{"id":8204,"date":"2017-01-13T20:00:19","date_gmt":"2017-01-13T19:00:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=8204"},"modified":"2017-01-13T20:00:19","modified_gmt":"2017-01-13T19:00:19","slug":"a-vif","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=8204","title":{"rendered":"A vif"},"content":{"rendered":"<p>Th\u00e9\u00e2tre | Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point | <a href=\"http:\/\/www.theatredurondpoint.fr\/spectacle\/a-vif-2\/#\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est \u00e0 un v\u00e9ritable hymne aux \u00ab\u00a0Deux France\u00a0\u00bb de 1h15 auquel j\u2019ai assist\u00e9e, l\u00e0, au Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point, en plein c\u0153ur du quartier des Champs-\u00c9lys\u00e9es, ce Vendredi 13 Janvier. \u00ab\u00a0A vif\u00a0\u00bb est le spectacle que Kery James, rappeur de textes conscients et horriblement actuels, a eu l\u2019id\u00e9e de cr\u00e9er. Mis en sc\u00e8ne par Jean-Pierre Baro, Kery James monte lui-m\u00eame sur la sc\u00e8ne, accompagn\u00e9 de Yannik Landrein. La pi\u00e8ce se d\u00e9compose en plusieurs parties, mais tourne toujours autour de la m\u00eame question\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019\u00c9tat est-il seul responsable de la situation actuelle des banlieues\u00a0?\u00a0\u00bb. Kery James joue le r\u00f4le de Soulaymaan, un jeune issu de ces m\u00eames banlieues qui a r\u00e9ussi \u00e0 gravir l\u2019\u00e9chelle sociale, et Yannik Landrein, Yann, un autre jeune issu d\u2019une famille plut\u00f4t ais\u00e9e des beaux quartiers de Paris. Tous les deux sont \u00e9l\u00e8ves \u00e0 l\u2019\u00c9cole des avocats du barreau de Paris, et ce soir est venu le temps de la finale de la petite conf\u00e9rence. Soulaymann r\u00e9pond \u00e0 la question par la n\u00e9gative, et Yann y r\u00e9pond par l\u2019affirmative.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il n\u2019y avait ce soir que deux acteurs sur la sc\u00e8ne. Pourtant, d\u00e8s les premiers instants, nous nous rendons compte, nous, les 746 spectateurs de la salle comble de Renaud-Barrault, que nous faisons partie int\u00e9grante de la pi\u00e8ce. Nous sommes les jur\u00e9s, ceux qui ont la lourde t\u00e2che de d\u00e9partager ces deux brillants \u00e9l\u00e8ves qui se livrent \u00e0 une v\u00e9ritable joute verbale. Les deux acteurs se jouent des caricatures, bouleversant les codes. Kery James articule chaque syllabe. Il p\u00e8se ses mots dans le but de les faire r\u00e9sonner. L\u2019un se trouve dans un coin de la sc\u00e8ne, l\u2019autre lui fait face de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, avec pour seul support deux pupitres et un tr\u00e8s large bureau. Peut-\u00eatre est-ce le seul b\u00e9mol. Concentr\u00e9 sur la gestuelle de l\u2019un des acteurs, il m\u2019\u00e9tait difficile de regarder en m\u00eame temps la posture de l\u2019autre. Mais, leur discours est accentu\u00e9 de nombreuses pointes d\u2019humour dans le but d\u2019attirer l\u2019attention et de persuader l\u2019ensemble du public, qui repr\u00e9sentait ce soir-l\u00e0 une magnifique diversit\u00e9, co\u00efncidant parfaitement avec le fond du texte. On passe de l\u2019humour \u00e0 la po\u00e9sie, tout en abordant des sujets graves\u00a0: le pass\u00e9 colonial de la France, l\u2019\u00e9ducation et l\u2019enseignement dans les banlieues avec \u00e0 l\u2019appui de v\u00e9ritables chiffres, le racisme, les halls d\u2019entr\u00e9e des HLM. De plus, les transitions sont parfois abstraites, laissant place \u00e0 l\u2019imagination du spectateur \u00e0 travers des images d\u2019immeubles, de m\u00e9tros, de trains, de mouvements d\u2019hommes, qui s\u2019animent en fond. On assiste \u00e0 des r\u00e9trospectives, allant de la r\u00e9alit\u00e9 familiale aux pr\u00e9jug\u00e9s qui nous poursuivent tous, finement ancr\u00e9es dans le d\u00e9bat. Puis, parfois, les mots se transforment en po\u00e9sie, les voix s\u2019\u00e9l\u00e8vent. Les rires se taisent. C\u2019est la r\u00e9alit\u00e9 des textes qui nous fige. La pi\u00e8ce se termine\u00a0: \u00ab\u00a0Est-ce que les Fran\u00e7ais ont les dirigeants politiques qu\u2019ils m\u00e9ritent\u00a0?\u00a0\u00bb. Lettre \u00e0 la R\u00e9publique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Kery James n\u2019a pas eu la pr\u00e9tention de changer les m\u0153urs, mais plut\u00f4t celle de cr\u00e9er un dialogue. L\u2019ovation re\u00e7u par les deux acteurs t\u00e9moigne de leur r\u00e9ussite. C\u2019est surtout la r\u00e9alit\u00e9 de leurs textes, terriblement actuels qui font de cette pi\u00e8ce un succ\u00e8s. En terminant la pi\u00e8ce par une autre question, c\u2019est la volont\u00e9 de r\u00e9flexions et d\u2019\u00e9changes qui s\u2019est av\u00e9r\u00e9e \u00eatre le but de la repr\u00e9sentation.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Marie Auberger<\/h6>\n<hr \/>\n<p class=\"Corps\" style=\"text-align: justify; text-justify: inter-ideograph;\">Spectateurs d\u2019une joute oratoire. C\u2019est exactement l\u2019impression que l\u2019on ressent lorsqu\u2019on sort du Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point.<\/p>\n<p class=\"Corps\" style=\"text-align: justify; text-justify: inter-ideograph;\">On assiste \u00e0 la finale de la petite Conf\u00e9rence, le grand concours d\u2019\u00e9loquence de la prestigieuse \u00e9cole du Barreau de Paris. Prenez place dans l\u2019amphi. \u00c0 droite, Soulaymaan, camp\u00e9 par Kery James. \u00c0 gauche, Yann. Entre leurs deux pupitres, un tableau blanc. Le sujet s\u2019affiche : L\u2019\u00c9tat est-il le seul responsable de la situation des banlieues ?<\/p>\n<p class=\"Corps\" style=\"text-align: justify; text-justify: inter-ideograph;\">La question est volontairement clivante. Premi\u00e8re surprise : c\u2019est Yann, fils de tr\u00e8s bonne famille, qui soutiendra que oui, l\u2019\u00c9tat est le seul responsable. Et c\u2019est l\u2019enfant des banlieues qui soutiendra que non, les individus ont leur part \u00e0 jouer dans ce chaos urbain. Envol\u00e9s, les st\u00e9r\u00e9otypes. Gouailleur, Soulaymaan &#8211; enfin, plut\u00f4t Kery James &#8211; emporte rapidement l\u2019adh\u00e9sion du public. Et la joute peut d\u00e9buter sous les yeux des spectateurs-juges. Chahut\u00e9s, bringuebal\u00e9s, p\u00e9tris de certitudes imm\u00e9diatement d\u00e9truites par l\u2019argumentaire oppos\u00e9.<\/p>\n<p class=\"Corps\" style=\"text-align: justify; text-justify: inter-ideograph;\">Car les fronti\u00e8res entre fiction et r\u00e9alit\u00e9 ne feront que se croiser, s\u2019effacer et se d\u00e9placer tout au long de la pi\u00e8ce. Acteurs ou r\u00e9els avocats de leur cause ? Les deux personnages se battent pour gagner l\u2019adh\u00e9sion du public, rebondissent et usent tous les recours rh\u00e9toriques : po\u00e9sie, com\u00e9die, drame, conte philosophique\u2026Tous les genres se succ\u00e8dent sans transition pour d\u00e9peindre le r\u00e9el, on est transport\u00e9s d\u2019une \u00e9motion \u00e0 l\u2019autre sans parvenir \u00e0 se fixer d\u00e9finitivement sur un argumentaire. On accuse l\u2019\u00c9tat puis on prend la r\u00e9ussite de Soulaymaan en exemple : mais oui, serait-ce la faute des individus ? Non, chassons vite ces st\u00e9r\u00e9otypes faciles ! Oui, l\u2019\u00c9tat est partiellement responsable dans la pr\u00e9carisation et de la violence des banlieues. Les chiffres sont l\u00e0, le cercle vicieux est d\u00e9crypt\u00e9, analys\u00e9 avec \u00e9rudition. Mais certains r\u00e9ussissent malgr\u00e9 toutes ces barri\u00e8res\u2026 En m\u00eame qu\u2019on est outrag\u00e9s qu\u2019un fils de banlieue en vienne \u00e0 pointer la responsabilit\u00e9 de ses anciens \u00ab\u00a0fr\u00e8res\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"Corps\" style=\"text-align: justify; text-justify: inter-ideograph;\">La fronti\u00e8re redevient poreuse : chacun est responsable de ses choix car on a toujours le choix. Soulaymaan, pour sa pers\u00e9v\u00e9rance, son effort constant. Yann, pour la facilit\u00e9, la grande carri\u00e8re, l\u2019altruisme. Le public, inactif, seulement spectateur. Et celui, actuel, que doit faire le petit fr\u00e8re de Soulaymaan : le monde de l\u2019argent facile, de la violence ou du travail et de la r\u00e9compense ?<\/p>\n<p class=\"Corps\" style=\"text-align: justify; text-justify: inter-ideograph;\">La plaidoirie devient magistrale quand les envol\u00e9es se font rythm\u00e9es, pr\u00e9cises, fortes d\u2019images et le rap embrasse toute sa dimension po\u00e9tique.<\/p>\n<p class=\"Corps\" style=\"text-align: justify; text-justify: inter-ideograph;\">La r\u00e9sonance avec l\u2019actualit\u00e9 est \u00e9vidente, dans cette course finale vers la pr\u00e9sidentielle : ce sont ces \u00ab\u00a0deux France\u00a0\u00bb dont on nous parle, ces deux sph\u00e8res, soit disant incompatibles, qui se croisent pourtant : Soulaymaan raconte la premi\u00e8re rencontre entre ces deux apprentis avocats, lorsque l\u2019un, aiguill\u00e9 par cet \u00ab\u00a0autre\u00a0\u00bb venu d\u2019un monde inconnu et dangereux, demande \u00e0 \u00ab\u00a0l\u2019autre\u00a0\u00bb s\u2019il n\u2019aurait pas \u00ab\u00a0un plan\u00a0\u00bb &#8211; entendez de la drogue\u00a0&#8211; pour lui, qui peut payer. C\u2019est une fracture jamais referm\u00e9e et dont la violence emporte la joute, en m\u00eame temps que le spectateur. Le d\u00e9bat s\u2019enflamme alors qu\u2019on se chambrait gentiment quelques secondes avant. Et p\u00e9trifi\u00e9s, on ne peut que constater l\u2019ampleur de cette fracture.<\/p>\n<p class=\"Corps\" style=\"text-align: justify; text-justify: inter-ideograph;\">Pour Soulaymaan, l\u2019enjeu est l\u2019illustration de ce que Kennedy disait : \u00ab\u00a0ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays.\u00a0\u00bb C\u2019est donc une tribune vibrante pour l\u2019engagement \u00e0 petite \u00e9chelle, contre l\u2019assistanat ou \u00ab\u00a0la soci\u00e9t\u00e9 du farniente\u00a0\u00bb, comme dirait l\u2019autre.<\/p>\n<p class=\"Corps\" style=\"text-align: justify; text-justify: inter-ideograph;\">Qui gouverne qui ? Qui repr\u00e9sente qui ? Qui est responsable pour qui ? Autant de questions dont la seule solution pour les protagonistes parait \u00e9vidente : si vous n\u2019\u00eates pas d\u2019accord, si la situation actuelle vous r\u00e9volte, faites le savoir. Vous \u00eates l\u2019\u00c9tat, vous pouvez prendre des d\u00e9cisions et changer votre quotidien. Vous \u00eates libres et responsables, vous avez des droits et des devoirs, comme votre voisin.<\/p>\n<p class=\"Corps\" style=\"text-align: justify; text-justify: inter-ideograph;\">Secou\u00e9s dans nos convictions, enfonc\u00e9s dans nos fauteuils, on \u00e9merge, lessiv\u00e9s par l\u2019argumentaire et par le jeu de sc\u00e8ne. Final. Un panneau tombe. Marianne en deuil. Et la voix de Kery James qui entame une Lettre \u00e0 la R\u00e9publique, bouleversante. Si ancr\u00e9e dans le pr\u00e9sent, dans l\u2019actualit\u00e9 qui nous rattrape, une fois sortis et les notifications qui se succ\u00e8dent imm\u00e9diatement sur nos smartphones. Un plaidoyer pour l\u2019action collective, politique et imm\u00e9diate.<\/p>\n<h6 class=\"Corps\" style=\"text-align: right;\">Marion Bothorel<\/h6>\n<hr \/>\n<p class=\"Corps\" style=\"text-align: justify; text-justify: inter-ideograph;\">Le c\u00e9l\u00e8bre rapeur et po\u00e8te Kery James et Yannick Landrein pr\u00e9sentaient leur spectacle \u00ab\u00a0A vif\u00a0\u00bb, mis en sc\u00e8ne par Jean Pierre Baro, au th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point bien connu pour ses programmations jeunes et contemporaines.<\/p>\n<p class=\"Corps\" style=\"text-align: justify; text-justify: inter-ideograph;\">La pi\u00e8ce s&rsquo;attaque au sujet brulant des banlieues fran\u00e7aises. Les deux acteurs jouent deux jeunes avocats s&rsquo;affrontant lors d&rsquo;un concours de magistrature dont le sujet est : \u00ab\u00a0L\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais est-il responsable de la situation actuelle des banlieues?\u00a0\u00bb. Avec audace et malice, Kery James, qui a grandi en banlieue pr\u00e8s d&rsquo;Orly, se charge de r\u00e9futer la th\u00e8se d&rsquo;une responsabilit\u00e9 du gouvernement.<\/p>\n<p class=\"Corps\" style=\"text-align: justify; text-justify: inter-ideograph;\">On se sent tr\u00e8s vite absorb\u00e9 par le duel qui oppose les deux acteurs. Le metteur en sc\u00e8ne use de tr\u00e8s peu d&rsquo;artifice, laissant les acteurs soutenir pleinement la pi\u00e8ce. Si aucune r\u00e9ponse franche n&rsquo;est \u00e9videmment pas apport\u00e9e \u00e0 la question pos\u00e9e par le concours d&rsquo;\u00e9loquence, on voit se d\u00e9cliner, au fur et \u00e0 mesure que les deux avocats avancent leurs arguments, plusieurs id\u00e9es assez lumineuses. Le propos avance ainsi, en essayant d&rsquo;apporter plusieurs \u00e9clairages diff\u00e9rents sur cette question majeure mais en ne satisfaisant jamais de ce qui a pu \u00eatre dit et en cherchant en permanence \u00e0 aller plus loin dans l&rsquo;analyse et la probl\u00e9matisation, en d\u00e9pla\u00e7ant souvent les positions.<\/p>\n<p class=\"Corps\" style=\"text-align: justify; text-justify: inter-ideograph;\">En filigrane on voit aussi un appel lanc\u00e9 par les deux acteurs \u00e0 la jeunesse pour la pousser \u00e0 se prendre en main, sans attendre une aide venu d&rsquo;en haut.<\/p>\n<h6 class=\"Corps\" style=\"text-align: right;\">Paul Facomprez<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">La salle se remplit peu \u00e0 peu. \u00c9clectique. Si on s\u2019attend en effet \u00e0 un nombre cons\u00e9quent de jeunes \u00e9tudiants \u2013 Kery James oblige \u2013 le plus \u00e9tonnant est certainement de voir un bon nombre d\u2019habitu\u00e9s du th\u00e9\u00e2tre, plus \u00e2g\u00e9s, plus matures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>A Vif<\/em> au th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point n\u2019est pas vraiment du th\u00e9\u00e2tre. La pi\u00e8ce \u00e9crite par Kery James, un rappeur encore reconnu, adepte du \u00ab\u00a0rap conscient\u00a0\u00bb tient davantage du one-man show \u00e0 deux qu\u2019\u00e0 ce qu\u2019on appelle aujourd\u2019hui du \u00ab\u00a0th\u00e9\u00e2tre\u00a0\u00bb. Pas ou peu d\u2019action, d\u00e9cors au m\u00eame niveau, nous sommes au seuil d\u2019une tradition th\u00e9\u00e2trale populaire et politique dans laquelle affleure une forme peut-\u00eatre plus adapt\u00e9e au public d\u2019aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout se passe lors d\u2019un concours d\u2019\u00e9loquence en \u00e9cole de droit. Sujet\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019\u00c9tat est-il seul responsable de la situation des banlieues\u00a0\u00bb. Deux com\u00e9diens pour deux r\u00e9ponses\u00a0: Yannick Landrein d\u00e9fend la positive, Kery James d\u00e9fend la n\u00e9gative. Un blanc \u00ab\u00a0Yann\u00a0\u00bb, un noir \u00ab\u00a0Soulayman\u00bb. Le choix est d\u00e9j\u00e0 particulier. La sc\u00e8ne est presque vide, \u00e0 l\u2019image d\u2019un espace de conf\u00e9rence\u00a0: deux tables, deux chaises, un \u00e9cran. La parole est au d\u00e9bat\u00a0: les jeunes des banlieues \u2013 puisque c\u2019est d\u2019eux qu\u2019il est question \u2013 se \u00ab\u00a0gargarise[raient] de libert\u00e9\u00a0\u00bb alors que l\u2019\u00c9tat serait \u00ab\u00a0affam\u00e9 de responsabilit\u00e9\u2026 ou de pouvoir\u00a0\u00bb. Tant de traits d\u2019esprit, de r\u00e9parties, qui \u00e9voquent de nombreux probl\u00e8mes actuels. La salle rit. A des moments on reconna\u00eet l\u2019ambiance de ces \u00ab\u00a0<em>Rap Contenders\u00a0<\/em>\u00bb, h\u00e9ritier modernes des concours d\u2019\u00e9loquence, avec plus de rythme, de po\u00e9sie aussi, le go\u00fbt des banlieues.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est des moments aussi o\u00f9 la salle se tait, grave, \u00e0 l\u2019\u00e9coute. Les jeunes certainement plus que les autres sont concern\u00e9s\u00a0: Soulayman\/Kery est en train de rappeler qu\u2019ils sont responsables de leur comportement, qu\u2019ils ne sont pas victimes de leur situation et qu\u2019ils doivent se prendre en main, pour leur dignit\u00e9 propre. Soulayman est en \u00e9cole de droit, il est noir, il est l\u2019exemple m\u00eame de cette possibilit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La salle fait silence encore quand Yann rappelle que c\u2019est l\u2019\u00c9tat qui parque \u00ab\u00a0les jeunes des banlieues\u00a0\u00bb, que c\u2019est lui qui est \u00e0 l\u2019origine d\u2019une situation pareille et que, chiffres \u00e0 la main (en 2012, malgr\u00e9 quatre milles nouveaux \u00e9l\u00e8ves \u00e0 l\u2019acad\u00e9mie de Cr\u00e9teil, des postes de professeurs ont \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9s)\u00a0 il ne fait rien pour en sortir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0La R\u00e9publique devrait-elle offrir des opportunit\u00e9s seulement aux exceptions\u00a0?\u00a0\u00bb Parce que Soulayman Traor\u00e9 est une exception \u00e0 l\u2019\u00e9cole de droit il n\u2019a pas valeur d\u2019exemple, au contraire. Il n\u2019est qu\u2019une nouvelle preuve d\u2019un syst\u00e8me d\u2019\u00e9limination par le faci\u00e8s et l\u2019origine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La salle reste muette, enfin, quand Kery se met \u00e0 rapper. Sa plaidoirie d\u00e9j\u00e0 faisait entendre ces accents, cette fa\u00e7on de marquer les mots, de faire entendre cette nouvelle <em>Lettre \u00e0 la R\u00e9publique \u2013<\/em> <em>\u00a0<\/em>son \u00ab\u00a0<em>flow\u00a0<\/em>\u00bb comme on dit \u2013 mais quand il sort de son r\u00f4le, qu\u2019il reprend sa place de rappeur, nous sommes simplement port\u00e9s ailleurs. Alors on comprend. Sur un fond de <em>Libert\u00e9 guidant le peuple<\/em>, Kery cherche \u00e0 nous rassembler. Il cherche \u00e0 se faire rencontrer ces \u00ab\u00a0deux France\u00a0\u00bb, les habitu\u00e9s du th\u00e9\u00e2tre et les jeunes des banlieues. Il cherche \u00e0 leur faire prendre conscience non pas seulement de toutes les difficult\u00e9s auxquelles ils doivent encore se confronter,\u00a0 mais d\u00e9j\u00e0 de la possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9changer dans un milieu commun, un milieu \u00e9clectique, un milieu de tol\u00e9rance perp\u00e9tuelle, celui du th\u00e9\u00e2tre. S\u2019\u00a0\u00abil est difficile d\u2019\u00e9chapper aux histoires\u00a0\u00bb, on nous apprend pourtant ici qu\u2019on peut choisir la n\u00f4tre.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Tristan Gauberti<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">En arrivant Salle Renaud-Barrault au Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point ce vendredi soir de janvier, on remarque tout de suite une ambiance particuli\u00e8re. Il y a ceux qui ont l\u2019habitude d\u2019aller au th\u00e9\u00e2tre et ceux qui sans doute ne connaissent pas tr\u00e8s bien le fonctionnement. On comprend alors que ce spectacle risque d\u2019\u00eatre exceptionnel. Kery James signe en effet une \u0153uvre engag\u00e9e comme \u00e0 son habitude, mise en sc\u00e8ne par Jean-Pierre Baro. Il s\u2019agit \u00e0 la fois d\u2019une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre et d\u2019une joute verbale, o\u00f9 les deux acteurs dans le r\u00f4le d\u2019avocats doivent chacun r\u00e9aliser une plaidoirie en r\u00e9pondant \u00e0 la question \u00ab\u00a0L\u2019Etat est-il le seul responsable de la situation des banlieues\u00a0?\u00a0\u00bb. Le ton est donn\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les discours se succ\u00e8dent, il s\u2019agit de convaincre, de persuader l\u2019affirmative et la n\u00e9gative \u00e0 cette interrogation. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, un jeune homme blanc nouvellement promu avocat, et de l\u2019autre, Soulaymaan Traor\u00e9 jou\u00e9 par Kery James. Ce nom r\u00e9sonne comme un d\u00e9fi, ce qui est soulign\u00e9 par le nombre de fois qu\u2019il est prononc\u00e9 pendant le spectacle parfois jusqu\u2019\u00e0 mettre mal \u00e0 l\u2019aise. Encore une preuve de l\u2019engagement de Kery James et du message qu\u2019il veut faire passer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ils s\u2019adressent tour \u00e0 tour \u00e0 l\u2019audience, interpell\u00e9e comme une assembl\u00e9e de jur\u00e9s mais au fur et \u00e0 mesure, ce sont le spectateur pr\u00e9sent ce soir-l\u00e0 qui est mis face \u00e0 lui-m\u00eame. Le discours passe par-dessus le pr\u00e9texte pour venir atteindre le public dans sa r\u00e9flexion et sa vision du monde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourtant ce n\u2019est pas une ambiance lourde qui prend la salle, des moments de rire montrent l\u2019absurdit\u00e9 d\u2019un fonctionnement du \u00ab\u00a0syst\u00e8me\u00a0\u00bb comme on l\u2019appelle de deux France qui ne se connaissent pas et ne savent pas communiquer. Et finalement, on se rend compte que ce qui est important ce n\u2019est pas savoir qui est responsable mais bien ce qu\u2019on peut faire pour am\u00e9liorer la situation, l\u00e0 est toute la question laiss\u00e9e \u00e0 la r\u00e9flexion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un des moments les plus intenses est celui o\u00f9 jouant avec le son et la lumi\u00e8re est montr\u00e9e une grande toile repr\u00e9sentant La libert\u00e9 guidant le peuple de Delacroix, les ombres se succ\u00e8dent et cet instant est conclu par La Lettre \u00e0 la R\u00e9publique, pol\u00e9mique mais magnifique, qui l\u00e0 encore, fait r\u00e9fl\u00e9chir. En bas de la sc\u00e8ne, face au public Yannick Landrein d\u00e9clame dans un silence respectueux cette lettre avant que les lumi\u00e8res s\u2019\u00e9teignent et que les applaudissements \u00e9clatent et que plus de la moiti\u00e9 de la salle se l\u00e8ve.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un petit b\u00e9mol est \u00e0 noter cependant. La vision donn\u00e9e est parfois trac\u00e9e \u00e0 grands traits, offrant un semblant de caricature qui peut \u00eatre g\u00eanant. Aussi une l\u00e9g\u00e8re faiblesse est-elle \u00e0 d\u00e9plorer de la part de l\u2019acteur qui fait face \u00e0 Kery James, Yannick Landrein, qui fait presque p\u00e2le figure face \u00e0 l\u2019\u00e9loquence et l\u2019intensit\u00e9 de la parole de son adversaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 tout le but est atteint d\u2019enclencher le dialogue entre deux France qui n\u2019ont m\u00eame pas r\u00e9ellement conscience l\u2019une de l\u2019autre et ne se connaissent qu\u2019\u00e0 travers des pr\u00e9jug\u00e9s. Kery James livre ici un spectacle comme on aimerait en voir plus souvent, critique, engag\u00e9, on ne peut que reconna\u00eetre son talent.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Charlotte Geoffray<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pi\u00e8ce <em>\u00c0 Vif <\/em>a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite par le rappeur et auteur Kery James. Mise en sc\u00e8ne par Jean-Pierre Baro, elle est actuellement jou\u00e9e jusqu\u2019au 28 janvier au Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point dans le 8<sup>\u00e8me<\/sup> arrondissement parisien et fait salle comble d\u00e8s le premier soir\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Deux avocats, Yann Jaraudi\u00e8re et Soulaymaan Traor\u00e9, de milieux et parcours diff\u00e9rents, s\u2019affrontent dans un d\u00e9bat lors de la finale de la Petite conf\u00e9rence autour de la question \u00ab\u00a0<em>L\u2019<\/em><em>\u00c9tat est-il le seul responsable de la situation actuelle dans les banlieues fran\u00e7aises\u00a0? \u00bb<\/em>. Les deux concurrents doivent ainsi mettre en avant tout leur talent d\u2019orateur et leur force de persuasion pour remporter l\u2019adh\u00e9sion du public ou plut\u00f4t du jury.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je connaissais Kery James pour ses \u00e9crits, \u00e0 la fois po\u00e9tiques et engag\u00e9s que vous pouvez d\u00e9couvrir ou red\u00e9couvrir dans son livre <em>92-2012. 20 ans d\u2019\u00e9criture<\/em>, et son rap dans lequel il les porte avec un phras\u00e9 percutant, brut et rythm\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sa pi\u00e8ce est dans la m\u00eame veine\u00a0! Pleine d\u2019\u00e9nergie, forte, elle jongle entre les styles, vous faisant vibrer \u00e0 travers un dialogue devenant une v\u00e9ritable joute verbale entre deux \u00ab duellistes\u00a0\u00bb d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 avoir le dernier mot, un d\u00e9bat \u00e0 la fois argument\u00e9 et passionn\u00e9, une v\u00e9ritable performance sc\u00e9nique et oratoire vous secouant entre vid\u00e9os et rap.<\/p>\n<p>Nos deux avocats \u00e9loquents, Yann Jaraudi\u00e8re (interpr\u00e9t\u00e9 par Yannick Landrein) et Soulaymaan Traor\u00e9 (jou\u00e9 par Kery James) d\u00e9fendent avec pertinence et de solides arguments leur position (l\u2019affirmative pour le premier, la n\u00e9gative pour le second). Ils usent tour \u00e0 tour de leur amour des mots, de leur humour, de leur sens de la r\u00e9partie, de leur exp\u00e9rience, de donn\u00e9es, de faits, de repr\u00e9sentations\u2026 Ils renvoient l\u2019un \u00e0 l\u2019autre leurs propres id\u00e9es re\u00e7ues, font face \u00e0 leurs contradictions et s\u2019\u00e9vertuent \u00e0 des volte-face pour rester fermes dans leur position.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0<em>Il y aura des d\u00e9saccords et m\u00eame des r\u00e9actions fortes face \u00e0 cette parole brut et politiquement singuli\u00e8re. Le d\u00e9sir de Kery James est de r\u00e9unir ce qu\u2019il nomme \u2018deux France\u00a0\u2018 qui ne se connaissent pas. J\u2019esp\u00e8re donc avoir dans la salle des spectateurs divers qui partageront un moment et dialogueront, \u00e9motionnellement, ensemble face \u00e0 cette \u0153uvre<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Astrid Marabet<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>A vif<\/em> est un spectacle du rappeur Kery James, mis en sc\u00e8ne par Jean-Pierre Baro au th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point \u00e0 Paris. Deux acteurs se font face dans un d\u00e9cor sobre et \u00e9pur\u00e9 : Kery James lui-m\u00eame et Yannik Landrein.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pi\u00e8ce met en sc\u00e8ne un concours d\u2019\u00e9loquence entre deux avocats. La question lancinante qui fait l\u2019objet du d\u00e9bat et de la pi\u00e8ce est la suivante : \u00ab\u00a0<em>L\u2019Etat est-il le seul responsable de la situation des banlieues?<\/em>\u00a0\u00bb. Kery James joue un jeune avocat, Soulaymann, issu des quartiers d\u00e9favoris\u00e9s : celui-ci plaide pour la n\u00e9gative. Son concurrent quant \u00e0 lui, issu d\u2019un milieu favoris\u00e9, d\u00e9fend l\u2019affirmative. D\u2019embl\u00e9e, la joute oratoire fait s\u2019affronter deux visions antagonistes de la r\u00e9alit\u00e9 mais \u00e9galement deux r\u00e9alit\u00e9s sociales totalement oppos\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Soulaymann, contre toutes attentes, rejette le discours mis\u00e9rabiliste et de victimisation permanente appliqu\u00e9 aux banlieues fran\u00e7aises. L\u2019Etat n\u2019est pas le seule responsable de la situation car \u00eatre gouvern\u00e9 ne signifie pas \u00eatre priv\u00e9 de toute responsabilit\u00e9. C\u2019est un discours d\u2019\u00e9mancipation de la tutelle \u00e9tatique et de prise en main de son destin qu\u2019offre le jeune avocat \u00ab\u00a0black\u00a0\u00bb. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, Yann fustige l\u2019immobilisme et le retrait de l\u2019Etat sur des questions aussi cruciales. La m\u00e9ritocratie n\u2019est pour lui qu\u2019une chim\u00e8re vide de sens. Peu \u00e0 peu, l\u2019affrontement id\u00e9ologique se meut en affrontement social avec ce que cela peut comporter de st\u00e9r\u00e9otypes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La violence des paroles prononc\u00e9es et des situations \u00e9voqu\u00e9es, tout en conf\u00e9rant un r\u00e9alisme cru \u00e0 la pi\u00e8ce, d\u00e9peint une forme de d\u00e9tresse larv\u00e9e des deux c\u00f4t\u00e9s face \u00e0 une situation d\u00e9plorable. La force de la pi\u00e8ce r\u00e9side dans la d\u00e9construction de discours qui tendent \u00e0 enfermer la r\u00e9alit\u00e9 dans des repr\u00e9sentations rigides et st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9es. Le but de la pi\u00e8ce est justement de \u00ab\u00a0<em>construire des ponts\u00a0<\/em>\u00bb selon les mots du rappeur. Le spectateur est amen\u00e9 \u00e0 adh\u00e9rer successivement aux deux visions antagonistes propos\u00e9es. Il s\u2019agit de se d\u00e9faire d\u2019une vision manich\u00e9enne d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 aux multiples facettes et implications pour en accepter la complexit\u00e9 et les incoh\u00e9rences. La fin de la pi\u00e8ce n\u2019a pas pour objectif d\u2019offrir une r\u00e9ponse tranch\u00e9e mais de faire se poursuivre un questionnement social, identitaire, racial etc. pour le moins essentiel. Le spectacle se finit sur une toile de fond avec la Marianne de Delacroix et Yann r\u00e9citant le c\u00e9l\u00e8bre texte du rappeur \u00ab\u00a0<em>Lettre \u00e0 la R\u00e9publique<\/em>\u00a0\u00bb. La pi\u00e8ce se cl\u00f4t magistralement sur cette question laiss\u00e9e en suspens : \u00ab\u00a0<em>Les Fran\u00e7ais ont-ils les dirigeants qu\u2019ils m\u00e9ritent?\u00a0<\/em>\u00bb. Voil\u00e0 de quoi ouvrir autant la r\u00e9flexion que le champ des possibles.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Marianne P\u00e9riquoi-Mac\u00e9<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0L\u2019\u00e9tat est-il seul responsable de l\u2019\u00e9tat actuel des banlieues\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vous aurez un peu plus d\u2019une heure pour disserter sur le sujet avec Kery James et Yannick Landrein au Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point. La mise en sc\u00e8ne simple et percutante de Jean-Pierre Baro se met au service de l\u2019\u00e9loquence, et ainsi, permet aux textes de Kery James de se parer de nuances et d\u2019une argumentation subtile.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est un public aussi diversifi\u00e9 qui a assist\u00e9 \u00e0 une joute verbale presque ininterrompue des deux acteurs. Il est clair qu\u2019ici, le but est de d\u00e9livrer un maximum d\u2019id\u00e9es pertinentes et de les confronter. Les plaidoiries s\u2019ex\u00e9cutent avec une vigueur toute cyranesque et non sans humour. Le support vid\u00e9o et la voix off sont utilis\u00e9s en introduction et en interlude. Cela permet de traiter le sujet de fa\u00e7on plus po\u00e9tique et personnelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019argumentation ne c\u00e8de aucun point \u00e0 la doxa et ne se sert des clich\u00e9s que pour provoquer le rire et d\u00e9noncer les jugements h\u00e2tifs. Il est r\u00e9jouissant d\u2019entendre des propos intelligents et nuanc\u00e9s sur le sujet des banlieues, sujet que Kery James n\u2019a cess\u00e9 d\u2019aborder dans ses raps d\u2019une part en accusant l\u2019\u00e9tat dans \u00ab\u00a0Lettre \u00e0 la R\u00e9publique\u00a0\u00bb, mais aussi en remettant en cause ses confr\u00e8res banlieusards dans \u00ab\u00a0Constat Amer\u00a0\u00bb. Malgr\u00e9 ces critiques crues, Kery James incite \u00e0 la r\u00e9ussite comme dans \u00ab\u00a0Banlieusards\u00a0\u00bb. Ces trois titres \u00e0 eux seuls peuvent servir de panorama sur les th\u00e9matiques abord\u00e9es dans la pi\u00e8ce.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est donc une adaptation triomphante, en plein c\u0153ur de la capitale, de ces textes qui se sont extirp\u00e9s de leur condition \u00e0 Orly pour enfin s\u2019imposer au niveau national. Cette histoire vous rappellera peut-\u00eatre celle du personnage de Soulaymaan. C\u2019est parce que la vie du personnage de Kery James est une vie qu\u2019il aurai voulu vivre. Il le dit lui-m\u00eame au micro de France Inter\u00a0: \u00ab\u00a0Il y a deux m\u00e9tiers que j\u2019aurais aim\u00e9 faire\u00a0: journaliste et avocat, j\u2019essaye de les exercer \u00e0 travers ma musique.\u00a0\u00bb. En effet cette pi\u00e8ce nous montre des traits de la r\u00e9publique jamais d\u00e9crits dans les livres d\u2019\u00e9cole, et des visions des banlieues jamais montr\u00e9s par les m\u00e9dias.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Antoine Ricoux<\/h6>\n<pre>Photo : St\u00e9phane Trapier<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Th\u00e9\u00e2tre | Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point | En savoir plus C\u2019est \u00e0 un v\u00e9ritable hymne aux \u00ab\u00a0Deux France\u00a0\u00bb de 1h15 auquel j\u2019ai assist\u00e9e, l\u00e0, au Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point, en plein c\u0153ur du quartier des Champs-\u00c9lys\u00e9es, ce Vendredi 13 Janvier. \u00ab\u00a0A vif\u00a0\u00bb est le spectacle que Kery [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":8199,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14,4,36],"tags":[],"class_list":["post-8204","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives","category-theatre","category-theatre-du-rond-point"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8204","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8204"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8204\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8204"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8204"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8204"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}