c&rsquo;est que c&rsquo;est une r\u00e9ussite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Die Nibelungen est une t\u00e9tralogie de films allemand, mais ce dimanche seuls deux \u00e9taient pr\u00e9sent\u00e9s\u00a0: <em>La mort de Siegfried<\/em> et <em>La vengeance de Kriemhild<\/em>. Siegfried et le fils du roi Siegmund, l&rsquo;histoire pour nous commence \u00e0 la fin de son apprentissage avec des \u00eatres de petites tailles, il y forgent une \u00e9p\u00e9e fort coupante, lui permettant par cons\u00e9quent de rentrer chez lui. Cependant, Siegfried est bien plus ambitieux et il d\u00e9cide de se rendre \u00e0 Worms ou r\u00e9side le roi Gunther afin d&rsquo;y \u00e9pouser la s\u0153ur de ce dernier, Kriemhild. Sur le chemin de Worms il tue un dragon et se baigne dans la rivi\u00e8re macul\u00e9e du sang de la mythique cr\u00e9ature, le rendant invuln\u00e9rable except\u00e9 sur une partie de son dos, car l&rsquo;eau ne l&rsquo;a pas touch\u00e9 \u00e0 cet endroit en raison d&rsquo;une feuille de tilleul qui se pose sur son dos, ce qui n&rsquo;est pas sans rappeler la l\u00e9gende d&rsquo;Achille. Toujours sur le chemin, il croise un Nibelungen qui tente de le tuer, il le vainc et ce dernier l&#8217;emm\u00e8ne aupr\u00e8s du tr\u00e9sor des Nibelungen, mais il tente \u00e0 nouveau de le tuer, Siegfried l&rsquo;ach\u00e8ve donc et s&#8217;empare du tr\u00e9sor faisant de lui un puissant roi, ayant m\u00eame d&rsquo;autres roi pour vassal. C&rsquo;est donc plus fort que jamais qu&rsquo;il se retrouve \u00e0 Worms, mais Gunther refuse de c\u00e9der sa s\u0153ur sans contrepartie et passe un march\u00e9 avec Siegfried\u00a0: S&rsquo;il l&rsquo;aide \u00e0 s\u00e9duire la Reine D\u2019Islande, Brunhild, il aura sa s\u0153ur. Apr\u00e8s y \u00eatre parvenu, il \u00e9pouse Kriemhild, et Gunther \u00e9pouse Brunhild. Gunther fini par trahir Siegfried et l&rsquo;assassine par l&rsquo;interm\u00e9diaire de son vassal Hagen de Tronje, Kriemhild jure de se venger.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour se faire, et l\u00e0 commence le deuxi\u00e8me volet, elle \u00e9pouse le roi des Huns, donnent naissance \u00e0 leur enfant et fait venir son fr\u00e8re ainsi qu&rsquo;Hagen pour f\u00eater l\u2019\u00e9v\u00e9nement et fera tout pour retrouver le tr\u00e9sor des Nibelung, et tuer celui qui lui enleva son mari.<\/p>\n<p>Pour ce qui est de la repr\u00e9sentation en elle m\u00eame, Zygel s&rsquo;installe sur un tr\u00e8s beau piano \u00e0 queue et nous r\u00e9gale d&rsquo;une interpr\u00e9tation de grande qualit\u00e9 et tr\u00e8s personnelle, ce \u00e0 quoi on pouvait forc\u00e9ment s&rsquo;attendre de sa part. Je ne suis personnellement pas musicien, et je ne connaissait pas les Nibelungen, mais j&rsquo;ai r\u00e9ellement ador\u00e9 cet interpr\u00e9tation\u00a0: Zygel pince ses cordes, \u00e9touffe les sons, imite le chant des oiseaux, augmente et abaisse le rythme \u00e0 volont\u00e9 \u2026 on en oublie presque qu&rsquo;il est l\u00e0 tant c&rsquo;est bien fait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En bref, qui que vous soyez, n&rsquo;h\u00e9sitez pas \u00e0 regarder les Nibelungen, c&rsquo;est un magnifique chef d\u2019\u0153uvre et intemporel qui plus est, j&rsquo;\u00e9tais pas sp\u00e9cialement convaincu et finalement j&rsquo;ai beaucoup aim\u00e9, l&rsquo;interpr\u00e9tation au piano est un plus forc\u00e9ment, mais cela n&rsquo;en reste pas moins du grand cin\u00e9ma.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Merci \u00e0 la Sorbonne et tout particuli\u00e8rement au service culturel pour cet instant.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Axel Ranger<\/h6>\n<pre style=\"text-align: justify;\">Photo : Fritz Lang<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Cin\u00e9-concert | Th\u00e9\u00e2tre du Ch\u00e2telet | En savoir plus Au summum de la virtuosit\u00e9, au comble de l\u2019art, le cin\u00e9-concert Die Nibelungun n\u2019a pas laiss\u00e9 quiconque indiff\u00e9rent. 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