{"id":8274,"date":"2017-01-18T20:00:51","date_gmt":"2017-01-18T19:00:51","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=8274"},"modified":"2017-01-18T20:00:51","modified_gmt":"2017-01-18T19:00:51","slug":"le-misanthrope","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=8274","title":{"rendered":"Le misanthrope"},"content":{"rendered":"<p>Th\u00e9\u00e2tre | Com\u00e9die-Fran\u00e7aise | <a href=\"http:\/\/www.comedie-francaise.fr\/spectacle-comedie-francaise.php?spid=1538&amp;id=520\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 18 janvier, j&rsquo;ai assist\u00e9, dans la salle Richelieu de\u00a0 la Com\u00e9die Fran\u00e7aise, \u00e0 une repr\u00e9sentation d&rsquo;une des \u00ab\u00a0grandes com\u00e9dies\u00a0\u00bb de Moli\u00e8re\u00a0: Le Misanthrope ou l&rsquo;Atrabilaire amoureux, \u0153uvre mise en sc\u00e8ne par Cl\u00e9ment Hervieu-L\u00e9ger avec Lo\u00efc Corbery dans le r\u00f4le-titre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le \u00ab\u00a0Misanthrope\u00a0\u00bb, Alceste, est, comme son nom l&rsquo;indique, celui qui \u00ab\u00a0d\u00e9teste le genre humain\u00a0\u00bb et l&rsquo;hypocrisie de la soci\u00e9t\u00e9 &#8211; ce qui ne l&rsquo;a pas emp\u00each\u00e9 de tomber amoureux de la coquette C\u00e9lim\u00e8ne qu&rsquo;il querelle sans cesse sur sa frivolit\u00e9. Il perd un proc\u00e8s que lui avait intent\u00e9 un po\u00e8te m\u00e9diocre envers lequel il avait \u00e9t\u00e9 trop franc et, en outre, se rend compte que C\u00e9lim\u00e8ne se joue de tous ses pr\u00e9tendants\u00a0: d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, il projette de se retirer pour mener une vie \u00e9r\u00e9mitique loin des bassesses de la soci\u00e9t\u00e9. La pi\u00e8ce se cl\u00f4t sur une incertitude\u00a0: son ami Philinte (\u00c9ric G\u00e9nov\u00e8se), qui au contraire d&rsquo;Alceste reste tol\u00e9rant et philanthrope en d\u00e9pit de sa lucidit\u00e9, laisse entendre qu&rsquo;il va tout tenter pour le dissuader de ce projet, sans qu&rsquo;on sache quel est le sort final du Misanthrope.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le d\u00e9cor est \u00e9tonnant au premier abord\u00a0: la sc\u00e8ne ne comporte pas moins de quatre escaliers, qui seront en fait tr\u00e8s utiles, en particulier pour les jeux de sc\u00e8ne exprimant la prise de distance ou le rapprochement des divers personnages. Les costumes sont intemporels &#8211; veste et cravate pour les hommes, robe pour C\u00e9lim\u00e8ne, un tailleur pantalon pour la fausse prude Arsino\u00e9\u00a0: il est difficile de les rattacher \u00e0 une \u00e9poque vraiment pr\u00e9cise. En tout cas, ils ont pour effet d&rsquo;ancrer les personnages dans la modernit\u00e9 et dans la r\u00e9alit\u00e9. Un lustre pos\u00e9 par terre, des fauteuils renvers\u00e9s ou plac\u00e9s sous une housse\u00a0: tout \u00e9voque un lieu ambivalent qui sera tant\u00f4t un lieu de r\u00e9ception, tant\u00f4t une salle \u00e0 manger (le lustre est alors remont\u00e9 et une table install\u00e9e par des soubrettes). La lumi\u00e8re, au d\u00e9but, est froide et bleut\u00e9e, pour devenir plus vive lors du d\u00eener o\u00f9 brille C\u00e9lim\u00e8ne, avant d&rsquo;\u00eatre \u00e0 nouveau tamis\u00e9e lors de la sc\u00e8ne finale o\u00f9 se r\u00e9v\u00e8le la trahison de C\u00e9lim\u00e8ne et la perte du proc\u00e8s d&rsquo;Alceste\u00a0: les diff\u00e9rents effets de lumi\u00e8re\u00a0 aident le spectateur \u00e0 ressentir l&rsquo;ambiance morale de chaque sc\u00e8ne. Le piano qui se trouve sur la sc\u00e8ne est lui aussi bien mis \u00e0 profit, puisqu&rsquo;il permet \u00e0 Alceste des jeux de sc\u00e8ne ext\u00e9riorisant son \u00e9tat d&rsquo;\u00e2me lors de ses crises de m\u00e9lancolie ou de fureur rentr\u00e9e\u00a0: quelques notes h\u00e9sitantes pour exprimer l&rsquo;ennui ou l&rsquo;ind\u00e9cision, des m\u00e9lodies arp\u00e9g\u00e9es pour exprimer sa morosit\u00e9 ou son renfermement. En revanche, les chants d&rsquo;oiseaux que l&rsquo;on peut entendre lors de certaines sc\u00e8nes m&rsquo;ont sembl\u00e9 un peu inutiles et factices.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La mise en sc\u00e8ne est moderne, mais elle met bien en valeur l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 g\u00e9n\u00e9rique de l\u2019\u0153uvre de Moli\u00e8re\u00a0: s&rsquo;agit-il d&rsquo;une com\u00e9die ou d&rsquo;une trag\u00e9die\u00a0?\u00a0 La fin peut m\u00eame sembler tragique et sans issue pour Alceste, qui, apr\u00e8s tous ses malheurs, n&rsquo;a comme d\u00e9sesp\u00e9rante satisfaction que celle de voir ses th\u00e9ories pessimistes concr\u00e9tis\u00e9es. Les fr\u00e9quentes explosions de violence d&rsquo;Alceste, ses disputes, son instabilit\u00e9, son proc\u00e8s perdu, son amour bafou\u00e9, son d\u00e9sespoir enfin, ne sont pas en soi des \u00e9l\u00e9ments de com\u00e9die\u00a0; ils nous montrent cependant un Misanthrope qui fait rire par ses extravagances son ami Philinte, et par la m\u00eame occasion les spectateurs. Parfois m\u00eame le Misanthrope rit nerveusement de lui-m\u00eame\u00a0: un Alceste violent et instable se d\u00e9voile &#8211; n&rsquo;est-ce pas l&rsquo;id\u00e9e m\u00eame de Moli\u00e8re, qui donnait comme sous-titre \u00e0 sa pi\u00e8ce\u00a0: L&rsquo;Atrabilaire amoureux\u00a0?<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Claire de Mareschal<\/h6>\n<hr \/>\n<p>Sur les planches de la salle Richelieu depuis le 21 d\u00e9cembre et jusqu&rsquo; au 26 mars, la troupe de la Com\u00e9die Fran\u00e7aise remet au go\u00fbt du jour la fameuse com\u00e9die de Moli\u00e8re, Le Misanthrope, selon la mise en sc\u00e8ne de Cl\u00e9ment Hervieu-L\u00e9ger. C&rsquo;est ainsi avec plaisir que nous retrouvons Alceste (Lo\u00efc Corbery) en voulant \u00e0 la terre enti\u00e8re pour son hypocrisie et d\u00e9cha\u00eenant sa rage (d\u00e9mesur\u00e9e?) que son ami Philinte tente de mod\u00e9rer (Eric G\u00e9nov\u00e8se). Mais le mensonge, et la fourberie, trop impr\u00e9gn\u00e9s dans la soci\u00e9t\u00e9, viendront finalement \u00e0 bout du misanthrope, trahi par celle qu&rsquo;il aimait\u00a0: la belle et tant convoit\u00e9e C\u00e9lim\u00e8ne (Adeline Hermy).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est ainsi sur la sc\u00e8ne ce merveilleux th\u00e9\u00e2tre, dans un d\u00e9cors entre grandeur et minimalisme, qu&rsquo;\u00e9voluent\u00a0 les personnages dont le caract\u00e8re a \u00e9t\u00e9 parfaitement saisi par les com\u00e9diens. La pi\u00e8ce de 1666 s&rsquo;int\u00e8gre compl\u00e8tement dans notre si\u00e8cle, et conserve toute son ampleur, sans rien enlever au message d&rsquo;origine. C&rsquo;est donc un d\u00e9fi relev\u00e9 pour le metteur en sc\u00e8ne qui affirmait\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019appartiens \u00e0 un th\u00e9\u00e2tre de r\u00e9pertoire, et je me dis que si l\u2019on ne pose pas un regard neuf sur les \u0153uvres, alors ce th\u00e9\u00e2tre de r\u00e9pertoire n\u2019a plus lieu d\u2019\u00eatre \u00bb. Mais le vrai n&rsquo;est-il pas \u00e9ternel\u00a0? Lorsqu&rsquo;une \u0153uvre parvient \u00e0 saisir la nature humaine, il semblerait qu&rsquo;elle ne puisse pas vieillir, qu&rsquo;elle soit toujours d&rsquo;actualit\u00e9. C&rsquo;est alors sur les d\u00e9tails qu&rsquo;il faut se concentrer, ce qu&rsquo;\u00e0 magnifiquement fait \u00a0Cl\u00e9ment Hervieu-L\u00e9ger\u00a0: la pi\u00e8ce est rythm\u00e9e, bien organis\u00e9e et c&rsquo;est ainsi que la classe de lyc\u00e9e qui se trouvait \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s ce soir-l\u00e0, appr\u00e9hendant les trois heures \u00e0 \u00eatre assis dans un fauteuil, a sembl\u00e9 ne pas s&rsquo;ennuyer une seule minute.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u00e9anmoins, et c&rsquo;est bien la derni\u00e8re chose que je croyais pouvoir reprocher \u00e0 une troupe aussi talentueuse, la diction n&rsquo;\u00e9tait pas exceptionnelle. Si actualiser une pi\u00e8ce est un r\u00e9el travail pour le metteur en sc\u00e8ne, int\u00e9grer l&rsquo;alexandrin \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque contemporaine est une t\u00e2che des plus ardues\u00a0! Parfois prononc\u00e9es trop rapidement pour \u00eatre bien comprises, parfois sur un ton trop monotone, certaines r\u00e9pliques auraient m\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre mieux travaill\u00e9es par les com\u00e9diens, peut-\u00eatre trop habitu\u00e9s \u00e0 jouer de mani\u00e8re classique et d\u00e9stabilis\u00e9s par cette mise en sc\u00e8ne. Mais ce d\u00e9tail, infime, ne g\u00e2che en rien le plaisir que l&rsquo;on \u00e9prouve \u00e0 aller voir cette superbe cr\u00e9ation de la Com\u00e9die Fran\u00e7aise et ne permet pas le moins du monde d&rsquo;entacher le g\u00e9nie de Moli\u00e8re\u00a0!<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">F\u00e9lix Reigner<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le spectacle auquel j\u2019ai assist\u00e9 le 18 janvier 2017 est une repr\u00e9sentation en costumes d\u2019aujourd\u2019hui de la pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre de Moli\u00e8re Le Misanthrope, pi\u00e8ce qui a \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9e pour la premi\u00e8re fois le 4 juin 1666 sur la sc\u00e8ne du Palais-Royal \u00e0 Paris. Le spectacle a eu lieu \u00e0 20h30 dans la salle Richelieu de la Com\u00e9die fran\u00e7aise, une institution culturelle qui jouit d\u2019une grande r\u00e9putation en raison des grands dramaturges fran\u00e7ais qui y ont produit leurs pi\u00e8ces et de l\u2019excellence de sa troupe de com\u00e9diens \u00e0 chaque g\u00e9n\u00e9ration. Le spectacle a dur\u00e9 trois heures, entracte compris.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Misanthrope est une com\u00e9die en cinq actes qui montre l\u2019hypocrisie parmi les courtisans et critique cette soci\u00e9t\u00e9 de nobles soumise au pouvoir monarchique. Le h\u00e9ros principal, Alceste, est un jeune homme diff\u00e9rent des autres qui demande aux gens d\u2019\u00eatre honn\u00eates et sinc\u00e8res. Sa ma\u00eetresse, C\u00e9lim\u00e8ne, est au contraire une jeune femme \u00e9prise de libert\u00e9 qui, apr\u00e8s son r\u00e9cent veuvage, dirige elle-m\u00eame son salon. Hant\u00e9 par un proc\u00e8s, Alceste va chez C\u00e9lim\u00e8ne avec son ami Philinte auquel il reproche ses complaisances vis-\u00e0-vis de la soci\u00e9t\u00e9. Il souhaite que sa ma\u00eetresse se d\u00e9clare publiquement en sa faveur. Mais c\u2019est sans compter sur l\u2019arriv\u00e9e impromptue d\u2019un gentilhomme po\u00e8te venu faire entendre ses vers, de deux marquis intronis\u00e9s \u00e0 la cour, d\u2019\u00c9liante, la cousine de C\u00e9lim\u00e8ne, qui a emm\u00e9nag\u00e9 au-dessus de chez elle, et d\u2019Arsino\u00e9 qui vient la mettre en garde contre des rumeurs circulant \u00e0 son propos.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pi\u00e8ce est mise en sc\u00e8ne par Cl\u00e9ment Hervieu-L\u00e9ger, com\u00e9dien et metteur en sc\u00e8ne pour le th\u00e9\u00e2tre et l\u2019op\u00e9ra. La pi\u00e8ce respecte la r\u00e8gle des trois unit\u00e9s\u00a0: unit\u00e9 de lieu, unit\u00e9 de temps et unit\u00e9 d\u2019action. Celle-ci se d\u00e9roule dans le salon de C\u00e9lim\u00e8ne o\u00f9 se trouvent un piano, une lampe en cristal ainsi que quelques chaises, salon perc\u00e9 de grandes fen\u00eatres et desservi par des escaliers. Les d\u00e9cors ne sont pas fastueux mais renvoient une image modernis\u00e9e d\u2019un salon de l\u2019\u00e9poque de Moli\u00e8re. Les costumes des com\u00e9diens sont eux aussi modernes mais plut\u00f4t \u00e9l\u00e9gants. Chaque costume correspond \u00e0 la personnalit\u00e9 des personnages. Alceste, par exemple, qui est radical et pr\u00eat \u00e0 renoncer \u00e0 toute forme de mondanit\u00e9, porte des v\u00eatements qui sont n\u00e9glig\u00e9s par rapport \u00e0 ceux des autres personnages. C\u00e9lim\u00e8ne, au contraire, porte des robes tr\u00e8s soign\u00e9es qui la mettent bien en valeur et la rendent charmante. De m\u00eame, les amants de C\u00e9lim\u00e8ne portent pantalons et costumes-cravates assortis. Les grandes diff\u00e9rences de costumes et de coiffures entre les personnages montrent que leurs id\u00e9es, leur personnalit\u00e9 et la place hi\u00e9rarchique qu\u2019ils occupent dans la soci\u00e9t\u00e9 sont diff\u00e9rentes. En ce qui concerne l\u2019\u00e9clairage, celui-ci varie au fil des situations : lumi\u00e8re douce et sc\u00e8ne bien \u00e9clair\u00e9e au d\u00e9but et pendant le repas\u00a0de C\u00e9lim\u00e8ne avec ses amis ; lumi\u00e8re de plus en plus froide lorsqu\u2019Alceste perd son proc\u00e8s. \u00c0 la fin de la pi\u00e8ce, lorsqu\u2019il ne reste qu\u2019Alceste et C\u00e9lim\u00e8ne sur sc\u00e8ne, la lumi\u00e8re devient rare et se concentre sur ces deux personnages. Au cours de la pi\u00e8ce, des morceaux de musique et de piano cr\u00e9ent une atmosph\u00e8re qui met en valeur les dialogues.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La salle Richelieu de la Com\u00e9die fran\u00e7aise est une salle de th\u00e9\u00e2tre \u00e0 l\u2019italienne qui n\u2019est pas tr\u00e8s grande, construite par l&rsquo;architecte Victor Louis. Elle peut recevoir jusqu\u2019\u00e0 862 spectateurs et \u00e9tait pleine ce soir-l\u00e0. Les spectateurs se sentent donc tr\u00e8s proches des com\u00e9diens. Ils \u00e9taient attentifs et silencieux pendant le spectacle. Des rires se sont faits entendre de temps en temps, produits des dialogues de la pi\u00e8ce et du jeu des com\u00e9diens. Le premier but de la repr\u00e9sentation a donc \u00e9t\u00e9 atteint\u00a0: divertir le public. Mais au-del\u00e0 du rire, les spectateurs ont \u00e9t\u00e9 \u00e9mus et ont r\u00e9fl\u00e9chi. L\u2019autre grand objectif de la pi\u00e8ce &#8211; sensibiliser le public \u00e0 la franchise et \u00e0 la sinc\u00e9rit\u00e9 &#8211; a donc lui aussi \u00e9t\u00e9 atteint.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce qui m\u2019a le plus touch\u00e9e, c\u2019est l\u2019\u00e9volution des sentiments du com\u00e9dien qui joue Alceste. Il crie, rit et pleure. Il est dans son r\u00f4le et interpr\u00e8te bien la personnalit\u00e9 du personnage. Quand Alceste dit \u00e0 haute voix, les bras au ciel, \u00ab \u00catre franc et sinc\u00e8re, c\u2019est mon talent\u00a0\u00bb, je peux sentir sa passion et son d\u00e9sespoir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai donc beaucoup appr\u00e9ci\u00e9 cette repr\u00e9sentation en raison non seulement du texte m\u00eame de la pi\u00e8ce et de la po\u00e9sie de la langue de Moli\u00e8re, mais aussi et surtout du talent des com\u00e9diens de la Com\u00e9die fran\u00e7aise qui savent nous faire passer par toutes les nuances de la palette des \u00e9motions.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Yali Tang<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 18 janvier 2017, \u00e0 20h30, je suis all\u00e9e voir Le Misanthrope de Moli\u00e8re \u00e0 la Com\u00e9die Fran\u00e7aise. Pi\u00e8ce classique et mise en sc\u00e8ne de nombreuses fois, la Com\u00e9die Fran\u00e7aise choisit aujourd\u2019hui une mise en sc\u00e8ne contemporaine efficace. Mis en sc\u00e8ne par Cl\u00e9ment Hervieu-L\u00e9ger, le spectateur se trouve face \u00e0 la sc\u00e8ne de la Salle Richelieu am\u00e9nag\u00e9e en palier d\u2019un h\u00f4tel particulier en cours am\u00e9nagement. Tout au long du spectacle, le d\u00e9cor va \u00e9voluer gr\u00e2ce aux acteurs eux-m\u00eames. Cl\u00e9ment Hervieu-L\u00e9ger entre dans la troupe de la Com\u00e9die Fran\u00e7aise en 2005. Il est \u00e0 la fois com\u00e9dien et metteur en sc\u00e8ne. Cette saison, dans la Salle Richelieu, il pr\u00e9sente \u00e9galement Le Petit-Ma\u00eetre corrig\u00e9 de Marivaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Misanthrope est une pi\u00e8ce \u00e9crite par Moli\u00e8re et pr\u00e9sent\u00e9e pour la premi\u00e8re fois sur la sc\u00e8ne du Palais-Royal en 1666. C\u2019est une com\u00e9die en cinq actes, en vers. Son personnage principal est Alceste. Il est \u00e0 la fois amoureux de la jeune C\u00e9lim\u00e8ne et d\u00e9teste l\u2019humanit\u00e9 toute enti\u00e8re. C\u00e9lim\u00e8ne, elle,\u00a0 \u00e0 l\u2019inverse, est consciente de la superficialit\u00e9 de son entourage, et elle clairvoyante par rapport \u00e0 ce dernier. Par le biais de cette pi\u00e8ce, Moli\u00e8re va critiquer la cour et l\u2019hypocrisie qui r\u00e8gne dans la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans cette mise en sc\u00e8ne contemporaine, c\u2019est Lo\u00efc Corbery qui incarne Alceste. Son personnage est viral et montre sans se cacher son d\u00e9gout des humains. Lo\u00efc Corbery est soci\u00e9taire de la Com\u00e9die Fran\u00e7aise. Le r\u00f4le de C\u00e9lim\u00e8ne est incarn\u00e9 par Georgia Scalliet. Elle incarne une C\u00e9lim\u00e8ne joyeuse et pimpante. Dans ce d\u00e9cor en constante \u00e9volution, on reconnait le r\u00f4le des acteurs qui sont eux-m\u00eames<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les acteurs portent des costumes qui rappellent les ann\u00e9es 70, ce qui entre en concordance avec le d\u00e9cor qui ne semble pas fini. On entre rapidement dans le c\u0153ur de la pi\u00e8ce gr\u00e2ce au jeu efficace et juste des acteurs. De plus, le texte de Moli\u00e8re datant pourtant du XVIIe si\u00e8cle est encore tr\u00e8s actuel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour ceux qui souhaiteraient visionner la pi\u00e8ce mais qui ne peuvent pas se rendre \u00e0 la Com\u00e9die Fran\u00e7aise, \u00e0 partir du 9 f\u00e9vrier, une version num\u00e9rique sera diffus\u00e9e dans les cin\u00e9mas Gaumont Path\u00e9. Pour ma part, il s\u2019agissait d\u2019une premi\u00e8re fois \u00e0 la Com\u00e9die Fran\u00e7aise, je ne suis pas tr\u00e8s habitu\u00e9e au th\u00e9\u00e2tre. Pourtant, il s\u2019agissait d\u2019une pi\u00e8ce parfaite pour commencer. J\u2019aimerais d\u00e9j\u00e0 me rendre une nouvelle fois \u00e0 la Com\u00e9die Fran\u00e7aise, id\u00e9alement pour y voir Cyrano de Bergerac.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Manon Vauthier<\/h6>\n<pre>Photo : Com\u00e9die Fran\u00e7aise<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Th\u00e9\u00e2tre | Com\u00e9die-Fran\u00e7aise | En savoir plus Le 18 janvier, j&rsquo;ai assist\u00e9, dans la salle Richelieu de\u00a0 la Com\u00e9die Fran\u00e7aise, \u00e0 une repr\u00e9sentation d&rsquo;une des \u00ab\u00a0grandes com\u00e9dies\u00a0\u00bb de Moli\u00e8re\u00a0: Le Misanthrope ou l&rsquo;Atrabilaire amoureux, \u0153uvre mise en sc\u00e8ne par Cl\u00e9ment Hervieu-L\u00e9ger avec Lo\u00efc Corbery dans [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":8189,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14,21,4],"tags":[],"class_list":["post-8274","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives","category-comedie-francaise","category-theatre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8274","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8274"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8274\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8274"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8274"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8274"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}