{"id":8267,"date":"2017-01-14T20:00:21","date_gmt":"2017-01-14T19:00:21","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=8267"},"modified":"2017-01-14T20:00:21","modified_gmt":"2017-01-14T19:00:21","slug":"y-ole","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=8267","title":{"rendered":"Y ol\u00e9 !"},"content":{"rendered":"<p>Danse | Th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot | <a href=\"http:\/\/theatre-chaillot.fr\/danse\/jose-montalvo-y-ole\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Y Ol\u00e9\u00a0! <\/em>est un spectacle de danse pr\u00e9sent\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre national de la danse de Chaillot. Il m\u00e9lange des styles de danse tr\u00e8s \u00e9clectiques qui forment cependant un ensemble harmonieux, dont les performances physiques sont \u00e0 saluer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le chor\u00e9graphe est Jos\u00e9 Montalvo, dont les spectacles ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 salu\u00e9s par la critique auparavant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Seize danseurs se partagent l\u2019espace sc\u00e9nique, en y m\u00ealant styles diff\u00e9rents. Il para\u00eet int\u00e9ressant de souligner leur diversit\u00e9, tr\u00e8s loin de l\u2019uniformit\u00e9 classique. Les danseurs paraissent fonctionner par couple, avec des costumes simples aux couleurs correspondantes deux \u00e0 deux (rouge, jaune, beige\u00a0\u2026). Contre toute attente les couples de danseurs ne fonctionnent pas par couleur, mais changent au fur et \u00e0 mesure des tableaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le th\u00e8me est celui de la parade amoureuse. Le chor\u00e9graphe \u00e0 voulu retourner la symbolique relativement p\u00e9jorative du sacre du printemps, dont l\u2019intrigue est beaucoup plus violente que les tableaux qui se sont d\u00e9roul\u00e9s sous nos yeux. A Stravinski succ\u00e8de Boccherini puis <em>Los ojos verdes <\/em>et enfin un compositeur japonais Takashi. Cela compose le premier tableau dont la consonance est nettement plus classique, m\u00eame si c\u2019est plut\u00f4t le flamenco qui se place comme \u00e9tant le genre le plus repr\u00e9sent\u00e9. Une v\u00e9ritable coupure s\u2019op\u00e8re entre les deux tableaux\u00a0: il y a un noir sc\u00e9nique qui d\u00e9clenche les applaudissements de la salle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le deuxi\u00e8me tableau a pour fond musical des chansons qui ont berc\u00e9 l\u2019enfance de Jos\u00e9 Montalvo, pour la plupart des rengaines espagnoles qui sont chant\u00e9es par les danseurs eux-m\u00eames. L\u2019ensemble est plut\u00f4t impressionnant, puisque cela signifie que la chor\u00e9graphie tient en partie sur la justesse et la coordination du chant et de la danse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cependant m\u00eame si les performances sont \u00e0 applaudir, la coh\u00e9rence de l\u2019\u0153uvre compl\u00e8te est un peu difficile a comprendre. Les liens entre les deux tableaux et un fil rouge de l\u2019histoire semblent difficiles \u00e0 saisir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On ressort de ce spectacle \u00e9merveill\u00e9s par les performances physiques, mais avec beaucoup de questionnement quant aux choix des musiques et de la coh\u00e9rence du spectacle dans son ensemble.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Camille Gho<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Qui eut cru que flamenco, danse hip-hop et danse contemporaine faisaient si bon m\u00e9nage\u00a0? C\u2019est pourtant ce qu\u2019a prouv\u00e9 avec succ\u00e8s Jos\u00e9 Montalvo dans son dernier spectacle Y-ol\u00e9\u00a0! Le spectacle est compos\u00e9 de deux parties\u00a0: la premi\u00e8re est une r\u00e9interpr\u00e9tation du Sacre du Printemps de Stravinsky et la deuxi\u00e8me, une s\u00e9rie de chansons chor\u00e9graphi\u00e9es, si l\u2019on peut dire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le choix du Sacre du Printemps est int\u00e9ressant\u00a0: l\u2019\u0153uvre a en permanence port\u00e9 des innovations chor\u00e9graphiques g\u00e9niales. Comment d\u00e8s lors proposer une nouvelle id\u00e9e, qui soit \u00e0 la fois originale sans \u00eatre hors sujet\u00a0? Jos\u00e9 Montalvo, tout en rendant hommage \u00e0 certaines versions ult\u00e9rieures, livre une interpr\u00e9tation compl\u00e8tement neuve\u00a0: c\u2019est un sacre joyeux, loin du sacrifice terrible, plus proche de la c\u00e9l\u00e9bration, de la f\u00eate. Dans des costumes color\u00e9s, presque Jacques Demyesques, les danseurs et danseuses dansent leur joie, tout sourire. L\u2019\u00e9lue demande \u00ab\u00a0encore\u00a0! encore\u00a0!\u00a0\u00bb. Ce n\u2019est pas un corps de ballet, chaque interpr\u00e8te est un individu, rares sont les moments o\u00f9 deux danseurs font les m\u00eames mouvements. On retrouve bien s\u00fbr cette diversit\u00e9 gr\u00e2ce aux diff\u00e9rents styles de danse, mais loin de donner un effet d\u00e9cousu, l\u2019exp\u00e9rience aboutit \u00e0 une r\u00e9elle symbiose\u00a0: chacun-e apporte sa pierre \u00e0 l\u2019\u00e9difice.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Paradoxalement, la chor\u00e9graphie nous semble tr\u00e8s fid\u00e8le \u00e0 l\u2019\u0153uvre de Stravinsky\u00a0: si le c\u00f4t\u00e9 populaire et traditionnel peut se trouver dans le flamenco, les danseuses accentuent \u00e9galement le c\u00f4t\u00e9 rythmique de l\u2019\u0153uvre, puisqu\u2019elles y ajoutent finalement des percussions. Voire le passage \u00e9poustouflant lors duquel les danseuses de flamenco jouent seules, rien qu\u2019en frappant des pieds et des mains\u00a0: on reconna\u00eet parfaitement la version \u00ab\u00a0instrumentale\u00a0\u00bb d\u2019origine\u00a0! Le Sacre est comme un mythe\u00a0: son destin n\u2019est probablement pas de rester fig\u00e9, on peut finalement penser que la version du 21<sup>e<\/sup> si\u00e8cle de Jos\u00e9 Montalvo est une version, elle d\u00e9gage certains aspects du mythe et choisit de les accentuer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La deuxi\u00e8me partie, plus intimiste, nous fait penser \u00e0 une explication du travail des danseurs. Construite \u00e0 partir d\u2019une suite de chansons, elle semble presque improvis\u00e9e. On y voit bien la volont\u00e9 d\u2019exprimer une histoire ou un sentiment\u00a0: celui que la musique inspire au chor\u00e9graphe et aux danseurs et danseuses. Sur des musiques tr\u00e8s \u00e9clectiques\u00a0: chants traditionnels andalous, classiques nord-am\u00e9ricains\u2026 Petit \u00e0 petit, des duos se font, C\u2019est l\u00e0 que se croisent de nouveaux hip-hop et flamenco\u00a0: on assiste \u00e0 des sortes de \u00ab\u00a0battle\u00a0\u00bb entre danseurs, sans comp\u00e9tition bien s\u00fbr, mais comme si chacun et chacune voulait montrer ses capacit\u00e9s, impressionner, mais \u00e9galement admirer ce que l\u2019autre lui propose de contempler\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est un triomphe bien m\u00e9rit\u00e9, on voudrait que \u00e7a ne s\u2019arr\u00eate pas.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Sarah M\u00fcller<\/h6>\n<hr \/>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong>Quand le c\u0153ur de la danse vibre au son du flamenco<\/strong><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le spectacle <em>Y Ol\u00e9!<\/em> de Jos\u00e9 Montalvo pr\u00e9sent\u00e9 au Th\u00e9\u00e2tre National de la Danse de Chaillot le 14 janvier propose une exp\u00e9rience de m\u00e9tissage des cultures, des corps et des sons en se servant de la danse flamenco en guise de fil d\u2019Ariane.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019exp\u00e9rience d\u00e9paysante commence \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de Chaillot \u00e0 l\u2019architecture aust\u00e8re et grandiose qui semble nous projeter dans une dystopie ou dans un d\u00e9cor de cin\u00e9ma. Des fresques de Maurice Denis jalonnent notre descente dans les entrailles du th\u00e9\u00e2tre pour acc\u00e9der \u00e0 la salle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le spectacle est en r\u00e9alit\u00e9 compos\u00e9 de deux variations tr\u00e8s distinctes. Dans une premi\u00e8re composition le chor\u00e9graphe propose une r\u00e9\u00e9criture du <em>Sacre du Printemps<\/em> o\u00f9 la musique de Stravinsky est scand\u00e9e par les pas de flamenco. Puis, les autres variations font voguer le spectateur sur un oc\u00e9an tant\u00f4t calme tant\u00f4t tumultueux de souvenirs rythm\u00e9s par les chants andalous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La version de Montalvo du <em>Sacre du Printemps <\/em>met toute la fougue, la sensualit\u00e9 et la violence contenues dans le flamenco au service de ce ballet. Aucune vierge n\u2019est sacrifi\u00e9e. Montalvo d\u00e9peint ici une ode \u00e0 la f\u00e9minit\u00e9 tout en la tintant d\u2019une touche mena\u00e7ante. C\u2019est la femme qui appelle l\u2019homme, qui l\u2019invite dans son intimit\u00e9, lui offre une renaissance<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les souvenirs d\u2019enfance de Montalvo sont brillamment mis en valeur par les installations de projections d\u2019images num\u00e9riques repr\u00e9sentant un arbre \u00e0 l\u2019envers dont les racines tentent tant bien que mal de s\u2019\u00e9panouir dans un ciel inqui\u00e9tant. Les souvenirs suivent une logique d\u00e9cousue et parfois cocasse. Ils sont l\u2019expression des m\u00e9canismes tortueux de la m\u00e9moire, juxtaposant souvenirs heureux et douloureux. C\u2019est la danse qui c\u00e9l\u00e8bre les individus, les influences, les paysages de l\u2019enfance de Montalvo.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Montalvo a habilement r\u00e9ussi \u00e0 jouer avec les codes du flamenco. On retrouve l\u2019image d\u2019Epinal, presque exotique, que le flamenco v\u00e9hicule dans l\u2019imaginaire collectif tout en lui offrant de nouvelles perspectives. Le hip-hop, la danse classique, le swing mais aussi le mime viennent se greffer aux rythmes andalous. Les <em>battles<\/em> de hip-hop se m\u00ealent aux s\u00e9villanes improvis\u00e9es sans jurer. M\u00eame si une partie de la troupe est d\u2019origine espagnole, les cultures des danseurs viennent s\u2019approprier ce patrimoine culturel. C\u2019est alors que le v\u00e9ritable m\u00e9tissage s\u2019op\u00e8re et que la danse d\u00e9ploie son pouvoir universalisant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Montalvo transcende ses souvenirs pour s\u2019inscrire dans le monde actuel. Son exp\u00e9rience de fils d\u2019immigrant andalou dans le sud de la France r\u00e9sonne au-del\u00e0 des fronti\u00e8res quand, sur une embarcation de fortune, la danseuse se met \u00e0 chanter l\u2019amour du pays abandonn\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le spectacle termin\u00e9, les corps des danseurs nous laissent voir l\u2019effort physique mais aussi l\u2019instrument qui a permis de traduire l\u2019immat\u00e9rialit\u00e9 d&rsquo;un souvenir par l\u2019intensit\u00e9 de la danse.<\/p>\n<p>Et le public a \u00e9t\u00e9 touch\u00e9. C\u2019est \u00e0 son tour de sentir la force du flamenco s\u2019emparer de leurs pieds et de frapper le parquet pour montrer leur adh\u00e9sion.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Victoria Robert<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 14 janvier je me suis rendue au Th\u00e9\u00e2tre National de Chaillot chor\u00e9graphi\u00e9e par Jos\u00e9 Montalvo, un chor\u00e9graphe fran\u00e7ais d\u2019origine andalouse. Une chor\u00e9graphie en deux temps avec dans une premi\u00e8re partie <em>Le Sacre du Printemps <\/em>de Stravinsky et une deuxi\u00e8me partie compos\u00e9e de chansons populaires espagnoles le tout m\u00ealant danses classiques et contemporaines ainsi que du hip hop et du flamenco.<\/p>\n<p>Y Ol\u00e9\u00a0! commence sur une explosion de couleurs sur le <em>Sacre du Printemps<\/em> de Stravinsky avec les costumes des danseuses et des danseurs faisant penser \u00e0 des fleurs, le m\u00e9lange des diff\u00e9rentes danses et les zapateados, les frappes au sol des chaussures de flamencos battant le rythme, offrent un r\u00e9sultat tr\u00e8s impressionnant. Le m\u00e9lange de la musique slave et des rythmes tr\u00e8s nerveux du flamenco. Un grand \u00e9cran derri\u00e8re la sc\u00e8ne montrant deux personnes battant des pieds sur une terre aride ce qui fait pousser un cerisier \u00e0 l\u2019envers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le second tableau, l\u2019ambiance change. \u00c7a commence par une danseuse chantant <em>Dream a little dream of me <\/em>d\u2019Aretha Francklin, puis un bateau sur une plage en hiver appara\u00eet. Ici les danseurs \u00e9voluent au rythmes de chansons populaires espagnoles parlant d\u2019amiti\u00e9, de famille et finissent sur une magnifique ode au retour vers les terres natales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les projections me semble superflues et ne me paraissent pas ajouter quoi que ce soir \u00e0 la repr\u00e9sentation. Cela pourrait m\u00eame d\u00e9vier le regard du spectateur de ce qui se passe sur sc\u00e8ne.<\/p>\n<p>En entrant dans la salle, avant le spectacle, j\u2019ai entendu une dame r\u00e9pondre \u00ab\u00a0Je ne sais pas trop.\u00a0\u00bb \u00e0 sa fille lui demandant ce qu\u2019elles allaient voir ce soir. En sortant de ce spectacle je ne saurais toujours pas d\u00e9finir exactement ce que j\u2019ai vu si ce n\u2019est que le moment partag\u00e9 a \u00e9t\u00e9 apaisant m\u00eame s\u2019il ne m\u2019a pas fait ressentir la chaleur habituelle li\u00e9e aux spectacles de flamenco.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">C\u00e9line Teigny-Cerneaux<\/h6>\n<pre>Photo : Patrick Berger<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Danse | Th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot | En savoir plus Y Ol\u00e9\u00a0! est un spectacle de danse pr\u00e9sent\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre national de la danse de Chaillot. 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